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CHAPPIE


GENRE : Nono, le petit robot

REALISATEUR : Neill Blomkamp

ANNEE : 2015

PAYS : USA/Mexique

BUDGET : 115 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Sharlto Copley, Del Patel, Hugh Jackman...


RESUME : Dans un futur proche, la population, opprimée par une police entièrement robotisée, commence à se rebeller. Chappie, l’un de ces droïdes policiers, est kidnappé. Reprogrammé, il devient le premier robot capable de penser et ressentir par lui-même.


MON HUMBLE AVIS

Si Neill Blomkamp nous avait surpris et même épatés avec son 1erfilm District 9, le soufflet était largement retombé avec son 2eopus Elyseum, pensum pseudo-philosophique pas très malin. Avec Chappie, le réalisateur sud-africain reste dans le domaine de l’anticipation entre robots policiers et hommage appuyé au Robocop de Verhoeven.

Chappie semble être avant tout une extension de District 9. L’action se situe toujours en Afrique-du-Sud et plus précisément dans le ghetto de Soweto, où règne la loi du Talion et de la Kalach. La population et la délinquance sont maîtrisées grâce à l’intervention de policiers robots, sortes d’humanoïdes quasiment indestructibles. La seule différence est que les aliens ont été replacées par des robots. De plus, à l’instar de District 9, le film commence par un documentaire servant de mise en perspective du contexte social, et on pense à Elyseum pour les combats entre humains et robots. Pourtant, on a vraiment l’impression d’assister à un reboot de Robocop, notamment avec ces policiers en acier trempé chargés du maintien de l’ordre et même le robot « original » très proche visuellement de celui de Skynet.

Neill Blomkamp retrouve ici son acteur fétiche, Sharlto Copley dans le rôle de Chappie, dont le personnage en motion capture utilise la même technique que celles d'Andy Serkis avec Gollum dans Le Seigneur des anneaux. Pour le reste, hormis le couple de rappeurs gangsters qui surjouent en permanence (apparemment dans leur propre rôle) le casting est prestigieux mais totalement secondaire. Del Patel (Slumdog Millionaire) ne s’en sort pas trop mal en geek de service créateur de Chappie. Il a face à lui Hugh Jackman (Wolverine), coupe "mulet", bermuda et chaussettes hautes style "allemands en vacances", en méchant cherchant à tout prix à substituer ses propres robots à ceux de son jeune concurrent. Un personnage rappelant celui qu’il tenait dans Real Steel mais dont les enjeux quasiment nuls sont à rapprocher de ceux d’une Sigourney Weaver au personnage totalement effacé.


Au rayon positif, il faut noter la qualité des effets visuels, les robots s’insérant parfaitement à l’écran (les scènes d’action sont lisibles et parfois sanglantes), tout comme la partition d’Hans Zimmer balayant tout un panel de musiques hybrides avec, par instant, des sons nous renvoyant dans les années 80. En revanche, comme dans Elyseum, il y a quelques problèmes de cohérence dans le film. Par exemple, si on prend Chappie, se réveillant comme un enfant sachant à peine parler. Comment expliquer alors son évolution si rapide (il devient presque un génie de l’informatique en quelques jours) alors qu’il est incapable de comprendre le mal qu’il fait aux humains ? De même sur la fin, la technique pour passer d’un corps à un autre est trop facilement expédiée pour paraître plausible (tiens, une référence à Transcendance).

Pendant tout le film, on est donc sur un fil, à se demander à chaque instant si on ne va pas tomber du côté du ridicule. Cette frontière est ténue notamment lors de l’apprentissage de Chappie, transformé en gangsta-man pouvant sombrer dans le vulgaire et le raté lorsqu’il adopte les stéréotypes et le langage des petites frappes, ou le comique lorsqu’il braque des voitures. A l’instar de sa précédente œuvre, la charge sociale est martelée sans subtilité à coups de marteau Thoresque. Les réflexions philosophiques des personnages sont souvent niaises et contre-balancées par un jeu de mot ou un pathos lourdingue. On est vraiment bien loin de l’aura existentielle dégagé par A.I de Speilberg.

