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THE DUKE OF BURGUNDY


GENRE : Sadomasomaisbo

REALISATEUR : Peter Strickland

ANNEE : 2014

PAYS : UK

BUDGET: ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Sidse Babett Knudsen, Chiara D'Anna, Monica Swinn...


RESUME : Une lépidoptériste (spécialiste des papillons) austère entretient une relation sadomasochiste avec sa femme de ménage, jeune et soumise à tous ses désirs.


MON HUMBLE AVIS

Peter Strickland n'a pour l'instant réalisé que trois films, dont Berberian sound studio qui était particulièrement réussi en rendant hommage aux giallos et à un tout un pan du cinéma italien de genre des 70's. Il nous revient donc dans ce nouvel opus, tourné cette fois-ci vers les côtés pervers et retors de l'âme humaine.

The duke of burgundy pourrait s'apparenter comme un successeur des films lesbiens de Jess Franco, puisque l'on suit le quotidien de deux femmes amantes dans leurs jeux de séduction. Les deux premières scènes sont ainsi assez malignes car elles nous induisent en erreur pour justement nous faire entrer de plain-pied dans les jeux érotico-pervers de ces deux personnages.

Comme toujours chez le réalisateur, la photographie est magnifique, les paysages et les décors ressemblent à des tableaux de maîtres et ces plans ne sont pas sans rappeler le travail de Kubrick dans ses films. De la même manière, les variations des sons, de la musique et du bruitage confèrent au métrage une atmosphère étrange et vénéneuse.

En revanche, ce sublime écrin s'avère bien vide au final, car le film ne raconte rien et s'enferme, à l'image des papillons accrochés derrière des panneaux en verre, dans un ennui, certes beau, mais réel. Dommage, car la relation sado-masochiste entre les deux femmes aurait pu être développée et aller vers une perversité morbide. Or, le film tourne en rond comme ses actrices qui reproduisent sans cesse les mêmes mouvements, entrecoupés de plans extérieurs ou de conférences sur les papillons. Une analogie un peu balourde entre les deux femmes coincées dans leur amour pervers et les animaux dont la vie est figé à jamais.

Le film ne devient jamais malsain, malgré l'intervention d'un personnage leur proposant la confection d'un urinoir humain (!?!). Au contraire, il est toujours propre sur lui et pire encore, n'est réellement jamais érotique (on n'est bien loin de Jess Franco finalement). Du coup, sans empathie pour les personnages, on ne comprend pas bien leurs fantasmes et leurs attitudes redondantes. A tel point que le film s'éternise pour le spectateur et semble interminable, comme si le réalisateur n'avait plus rien à dire mais le disait quand même.

Il est donc difficile d'adhérer à The duke of burgundy sur la forme, alors que le réalisateur possède le talent et le sujet pour mettre en place une mécanique de la perversion réjouissante. Visuellement très beau, le film se perd en conjonctures esthétisantes au détriment d'un récit qui ne dit rien sur ces femmes pourtant magnifiques.


NOTE : 3 / 6

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Commentaires: 4
  • #1

    Rigs Mordo (mercredi, 24 juin 2015 19:31)

    Ca ne m'étonne pas vraiment que ce soit chiant, ça se sentait un peu dans les quelques avis que j'avais lus, même quand ils étaient élogieux... Belle chronique, cela dit, pour un film qui le semble aussi mais je ne suis pas souvent d'humeur pour ce type de trucs...

  • #2

    Roggy (mercredi, 24 juin 2015)

    Pour le coup, je pense que le film aurait pu te plaire notamment par rapport à son sujet. En revanche, il est vrai que la forme m'a rebutée. Je connais aussi pas mal de personnes qui ont aimé.

  • #3

    Dirty Max (jeudi, 25 juin 2015 19:01)

    Je m'étais fait une joie de découvrir la bête en salle mais malheureusement elle n'est pas sortie en province... Ce qui m'attire dans ce film, c'est son côté esthétique et atmosphérique ainsi que son approche très sensitive de l'érotisme (la bande-annonce fait vraiment saliver !). Et puis les deux actrices sont magnifiques (Chiara D'Anna avait déjà un petit rôle dans l'étourdissant "Berberian sound studio"). Maintenant, il ne me reste plus qu'à attendre le dvd...

  • #4

    Roggy (jeudi, 25 juin 2015 19:17)

    Dommage que tu n'aies pu voir le film (je l'avais vu au dernier PIFFF) car je suis certain que tu l'apprécieras. Son ambiance et son érotisme te plairont sans aucun doute, notamment grâce au jeu des actrices.