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DEADPOOL

 

GENRE : Acid man

REALISATEUR : Tim Miller

ANNEE : 2016

PAYS : USA

BUDGET : 58 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein...

 

 

RESUME : Wade Wilson est un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie.

 

MON HUMBLE AVIS

C’est sous l’impulsion d’un Ryan Reynolds investi en tant que producteur que le personnage iconoclaste de Deadpool a pu voir le jour dans un film à sa gloire. Ce dernier était déjà apparu dans X-Men origins : Wolverine campé par un Reynolds à la filmographie en dent de scie mais capable de jouer dans des perles comme Buried. On remerciera donc ce bon Ryan d’avoir poussé la porte des studios pour mettre en lumière ce personnage érotomane, gouailleur et complètement irrévérencieux au point que le film fut classé R aux Etats-Unis.

Le film sera donc différent des blockbusters habituels et ce, dès le générique d’ouverture montrant un accident de voiture au ralenti au son d’une musique rétro. Très vite, le personnage de Deadpool prend la parole pour conter son histoire et nous embarquer dans son aventure délirante et jouissive. On est loin des récits traditionnels puisqu’on commence par une scène d’action spectaculaire s’achevant par un flashback sur les origines de la transformation de ce héros frondeur. Tout le film sera découpé de la sorte sans que cela ne gêne son déroulé. Il permettra surtout de comprendre comme Wade Wilson devient Deadpool, après avoir subi un traitement de choc pour le sauver d’une maladie incurable, le défigurant au premier degré mais lui octroyant des pouvoirs immenses et notamment de régénération. Son enjeu principal devient de retrouver son tortionnaire lui ayant fait subir cette mutation douloureuse.

Porté par une caméra aérienne d’un Tim Miller déjà auteur d’un déjanté Scott Pilgrim, par une musique faite de vieux tubes contrebalancée par des musiques urbaines récentes, Deadpool réussit le pari un peu fou de concilier l’humour des frères Farelly (dont je ne suis pas un fan) au meilleur des films fantastiques notamment dans ses scènes d’action. De fait, on passe allégrement de Darkman (pour son côté monstre de foire brûlé) à X-Men avec la participation de Colossus et de Negasonic en faisant des incursions dans les comédies absurdes américaines ou même les Monty Python avec cet hommage hilarant à Sacré Graal lorsque Deadpool s’attaque au colosse de marbre à l’accent russe.

La réussite du film vient surtout de la capacité à créer de l’empathie pour ce personnage totalement absurde grâce à l’abattage d’un Ryan Reynolds apportant sa folie et sa bonhomie. Sans filtre, Deadpool est un gros con mais il le sait et l’assume à fond, sans cynisme et sans arrogance. Ce qui fait qu’on s’attache au personnage et qu’on rit avec lui des situations rocambolesques dans lesquelles il se met, son côté Buster Keaton et Roger Rabbit dans le costume d’un Spiderman facétieux. Son humour bien gras, souvent sexuel, fait mouche en plein milieu des scènes d’action ou quand il vanne ses partenaires à l’instar de sa copine Vanessa (affriolante Morena Baccarin vue dans la série V), son alter ego au féminin, ou sur la fin, la veille dame aveugle qui vit avec lui, présentée comme un avatar de Robin pour Batman, générant un comique de situation fort à propos.

Phagocytant le film de sa présence, les seconds rôles comme le méchant Ajax (Ed Skrein) ont bien du mal à exister, Deadpool exploite à fond ses capacités hors normes de la maîtrise des flingues et des katanas pour exploser littéralement du bad guys dans un délire visuel et sanglant proche du comics. Les têtes volent en éclat, les membres sont coupés, mutilés frontalement sans réserve, à l’image des corps nus montrant le ton et l’esprit dans lequel évoluent le métrage. Cet alliage iconoclaste ne perd pas sa force lors des scènes d’action notamment dans le laboratoire où le personnage de Wade devient Deadpool, le réalisateur parvenant à créer une imagerie proche des films de savants fous sans édulcorer la souffrance et la violence visuelle.

