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THE DOOR

 

GENRE : Light my fire

REALISATEUR : Johannes Roberts

ANNEE : 2015

PAYS : Inde/UK

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Sarah Wayne Callies, Jeremy Sisto, Javier Botet...

 

RESUME : Une famille américaine mène une paisible existence en Inde jusqu'à ce qu'un accident tragique prenne la vie de leur jeune fils. La mère, inconsolable, apprend qu'un rituel antique peut lui permettre de lui faire un dernier adieu. Elle voyage alors jusqu'à un ancien temple, où se trouve une porte qui sépare le monde des vivants et celui des morts. Mais quand elle désobéit à l'avertissement sacré de ne jamais ouvrir cette porte, elle bouleverse alors l'équilibre entre les deux mondes.

 

MON HUMBLE AVIS

Autant prévenir tout de suite le chaland qui oserait franchir la porte du cinéma, il connaîtra irrémédiablement, dès la première minute, tout le déroulé du film comme s’il avait lui-même écrit le scénario. Ce qui n’est pas un bon point pour le producteur-réalisateur Alexandra Aja (La colline a des yeux) dont les autres productions ne sont pas vraiment mémorables à l’instar des moyens 2e sous-sol et Pyramide (je sauverai néanmoins le remake de Maniac). The Door (aka The over side of the door) s’inscrit ainsi dans cette veine horrifique avec un budget de série B à la Blumhouse et une ambition plus mainstream.

Enrobé sous une photographie sublimant les paysages de cette Inde moderne perdue entre tradition et croyance et les clichés inhérents aux films d’horreur pour ceux qui considèrent que Paranormal activity est le summum du film de trouille, The Door est un étalage et un amoncellement de clichés comme il en sort une tonne au tractopelle tous les ans. Comment s’en faire pour des personnages dont on connaît déjà le sort et par rapport auxquels on a toujours une longueur d’avance sur le scénario ? Franchement, qui n’a pas compris que la servante, du couple ayant perdu un enfant, ne va pas leur proposer de le ramener à la vie tellement son regard explicite sur sa maîtresse est appuyé par une lumière et un maquillage accentués ? Comment ne pas imaginer que la mère éplorée ne va pas franchir le Rubicon et ramener avec elle une entité maléfique ?

Si cela ne vous dit rien, on marche là avec des sabots taille 52 sur les plates-bandes balisées de l’excellent Simetierre, du plus récent et revival Hammerien Wake Wood ou encore d’Insidious. La seule différence ici est que le lieu de l’action se situe en Inde avec tout son folklore de vie après la mort et ces personnages presque nus et recouverts de cendres se nourrissant des crémations. Un background qui amène certes un côté exotique mais qui ne se départit jamais des poncifs actuels des films d’horreur occidentaux. The Door a aussi le désavantage d’être très propre sur lui, malgré les efforts de Sarah Wayne Callies (The Walking dead) pour rendre crédible son rôle de Maria, maman perdue et de son mari Michael (Jeremy Sisto héros de la série Six feet under) son pendant rationnel (il en faut toujours un) qui ne croit pas un instant au retour de son fils disparu.

Et pourtant, le réalisateur de Storage 24 ne fait pas dans la demie-mesure quand il veut faire comprendre à son actrice (et au spectateur) que le fiston is back. Tout y passe, les objets bougent, le piano joue tout seul, la jeune sœur parle avec son frère et bien sûr, des ombres courent dans les coins et, pinacle de l'effroi, le jump-scare. Ce n’est pas que votre serviteur soit dotée d’une âme sensible mais comment ne pas sursauter à ces morceaux de bravoure ultra artificiels quand l’image et le son explosent tandis que votre compagne accentue la séquence en se retournant subrepticement ? Ce n’est pas de la peur mais plutôt un réveil brutal sortant le spectateur de sa torpeur comateuse dans laquelle le film l’avait propulsé. Et ce bougre de Roberts a la fâcheuse tendance à nous secouer le cocotier très régulièrement comme s’il avait compris que son scénario ne se suffisait pas à lui-même.

Si le film ronronne gentiment comme un chat gras et repus, il y a néanmoins deux éléments à retenir au final. Ainsi, on pourra mettre en exergue les décors et les paysages de l’Inde et plus particulièrement la séquence dans ce temple perdu au milieu de nulle part, lieu de passage des âmes errantes. Sans aucun doute, le meilleur moment du film et le plus flippant pour le coup. A cela, il faudra y ajouter la créature qui vit dans cet endroit maudit. Myrtu, gardienne de la porte des enfers, ressemble à un monstre issu du bestiaire d’un Guillermo del Toro. Une cousine germaine (c’est pas son prénom hein) de la créature du Labyrinthe de Pan pour son allure et dont le déplacement fait furieusement penser à celui des fantômes de Crimson Peak (Si Myrtu avait été dans le film peut-être aurions-nous eu droit à un chef-d’œuvre ?).

Si le film flirte avec le thème du deuil et de la perte d’un enfant, il s’avère au final un métrage d’épouvante lambda, calibré, plutôt bien foutu visuellement, mais dont les influences empestent le plat réchauffé et déjà bien faisandé. A l’image de la scène où la petite fille assise de dos sur le lit se retourne comme dans Les Autres d'Alejandro Amenabar. Dommage, car il y avait certainement le potentiel pour explorer différemment les traditions indiennes et les revenants grâce à un scénario moins éprouvé que celui de The Door. Attention aussi à ce qu’Alexandre Aja ne devienne pas le Sam Raimi français en produisant des films d’horreur à la chaîne pour tout public sans aucune autre ambition que de faire du fric.

