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ETRANGE FESTIVAL 2012

 

PALMARES DE L'ETRANGE FESTIVAL 2012

 

Prix Nouveau Genre (acheté par Canal + Cinéma et diffusé sur la chaîne) : Headhunters

 

Prix du Public : Headhunters

 

Bilan de l'Etrange festival 2012 :

 

Cette année encore, le festival aura été d'une qualité et d'une homogénéité exceptionnelles dans toutes les sections (nouveau genre, avant-premières, pépites de l'étrange, retour de flamme, la thématique Motorpsycho ou les cartes blanches et les focus).

Nous sommes toujours aussi bien accueillis dans les locaux du Forum des Images, et il est toujours appréciable de rencontrer les réalisateurs qui présentent leurs œuvres.

Cette année, j'ai assisté à 21 séances dans toutes presque toutes les sections (sur un total de plus de 80 films).

 

Mon palmarès :

Pour moi, le meilleur film dans la section nouveau genre (ng) aura été Insensibles.

Mention spéciale à A fantastic fear of everything et Motorway.

 

 

Mon bilan chiffré :

(ng)compétition nouveau genre

 

Roggy

Marinou

Antiviral (ng)

4+

 

Berberian sound studio (ng)

4

 

Black's game (ng)

4

 

Bullet collector (ng)

3-

 

Citadel (ng)

5-

 

A chinese ghost story (ng)

2

 

Dead shadows

3+

3

The Driver

4

4

A fantastic fear of everything (ng)

5

 

Games of werewolf (ng)

4-

 

God bless america (ng)

4

 

Headhunters (ng)

5-

5

Insensibles (ng)

6

 

Koyaanisqatsi

3+

 

Maniac

4

 

Motorway (ng)

5

 

The Mutations

3-

 

Resolution (ng)

4-

 

The second death

3+

 

Siege

5

 

Touristes (ng)

4

 

 

9ème Jour

C'est mon dernier jour à l'Etrange Festival... et oui déjà !

The second death – 2011 – Espagne/Argentine – Santiago Fernandez Calvette

 

L'histoire de ce film argentin raconte l'enquête d'une policière sur des crimes dont les victimes sont retrouvées carbonisées dans une position de prière.

Production espano-argentin plutôt bien troussée, le film prend son temps pour présenter les personnages du petit village où s'accumulent les cadavres. Puis, il bascule assez vite vers le côté surnaturel, entre croyance et mysticisme. Notamment avec l'arrivée d'un enfant capable de lire dans le passé en posant ses doigts sur une photo.

Le film semble tourné en numérique et la photographie n'est pas très belle. Néanmoins, le réalisateur instaure une ambiance assez poisseuse et les langues vont peu à peu se délier. La clé du mystère sera révélée dans un film ésotérique.

On n'a pas souvent la chance de pouvoir visionner des productions d'amérique du sud et cela permet de voir l'importance de la religion et des marchands du temple qui gravitent autour.

 

Note : 3+ / 6

 

 

Siège – 1983 – Canada – Paul Donovan & Maura O'Connell

 

Je me rends compte combien j'aime ces films du début des années 80, de ces ambiances urbaines et malfamées (beaucoup de similarités avec Les guerriers de la nuit, le chef-d’œuvre de Walter Hill).

Ici, le film commence par une descente de nervis bas du front dans un bar homo dans le but de se défouler. La situation tournant mal, les habitués des lieux sont exécutés froidement par le chef du groupe, sorte de nettoyeur à la Leon tout de cuir vêtu. Sauf qu'un des prisonniers réussit à s'enfuir et à se réfugier dans un petit immeuble occupé par cinq locataires.

Retranchés dans leurs deux appartements mitoyens (et cela aura un enjeu), les occupants improvisent leur défense grâce à des stratagèmes ingénieux que n'aurait pas renié Mac Gyver (porte électrisée, lance-flamme de fortune...).

On pense bien évidemment à Assaut de John Carpenter. D'ailleurs, on retrouve la même ambiance, y compris la musique émanant de synthétiseurs qui fait le charme de ces productions de l'époque.

La réalisation, alerte, utilise parfaitement toutes les possibilités des lieux assez exigus de ce "Fort Alamo" de circonstance pour protéger le fugitif de ses agresseurs prêts à tout pour le tuer.

