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5e jour à l'Etrange festival

 

Pas de poulet aux hormones ou de messe dominicale au programme, mais un film d'action coréen (The villainess), un polar américain (Sweet virginia) et pour terminer un film fantastique de Xavier Gens (Cold skin). Un œcuménisme cinématographique en somme.

 

THE VILLAINESS – Baston féminine – Corée-du-Sud – 2017 – Jung Byung-gil

 

Pitch : Entraînée depuis l’enfance aux techniques de combat les plus violentes par une agence de renseignement après l’assassinat de son père, Sook-hee est une arme redoutable. Afin de gagner sa liberté, elle est engagée comme agent dormant. Mais un jour, elle va découvrir la vérité sur le meurtre de son père.

 

 

Le réalisateur de Confession of murder en 2012 nous revient avec ce film d'action dopé aux amphétamine, notamment la scène d'ouverture qui, sur une dizaine de minutes, nous rappelle à la fois Old boy, Hardcore Henry et même The raid. On suit un personnage en vue subjective dégommer des dizaines d'adversaires à coups de flingues et de katanas dans les couloirs d'un immeuble. Sans jamais voir l'acteur, le spectateur est immergé dans la tête de l'assaillant à l'instar d'un jeu vidéo live dans une séquence époustouflante, certes un peu illisible par moments, mais hyper violente et dynamique comme on en voit rarement. Il se permet même un changement de point de vue en cours d'action très étonnant.

Le ton est donné dans ce film où on s'aperçoit que le personnage n'est autre qu'une femme Sook-hee (Kim Ok-bin), une tueuse professionnelle modelée depuis son plus jeune âge pour devenir une adepte de toutes les techniques de combats et le maniement des armes, à l'image de cette séquence hallucinante de poursuite à motos et de combats à coups de sabre. Des jeunes femmes sont ainsi entraînées dans un centre spécialisé pour devenir des tueuses professionnelles entre exercices intensifs et cours de théâtre nous renvoyant aux effluves bien odorantes du Nikita de Besson.

Si The Villainess tape fort d'entrée, le film prend une autre tournure lorsque Sook-hee devient mère et s'installe dans un petit appartement adjacent à celui d'un jeune homme, d'abord intimidé et maladroit, essayant de la séduire. A ce moment, le film se transforme en comédie romantique avec des traits d'humour jusqu'à comprendre que c'est en fait un espion chargé de la surveiller à la solde de l'Agence. Alors que les deux personnages se rapprochent, la situation fait penser à Mr à Mrs Smith quand Sook-hee exécute un contrat pendant que le jeune homme fait la baby-sitter avec l'enfant de sa voisine.

Pour être honnête, The Villainess est loin d'être parfait. Il est même un peu foutraque dans son scénario embrassant plusieurs histoires et thématiques en usant jusqu'à la corde des flashback explicatifs sur les origines de la jeune femme, la mort de son père et les activités de son premier mari. Entre trahisons et jeux de dupes, le film foisonne de sous-intrigues et de personnages au sein de cette histoire très longue au final (plus de deux heures) qui vaut surtout pour ses scènes d'action particulièrement spectaculaires.

On se demande encore comment le réalisateur installe sa caméra pour trouver ces angles impossibles nous plaçant littéralement à la place des protagonistes à l'image du climax dans la dernière bobine au milieu d'un bus dans une séquence complètement folle. C'est forcément irréaliste, les personnages prennent des coups de pied et d'armes blanches mais se relèvent toujours. En revanche, c'est jouissif grâce à cette caméra qui a forcément la bougeotte et perd en visibilité ce qu'elle gagne en immersion. Comme souvent dans le cinéma coréen, c'est trop long, l'histoire est tordue et imbriquée sur elle-même mais les séquences d'action sont monumentales. Et The Villainess ne trahit pas à la tradition malgré tous ses défauts.

 

4/6

 

 

SWEET VIRGINIA – Polar rural – USA – 2017 – Jamie M. Dagg

 

En présence du réalisateur et de son acteur Christopher Abbott

 

Pitch : Le gérant d'un motel côtoie sans le savoir un dangereux tueur responsable d'un récent massacre dans une ville voisine...

 

Deuxième film de Jamie M. Dagg après Rider en 2015, Sweet Virginia débute comme un polar sombre lorsqu'un inconnu Elwood (Christopher Abbott, It comes at night) débarque dans un restaurant fermé pour tuer trois hommes à bout portant. Jamie M. Dagg installe un climat de petite ville de province américaine où tout le monde se connaît et dans laquelle va se jouer un drame. Le scénario très balisé prend son temps pour exposer les personnages et leurs traumatismes personnels, à l'image de tout le cinéma des frères Cohen dans lequel baigne Sweet virginia.

Rien de bien nouveau donc sous le soleil de cette Amérique moyenne (le film fut tourné dans la même ville que le premier Rambo !) avec ses héros déchus à l'instar de Rossi (Jon Bernthal, The walking dead) ancien champion de rodéo devenu gardien de motel ou de la jeune veuve Lila (Imogen Poots, The green room) plus machiavélique qu'il n'y paraît. Un casting d'une très grande qualité qui maintient le film au niveau de la ligne de flottaison grâce à son jeu au sein d'un script convenu et déjà vu cent fois (la jeune fille qui semble suivie en voiture ou le cambriolage de la maison). Une histoire de vengeance avec un personnage psychotique dont on se doute bien qu'il ne va pas en rester là.