Au final, Chappie se révèle un actionner de SF assez réussi sur la forme mais qui a du mal à exister quand le réalisateur cherche artificiellement à donner une âme à son film. Comme dans Elyseum, la fusion des deux genres se fait difficilement, peut-être parce que le script joue trop la carte de la déconne au milieu d’éléments scientifiques peu crédibles. Si le personnage de Chappie peut amener un peu d’empathie, il me semble que son évolution dramatique n’est pas assez exploitée au détriment d’un humour pas toujours adéquate et d’événements trop prévisibles pour intéresser le spectateur (on comprend trop vite les motivations d’Hugh Jackman). A ceux qui se félicitent déjà que Neill Blomkamp réalise le prochain Alien, j’espère pour eux que son script tiendra la route et ne sombrera pas trop dans la philosophie de comptoir.


Note : 3/ 6

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Commentaires : 17
  • #1

    Rigs Mordo (vendredi, 20 mars 2015)

    Excellente et longue chronique! Pas encore vu, mais je suis pas super pressé non plus, je ne vois pas en Blomkamp un sauveur de la SF (en même temps la SF moderne et moi...), j'avais trouvé District 9 jouissif dans sa partie bourrine mais aussi assez emmerdant avant cela... Donc Chappie ou Alien 5, je ne regarderai pas ça avec tremblements ou la bite en main, mais je ne pense pas que ce sera daubé non plus...

  • #2

    laseancearoggy (vendredi, 20 mars 2015 19:42)

    Merci l'ami pour ton commentaire, même si je ne trouve pas ma chronique si parfaite que ça. En fait, le film ne m'a pas inspiré et ça se ressent à l'écrit :) J'ai bien peur "District 9" n'ait été qu'un feu de paille...

  • #3

    Moskau (vendredi, 20 mars 2015 19:44)

    C'est toujours un peu le même problème avec Blomkamp, beaucoup de concepts mais finalement tout reste en surface. Il veut jongler avec trop de choses. Mais au moins ça reste du bon divertissement. Et je reste confiant pour Alien.

  • #4

    laseancearoggy (vendredi, 20 mars 2015 19:53)

    Le film n'est pas mauvais, loin de là, mais comme tu le dis, la profusion des pistes à développer ne permet à Neill Blomkamp de se concentrer sur son sujet. C'est très frustrant pour moi au final.

  • #5

    Princécranoir (samedi, 21 mars 2015 07:40)

    Même déception pour moi concernant "Chappie le gentil gangstarobot de Soweto" (mais tu le sais déjà), et même scepticisme inquiet à l'annonce d'un nouvel "Alien". Là on s'éloigne de "A.I" et on est plus proche de "aïe". Ta longue et néanmoins très clairement argumentée chronique met le doigt sur les nombreux défauts du film (j'y inclus pour ma part la bande-son atrocement assourdissante), tout en relevant les quelques pièces à détacher pour un éventuel recyclage plus probant. Par contre, je suis nettement plus clément sur "Elysium" qui semble voué aux mêmes gémonies que ce "Chappie". Même s'il apparaissait un peu simplet dans son discours, il avait le mérite de mixer avec une certaine efficacité l'action pure (Copley y était savoureux, et Foster bien moins mauvaise que ce qu'on en a dit), et une vision anamorphosée de la fracture économique actuelle. En tous cas un film bien meilleur que le remake de "Total recall", totalement ridicule.

  • #6

    laseancearoggy (samedi, 21 mars 2015 08:49)

    Je sais qu'on se rejoint sur pas mal de points. Je peux comprendre pour la musique parce qu'elle n'est pas toujours adaptée, même si, certains passages avaient quelques connotations presque carpenteriennes. En revanche, je persiste et signe sur "Elyseum" que j'avais encore moins bien noté en son temps. Chez Blomkamp, les films commencent bien, mais la suite est vraiment plus discutable...

  • #7

    Princécranoir (samedi, 21 mars 2015 09:11)

    Je prend acte de cette dent contre le manichéisme tiers-mondiste du précédent film de Blomkamp. Mais tout de même, "Elysium" pire que "Chappie" ? on avait au moins échappé aux gamineries de Die Antwoord

  • #8

    laseancearoggy (samedi, 21 mars 2015 09:19)

    Pire dans le sens où les scènes d'action étaient plus mal filmées et où la 2e moitié du film n'était pas à la hauteur, trop vite expédiée. C'était mon ressenti sur le moment. C'est vrai aussi qu'il n'y avait pas un humour qui cassait la dramaturgie du film.