C'est donc une très bonne surprise pour ce film que je ne connaissais pas, jamais ennuyeux et se terminant par l'arrivée du Boss exécuteur, une sorte d'ersatz de Jack Palance.

Un très bon film pour terminer l'Etrange festival, de par son charme suranné et sa violence sans concession, typique d'un cinéma de cette (mon) époque, simple et direct.

 

Note : 5 / 6

 

8ème Jour

Koyaanisqatsi – Documentaire – 1983 – USA – Godfrey Regio

 

Résumé : C'est une réflexion s'inspirant des prophéties indiennes sur les méfaits de la technologie, inaugurant un nouveau genre, le cinéma non verbal.

Séance présentée par Jan Kounen dans le cadre de sa carte blanche. En introduction, Jan Kounen a également montré son court-métrage "Panshin beka winonie" sur la santé maternelle dans une tribu d'amérique-du-Sud, réalisé pour une association humanitaire.

Je ne connaissais pas ce genre de film contemplatif qui montre le monde grâce aux images et à la musique. Ce type de film est dans la mouvance des documentaires de Ron Fricke Baraka en 1992 et Samsara en 2011.

Une réflexion sur la vie, l'histoire et les hommes au travers de la vision de plusieurs sites dans le monde entier.

Koyaanisqatsi est plus ancien et reflète le monde tel qu'il était dans les années 70. C'est une expérience étrange, un peu ésotérique, accompagné de musique baroque et de chant indien. Le film traite des transformations du monde et de la folie des hommes (notamment le travail à la chaîne, la saturation des transports en commun...).

C'est un voyage temporel assez assourdissant et en même temps très prenant. Au final, je trouve que le propos est un peu lourd car trop répétitif dans sa forme, même si je suppose que c'est le but...

Il me semble aussi que le film a beaucoup vieilli et son aspect « années 70 » ne reflète plus la réalité d'aujourd'hui. Dommage aussi que la plus grosse partie du métrage soit trop répétitive sur le côté "fourmilière" des hommes, même si certains mises en scènes sont très belles.

Il faut sûrement voir Baraka et Samsara, plus abordable et d'une beauté formelle, plus profonde pour se faire un avis plus sérieux.

 

Note : 3+ / 6 (même si il est difficile d'émettre un avis chiffré sur une sensation).

 

Touristes – 2012 – UK – Ben Wheatley

 

Les trois œuvres (dont Kill List et Down Terrace) de Ben Wheatley ont été présentés lors d'un focus organisé en sa présence.

 

son troisième et dernier film en date raconte l'histoire d'un couple qui part en vacances en caravane dans la campagne anglaise. Ce voyage va être meurtrier et va permettre aux deux protagonistes de se connaître. Ces derniers laissant derrière des cadavres, souvent avec la tête explosée...

C'est une pochade à l'anglaise, bien écrite (l'humour anglais est décidément le meilleur). De crimes plus ou moins volontaires en péripéties logistiques, les deux tourtereaux se découvrent et on se rend compte que les apparences peuvent être trompeuses. Sur un ton plus léger que Kill List, Ben Wheatley délivre une comédie alerte et de bonne tenue. Certains passages sont très drôles comme ceux avec la mère.

 

Resolution – 2012 – USA – Justin Benson & Aaron Moorhead

 

C'est un petit film américain présenté par les deux réalisateurs. Deux hurluberlus un peu déjantés qui ont détendu l'atmosphère sans parler de leur film et dans un français plus ou moins compréhensible.

Pour le reste, Resolution est un film assez particulier. Entre le film de potes aux répliques bien senties de la comédie américaine (avec des fuck), et le côté irrationnel d'un presque David Lynch.

L'histoire : Un homme attache un de ses amis dans une maison abandonnée pour qu'il décroche de la drogue en sept jours. Le problème est que la maison est située dans une réserve indienne. Alors que le prisonnier essaie de négocier sa libération, un climat de tension monte peu à peu, à mesure des éléments troublants apparaissent aux alentours de la maison.

C'est donc un petit film et il faut le prendre comme tel, c'est-à-dire sans argent, mais avec quelques idées intéressantes pour un projet qui veut instaurer une atmosphère étrange.

