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RAGE

 

GENRE : against the Poutine

REALISATEUR : Rustam Mosafir

ANNEE : 2018

PAYS : Russie

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Aleksey Faddeev, Aleksandr Kuznetsov, Vitaly Kravchenko...

 

 

RESUME : Alors qu’une civilisation est en train d’en remplacer une autre, les Scythes ont quasiment tous disparu. Les quelques descendants restants s’affrontent entre eux. Lutobor, un vaillant guerrier, est impliqué dans un conflit fratricide et doit s’engager dans un périlleux périple pour sauver sa famille. Accompagné de Kunitsa, un prisonnier de la tribu ennemie, ils vont devoir mener cette quête ensemble. Bravant les terres sauvages, ils se dirigent vers le dernier bastion des Scythes, et ce qui semble être leur perte inévitable.

 

MON HUMBLE AVIS

Désormais figé comme une poupée russe, Vladimir Poutine a passé la Coupe du monde de foot sans encombre et a montré à la Terre entière la grandeur de son peuple, vaillant et fier. Un peu à l’instar d'une catégorie de cinéma viril russe aux antipodes de celui plus confidentiel et auteurisant qui fait le tour des festivals. Rage ne fait évidemment pas partie de cette engeance bien trop polémique et ne valorisant pas l'image d'un pays mené par la main ferme du Tzar du Kremlin. Le film de Rustam Mosafir émarge du côté violent et sans concession, de quoi faire plaisir à l'ancien membre du KGB.

Dès l'entame, le réalisateur ne s'embarrasse pas de subtilités pour présenter une bande de guerriers en massacrant une autre dans une taverne avec un certain plaisir sanglant. Le ton est donné et même le générique zappé pour entrer dans le vif du sujet dans ce monde légendaire indéterminé, proche de la fin de l'Antiquité et du début du bas Moyen Âge, relaté par quelques phrases d'introduction. L'action se situerait aux confins des steppes ukrainiennes parmi la peuplade des Scythes. Un peuple nomade, originaire d'Asie centrale, polythéiste et présenté ici comme adepte de la violence. Dans Rage, la tribu des loups vénère le Dieu Arès et enlève la femme et l'enfant de Lutobor (Aleksey Faddeev), chef du clan voisin suite à un contrat et une somme d'argent promise par un mystérieux commanditaire.

Et ça, Lutobor n'apprécie pas, surtout que l'enlèvement se passe pendant que sa femme lui recoud le bide après une baston. Pas grave, notre héros n'a pas mal et se lance à la poursuite de ses agresseurs avec l'aide d'un de ses ennemis Kunitsa (Aleksandr Kuznetsov), un guerrier hors pair, ancien esclave élevé depuis sa plus tendre enfance pour devenir un « loup » impitoyable, mû par sa technique de combat et sa peur du Dieu Arès (pas celui de l'amour quoi). Bref, cet attelage de circonstance part dans une quête de vengeance et découpe un peu tout ce qui passe sous leur lame, une espèce d'oracle aveugle ou des voyageurs ayant décidé de dénoncer Lutobor pour récupérer la récompense, car la tête de ce dernier est mise à prix suite à une tentative d'empoisonner le Prince de la région dont toutes les preuves accusent notre héros.

Aux lisières du fantastique, des trahisons pour le pouvoir et des alliances entre tribus, Rage ne fait pas dans la poésie slave. Casting presque exclusivement masculin, guerriers puissants et énervés se battant souvent en duel pour le leadership avec une finalité résolument funeste. Au milieu d'un décor naturel de forêts et de plaines dégagées battues par les vents, le scénario va droit au but jusqu’à prendre les chemins de traverses de la grande Histoire en mélangeant plusieurs folklores, ainsi que les terrains du fantastique lorsque nos deux vadrouilleurs tombent sur la tribu de la forêt, visiblement cannibales. De petites créatures, genre freaks avec à leur tête un nain qui retient comme un animal sauvage une sorte de catcheur enragé, que l'absorption d'un liquide rend complètement fou. Une potion magique ingurgitée également par Lutobor le transformant en un monstre déchaîné donnant des coups de griffes jusqu’à déchirer la peau de ses adversaires. Les têtes volent et les tripes giclent à l'écran pour une partie très horrifique entre le 3e Mad Max et Le 13ème guerrier. Sympa quoi.

