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ÇA

 

GENRE : Coulrophobie

REALISATEUR : Andrés Muschietti

ANNEE : 2017

PAYS : USA/Canada

BUDGET : 35 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX :

Bill Skarsgard, Jaeden Lieberher, Sophia Lillis...

 

RESUME : À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s'intégrer se sont regroupés au sein du "Club des Ratés". Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l'école. Ils ont aussi en commun d'avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu'ils appellent "Ça"…

 

MON HUMBLE AVIS

Après une première version sous forme d’un téléfilm en deux parties datant de 1990, l’adaptation du roman de Stephen King revient sur le devant de la scène en modernisant son concept, même si cette remise au goût du jour se retrouve paradoxalement dans les années 80. Ça profite ainsi de la vague de revival d’une période très tendance en ce moment chez les Studios y compris dans les séries sur le petit écran.

La mode du remake est toujours en vigueur et n’est pas forcément heureuse, les exemples sont pléthores. En revanche, donner un petit coup de neuf à cette histoire de clown tueur n’était pas forcément du luxe quand on se souvient de la version de Tommy Lee Wallace qui, sans être ratée, possédait néanmoins quelques faiblesses. Sur la même trame, Andrés Muschietti construit son film à l’instar des dernières productions horrifiques hollywoodiennes à la fois effrayantes et bien foutues (on peut penser à la vague des Insidious et autre Conjuring). Ça est bâti sur le même moule reprenant les bonnes idées de 1990, notamment cette séquence d’ouverture voyant le jeune Georgie se faire happer dans un égout par le monstre du cirque.

Si le scénario reprendra d’autres scènes du téléfilm, il bénéficie surtout de la patte d’Andrés Muschietti, le papa de Mama. Cornaqué par Guillermo del Toro, le long-métrage avait marqué les cinéphiles grâce à son approche élégiaque et horrifique de l’enfance. C’est peut-être pour cela que le réalisateur fut choisi, après le retrait de Cary Fukunaga (True detective), afin de mettre en image ce Club des 5 face à une entité monstrueuse. En plus de deux heures, Muschietti prend son temps pour présenter chaque personnage et leur phobie respective dont se nourrit le clown aux dents acérées. Si quelques séquences sont un peu redondantes, force est de constater que la plupart sont réussies à l’image de celles dans la salle de bains ou dans la bibliothèque.

Globalement, Ça fonctionne plutôt bien, les scènes s’enchaînent sans temps morts dans un écrin horrifique que n’auraient pas renié certains films des années 80 nous renvoyant clairement à la série des Griffes de la nuit (une référence à A nightmare on elm street 5 apparaît sur le fronton d’un cinéma). Il y a quelque chose de Freddy Krueger dans le personnage de Pennywise (Grippe-sou en VF) lors de ses apparitions malicieusement cruelles et le second degré avec lequel il s’exprime. On peut ajouter à cela une violence frontale explicite envers les enfants avec notamment un bras arraché au début, des plans sanglants et une menace pédophile plus que concrète.

Épouvante actuelle oblige, le film ne pourra se départir de quelques jumps-scares un peu faciles alors que l’ensemble n’est pas vraiment angoissant (peut-être parce qu’on connaît l’histoire) et de situations quelque peu prévisibles (voire impossible quand on pense à la réaction des enfants face à des événements terrifiants). Certes, la ville de Derry est parsemée de cadavres et beaucoup d’enfants disparaissent mais on ne sent pas une chape de plomb envahir ses habitants, le film se concentrant essentiellement sur les gamins, au détriment des adultes relégués au second plan. Il faut dire que l’histoire imaginée par le King fourmille de tiroirs, de sous-intrigues et les protagonistes sont légions.

La principale attraction du film reste le clown. On se souvient de Tim Curry en 1990 (The Rocky horror picture show) dans le costume du personnage aux cheveux et au nez rouges pas forcément effrayant de prime abord, ce qui générait d'autant plus un malaise lors de ses exactions. En 2017, Pennywise (Bill Skarsgård, Divergent 3) possède déjà des traits maléfiques en plus d'une dentition proéminente et ses intentions ne font aucun doute quand il débarque à l'improviste. En revanche, l’ambiance et les costumes des années 80 sont particulièrement bien rendus comme c’était déjà le cas avec la série à succès Stranger things avec lequel Ça entretient beaucoup de similitudes, ne serait-ce que le personnage de Richie (Finn Wolfhard). Jouant sur la nostalgie, le film est jalonné de références cinématographiques ou musicales et fait écho à un autre livre de Stephen King, Stand by me, adapté pour le cinéma en 1986. Mais à trop joué avec les symboles et les époques, les scénaristes s’autorisent des saillies verbales paraissant anachroniques avec les 80’s. Une vulgarité dans les propos entretenue par Richie certainement faite pour contrebalancer les horreurs vécues par les enfants mais qui ne fonctionnent pas réellement.