Et on peut dire que ça fonctionne malgré quelques scènes un peu faiblarde et quelques acteurs un peu limite. Pourtant, le métrage prend toute sa dimension ésotérique dans la dernière bobine. Les événements surnaturelles deviennent plus prégnants. Régulièrement, des indices sont laissés par on ne sait qui près de la maison (vieux disques, cassettes vidéos, photos surannées...). Ces éléments sont la clé de l'énigme et sont le moteur de la peur, surtout lorsque les deux personnages se voient dans la cassette vidéo comme si ils étaient filmés par des caméras invisibles en temps réel.

On pense à la Quatrième dimension et à la Cabane dans les bois pour, notamment le dernier plan du film.

 

Note : 4- / 6

 

7ème Jour

Encore une grosse journée aujourd'hui. 4 films au programme, mais du bon, du très bon et même un chef d'oeuvre...

 

Antiviral – 2012 – Canada – Brandon Cronenberg

 

Dans la famille Cronenberg, je demande le fils, Brandon. A l'instar d'autres fils ou filles de (Lynch, Coppola...) passés à la réalisation, Brandon Cronenberg réalise son 1er long où on sent bien les influences de son père.

En effet, des sociétés proposent aux quidams, moyennant finances, de leur injecter les maladies de stars (herpes, grippes...). Sur ce pitch totalement Cronenbergien, le fils dépeint un monde où les gens sont obnubilés par les "people" et dont les seuls rêves sont de ressentir les mêmes douleurs que pour ces pseudos-stars.

Dans ce film, on retrouve les obsessions et les déviances d'une société malade qui subit le diktat des grandes sociétés marchandes.

Le propos est totalement maîtrisé grâce à une réalisation chirurgicale, simple et aux décors froids de l'intérieur de bureaux ressemblant à des cliniques (on pense à la fois à THX 1138 et à Brazil).

Le personnage principal, roux à la peau claire s'injecte les maladies en fraude pour les revendre à des trafiquants, général un commerce parallèle qui inquiète les sociétés commercialisant les maladies.

On retrouve donc des corps malades, torturés où on cultive des cellules de personnes connues pour soit conserver, soit recréer leurs maladies (certaines "boucheries" ou restaurants proposent ainsi de véritables steaks de cellules humaines pour les accros !).

Par ce film, Brandon Cronenberg fait une dénonciation de notre société où l'humain est porté au pinacle de la célébrité sans aucune raison. Malgré une baisse de rythme au milieu du film, il faut avouer que c'est une réussite et on attend la suite avec avidité.

 

Même si l'idée de départ a l'air folle ou impossible, le métrage donne l'impression qu'un jour se sera possible.

 

Note : 4+ /6

 

Insensibles – 2012 – France/Espagne/Portugal – Juan Carlos Medina

 

Il est des films dont on ne sait rien. Il est des films dont on n'attend pas grand chose. Et, il est des films qui vous amène vers les contrées de l'émotion jusqu'aux larmes.

Insensibles est fait de ce bois dont la sève coule encore bien après la projection.

L'histoire est celles d'enfants insensibles à la douleur qui sont internés à cause de la peur des habitants d'un village, dans un hôpital psychiatrique, à la veille de la guerre d'Espagne.

Beaucoup de films de genre espagnols récents utilisent le passé tumultueux de ce pays pour construire des scénarios dont la première qualité est d'être empreint de réalité. De la même manière, les enfants constituent un élément récurrent de ces productions (l'échine du diable de Guillermo del Toro, l'orphelinat de Juan Antonio Bayona...).

Ces deux thématiques sont ici réunis pour développer une saga s'étendant sur plusieurs années. Débuté dans les années 30, le métrage suit ainsi les aléas de la grande Histoire. Parallèlement, on suit aussi, de nos jours, un chirurgien condamné et qui doit retrouver ses parents pour subir une greffe de moelle épinière.

Long métrage ambitieux, Insensibles est avant tout une œuvre séminale qui prend à la gorge au fur et à mesure que l'on suit l'évolution des enfants dans l'hôpital et que l'on assiste à l'enquête de cet homme en recherches parentales.

Petit à petit, le puzzle se reconstitue et les histoires se rejoignent.

Remarquablement filmé dans des décors naturels des Pyrénées, le long métrage distille une ambiance à la fois ténébreuse, pesante mais aussi merveilleusement troublante. Il est porté par une musique qui amplifie encore plus ses sentiments exacerbés. Comme dans ces productions espagnoles, le film est jalonné de scènes très dures, même gores. Elles renforcent également le propos du film en le rendant crédible et en s'attachant aux personnages.