Au milieu de ce fatras fantastico-historique, la religion tient une part importante et le scénario ne se prive pas pour envoyer quelques lances aiguisées aux peuples non chrétiens (et souvent vénérant plusieurs Dieux) caractérisés par la violence et une animalité pouvant « souiller » la pureté du héros comme évoqué dans un dialogue. Rage reste donc un spectacle très bourrin où les hommes hurlent torse nu et se toisent en permanence avant de se foutre sur la gueule, plombé néanmoins par une mise en scène très aléatoire, notamment lors des combats filmés caméra à l'épaule au plus près des adversaires mais s’avérant illisible et répétitive. Certes, Mosafir tente bien d’iconiser son héros bad ass, au son de gros riffs de guitare quand il charge face à des guerriers à chevaux grâce à sa nouvelle capacité de surhomme entre le super-héros et le loup-garou.

D’autant plus qu’il commence à maîtriser cette compétence et à l’utiliser à tout-va, mais le plat a du mal à rassasier le spectateur biberonné à une heroic fantasy beaucoup plus modeste par rapport aux références revendiquées et ce malgré une brutalité exacerbée. En bon émule de Conan le barbare, Rage (Skif en VO ou The Scythian pour l’international) balance la purée jusqu’à la fin au milieu de beaux décors et avec une certaine énergie dans un scénario finalement simpliste et recyclant pas mal de concepts d’origines diverses. Conan peut dormir sur ses deux oreilles.

 

3,5/6

 

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Commentaires: 7
  • #1

    Rigs Mordo (samedi, 11 août 2018 14:09)

    A voir un soir où on a envie de sortir la hache, donc, mais pas forcément le truc qu'on va se retaper toutes les semaines. Le poster est joli en tout cas, et tu rends curieux face à ce warrior movie :)

  • #2

    Roggy (samedi, 11 août 2018 14:11)

    Oui, c'est ça. A voir car il y a de bonnes séquences, après rien de génial comme on le peut le lire un peut partout. J'ai largement vu mieux dans le genre ;)

  • #3

    alice in oliver (mercredi, 15 août 2018 18:31)

    A l'occasion pourquoi pas… Mais pas une priorité non plus. Un sous "COnan" si je comprends bien… Enfin ça doit toujours être mieux que Kalidor...

  • #4

    MrVladdy (jeudi, 16 août 2018 11:22)

    Globalement d'accord avec toi. On ne fait pas dans la dentelle mais le spectacle est au rendez-vous. C'est une bonne surprise pour moi que ce film efficace que je pourrais revoir avec plaisir même si ce n'est pas très fin, ni original. La seule chose qui m'embête vraiment, c'est comme toi, la caméra à l'épaule lors des combats qui rendent l'ensemble parfois trop illisible.

  • #5

    Roggy (jeudi, 16 août 2018 19:11)

    A alice in oliver,
    Moi, j'adore "Kalidor" :)

  • #6

    Roggy (jeudi, 16 août 2018 19:29)

    A MrVladdy,
    Franchement, je ne suis pas certain de le revoir car pour moi dans le genre il y a mieux. Mais, c'est vrai qu'on a vu pire :)

  • #7

    MrVladdy (dimanche, 19 août 2018 13:25)

    C'est vrai qu'il y a mieux mais avec cette jaquette je m'attendais tellement à pire que ce fut finalement une très bonne surprise à mes yeux. Puis dans le genre pas prise de tête, ça peut gentiment occuper une fin de soirée quand on veut voir un film un peu bourrin même si encore une fois, c'est dommage ce manque de lisibilité et ce côté brouillon dans les scènes d'action.