  • #9

    Dreampunk (samedi, 21 mars 2015 10:50)

    Pas vu Chappie encore (budget, tout ça) aussi je ne peux donner mon avis sur le film, ni débattre sur ta chronique ! Si ce n'est que tu n'es pas le premier à comparer le film avec RoboCop, et que le film est en fait constamment décrit aux US comme étant "un mix entre RoboCop et Short Circuit 2" (chez nous Appelez-moi Johnny 5). Après, qu'on aime ou pas, je me demande si Chappie ne serait pas un meilleur reboot au film de Verhoeven que le nouveau RoboCop officiel (juste pour troller).

    Cela étant dis je voulais juste revenir sur un point qui revient souvent sur les critiques envers Blomkamp, que ce soit ici, dans District 9 et Elysium. La façon dont le réalisateur montre une lutte des classes pauvres / riches de manière pas vraiment subtile. Et c'est vrai, surtout dans Elysium, que la chose apparaît comme très grossière, comme une sorte de George Romero wanabee.

    Je crois qu'il faut parfois juste regarder du Blomkamp en se souvenant d'où celui-ci provient. L'Afrique du Sud, c'est très moche. Les descendants des colons blancs on le frics, vivent dans de belles maisons, et les autres, les natifs et immigré des quatre coins du pays, se réfugient dans de véritable bidonville (le "Township"). Les "pauvres" de District 9 et Elysium n'ont rien de caricatural en fait, c'est vraiment ainsi que certains vivent dans ce pays.

    Du coup oui, à nos yeux, et dans un film à grand spectacle, ça évoque les inévitables "gentils pauvres" et "méchants riches" qui vivent dans deux mondes totalement opposés, mais il y a sans doute un peu plus là dedans qu'une simple critique rentre-dedans. J'ai même l'impression qu'à chaque film, Blomkamp se contente de nous montrer la même situation par rapport à son pays.

    (et bordel, en fait ce mec c'est pas sur Alien 5 qu'il devrait travailler, c'est sur l'adaptation de Gunnm ! La différence entre la Terre miséreuse et l'élite de Zalem, c'est juste totalement dans ses cordes, c'était exactement Elysium)

  • #10

    2flicsamiami (samedi, 21 mars 2015 10:51)

    Une chronique bien complète :) Tu sais déjà ce que je pense de ce film mal bricolé, et j'ajouterais pour ma part, sans hésiter, comme Princecranoir, la bande-son au rayon des nombreux échecs qu'empilent Neill Blomkamp, au même titre d'ailleurs que sa forme, étonnamment laide par occasion.

  • #11

    laseancearoggy (samedi, 21 mars 2015 11:03)

    A Dreampunk,
    Je suis d'accord sur le background du réalisateur et la situation de son pays. Ses films sont sans doute une extrapolation de l'Afrique-du-Sud. Néanmoins, je suis assez déçu par le manque de subtilité dont il fait preuve. Dans ces cas-là, on pourrait dire la même chose d'Hunger games ou autres films pour ados qui dénoncent les méfaits d'un régime totalitaire. "Elysium" et "Chappie" sont des prods à 100 millions très hollywoodiennes et, pour moi, la dénonciation est factice. Le monde qu'ils décrivent dans leurs films est le monde qu'ils désirent...

  • #12

    laseancearoggy (samedi, 21 mars 2015 11:05)

    A 2flicsamiami,
    Merci pour ton commentaire et, à bien y réfléchir, il faudrait que j'écoute à nouveau la bande-son pour me faire une opinion tranchée. J'avoue que certains morceaux m'ont plu (mais pas tous). Attendons de voir la suite de sa carrière, mais peut-être faut-il changer de registre.

  • #13

    Dreampunk (samedi, 21 mars 2015 18:09)

    Oh absolument. Toutefois je pense que l'homme à dû voir et garder sur le cœur certaine chose qui donc ressortent souvent (et oui, maladroitement, peut-être devrait-il être capable de prendre du recul).

  • #14

    alice in oliver (dimanche, 22 mars 2015 22:38)

    Assez décevant et trop gentillet pour réellement susciter l'intérêt sur la durée

  • #15

    laseancearoggy (lundi, 23 mars 2015 18:38)

    Je comprends ton avis et je le partage totalement.

  • #16

    Kapalsky (samedi, 04 avril 2015 13:52)

    Bon sang, qu'on ne reparle plus de Transcendance! Chappie à beau être bourré de défauts, il reste un film autrement plus réussi que cette rigolade de sf!

  • #17

    laseancearoggy (samedi, 04 avril 2015 16:25)

    Je suis bien d'accord avec toi sur la qualité du film comparativement à "Transcendance", mais je faisais un parallèle avec la capacité de se transporter dans un autre corps.