Progressivement, le film se déploie et monte en puissance. Et nous sommes happés par ce maelström de sensations et d'empathie pour les personnages (à cet instant-là, je peux affirmer que la salle retenait son souffle).

Je ne vais pas déflorer cette histoire complexe car il faut la vivre et se laisser envahir par cette beauté terrible et tragique.

Et que dire de la scène finale, en forme de rédemption, absolument magnifique, quintessence éphémère d'un film qui porte en lui les germes du chef d’œuvre.

C'est la gorge serrée que le film s'achève avec ce sentiment dense et profond d'avoir assister à la naissance d'un grand cinéaste et d'avoir eu la chance de découvrir cette œuvre en salle.

 

Note : 6 /6

 

God Bless America – 2011 – Etats-Unis – Bobcat Goldthwait

 

Ce film est un gros délire puisqu'il raconte l'histoire d'un quinqua qui, ne supportant plus la société qui l'entoure et notamment les êtres humains, décide de liquider toutes les personnes qui ne lui plaisent pas.

Aidé par une lycéenne, il va s'attaquer à tous les symboles des USA qui nivellent par le bas la société américaine (télé-réalité, infos de Fox News...).

Le point fort du film est son humour et son acidité revendiqués. La 1ère scène en est représentative. Le futur tueur rêve qu'il explose au fusil à pompe un nourrisson trop bruyant. Le ton est donné.

Film indépendant, charge frontale contre tout qui avilie et détruit la culture, mais aussi contre l'entretien de la peur aux USA contre les étrangers, les homosexuels grâce aux chaînes d'infos en continu.

Le réalisateur donne aussi un coup de pied dans la fourmilière de la télé-réalité faite d'humiliation et de régression de l'humanité.

Dans un même esprit qu'un Michael Moore, le film est à charge contre les religions, les républicains et la culture de l'argent. Pas toujours subtil (pas vraiment de contre point de vue), le métrage est néanmoins réussi et à mourir de rire car il assume toutes ses déviances (un peu à la John Waters).

Les dialogues sont ainsi excellents et permettent de dézinguer verbalement tout ce qui semble bien-pensants ou inattaquables (par exemple la dénonciation de la pédophilie en parlant de Woody Allen, très drôle).

Au final, c'est un grand coup de tatane avec un AK47 dans la face de l'Amérique.

On comprend aussi pourquoi le film aura du mal à être vu aux USA si on le met en résonance avec les événements tragiques récents...

 

Note : 4 /6

 

Citadel – 2012 – Irlande – Ciaran Foy

 

Un peu à l'image de l'auteur de The Crow, le réalisateur Ciaran Foy a subi une agression et est devenu agoraphobe. Il signe ici un 1er film où il raconte comment un jeune homme voit sa compagne enceinte agressée sous ses yeux. Seul le bébé survit. Il devient agoraphobe, isolé, reclus dans ses peurs, il vit avec sa fille dans une cité abandonnée et dévolue à la destruction.

C'est un film sur la peur, cristallisé par des enfants encapuchonnés, junkies qui errent entre les tours de la cité. Petit à petit, les agressions sont plus présentes et son bébé est volé. Le héros (qui ressemble comme un frère à Elija Wood!) n'a qu'une solution, pénétrer dans ces tours sombres et malveillantes.

Dès qu'il rentre dans les immeubles, accompagné d'un prêtre fanatique et d'un enfant aveugle, c'est un autre film qui commence, comme si il avait ouvert les portes de l'enfer.

Très bon premier film, glauque et noir où on sent qu'il n'y a aucun espoir. Parabole sur ces cités abandonnées où les habitants sont transformés en créatures monstrueuses, véritables légendes urbaines, oubliées par les autorités. Elle sont comme des chasseurs sur leur territoire pour essayer de survivre.

C'est un film dur, sans concession qui tourne au fantastique dans sa deuxième bobine.

La seule réserve est qu'on ne comprend pas comment ces êtres si nombreux et malfaisants se baladent dans les rues pour commettre leurs exactions, sans que la police n'intervienne. Ceci ne va pas dans le sens de la crédibilité.

Hormis ce détail, c'est un bon film de par son climat et l'interprétation du personnage principal.

