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REGRESSION

 

GENRE : Cerveaux malades

REALISATEUR : Alejandro Amenabar

ANNEE : 2015

PAYS : Espagne/USA/Canada

BUDGET : 20 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Ethan Hawke, Emma Watson, Odeya Rush...

 

RESUME : Minnesota, 1990. L'inspecteur Bruce Kenner enquête sur un crime révoltant dont la jeune Angela accuse son père, John Gray. Lorsque John avoue sa culpabilité de façon tout à fait inattendue et sans garder le moindre souvenir des faits, le docteur Raines, un célèbre psychologue, est appelé à la rescousse. Il va devoir aider John à retrouver la mémoire, mais ce qu'ils vont découvrir cache un terrifiant mystère qui concerne le pays tout entier...

 

MON HUMBLE AVIS

Avant Regression, Alejandro Amenabar avait fait parler de lui et plutôt en bien quand on regarde le catalogue de ses films. Après Tesis et Ouvre les yeux qui lancèrent sa carrière, on le retrouve à la tête de l’excellent Les Autres avec Nicole Kidman qui lui ouvrit les portes d'Hollywood, même s’il aborda ensuite le drame chez les Ibères avec Mar adentro et le péplum avec Agora. Quasiment tous ses films remportèrent une palanquée de Goyas en Espagne. Avec un tel CV, il est étrange qu’il n’ait rien tourné depuis 2009 et obtenu des projets aux ambitions proportionnelles à son talent. Et ce n’est pas Regression, certes sympathique mais anecdotique, qui prouvera toutes les qualités de son auteur.

Le dernier film d’Amenabar possède pourtant tous les atours de la production chatoyante engoncée dans son scénario sobre mais efficace et serti d’un casting tout à fait correct puisqu’on y retrouve Ethan Hawke dans le rôle du flic Bruce Kenner, trogne bien connue désormais des rivages du fantastique (Daybreakers, Sinister…), dont la santé mentale tend à vaciller et Emma Watson (Angela Gray) en victime d’abus sexuel, Ex d’Harry Potter partit depuis en quête de reconnaissance cinématographique. On retrouve aussi des seconds couteaux habituels comme Aaron Ashmore (X-men, The Following...) ou David Thewlis vu dans L’île du Docteur Moreau dans le rôle du Docteur Kenneth Raines adepte de la méthode de la régression. Au-delà de ses qualités visuelles et de son jeu d’acteurs, Regression peine à intéresser malgré son esthétique de diablerie au milieu de rednecks du coin faisant penser à L’Exorciste ou Rosemary baby.

Amenabar bâtit ainsi son film sur une série de viols, allant même jusqu’à l’infanticide, qui auraient été incités par des sectes sataniques dans les années 90 dans une Amérique rurale baignant dans la religion et dont la peur du diable semble aussi forte que celle de l’ennemi communiste. Dénoncée par Angela, son père est arrêté par la police. Sauf que le pauvre gars ne se souvient pas vraiment de l’origine de ses envies nocturnes. C’est pourquoi Bruce Kenner et le Dr Raines pratiquent sur lui une régression mentale censée lui faire revivre les moments où il a abusé sa fille. De ce voyage mental, il ramènera des interrogations mais surtout la présence inopportune d’une personnalité locale proche de l’inspecteur Kenner. C’est sur cette base d’enquête policière que se déploie le film entre jeux interdits entre amis et inceste régulier, lors de longues séquences dans le passé où la caméra joue les voyeurs en se baladant au milieu de souvenirs d’orgies macabres.

Regression vire pourtant sa cuti quand Bruce retrouve Angela qui s’est réfugiée dans l’église (c’est pas malin par les temps qui courent…) dans une seconde partie faisant la part belle aux séquences de messes sataniques avec capuches noires et visages pas très catholiques. Quand le malin s’invite dans la chambre des jeunes filles, ce n’est pas leur conter fleurette mais pour prendre leur virginité et même obliger les pauvres quidams à poignarder à leur insu des bébés. Une soirée ricaine de week-end arrosée en somme. Complètement impliqué dans l’affaire, Bruce tombe dans la paranoïa au point de cauchemarder régulièrement. Il reçoit même des coups de fils chelous la nuit sans personne à l’autre bout du fil et a le sentiment que la population locale est possédée, jusqu’à le stigmatiser avec leurs regards de dévots dérangés.

Il faut dire que la petite Angela est persuasive lorsqu’elle raconte ces scènes orgiaques de partouzes campagnardes finissant en sacrifice humain. Sans compter que la régression mentale a prouvé au frère d’Angela et à son père qu’ils avaient bien participé ou subi les affres de la colocation avec les adeptes encapuchonnés du diable. Avant d’en arriver là, il faudra néanmoins assister à la progression assez poussive de l’enquête du flic et de son acolyte cherchant à débusquer le vrai du faux dans un climat méphistophélique, confinant presque à une ambiance d’abduction extra-terrestre comme dans un épisode d’X-Files. Des flashback plus vrais que nature que le pragmatique Ethan semble revivre à distance à l’image du récent et mauvais Prémonitions avec Anthony Hopkins.