Des scories ne nuisant pas forcément à l’ensemble du long-métrage (le traitement du personnage de Ben et son baiser "conte de fée") s’avérant au final divertissant et bien écrit. Muschietti fait le job sur la longueur avec ce film d'épouvante mainstream gentiment effrayant, jonché de quelques idées intéressantes comme les magnifiques scènes sur la fin avec les enfants disparus flottant dans les airs au milieu de l’antre du clown. On retiendra aussi le casting des enfants d'où émerge la jolie Beverly (Sophia Lillis), un clown un peu trop présent et manquant de charisme à mon sens, pour un film cartonnant au box-office mondial et dont la suite est attendue pour 2019.

 

4/6

 

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Commentaires : 12
  • #1

    Rigs Mordo (mercredi, 04 octobre 2017 20:47)

    Pas fan du premier téléfilm, du coup j'irai vers celui-ci sans a-priori, je ne crois pas que c'est là un "remake" nécessaire, mais en tout cas je ne cracherai pas dessus. Si tu dis que c'est "gentiment effrayant", moi ça me suffira déjà pas mal ! Belle chro !

  • #2

    Roggy (mercredi, 04 octobre 2017 21:35)

    Merci l'ami. Le film pourrait te plaire même si dans le genre, on a fait mieux.

  • #3

    Alice In Oliver (jeudi, 05 octobre 2017 15:54)

    Je préfère largement cette nouvelle version à celle réalisée dans les années 90 et je trouve le clown plutôt convaincant. Seul petit regret, cette tendance à renâcler systématiquement vers les films d'épouvante du moment, notamment sur la vague des CONjuring

  • #4

    Roggy (jeudi, 05 octobre 2017 19:06)

    Je suis d'accord avec toi sur cette tendance à l'horreur facile. En même temps, la formule rapporte tellement...

  • #5

    titi70 (dimanche, 08 octobre 2017 17:54)

    Personnellement, malgré les qualités de cette version 2017, qui se montre, je trouve, beaucoup plus violente que le téléfilm de 90 (en même temps, le format cinéma le permet beaucoup plus), je préfère la version avec Tim Curry, notamment parce que ce dernier avait su mettre en avant le coté faussement charmant du clown lui servant surtout à piéger les enfants. Dans le film de Muschietti, c'est clairement un monstre, mais, il ressemble à plein d'autres du style Freddy Krueger, exploitable dans pleins de suite ( bientôt Ca 5, le retour de la vengeance ?) alors que le personnage n'est pas ainsi à l'origine.

  • #6

    Roggy (dimanche, 08 octobre 2017 20:16)

    Je suis assez d'accord avec toi sur le personnage du clown plus effrayant dans la version de 90. Pour l'ensemble de la saga, il faudra attendre la deuxième moitié afin de savoir laquelle est la meilleure. J'espère surtout qu'ils n'en feront pas une franchise.

  • #7

    princécranoir (mardi, 10 octobre 2017 21:55)

    Pas tellement emballé par cette histoire de clown à grande bouche. Je n'ai pas vu la version eighties (je l'ai en DVD, j'y jetterai un œil), mais cette version m'a semblée effectivement formatée comme les films d'épouvante du moment. UN peu long deux heures où le seul suspense consiste à se demander qui va embrasser la rouquine.

  • #8

    Roggy (mardi, 10 octobre 2017 22:03)

    Tu n'as pas tort dans le fond même si le résultat final est loin d'être désagréable. Quant au baiser, c'est certainement la plus mauvaise scène :)

  • #9

    tinalakiller (jeudi, 12 octobre 2017 16:26)

    Je rejoins pas mal l'avis d'Alice : oui, niveau horreur, on est dans la lignée de ces nouveaux films d'horreur pas si effrayants que ça avec des codes réutilisés et faciles. Mais cette nouvelle version de Ca m'a vraiment convaincue, mieux que le téléfilm qui était vieillot. Les thématiques sont bien traités pour une production de ce genre et Skarsgard s'en tire franchement bien, pas facile de passer après Curry.

  • #10

    Moskau (vendredi, 13 octobre 2017 18:33)

    Si le clown est beaucoup présent, on en sait finalement peu sur lui, sur ses origines comme sur son emprise sur les adultes. Mais dans l'ensemble, la mise en scène est efficace et le casting réussit.

  • #11

    Roggy (vendredi, 13 octobre 2017 20:33)

    A Tinakiller,
    Je suis d'accord sur la modernisation que méritait le téléfilm de 90. Je suis moins convaincu avec le nouveau clown et j'aurai vraiment préféré que Will Pouter soit, comme prévu originellement, dans le rôle du clown.

  • #12

    Roggy (vendredi, 13 octobre 2017 20:36)

    A Moskau,
    D"après ce que j'ai lu, il manque pas mal de chose du roman et notamment l'emprise du clown sur la ville et ses habitants.