 

Note : 5- / 6

 

6ème Jour

Bullet Collector – 2011 - Russie – Alexander Vartanov

 

Premier film présenté par son réalisateur, Bullet collector a été tourné avec peu d'argent (65 000 € ?) et sans subventions étatiques.

Ce film m'a dérangé dans son approche auteurisante et son parti pris esthétisant (le noir et blanc). Le scénario de la 1ère partie est trop décousu pour qu'on puisse s'attacher aux personnages. En effet, on suit un adolescent de 14 ans, complètement perdu et hyper violent qui erre entre sa famille, l'école et le monde brutal qui l'entoure. A ce titre, le film montre une Russie qui n'est pas au bord du chaos mais qui est vautrée à l'intérieur, où la violence est omniprésente. Ce qu'on retrouve dans les rapports que le pays entretient avec sa jeunesse, à l'abandon et au sort qu'il lui est réservé dans les camps de redressement.

Difficile d'accès dans sa 1ère partie, la narration se structure un peu plus par la suite, lorsque le personnage principal est interné dans un centre de rééducation pour jeunes. Entre folie et schizophrénie (réalité ou fantasme ?), les rapports entre garçons sont exacerbés jusqu'au climax en forme de libération.

Cette seconde bobine montre le film qu'autre pu être Bullet collector, sans les afféteries un poil prétentieuses qui auront perdu beaucoup de spectateurs en route.

 

Note : 3- /6

 

 

Maniac – 2012 - USA/France – Franck Khalfoun

 

Remake du film de William Lustig de 1980. Je n'ai plus beaucoup de souvenirs de l'original (hormis la scène du reflet du tueur dans la portière de la voiture, ici présente).

Réalisé par Franck Khalfoun, cornaqué par les scénaristes des remakes de la colline a des yeux et Pirhana, Alexandre Aja et Grégory Levasseur, Maniac transporte son action de New-York à Los Angeles.

Sans le comparer à l'original, j'ai bien aimé cette nouvelle versio. Elijaw, le Frodon du Seigneur des Anneaux est particulièrement inquiétant en psychopates traumatisé dans son enfance, tueur de femmes, scalpant ses victimes pour placer le trophée sur des mannequins.

Le film est porté par une caméra subjective permettant de se mettre en permance à la place du tueur, jusque dans ses respirations saccadées. Son visage n'apparaît ainsi que par le biais de jeux de miroirs.

Formellement, le film est une réussite, la photographie est très belle et la musique s'insère parfaitement dans l'action (elle ressemble d'ailleurs beaucoup à celle de Drive).

Examen de passage réussi pour ce remake d'un film d'horreur qui a fait référence au début des années 80.

 

Note : 4 /6

 

Berberian sound studio– 2012 – UK/Australie/Allemagne – Peter Strickland

 

L'histoire : Dans des studios italiens spécialisés dans les films d'horreur, le travail d'un ingénieur du son prend un tournure de plus en plus inquiétante...

 

On comprend pourquoi ce film fait partie de la sélection de l'Etrange Festival. En effet, ce long métrage est tout à fait original et un peu bizarre. On suit donc l'enregistrement en post-synchronisation d'un film d'horreur italien qui n'a pas l'air si bon que ça... Nous ne verrons quasiment jamais l'écran où les images sont visionnées. La caméra est braquée en contre-champs et montre les réactions de toute l'équipe. Entre actrices qui n'arrivent pas à crier comme le voudrait le producteur, effets sonores réalisés avec des légumes ! le film distille une atmosphère à la fois onirique et particulière. Au fond, on peut se demander si le personnage principal de ce film n'est pas le son. Entre les dialogues en anglais et en italien, les sons du studio et les bruits de la chambre du technicien (Toby Jones), le son est ici le moteur de l'action et de l'angoisse. Vers la fin, le metteur en scène nous perd un peu en inversant les rôles (tout le monde parle italien) et en amenant son acteur principal au bord de la folie.

Au final, c'est donc un film original, rendant hommage au cinéma d'horreur italien mais également aux productions d'antan avec des tables de mixage d'une autre époque.

 

Note : 4 /6

 

Black's game – 2012 – Islande – Oskar Thor Axelsson

 

Mais que se passe-t-il dans ce petit pays, l'Islande ?

Violence, drogues et sexe...