Il flotte surtout un sentiment de déjà-vu dans cette histoire qui tourne un peu en rond comme si le sujet n’était pas suffisamment puissant pour susciter le désir du spectateur. Une sensation qui se confirme avec la résolution de l’énigme dans la dernière bobine. Un climax en forme de twist que l’on sentait venir à des kilomètres et qui s’avère surtout une charge contre la religion et ses dérives, et contre la méthode pseudo-scientifique de la régression. Allez Alejandro, tu peux faire mieux...

 

3/6

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Commentaires: 12
  • #1

    Rigs Mordo (mercredi, 13 avril 2016 19:49)

    Le sujet a l'air sympa et je veux bien abuser d'Emma Watson moi aussi mais bon, je suis pas du tout fan des films conçus sur des flashbacks, des trucs mentaux et tout ce merdier bien pesant. Dommage, donc, j'ai un instant pensé que ça me plairait en lisant ta belle chronique :)

  • #2

    Roggy (mercredi, 13 avril 2016 19:58)

    C'est vrai qu'il y avait tout pour faire un grand film mais le résultat est bien décevant sans doute parce que son scénario n'offre pas d'enjeux suffisants. A l'instar de "Prémonitions", le film augurait de bonnes choses mais s'avère décevant au final. Tout ça pour ça j'ai envie de dire :)

  • #3

    tinalakiller (vendredi, 15 avril 2016 17:23)

    Pas mal effectivement mais décevant. Ca part sur de bonnes intentions, il y a des pistes intéressantes, des sortes de mise en abyme mises en place. Ethan Hawke et David Thewlis sont très bons. Hélas, l'ensemble semble étonnamment plat et je n'ai pas été très convaincue par Watson.

  • #4

    Roggy (vendredi, 15 avril 2016 17:58)

    Comme toi, je trouve que le personnage d'Emma Watson manque de profondeur et de mystère. Ce qui se ressent fortement sur l'ensemble du film.

  • #5

    Peter Hooper (vendredi, 15 avril 2016 19:24)

    Ben l'ami on en a eu le même ressenti , je pense que j'ai meme eu la dent plus dure ! Mauvais "téléfilm" ! Coté "secte" , je lui ai préféré le moins prétentieux et le plus assumé "The veil" ...au moins tu sais que t'as un simple B movie dans le lecteur, plutôt qu'un mainstream hygiénique et au discours confus, un truc pseudo intellectualisé! Ta chro est bien meilleure que le film !

  • #6

    Roggy (vendredi, 15 avril 2016)

    C'est vrai que le film est très mainstream et manque de profondeur.
    Merci beaucoup l'ami pour ton commentaire ! et je note qu'il faut que je voie "The Veil". Peter approuved :)

  • #7

    2flicsamiami (mardi, 19 avril 2016 15:23)

    Vu hier soir. En effte, c'est assez decèvant - moins pour son dénouement, plutôt intelligent, que pour son traitement, extrêmement poussif.

  • #8

    Roggy (mardi, 19 avril 2016 19:09)

    On n'est d'accord même si le dénouement m'a semblé assez téléphoné et la fin est un peu bâclé à mon sens.

  • #9

    2flicsamiami (vendredi, 22 avril 2016 09:10)

    Le problème de la fin, c'est qu'elle manque d'intensité. Même la controverse de la méthode régressive est honteusement relégué à deux pauvres lignes de texte en pré-générique de fin - alors que l'ensemble du film repose là dessus.

  • #10

    Roggy (vendredi, 22 avril 2016 09:15)

    Tu as tout à fait raison. Si c'était le sujet du film comme le laisse entendre la fin, la méthode de la régression aurait dû être mieux traité dans son ensemble. Le métrage se termine ainsi très bizarrement.

  • #11

    Sweet Judas (mardi, 05 juillet 2016 21:32)

    C'est sûr que ça se termine en deux secondes, on te pose la conclusion comme ça, tel un cheveu sur la soupe et du coup, tu te dis "Ah bon, oké, tout ça pour ça, merci mais non merci". Cela dit, j'ai beaucoup aimé l'ambiance terne et poisseuse, presque sale, du film.

    Et la vieille de la pub' pour soupe m'a terrifié avec son sourire façon Cerise de Groupama.

  • #12

    Roggy (mardi, 05 juillet 2016 22:00)

    Le film est plutôt bien réalisé mais trop prévisible à mon sens. Et je ne me souviens plus de cette vieille :)