749 chroniques de films

   31 chroniques de série

Ma pin-up du mois

L'as de pique
L'as de pique
PIFFF 2019
PIFFF 2019
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque

Ma Blogothèque cinéphilique

Suivre le site
Suivre le site

 

THE RAID 2

 

 

GENRE : Free fight

REALISATEUR : Gareth Evans

ANNEE : 2014

PAYS : Indonésie/USA

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Iko Uwais, Arifin Putra, Estelle Julie...

 

 

RESUME : Après un combat sans merci pour s’extirper d’un immeuble rempli de criminels et de fous furieux, laissant derrière lui des monceaux de cadavres de policiers et de dangereux truands, Rama, jeune flic de Jakarta, pensait retrouver une vie normale, avec sa femme et son tout jeune fils… Mais il se trompait. On lui impose en effet une nouvelle mission : Rama devra infiltrer le syndicat du crime, où coexistent dans une sorte de statu quo mafia indonésienne et yakusas. Sous l’identité de Yuda, un tueur sans pitié, il se laisse jeter en prison afin d’y gagner la confiance d'Uco, le fils d'un magnat du crime indonésien, son ticket d’entrée pour intégrer l’organisation.

 

MON HUMBLE AVIS

Après le succès mondial surprise de The Raid, petit film d’action indonésien réalisé par un gallois, il était normal qu’une suite soit enclenchée. Surtout qu’à la base, l’histoire de The Raid 2 était envisagée pour être tournée en premier, mais faute de moyens conséquents, Gareth Evans s’était rabattu sur un script plus simple et limité à un seul lieu.

Changement de décor dans cette séquelle qui reprend deux heures après la fin du 1er opus. Tout est bigger than louder ; déjà dans la durée du film (2h30). Contrairement au 1er, The Raid 2 se veut plus ambitieux en terme de scénario, et multiplie les personnages en essayant de donner une consistance et un goût de polar plus prononcé, sans oublier les scènes d’action qui ont fait la réputation de l’auteur.

Ainsi, on se retrouve avec un produit final certes plutôt sympathique, mais qui a du mal à être totalement cohérent sur la longueur. Il faut dire aussi que Gareth Evans est du genre généreux et, pour satisfaire son public, n’hésite pas à balancer un maximum de scènes d’action y incluant même une course-poursuite très réussie. Peut-être trop d’ailleurs, car à ce petit jeu, les scènes de dialogues plus posées ont du mal à s’intégrer à l’ensemble comme si elles étaient juste placés là en attendant les séquences de baston. En fait, on se fout un peu de cette histoire de vengeance et du sort des personnages.

A l’image de The Raid, les combattants sont toujours aussi impressionnants dans leur agilité et leur maîtrise des arts martiaux. On retrouve le flic Rama (Iko Uwais) et même quelques seconds rôles comme le chevelu Prakoso (Yayan Ruhian) extraordinaire fighter de rue. Mais, là aussi, son arrivée intervient un peu comme un cheveu dans une mare de sang. On ne sait pas trop pourquoi il revient et sa venue est trop artificielle. En revanche, les 3 tueurs à gage, dont surtout Hammer girl (Julie Estelle) et Baseball Bat Man (Very Tri Yulisman), auraient mérité un film à eux seuls. En effet, leurs postures très iconiques les rapprochent furieusement de l’imagerie manga. Comme son nom l’indique, Hammer Girl utilise des marteaux avec lesquels elle défonce et arrache les mâchoires de ses adversaires comme de vulgaires clous, comme dans cette très belle scène à l’intérieur d’une rame de métro qui nous fait penser à Midnight Meat Train. Quant à lui, Baseball Bat Man catapulte ses balles sur les cranes de ses ennemis et traîne sa batte dans ules rues comme une épée. Même si tout n’est pas réaliste, ce duo est l’atout majeur du film et lui confère une esthétique de bande-dessinée décalée.

Rayon action, rien à dire. Ca casse des bras, des jambes, en format petits bois, notamment dans la 1ère grosse baston dans la prison sur un terrain tout boueux. Visiblement, Y connaissent pas Rama. Il dynamite, il disperse, il ventile à coups de tatanes bien placés les membres des autres détenus qu’il éparpille par petits bouts, façon puzzle. Et, le réalisateur n’y va pas avec le dos de la cuillère pour montrer les conséquences sanglantes des coups portés. Les chocs et les craquements des os font très mal surtout si on y ajoute certaines armes tels que des marteaux, des battes de baseball ou des couteaux. Ultra violent et gore, l’action atteint son acmé dans une dernière scène d’anthologie entre Rama et L'assassin (Cecep Arif Rahman). Le combat réglé au millimètre (apparemment, il a fallu un mois pour le tourner !) est âpre, sans concession et en tout point sanglant. Une grosse claque.