Polar islandais très violent, filmé avec vivacité et effets de style à la Tarantino, avec les paysages enneigés et sauvages comme décor, Black's game est généreux sur tous les points.

Dans la mouvance des films scandinaves de ces dernières années (on pense beaucoup à la trilogie Pusher de Nicolas Winding Refn, d'ailleurs ici producteur exécutif), le long métrage conte l'histoire d'une bande de truands qui se disputent pour un paquet de drogue que le protagoniste principal est chargé de récupérer. C'est le début des ennuis.

Les personnages sont violents, un peu fous, consomment alcools, sexe et drogues à satiété. Le métrage se laisse suivre avec plaisir notamment grâce à un humour au second degrés et à des acteurs de qualité. Sans oublier que le film peut être très dur dans certaines scènes.

Je ne suis pas certain que l'office du tourisme islandais cautionne ce film...

 

Note : 4 /6

 

5ème Jour

A fantastic fear of everything – 2011 – UK – Crispian Mills et Chris Hopewell

 

Voici certainement une des comédies les plus réjouissantes qu'il m'ait été donnée de voir. Grâce à une écriture ciselée aux petits oignons anglais et à la sauce à la menthe, ce long métrage s'inscrit dans la tradition des comédies britanniques non-sensiques mais dotées d'une humour intelligent et communicatif.

L'histoire est celle d'un auteur de livres pour enfants qui s'est tourné vers le roman policier et a fait des recherches sur des tueurs en série de l'époque victorienne. Tout cela va le rendre complètement parano, surtout lorsqu'un producteur hollywoodien envisage de faire un film à partir de ses trouvailles.

Alors que le métrage se déroule quasiment exclusivement dans des lieux clos, les réalisateurs exploitent à merveille toutes les possibilités du jeu d'acteur de Simon Pegg (un Pierre Richard anglo-saxon) ainsi que les quiproquos générés par cet énergumène gaffeur (se coller un couteau à la main..). L’inénarrable acteur de Shaun of the dead porte le film sur ses épaules et laisse libre court à sa fantaisie naturelle. Totalement obsédé par les photos de serial killers apposés sur son mur, il croit qu'on va venir l'assassiner et chaque bruit ou visiteur est le prétexte à un délire visuel, agrémentés de dialogues dont seuls les anglais ont le secret.

Coincé dans son appartement dans la 1ère partie du film, il va se rendre par la suite dans un lavomatique en pleine nuit pour y laver ses slips et chaussettes !! (faut dire qu'ils les a séchés dans son four au préalable...).

Dans la 2ème bobine, l'action est donc concentrée dans ce lieu, théâtre de tous les délires et d'une évolution inattendue de l'intrigue.

Pour un 1er film, les auteurs ont trouvé un vrai style, à la fois délirant et fou, mais aussi parfaitement bien écrit et mis en scène. De même, la musique, toujours bien venue, accentue encore le caractère foutraque de l'ensemble.

Porté par un acteur habité par l'histoire, parsemé de scènes cultes (l'utilisation de la musique gangsta rap et du célèbre "Final Countdown" du groupe Europe), de flashbacks en animation image par image et de digressions sur des détails absurdes, A fantastic fear of everything rappelle les comédies de Blake Edwards et on peut penser que le regretté Peter Sellers aurait adoré joué dans ce film.

 

Un conseil : A voir de toute urgence !

 

Note : 5 /6

 

Dead Shadows – 2012 – France – David Cholewa

 

Belle ambiance pour la projection de ce 1er film en présence du réalisateur et de certains comédiens. Il faut saluer ici leur enthousiasme communicatif et chaleureux. Et il faut soutenir ce cinéma de genre français peuplé de monstres et de tentacules !

L'histoire : le passage de la comète de Halley transforme les habitants de Paris en créatures monstrueuses...

Réalisé avec peu de moyens mais avec beaucoup d'envie, le film de David Cholewa n'est certes pas parfait, mais se laisse visionner agréablement.

Le point positif du film concerne les effets spéciaux. A ce titre, le générique du début est magnifique et les créatures sont crédibles et réussies (je pense surtout à la femme-araignée absolument merveilleuse).

Par ailleurs, les maquillages gores prouvent que les artistes français sont à la hauteur des américains.

