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THE DEVIL’S CANDY

 

GENRE : Bonbons au souffre

REALISATEUR : Sean Byrne

ANNEE : 2016

PAYS : USA

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Ethan Embry, Shiri Appelby, Pruitt Taylor Vince...

 

RESUME : Un artiste et sa famille s’installent dans la maison de leurs rêves. Des forces démoniaques se mettent peu à peu à envahir les tableaux du peintre et à devenir une menace pour ses proches…

 

MON HUMBLE AVIS

Sean Byrne s’était fait connaître en 2009 avec The loved ones une adolescente érotomane séquestrait un jeune homme dans un film virant de bord lors de son dernier acte. Un premier essai ayant apporté une touche d’originalité dans le monde très contraint du teen-movie horrifique. Pour son deuxième film, le réalisateur australien revient avec une œuvre plus ambitieuse et mâture piochant son inspiration dans plusieurs genres pour un résultat maîtrisé bien plus original et intéressant que la plupart des longs-métrages sortis ces dernières années.

Si la séquence introductive s’avère classique avec l’assassinat d’un couple âgé par le fils habité par des voix sépulcrales, The devil’s candy se transforme progressivement en un film hybride évitant de s’ancrer dans un seul type de cinéma afin d’édifier sa propre identité et développer une mythologie comme pouvait le faire un certain Donnie Darko. La bonne idée du script est de créer une réelle empathie pour ses personnages aux antipodes des stéréotypes habituels en développant les accointances entre le cinéma d’horreur et la musique métal. Comme l’avait évoqué le sieur Rigs Mordo de la crypte toxique dans son dossier Metal et horreur, la porosité entre ces deux mondes est évidente, l’univers horrifique nourrissant l’iconographie et les influences de nombreux groupes, et inversement si l’on pense au récent Deathgasm de Jason Lei Howden.

Le père de famille Jessie Hellman (Ethan Embry, Motel) et sa fille de 14 ans Zooey (Kiara Glasco, Maps to the stars) sont ainsi fans de hard-rock et cette atmosphère de metalleux sympathiques irise le long-métrage en toile de fond au son d’une zique à cornes pointues bien véner. De même, le tueur Ray (Pruitt Taylor Vince, Constantine) couvre les voix permanentes dans sa tête à coups de gros riffs de guitare pour les atténuer. Avec Astrid la mère (Shiri Appelby, la série Roswell), Jessie forme un couple unie mais quelquefois brinquebalant lorsque ce dernier oublie d’aller chercher sa fille à l’école ou que les dettes s’accumulent. Une famille de la classe moyenne confrontée à une entité maléfique semblant loger dans leur nouvelle maison. La même baraque où a été contaminée ce pauvre Ray dont l’esprit dérangé est phagocyté par une voix diabolique sortie des abysses. Enfermé dans son hangar transformé en atelier, Jessie subit lui aussi l’influence de cette entité malfaisante à l’écoute des paroles sentencieuses répétant en boucle les mêmes mots, et l’obligeant inconsciemment à recouvrir sa peinture colorée par une immense croix noire retournée. Dans ce contexte très particulier, le film de Sean Byrne instaure une ambiance fantasmagorique reliant par des liaisons inattendues la musique et la peinture nous renvoyant aussi bien à L’au-delà de Fulci qu’au Syndrome de Stendhal d’Argento.

Alors qu’on aurait pu s’attendre à une énième version de L’Exorciste, The devil’s candy bifurque pour se concentrer sur les pensées déviantes de Ray mué en tueur d’enfants n’hésitant pas à les découper à la scie avant de les confiner dans des valises vouées à retrouver la terre originelle. Son délire neuronal prend alors une autre tournure quand il souhaite retourner dans la maison de son enfance et harcèle la famille Hellman. De horror movie, le film passe du home invasion au film de serial-killer laissant un goût en bouche à la fois étrange et sordide alors que le sang ne coule pas, contrebalancé métaphoriquement par le mélange des couleurs sur le plateau de peinture. Entre meurtres d’enfants, esprits maléfiques et guitares saturées, The devil’s candy tape juste et fort au sein d’un scénario cohérent où les actions ne sont pas justifiées par un trauma quelconque et surtout où les protagonistes ne sont pas que des poncifs ambulants. On ne saura pas vraiment d’où viennent ces voix lugubres et quel est vraiment le but du tueur, englué dans sa folie irrépressible. Et c’est tant mieux.