The Raid 2 reste un très bon film d’action (les scènes de baston sont toutes ahurissantes de réalisme et de violence) qui paraît déséquilibré dans sa structure. Gareth Evans veut à la fois faire un grand polar et balancer ses séquences de baston, mais il a du mal à trouver le ton juste car il ne se crée aucune réelle empathie pour les personnages. En revanche, côté action, le réalisateur sait faire monter l’angoisse et donner de l’ampleur aux combats, chorégraphiés et stylisés (les plans en hauteur sont toujours magnifiques). Finalement, certains ont reproché au 1er film son manque de scénario, mais le film montre qu’il est très difficile de concilier les deux, peut-être du fait de la puissance trop importante qui se dégage des combats.

 

NOTE : 4+/6

 

Écrire commentaire

Commentaires: 11
  • #1

    Rigs Mordo (vendredi, 08 août 2014 20:49)

    Sans l'avoir vu, ta chronique me conforte dans ce que je pensais du film. Je me doutais un peu que les séquences "d'histoires" étaient un peu moins intéressantes que l'action. Mais qu'importe, entre ton avis et celui de Max, plus de doutes, je foncerai sur le DVD!

  • #2

    laseancearoggy (vendredi, 08 août 2014 20:54)

    Les scènes d'action sont jubilatoires comme toujours. C'est vrai que le film pourrait être un chef-d’œuvre absolu si cette partie policière était réussie.

  • #3

    Dirty Max 666 (vendredi, 08 août 2014)

    Perso, la structure du film ne me dérange pas. Evans ne relègue jamais la baston au second plan, elle fait partie du récit. Par ailleurs, je trouve que les ambitions du script apportent une dimension supplémentaire à l'action, et vice versa. Pour le reste, je ne peux que défendre ce film, tant j'ai pris du plaisir à le mater ! L'une des péloches de l'année, pour moi.

  • #4

    laseancearoggy (vendredi, 08 août 2014 21:33)

    Mais, je peux comprendre ta passion pour le film ! Et tu la décrit très bien sur ton site que j'ajoute car je la trouve parfaite : http://dirtycinema.over-blog.com/2014/07/elegie-de-la-bagarre.html

  • #5

    Dirty Max 666 (vendredi, 08 août 2014 21:48)

    Cool, merci Roggy !

  • #6

    alice in oliver (dimanche, 10 août 2014)

    Sans doute ce qui se fait de mieux en termes d'action et de combat en ce moment. Excellente suite

  • #7

    Princécranoir (dimanche, 10 août 2014 10:28)

    Gareth Evans lorgne de plus en plus sur le ciné coréen sans se hisser à la hauteur d'un Park Chan-Wook ou d'un Bong Joon-Ho. Il se montre toujours un excellent technicien de la bagarre mais bien piètre raconteur d'histoires. L'allongement de la durée du film ne sert qu'à inclure des bastons plus nombreuses et plus étirées. Du coup, elles peuvent s'apprécier indépendemment de l'histoire qui devient rapidement une scorie obsolète et dispensable. Tout ça finit par être d'un lassant...

  • #8

    laseancearoggy (dimanche, 10 août 2014 14:42)

    A alice in oliver,
    A part les scènes avec Tony Jaa, les combats des deux films sont les plus violents et brutaux qu'on peut voir au cinéma.

  • #9

    laseancearoggy (dimanche, 10 août 2014 14:59)

    A Princécranoir,
    La ressemblance avec le cinéma coréen est juste. J'ai bien compris que tu n'aimais pas les deux films. Je suis d'accord sur le côté polar qui ne fonctionne pas vraiment (on est loin de "Drug war") mais, j'ai apprécié quand même les scènes de baston. Je pense aussi que le scénario ne sert aussi qu'à justifier leurs présences et ne sait pas comment les intégrer.

  • #10

    Mr Vladdy (lundi, 18 août 2014 16:14)

    J'ai bien aimé cette suite. Plus bavarde, on sens qu'on a voulu faire des efforts sur le scénar. C'est bien et en même temps ça provoque des longueurs mais au final ça reste très plaisant. Je regrette juste le côté un peu tremblotant parfois de la caméra que je ne retrouvais pas dans le premier opus

  • #11

    laseancearoggy (lundi, 18 août 2014 18:35)

    Je suis d'accord avec tes arguments sur le scénario et les longueurs. En revanche, je n'ai pas trouvé qu'il y avait des tremblements avec la caméra. Au contraire, je pense que Gareth Evans maîtrise sa mise en scène spectaculaire.