Le métrage n'est pas néanmoins exempt de tout reproche, notamment au niveau du jeu d'acteurs. Si les deux personnages principaux s'en tirent avec les honneurs, il n'en est pas de même pour l'ensemble du casting. Inérant à ce type de production semi-professionnelle, la faiblesse de certains acteurs (le SDF bourré...) peuvent rendre risibles certaines scènes. De même, les dialogues sont parfois inaudibles, couverts par la musique (pourtant un des atouts du film).

Au final, c'est une bonne surprise pour un film semi-professionnel fait avec les tripes et l'envie de voir des monstres français déferlés dans les rues de Paris.

On attend la suite...

 

Note : 3+ /6

 

4ème Jour

Pour ma quatrième journée du dimanche, j'ai eu la possibilité de visionner 3 films dont voici le compte-rendu.

Motorway – 2012 - Hong-Kong – Soi Cheang

 

Dans la veine des productions de la société Milkyway de Johnnie To, Soi Cheang réalise un polar hong-kongais à la hauteur du maître.

Rythmé par une musique basique mais bien adapté, le réalisateur donne une leçon de mise en scène où les voitures sont ici mis en lumière. L'histoire simple d'un fugitif poursuivi par un jeune flic prend toute sa substance dans les affrontements lors de courses poursuites formidablement filmées, non surdécoupées (big up les ricains !).

A l'instar des films de Johnny To, les poursuites sont chorégraphiées comme des ballets grâce à des scènes virtuoses. Chaque élément du décor (routes de montagnes, ruelles étroites ou parking) est utilisé au maximum des possibilités et à bon escient.

Les bolides lancés dans les rues de Hong-Kong remplacent les traditionnels gunfights au point de devenir des chevaux de guerre où le conducteur défierait son adversaire lors d'un tournoi de chevalier.

Une autre facette de l'automobile se retrouve notamment lors de la scène du parking où la voiture est vu comme un monstre se cachant dans les limbes pour mieux surgir de nulle part. On pense d'ailleurs aux Dents de la mer.

Antithèse des films à la Fast and Furious, Motorway est un extraordinaire polar urbain, "automobilistique", inventif, et exploitant à merveille tous les moteurs de l'action.

 

Note : 5 / 6

 

A chinese ghost story – 2011 – Hong Kong – Wilson Yip

 

Remake d'un film culte en chine, cette nouvelle version n'est pas vraiment à la hauteur. Bourré d'effets spéciaux numériques très laids, le film est porté par une caméra virevoltante (je n'aime pas les plans penchés ou à l'envers...) pas si virtuose que ça. Même les scènes de combats aériens sont limites et pas toujours très lisibles.

Au final, un gros gâteau à la crème industrielle sans émotion malgré la bonne volonté de l'ensemble du casting.

La fin du film est larmoyante et gnan-gnan au possible.

 

Note : 2 / 6 

 

Games of werewolves – 2011 - Espagne – Juan Martinez Moreno

 

Comme l'a précisé le réalisateur à la présentation de son film, l'Espagne est en crise et il est difficile de financer des projets culturels actuellement.

Et cela se voit à l'écran où on sent bien que tout le budget est parti dans la réalisation des effets spéciaux, en l'occurrence des loups-garous.

Car en effet, l'histoire est celle d'un jeune homme qui retourne dans son village natal où les habitants ont décidé de le sacrifier pour se libérer d'une malédiction lycanthropique ancestrale.

Le métrage est traité sur le mode de l'humour et en hommage aux films de années 80 comme le Loup-garou de Londres qui est la référence la plus visible à l'écran.

Ce postulat de départ est donc le prétexte à des gags plutôt réussis (notamment la scène du doigt coupé) et par instant, on se croirait dans une version ibérique de Shaun of the dead. Mais, contrairement à son illustre prédécesseur, le film a du mal à tenir le rythme et s'essouffle par moments. De même, les loups-garous (par ailleurs magnifiques) sont un peu apathiques et on ne comprend pas vraiment comment les protagonistes s'en sortent si facilement.

Au final, c'est un film plutôt réussi même si ce n'est la poilade qu'on nous prédisait.

  

Note : 4- /6

 

3ème Jour

The Mutations – 1974 - UK - Jack Cardiff

 

Ce film aurait très bien pu être programmé dans les soirées Bis du vendredi soir de la Cinémathèque. Le long métrage tient plus du nanar que du grand film. Produit pour rendre hommage à Freaks de Tod Browning, la tentative n'atteint pas son but.

