749 chroniques de films

   31 chroniques de série

Ma pin-up du mois

L'as de pique
L'as de pique
PIFFF 2019
PIFFF 2019
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque

Ma Blogothèque cinéphilique

Suivre le site
Suivre le site

 

 

APOSTLE

 

GENRE : Le bon apôtre

REALISATEUR : Gareth Evans

ANNEE : 2018

PAYS : UK/USA

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Dan Stevens, Harris Dickinson, Mandy Moore...

 

RESUME : Un homme se rend sur une île lointaine à la recherche de sa sœur, kidnappée par une dangereuse secte.

 

MON HUMBLE AVIS

Après ses actionners asiatiques bien véners (Merantau et The raid 1 et 2), Gareth Evans revient sur ses terres natales galloises avec ce thriller horrifique situé sur une île battue par les vents au début du XXe siècle. Retour aux sources donc mais pas pour autant à un cinéma conventionnel, le réalisateur (également ici scénariste) marque le film de son empreinte au fer rouge jusqu’à une violence extrême. Si le mal est insidieux, les chairs sont ici malmenées comme un ultime rempart à l’obscurantisme et la barbarie. Apostle fait souffrir ses personnages mais le jeu en vaut la chandelle pour le spectateur.

Ayant trouvé refuge sur la plateforme Netflix, le gallois violent démontre encore une fois avec ce long-métrage sa capacité à maîtriser un scénario touffu tout en conservant une mise en scène aérienne et adaptée à ce lieu clos, antre d’une diablesse païenne mais surtout source des pires avanies commises par l’auto-proclamé prophète Malcom (dantesque Michael Sheen, la saga Underworld). A tel point que cette secte et sa bande de rigoristes adeptes d’une religion en dehors des canons habituels recluse sur son île se méfie des étrangers comme du gouvernement britannique bien décidé à éradiquer ces impies. Pourtant, Thomas Richardson (Dans Stevens, The guest) prend le risque de débarquer afin de récupérer sa sœur, enlevée dans l’espoir d’obtenir une rançon.

La mise en place de l’intrigue est particulièrement réussie, magnifiée par la photographie, les somptueux paysages sauvages et îliens où se concentrent une petite communauté religieuse enserrée sous le joug de Malcom et de ses nervis tandis que les récoltes et la nourriture s’amenuisent, mettant en péril ces hommes et ces femmes coincés sur leur bout de terre. Ces derniers vénèrent une déesse très étrange, seule capable de garantir leurs subsistances et le pain quotidien. Très vite, Thomas découvre les rites très particuliers depuis sa chambre monastique et au travers de ses rencontres avec Jérémy (Bill Milner, Dunkerque) ou la vénéneuse Andrea (Lucy Boynton, Baba Yaga), en fille du prophète. Bref, cette engeance de circonstance tente de survivre avant de découvrir le traître qui se cache parmi eux.

Avec son casting solide et son scénario charpenté, Gareth Evans pioche aussi bien dans les films de secte (The village) que dans le folklore celtique et païen. On pense forcément à The wicker man mais aussi à Black death pour l’aspect fantastique entretenue par le personnage de la vieille femme. Des références singulières à l’origine d’un long-métrage assez iconoclaste où se mêlent la religion, le thriller et surtout l’horreur graphique voire sanglante. Evans ne fait pas dans la demi-mesure quand il faut passer à l’action. Mains broyées, corps mutilés et même une cervelle passée à la moulinette sont le lot de certaines séquences de torture très tendues caractérisant la violence avec laquelle les sbires de Malcom conditionnent ce village de damnés.

Dans sa deuxième partie, le long-métrage plonge ainsi dans une terreur plus prégnante mais toujours associée à une mise en scène serrée et au service de son récit. Certes, Gareth Evans semble apprécier les films assez longs (2h10 au compteur), sans doute pour mieux développer son histoire et caractériser ses personnages, mais surtout, car le bonhomme est généreux en multipliant les points de vue et les exactions de ses héros maudits, engoncés dans une malédiction qui les dépasse tous et prend forme dans la dernière partie. Alors, on pardonnera ces quelques saillies goresques pas forcément justifiées, un personnage de serviteur stéréotypé à outrance digne d’appartenir à la famille de Leatherface et un script sans doute trop ambitieux, pour se plonger avec envie sur Apostle. Un scénario original, une mise en scène de qualité et un casting irréprochable. Que demander de mieux à part suivre la carrière du réalisateur s’avérant de plus en plus passionnant.

 

4,5/6

 

Écrire commentaire

Commentaires: 2
  • #1

    Princecranoir (samedi, 19 janvier 2019 19:05)

    Je découvre qu'Evans à lui-aussi trouvé refuge sur Netflix. Un pas de côté sur petit écran pour un talentueux metteur en scène, même si j'ai pu aussi lui voler dans les plumes. Je ne manquerai pas d'aller découvrir cet Apostle sur tes conseils avisés.

  • #2

    Roggy (samedi, 19 janvier 2019 20:00)

    Moi aussi j'ai quelques bémols notamment sur les scénarios des films du réalisateur, mais force est de constater que le bonhomme sait filmer et son cinéma est vraiment original. Une vrai bouffée d'air dans le 7e art.