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ALLELUIA


GENRE : Priez pour eux

REALISATEUR : Fabrice du Welz

ANNEE : 2014

PAYS : France/Belgique

BUDGET : 3 000 000 €

ACTEURS PRINCIPAUX :Laurent Lucas, Lola Dueñas, Héléna Noguerra...


RESUME : Lorsque Gloria accepte de rencontrer Michel, contacté par petite annonce, rien ne laisse présager la passion destructrice et meurtrière qui naîtra de leur amour fou...


MON HUMBLE AVIS

Alleluia est une adaptation libre d'une affaire qui avait défrayé la chronique dans les années 40. Elle était déjà apparue au cinéma dans Profundo Carmesi de Arturo Ripstein en 1996, et surtout la plus connue, Les tueurs de la lune de miel de Leonard Kastle en 1970. Un fait divers macabre remis au goût du jour dans un contexte différent et en Belgique.

C'est Fabrice du Welz (Calvaire, Vinyan) qui s'attaque à cette histoire et la transporte dans un quotidien plus actuel des Ardennes. Un cinéaste exigeant, sans compromis, comme sa volonté de tourner le film en 16mm. Pour des problèmes de calendrier, il s'associe à Manuel Dacosse qui a travaillé avec Cattet et Forzani sur L'Etrange couleur des larmes de ton corps. Et, cela se ressent à l'écran dans certaines scènes possédant une teinte bleutée, voire rouge ou jaune. Un travail que l'on retrouve aussi sur la qualité de l'image, volontairement granuleuse. Un parti pris un peu casse-gueule qui pourra en dérouter certains, car il faut bien avouer que l'on ne voit rien dans les scènes nocturnes.

Au-delà de ces contingences techniques, Alleluia est un film réussi qui se tient bien mieux que les précédents essais du sieur de Welz, grâce à un scénario qui privilégie l'humain, en bannissant le côté voyeur qu'une telle entreprise aurait pu engendrer. Certes, quelques scènes sanglantes sont présentes mais elles se justifient au regard de la situation. La grande force du film vient en fait de ses acteurs, et de la symbiose du couple formé par Michel, Laurent Lucas (Harry, un ami qui vous veut du bien, Calvaire) magnétique en arnaqueur de bas étage, au regard vert qui arrive à séduire toutes les femmes. Une puissance de jeu le faisant passer de l'humour à la terreur en un clin d’œil. Face à lui, Gloria, Lola Dueñas (Parle avec elle, Volver) tombe folle amoureuse et se lance à corps perdu dans une passion destructrice, à tel point qu'elle devient aussi folle, même plus que son amant d'infortune. Elle semble presque devenir bipolaire, faisant des caprices d'enfant jusqu'à des colères hystériques.

Comme hors du temps, le couple ne semble pas réaliser les actes qu'ils commettent, notamment, dans cette scène où ils vont au cinéma voir « Africa Queen », et s'identifient aux personnages de Borgart et Hepburn, preuve que leur inconscient a pris le dessus. Filmé au plus près des personnages, Alleluia est un film âpre, difficile d'accès sur la forme, mais qui possède néanmoins une force intérieure grâce à ses comédiens et des scènes fortes comme lorsque les deux amants maudits nus, véritable Bonny and Clyde, pratiquent une sorte de rituel d'incantation.


NOTE : 4+ / 6

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Commentaires : 2
  • #1

    Princécranoir (samedi, 06 décembre 2014 17:17)

    Pas vu de film de Du Weltz depuis "Calvaire". Du coup, celui-ci m'attire bien, surtout au regard de l'écho positif dont tu te fais le relais.

  • #2

    laseancearoggy (samedi, 06 décembre 2014 18:53)

    Attention, "Alleluia" est un film clivant. Tu aimes ou tu détestes. Si tu n'adhères pas à la photographie très laide (il faut bien le dire), tu peux passer à côté du film. Sinon, l'interprétation est à mon avis le point positif même si certaines scènes peuvent sembler répétitives.