L'histoire est abracadabrandesque. Un professeur manipule l'ADN des végétaux pour additionner à celles des humains grâce à des cobayes kidnappés par un monstre. La présence de vrais freaks (comme par exemple le nain Michael Dunn) ne suffisent pas élever le film au rang supérieur. De même Donald Pleasance semble un peu ailleurs dans ce métrage des années 70 qu'il doit falloir voir sous psychotropes (voir le générique du début).

Néanmoins, ce film a un charme surannées même si les situations sont souvent over the top ou cocasses.

 

A noter : Faut arrêter les champignons

 

Note : 3- /6

 

2ème Jour

Un film visionné ce jour. Et ce fut dans la section Motor Psycho.

The Driver est réalisé par Walter Hill en 1978. Un film qui relate l'histoire d'un chauffeur de gangsters qui commettent des casses poursuivi par un flic coriace (Bruce Dern).

Nicholas Winding Refn n'a jamais caché qu'il a été fortement influencé par cette œuvre pour son sublime Drive. D'ailleurs, la première scène est la même dans les deux films. Le personnage joué ici par Ryan O'neal (Steve MacQueen devait jouer le rôle) ressemble physiquement et dans son attitude à Ryan Gosling. Peu de mots et une présence magnétique.

Un peu longuet par instants, le film prend toute sa mesure dans les deux scènes de poursuite, particulièrement longues et bien réalisés.

Polar classique des années 70, le métrage monte en puissance et se termine sur une poursuite dantesque (qu'il manquait peut-être à Drive?).

A noter : la participation insolite d'Isabelle Adjani dans un rôle de femme fatale un peu éthérée.

 

Note : 4 /6.

 

1er Jour

La salle était comble pour la cérémonie d'ouverture à 19h30. Après la présentation des différents sponsors, du réalisateur underground Kenneth Anger à qui est attribuée une carte blanche, le 18ème festival a pu s'ouvrir avec deux courts métrages.

 

Le 1er Cornée de Stéphane Blanquet n'a, à mon sens, pas atteint son but. C'est un film d'animation de 6mn sans grand intérêt autour d'un oeil, mais dont l'intrigue est incompréhensible.

 

En revanche, le second court-métrage valait le déplacement. Il s'agissait de Wrong Cops de Quentin Dupieux alias M. Oizo. En 12 mn, le réalisateur relate à sa façon la vie d'un flic complètement déjanté qui vend de la drogue cachée à l'intérieur de rats morts !

Par hasard, il va rencontrer Marylin Manson (méconnaissable mais drôle dans son rôle d'ado boutonneux) qu'il va séquestrer pour lui faire écouter de la vraie musique...

On retrouve ici la patte de Quentin Dupieux (auteur de Steak et de Rubber) dans un ensemble très réussi de drôlerie et de burlesque, servi par un artiste totalement atypique dans le milieu. La suite du court-métrage devrait se concrétiser par un long.

 

Le film d'ouverture du festival fut Headhunters. Polar à la fois sombre et cynique venu du pays du froid, la Norvège. Réalisé par Morten Tyldum, le film compte le calvaire d'un chasseur de têtes, qui a volé un tableau de Maître à un ancien mercenaire. Malheureusement, ce dernier va tout tenter pour récupérer son bien.

Sur une trame de départ plutôt classique, le réalisateur construit une intrigue qui monte crescendo. Après une mise en place des personnages qui prend son temps, le métrage pars en patin à glace et fini dans le polar pur et dur. Ce qui nous vaut des scènes assez violentes. Violence qui est contre-balancée par un humour bienvenu, engendrant des moments hilarants (notamment la scène du chien empalé sur un tracteur, culte). Cet humour n'est pas sans rappeler d'ailleurs certains polars britanniques.

La réussite du métrage vient aussi de la qualité de l'interprétation de l'ensemble des acteurs. Ceux-ci n'hésitant pas à se mettre dans des situations très dures (se cacher sous un tonne de déjections humaines...).

Même si l'histoire est un peu tirée par les cheveux à certains moments, Headhunters est un film réjouissant et rafraîchissant, qui confirme la bonne santé du cinéma scandinave de genre.

 

Note : 5- /6