L’autre grande originalité de Deadpool est sa mise en abyme constante. Raconté à la première personne, le héros n’hésite jamais à prendre à partie le spectateur, à le regarder dans les yeux parce qu’il est conscient d’être dans un film, d’autant plus un film de super-héros théoriquement ultra-codifié. Et il n’hésite pas à lancer des piques jusqu’aux scuds à des studios formatés, à leur propre effigie comme le Professeur Xavier, et à faire référence en permanence à la pop-culture dont il est lui-même issu. Schizophrène, Deadpool joue de son statut d’icône populaire et se lance dans des bons mots ou des diatribes contre un système où il est au cœur du réacteur sans jamais être dupe de la situation. Certes, on pourra reprocher au film de multiplier un peu trop les références et les blagues de cul par moments très vulgaires, ainsi que la morale qui se dessine malgré tout en filigrane comme si le mécanisme enclenché ne pouvait générer indéfiniment une hydre incontrôlable.

Néanmoins, Deadpool est un film réussi grâce à sa maîtrise formelle (l’action est spectaculaire et fait mal), et surtout la prestation d’un Ryan Reynolds autant crédible en super-héros qu’en saligaud irrévérencieux adepte de la bêtise au service d’un scénario qui tient la route. Embarquant avec lui le spectateur, Deadpool réussit une hybridation inattendue et possède même une forme de grâce, pas évidente au départ, qui ne se dément jamais, jusqu’à la scène post-générique se moquant encore du spectateur et des films de super-héros. On est franchement pas loin de l’imagerie et de l’esprit des Gardiens de la Galaxie mais en plus trash, gore et sexy.

 

4,5/6

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Commentaires: 12
  • #1

    Rigs Mordo (mardi, 22 novembre 2016 20:12)

    Je suis de ton avis! Je trouve que le métrage manque d'action, une grosse scène en plus vers le milieu aurait pas été de trop, mais pour le reste j'aime beaucoup, même si comme toi je déplore un méchant un peu éteint. Sinon, beaucoup kiffé, vivement le deuxième quoi ! Belle chro again!

  • #2

    Roggy (mardi, 22 novembre 2016 20:39)

    Moi aussi j'ai été surpris par la qualité du métrage même si l'action n'est pas pléthore. Néanmoins, ça montre aussi que le film a d'autres ambitions et génère des enjeux suffisants sur la durée.

  • #3

    princécranoir (mardi, 22 novembre 2016 21:45)

    Buster Keaton ? les Monty Python ? Sacré Graal ! Darkman ? On parle bien de la grosse ...... rouge et noire pondue par la Fox au printemps dernier ? J'ai dû trop forcer sur le quaalude ce week end et je fais une mauvaise descente...

  • #4

    Roggy (mardi, 22 novembre 2016 23:00)

    Franchement, tu as abusé de pleins de choses car je confirme ce que j'ai vu :)

  • #5

    Laurent (mercredi, 23 novembre 2016 08:03)

    J'oterais un demi point de plus (4/6), justement pour les trop nombreuses références et les blagues de cul très vulgaires dont tu parles.
    Faudra que je me refasse le film car, honte à moi, je suis passé à côté de la référence à Sacré Graal que j'adore.

  • #6

    Roggy (mercredi, 23 novembre 2016 09:53)

    Je peux comprendre ton ressenti car ça ne vole pas toujours très haut. Néanmoins, la majeure partie des blagues m'a fait rire (et pourtant, je ne suis pas un adepte de cet humour) à l'image de la référence à Sacré Graal.

  • #7

    Alice In Oliver (mercredi, 23 novembre 2016 12:06)

    Clairement, je fais partie des contempteurs tant le scénario brille par son inanité et sa vacuité. Quant au gore, mouaif, pas de quoi pousser des cris d'orfraie

  • #8

    Roggy (mercredi, 23 novembre 2016 13:43)

    J'imagine bien que le film est clivant mais j'avoue qu'il a plutôt bien fonctionné avec moi.

  • #9

    Moskau (lundi, 28 novembre 2016 11:15)

    Pas convaincu par le film, dont on a beaucoup, mais alors beaucoup parlé. Je ne le trouve pas si original (le scénario est ultra classique) et si irrévérencieux que ça (faire des blagues en dessous de la ceinture ne suffit pas). Je peux même pas dire que les scènes d'action rattrapent le reste...

  • #10

    Roggy (lundi, 28 novembre 2016 13:57)

    Tu n'es pas le seul à avoir eu ce ressenti, mais pour moi, ça a plutôt bien fonctionné :)

  • #11

    titi70 (dimanche, 04 décembre 2016 18:00)

    Perso, je trouve le film sympathique dans son humour, mais, ça reste limité et je préfère quand même Les Gardiens De La Galaxie ou Kick Ass.

  • #12

    Roggy (mardi, 06 décembre 2016 14:09)

    Au-delà de l'humour trash, il me semble que les scènes d'action et le scénario sont assez réussis. A l'instar des deux films que tu cites.