De fait, le réalisateur jonche son film d'indices visibles (le fusil qui forcément sera utilisé sur la fin) et de séquences prévisibles à tel point que le spectateur anticipe toutes les situations bien avant les protagonistes. Certes, les décors naturels et la photographie sont magnifiques mais l'ensemble reste très scolaire et manque d'épaisseur. On aurait aimé plus de fêlures et d'écriture pour ces personnages avec un casting d'un tel niveau.

Au final, si Sweet virginia est loin d'être raté, les scènes sont bien shootées, on reste néanmoins sur notre faim dans cette intrigue ne sortant jamais de sa ligne de confort avec une histoire somme toute très simple. Dommage, car le réalisateur possède suffisamment de bases techniques et visuelles pour élaborer d'autres longs-métrage plus intéressants et aboutis

 

3,5/6

 

 

COLD SKIN – L'île fantastique – France/Espagne – 2017 – Xavier Gens

 

En présence du réalisateur, de son équipe et de David Oakes

 

Pitch : En 1914, un officier météorologique de l'armée est envoyé sur une île en Antarctique pour étudier les climats. Celui-ci y fait la rencontre d'un vieux gardien de phare russe. Lors de la première nuit, l'officier se fait attaquer par d'étranges créatures...

 

Pour sa première mondiale, le dernier film de Xavier Gens (Frontière(s), The divide) était très attendu. Le réalisateur adapte ici le roman de Albert Sanchez Pinol se déroulant sur une île abandonnée où seul un phare trône face à la mer sur une terre battue par les vents et dans laquelle se trouve de bien étranges créatures. On ne dévoilera rien car très rapidement, Gens montre ses espèces de monstres marins, sortes d'hybrides bleutés d'humains ressemblant beaucoup au Abe Sapien de Del Toro. Seuls au milieu de ce peuple de la mer, Gunther (Ray Stevenson connu au départ pour la série Rome et vu depuis dans pas mal de productions comme une nouvelle version de The Punisher) habitant et gérant le phare, et un jeune météorologue Friend (David Oakes, la série Borgia) envoyé à l'occasion d'une rotation annuelle pour remplacer l'ancien scientifique décédé depuis longtemps.

Dès la première nuit, la cabane où réside le jeune homme est attaquée par ces intrus l'obligeant à la vivre désormais dans le phare avec Gunther. Une cohabitation qui ne sera pas de tout repos d'autant plus que Friend découvre la présence d'une créature domestiquée vivant aux côtés du gardien. Il la nommera Aneris (Aura Garrido, The body). Ce nouveau trio est confronté chaque nuit à l'attaque sauvage et nombreuse par les créatures locales du phare transformé en bunker et parsemé de défense. Nos deux compères de circonstance pratiquent ainsi le tir aux pigeons pour contrecarrer les assauts presque quotidiens pendant que le reste de la journée ils cherchent leur subsistance.

Porté par une musique ample et une photographie de toute beauté, Cold skin est formellement une réussite. Dans les paysages presque vierges de présence humaine (le film fut tourné sur l'île espagnole de Lanzarote), le duo d'acteurs est totalement complémentaire entre un vieux bourru caractériel et un jeune homme désireux d'en apprendre plus sur ces hôtes. Les attaques sont bien filmées et lisibles, où chaque plan magnifie cette île avec ces deux Robinson accompagnés d'une Vendredi muette et au comportement troublant. Traitée comme un chien et une aide pour trouver de la nourriture, Aneris s'avère aussi une esclave sexuelle pour un homme commençant à perdre la raison sur ce morceau de terre perdu au milieu de l'océan.

Si le film est agréable à suivre, il soulève aussi des interrogations qui auraient pu être résolues quant à l'origine des créatures et leur inexplicable envie d'attaquer ces hommes perchés dans leur phare. On se demande aussi pourquoi Aneris reste près de Gunther et attire vocalement ses congénères la nuit pour les envoyer vers une mort certaine. De fait, les attaques sont systématiques et trop nombreuses limitant les enjeux du film et à ces répétitions belliqueuses tandis que les mois passent sous les frimas du climat et de la santé mentale de Gunther se dégradant. Si l'affrontement entre les deux hommes est latent, et quelquefois réel, il manque au film ce pan de l'histoire développant la relation avec ce peuple de créatures paraissant à la fois issues d'une civilisation naissante et en même temps assez limitée pour se faire massacrer toutes les nuits.

Malgré ces défauts dans le scénario, Cold skin tient franchement bien la barre et mérite d'être vu notamment pour la qualité de l'ensemble du casting, des dialogues et des effets spéciaux. Les créatures n'ont rien de novateurs mais elles s'inscrivent parfaitement à l'écran comme lors des scènes d'attaque. Trop sage, le scénario aurait dû se déployer sur la relation avec les créatures et leur origine pour accentuer d'autres enjeux que la frustration sexuelle ou le parallèle avec la colonisation se faisant jour en ce début de première guerre mondiale.

 

4/6

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Alice In Oliver (mardi, 12 septembre 2017 10:36)

    Cela faisait un petit moment que l'on n'avait plus entendu parler de Xavier Gens, plutôt en forme pour l'occasion, mais pas trop fan de ce réal personnellement...

  • #2

    Roggy (mardi, 12 septembre 2017 11:01)

    C'est vrai que Xavier Gens avait un peu disparu mais il a apparemment pas mal de projets sur le feu. Au moins trois qui devraient sortir d'ici 2018.