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LE DERNIER DINOSAURE

 

GENRE : Denver

REALISATEUR : Alexander Grasshoff et Tsugunobu Kotani

ANNEE : 1977

PAYS : Japon/USA

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Richard Boone, Joan Van Ark, Steven Keats...

 

RESUME : Un paléontologue, dernier survivant d'une expédition rejoint une équipe de scientifiques, dirigée par un chasseur hors pair. Tout ce beau monde suive les traces du dernier dinosaure...

 

MON HUMBLE AVIS

En cette fin des années 70, les grosses bestioles et les mondes engloutis effectuent un véritable revival en Occident avec Le sixième continent (Kevin Connor, 1975), le remake américain de King Kong (John Guillermin, 1976), Le continent oublié (Kevin Connor, 1977), La planète des dinosaures (James K. Shea, 1978). Alors qu'au Japon, Godzilla et ses amis n'ont jamais cessé de fréquenter les grands écrans, les Américains de la firme Rankin/Bass s'associent à la Tsuburaya Productions, avec qui ils avaient déjà collaboré, pour mettre en scène un monde préhistorique rempli de dinosaures. Ce n'est pas le premier coup d'essai de cette société américaine puisqu’on lui doit King Kong s'est échappé en 1967 en coproduction avec la Toho. Avec cet attelage hétéroclite, on aurait pu s'attendre à un kaiju eiga de qualité. A défaut d'être un bon film, Le dernier dinosaure reste rigolo. C'est déjà ça...

The Last dinosaur (en VO) est à la fois un film d'aventures pleins de monstres géants jusqu’à la gueule, qu’une montagne de clichés quant aux relations humaines. L'incongruité des aspects scientifiques frappe tout autant que l'écriture des personnages. Côté « prouesses » technologiques, le film est dominé par ses rondeurs très cheap, les avions, les hélicos et la base de départ sont représentés par des maquettes jusqu’aux casques de moto en guise de protection pour ces aventuriers propulsés sous la calotte glacière par un engin en forme de suppositoire. En quelques secondes, nos héros poussent un bouton, creusent la terre et se retrouvent sur une terre inconnue. Certes, une campagne précédente s’était déjà promenée dans le coin, néanmoins, cette nouvelle expédition en goguette ne fleure pas mieux la crédibilité.

Cette première partie est surtout marquée par la présentation des personnages, à commencer par le chef de l'expédition, un certain Masten Thrust (Richard Boone, Le grand sommeil) riche industriel amateur de trophées de chasse et parcourant la planète pour ramener du gibier y compris les femmes qui semblent tomber autour de lui comme des mouches alors qu'il fait « gros dégueulasse » avec sa moumoute et ses énormes lunettes fumées qui apparemment servaient à cacher son alcoolisme latent. En voyant le film aujourd’hui, on ne peut s’empêcher de penser à Donald Trump à qui il ressemble physiquement jusqu’à sa propension à pousser des gueulantes mémorables face aux journalistes à la conférence de presse avant le départ. Misogyne jusqu’à la moelle, il refuse d'intégrer une femme à son expédition, même la jolie reporter Francesca Banks (Joan Van Ark, surtout célèbre pour ses prestations dans les séries Dallas et Côte Ouest). Pourtant, cette dernière n'hésite pas à se taper le vieux pour arriver à ses fins.

Avec elle, Thrust monte sa petite troupe en s'adjoignant les services du Professeur Kawamoto (Tetsu Nakamura), du paléontologue Chuck Wade (Steven Keats, Horreur dans la ville) et cerise sur le gâteau d'un pisteur Massaï Buntha (Luther Rackley) de plus de 2 mètres ne parlant que sa langue et présenté ici comme le bon sauvage. Un peu à l'image des indigènes découverts sur cette terre inconnue et vus comme des êtres débiles proches des hommes de Cro-Magnon, seulement mû par des instincts grégaires. Et quand nos joyeux explorateurs récupèrent une jeune fille locale, c'est pour en faire une parfaite petite ménagère, faire la cuisine et laver la vaisselle. Le dernier dinosaure est ainsi bourré de poncifs sur les femmes, les « sauvages » et même ces fameux dinosaures à la cervelle de moineau. Surtout le fameux T-Rex semblant en vouloir personnellement à ces visiteurs humains.

Pour mettre en scène ces aventures d'un autre âge, les producteurs s’adjoignent deux réalisateurs, Alexander Grasshoff ayant surtout œuvré dans les documentaires et les séries, et Tsugunobu Kotani qu'on connaît pour Dans les profondeurs du triangle des Bermudes en 1978, pris certainement pour diriger les acteurs japonais. Peut-être également ceux ayant revêtu les costumes de dinosaures à l'image du fameux T-Rex en émule de ses confrères « monstres géants » ayant l'habitude de détruire des maquettes dans le cinéma japonais. Entre des ptérodactyles un peu brinquebalants, des tricératops cornus, le tyrannosaure fait la loi sur ses terres, tatane d'autres dinos et s'en prend à nos aventuriers du dimanche désormais coincés dans ce monde après que notre Titi Rex a envoyé bouler la machine à suppos.

Et passer trois mois à bouffer du lapin et de la soupe de feuilles, ça vous forge un homme surtout que nos amis ont les visites régulières des Cro-Magnon. Heureusement, le scénario n'étant pas à une incohérence près, il leur permet de se fabriquer une arbalète et surtout une catapulte assez élaborée pour en finir avec le tyrannosaure. Il faut dire que Thrust semble avoir un compte personnel avec le dino, sorte de Capitaine Achab bourru et colérique. Les séquences d'affrontements avec le T-Rex sont le plus souvent réussies même si l'incrustation du monstre à l'écran laisse à désirer. Le film est à ce titre divertissant entre dialogues « over the top » et scènes très drôles comme celle où le T-Rex prend un rocher sur son crâne tiré par la fameuse catapulte où que nos héros lui attachent la queue à des lianes pour le faire dégringoler d'une falaise comme dans un dessin-animé. Au final, Le dernier dinosaure est un film d'aventures légèrement dépassé dans sa conception visuelle et dans son rapport aux relations humaines excessivement primaires. Le titre du film se rapproche autant du T-Rex que du personnage de Thrust constituant le dernier représentant d'une masculinité en voie de disparition qu'on ne reverra plus jamais et dont il est impossible qu'il finisse Président des Etats-Unis...

 

3,5/6

 

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Commentaires: 4
  • #1

    Rigs Mordo (mardi, 27 mars 2018 20:10)

    Enfant, vers la sortie de Jurassic Park, je ne sais quel magazine télé avait fait un numéro spécial avec plein de couv de films de dinos, et celle-ci était dedans et me faisait bien rêver. Jamais vu mais à te lire, c'est dans la bonne moyenne :)

  • #2

    Roggy (mardi, 27 mars 2018 20:24)

    Comparé à "Jurassik park", c'est tout pourri lol mais le film reste sympathique malgré son manque de thunes.

  • #3

    Alice In Oliver (mercredi, 28 mars 2018 09:54)

    ca sent la fauche et la bisserie à plein nez pour ce énième avatar de Le Monde Perdu, mais je suis preneur.

  • #4

    Roggy (mercredi, 28 mars 2018 18:43)

    C'est effectivement très fauché et le côté sympatico-bis l'emporte sur l'ensemble.