 

2,5 /6

 

Ouh ouh ! C'est qui ?
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Commentaires: 17
  • #1

    Audrey (jeudi, 16 juin 2016 19:37)

    Mon Dieu, voilà qui me rappelle l'ignominieux Ludo de Q & Nikon... Quand les revenants à la mode indienne sont filmés par des indiens... et beh c'est tout pourri aussi. Enfin je n'ai pas vu celui-là, mais ta chronique, même si très agréable à lire, ne donne guère envie !

  • #2

    Roggy (jeudi, 16 juin 2016 19:43)

    Je te rassure, dans son genre, "The Door" est meilleur que "Ludo". Il est beaucoup plus facile d'accès mais reste trop prévisible pour intéresser. Tu peux donc passer ton chemin :)

  • #3

    Audrey (jeudi, 16 juin 2016 19:54)

    Un peu rassurée... mais je passe mon tour en effet :)

  • #4

    Rigs Mordo (jeudi, 16 juin 2016 20:28)

    Très belle chro pour un film qui semble pas trop fait pour moi. Néanmoins, la description que tu fais de cette Myrtu m'intrigue et je dois dire que je suis ravi de voir que Jeremy Sisto, que j'aime beaucoup, revient un peu dans des projets d'une certaine ampleur. Pourvu que ça dure ainsi pour lui !

  • #5

    Roggy (jeudi, 16 juin 2016 20:32)

    Je ne pense pas que tu aimes le film, déjà parce que c'est pas ton truc et surtout parce qu'il n'est pas très bon. Néanmoins, le personnage de Myrtu est assez intéressant dans son design et son utilisation. Pour le reste...

  • #6

    princécranoir (jeudi, 16 juin 2016 20:44)

    Après Tina qui a commencé à trancher dans le vif, tu défonces comme il faut cette "Door" que je n'avais de toute façon pas l'intention de franchir dans l'immédiat. Pas plus que dans un avenir plus lointain après t'avoir lu.

  • #7

    Roggy (jeudi, 16 juin 2016 20:49)

    La porte n'était déjà pas trop solide mais tous ceux qui ont franchi le seuil de "The Door" ont constaté que le bois était pourri :)

  • #8

    Alice In Oliver (jeudi, 16 juin 2016 21:07)

    Pas vu mais visiblement, pas grand chose à signaler si ce n'est un film d'horreur lambda qui se contente d'accumuler tous les poncifs du genre

  • #9

    Roggy (jeudi, 16 juin 2016 21:16)

    Tu as parfaitement résumé la situation :)

  • #10

    Oncle Jack (jeudi, 16 juin 2016 21:20)

    Excellent chro pour un film qui, du coup, ne m'inspire pas vraiment. Ce genre de productions formatées à grands coups de jumpscares commence sérieusement à me taper sur le système, le dernier Insidious ayant fini d'achever le peu de tolérance qu'il me restait.

  • #11

    Roggy (jeudi, 16 juin 2016 21:26)

    Merci Oncle Jack pour ton commentaire. Tu as raison, les dernières productions horrifiques tournent vraiment en rond et ne font plus peur. Pire, elles se ressemblent toutes...

  • #12

    2flicsamiami (mardi, 21 juin 2016 08:59)

    J'ai l'impression que la seule issue trouvée face au manque de renouvellement du genre est d'expatrier les concepts vers toutes les destinations culturelles possibles et imaginables.

  • #13

    Roggy (mardi, 21 juin 2016 19:07)

    Je pense aussi que c'est l'option choisie pour faire passer les concepts déjà épuisés pour de la nouveauté.

  • #14

    tinalakiller (mercredi, 22 juin 2016 00:25)

    Effectivement, pas terrible. Pas vraiment effrayant, pas original, exploite mal son potentiel et Sarah Wayne Callies, raaaah, agaçante !

  • #15

    Roggy (mercredi, 22 juin 2016 18:27)

    J'avais déjà lu ton avis similaire sur ton site et le résumé que tu en fait est tout à fait exact. Pas grand chose à ajouter. Au suivant :)

  • #16

    Sweet Judas (mardi, 05 juillet 2016 21:23)

    J'ai également trouvé que le passage le plus flippant (ou simplement le mieux fichu, j'hésite encore) était celui du temple, perdu en pleine pampa. Dommage que ça dure 5 minutes et que Maria sorte de sa dépression en deux-deux sur le trajet du retour (niveau crédibilité, on repassera, quoi).

    Je m'attendais à ce que Myrtu soit davantage exploitée, tout comme la tribu (ethnie ? Caste ? Je sais plus comment ils les appellent dans le film) qui n'est là finalement que pour appuyer le côté exotique de l'ensemble ("regardez, on est en Inde, dépaysement totaaaaal et en plus ils ont plein de légendes cheloues et flippantes, trop bien").
    'Fin en gros, j'espérais qu'on se creuse davantage ce cocon familial qui se délite joyeusement depuis six ans pour en faire ressortir tout le désespoir et toute la noirceur sous-jacente... Mais non. On effleure à peine le truc, on se foule pas trop et on attend d'encaisser les billets.

  • #17

    Roggy (mardi, 05 juillet 2016 21:58)

    Ton résumé rejoint mon avis général sur le film. Une production lambda avec tous les poncifs du genre...