Au-delà de toutes ces réussites formelles et visuelles, le film possède la qualité rare d’aller crescendo. De petite série B horrifique, il progresse au gré des confrontations entre Ray et les nouveaux hôtes de la maison jusqu’à acquérir une véritable âme symbolisée par la magnifique peinture sombre et gothique comme l’ouverture d’une porte sur l’enfer. Porté par un score rageur et un casting au diapason, The devil’s candy explore les méandres de la folie passant d’un genre à un autre avec une facilité déconcertante jusqu’à une dernière bobine plus violente comme une catharsis nécessaire et inévitable. Une ambiance glauque entretenue notamment par le personnage froid et déjanté de Pruitt Taylor Vince, ressemblant à un Vincent d'Onofrio dans Full metal jacket avec son survêtement rouge tellement plus terrifiant que le clown dans le récent remake de Ça. Sans crier au génie, The devil’s candy est une sacrée découverte venue de nulle part grâce à une mise en scène sans esbroufe, juste au service d’une histoire mariant l’horreur, le drame humain et la thriller clinique dans une alliance de circonstance réussie, bétonnée à la musique de Slayer ou Metallica. On comprend alors mieux le prix du public au festival de Gerardmer en 2016 et on attend impatiemment la suite de la carrière de Sean Byrne.

 

4,5/6

 

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Commentaires: 10
  • #1

    Alice In Oliver (samedi, 25 novembre 2017 12:11)

    je dois avouer que je ne le connaissais pas, mais ce curieux maelström entre forces démoniaques et Metallica a le mérite d'éveiller ma curiosité

  • #2

    Roggy (samedi, 25 novembre 2017 12:19)

    Je pense que cette proposition de cinéma mélangeant plusieurs styles pourrait te plaire. Tu me diras :)

  • #3

    Rigs Mordo (samedi, 25 novembre 2017 17:03)

    Bon ben va falloir que je mate ça, tu donnes envie ! Merci pour le clin d'oeil en tout cas vieux, ainsi que pour la découverte, car je connaissais pas !

  • #4

    Roggy (samedi, 25 novembre 2017 17:51)

    J'ai pensé à toi en matant le film pour le rapport entre horreur et métal. Franchement, ça devrait te plaire.

  • #5

    Alice In Oliver (dimanche, 26 novembre 2017 12:10)

    il ne manque plus qu'Alice In Chains pour combler entièrement mes attentes

  • #6

    Roggy (dimanche, 26 novembre 2017 13:04)

    ;)

  • #7

    titi70 (mercredi, 29 novembre 2017 20:43)

    Un très bon film qui va la ou on ne l'attends pas. En le commençant, je croyais voir une histoire de maison hantée et, pas du tout. En plus, la B.O dépotte et Pruitt Taylor Vince est formidable.

  • #8

    Roggy (mercredi, 29 novembre 2017)

    C'est tout à fait ça. Le film surprend alors qu'on n'en attendait rien de particulier au départ. Une belle surprise.

  • #9

    princécranoir (dimanche, 10 décembre 2017 06:23)

    Du son et du sang ! Le programme de ces toiles me ravit instantanément !
    Bravo pour cette chronique qui me met illico en chasse de cet objet filmique.

  • #10

    Roggy (dimanche, 10 décembre 2017 09:09)

    Merci ! J'espère que tu auras la chance de le voir.