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4e jour à l'Etrange festival

 

Sous une pluie persistance, l'Etrange festival se poursuit avec un film fantastique temporel coréen (A day), un huis-clos espagnol étouffant (El ataud de cristal) et enfin le premier film très très particulier de Bertrand Mandico (Les garçons sauvages).

 

A DAY – Retour vers le passé – Corée-du-Sud – 2016 – Cho Sun-ho

 

En compétition

 

Pitch : De retour d’un séminaire, Jun-young assiste à un accident de voiture. parmi les victimes se trouvent sa fille Eun-jung ainsi qu’une autre jeune femme, conjointe d’un ambulancier prénommé Min-chul. Jun-young et Min-chul vont être pris dans une boucle temporelle.

 

Pour son premier film, Cho Sun-ho construit un scénario sur le principe de la boucle temporelle où le chirurgien Jun-young (Kim Myung-min, Deranged) revit sans cesse le même moment alors qu'il tente de rejoindre sa fille Eun-jung. Le film commence par l'arrivée en avion du célèbre docteur accompagné par son assistant avec un certain humour et une ambiance détendue jusqu'à l'accident fatal de sa fille où le ton ne sera plus à la gaudriole. Alors qu'il s'agenouille devant son corps complètement effondré, le chirurgien se retrouve à nouveau dans l'avion à la même place et revit inlassablement la journée à l'identique. Forcément, il fera tout pour arriver à temps et éviter que Eun-jung soit renversée par cette voiture.

Une entame de film rappelant les quelques classiques cinématographiques sur le sujet à commencer par l'incontournable Un jour sans fin ou plus récemment Edge of tomorrow et Source code dans lesquels les héros essayaient d'empêcher la mort d'un personnage ou l'explosion d'une bombe. La nouveauté et la bonne idée de A day sont que Jun-young s'aperçoit rapidement qu'il n'est pas le seul à revivre ces itérations à l'infini. L'ambulancier Min-chul (Byun Yo-han, Socialphobia) est aussi impliqué dans l'affaire puisque sa femme est passagère du taxi ayant provoqué l'accident fatal à Eun-jung. Lui aussi, se réveille en sursaut et recommence la journée là où il l'avait débuté avec l'objectif d'empêcher que sa femme ne meure dans le taxi.

Sans temps mort et avec un scénario astucieux, A day scotche le spectateur avec cette histoire a priori simple de voyage dans le temps parvenant à se renouveler constamment dans sa première moitié. Au bout d'un moment, le film patine néanmoins un peu plus quand on comprend les motivations du chauffeur de taxi grâce à quelques flashbacks. Le long-métrage se fait alors didactique et tombe dans une série de bons sentiments et de scènes lacrymales inhérents à un certain cinéma coréen appuyant d'autant plus les situations.

Néanmoins, malgré ces scories, le film s'avère agréable et pêchu avec des cascades automobiles très réussies où les protagonistes slaloment entre les autres voitures et les piétons pour accéder sur le lieu de l'accident. Dans sa dernière bobine, le film s'accélère encore avec l'apparition d'un dernier personnage engendrant des séquences plus violentes et tourne au film policier grâce à cet ultime rebondissement. Au final, A day remplit son office avec efficacité dans un scénario très malin se jouant des boucles du temps avec brio. Il manque peut-être un peu de finesse et de fantaisie pour en faire un très grand film indispensable au genre.

 

4/6

 

 

EL ATAUD DE CRISTAL – Coincée dans la limo – Thriller – Espagne – 2016 – Haritz Zubillaga

 

Dans le cadre des 50 ans du festival Sitges et en présence du réalisateur

 

Pitch : À l’occasion d’un gala, la jeune et jolie Amanda a revêtu sa plus belle robe de soirée. Alors qu’elle se rend sur les lieux des festivités en limousine, elle découvre qu’elle est enfermée dans le véhicule et que son téléphone est désactivé. Le cauchemar commence…

 

Pour un premier film, il est plus facile de placer un acteur dans un lieu unique et fermé. D'autant plus quand on n'a pas énormément d'argent comme c'est le cas d'Haritz Zubillaga qui tente tant bien que mal, et avec un budget riquiqui de développer un scénario autour de l'enfermement d'une femme dans une voiture. D'une durée réduite (1h15), Zubillaga rentre directement et sans fioritures dans son sujet lorsque Amanda, une actrice (Paola Bontempi) monte dans sa limousine censée l'amener à une soirée où elle doit recevoir un prix couronnant sa prestation dans un film. Après une conversation rapide avec son mari au téléphone, elle se retrouve seule dans ce tombeau à ciel fermé.

Il n'est jamais aisé de tenir un long-métrage au milieu d'un simple huis-clos avec un seul acteur surtout dans le cadre d'une voiture, même si c'est une longue limousine avec bar intégré et écrans de télévision. D'ailleurs, peu de temps après le départ, l'écran s'illumine et balance le montage du film pour lequel Amanda est honorée et un interview à ce propos. Un peu énervée, la jeune femme demande au chauffeur d'arrêter la diffusion par l'intermédiaire d'un interphone. Hors, très vite elle comprend la situation et pense même que son mari est derrière tout ça. Sauf qu'une voix caverneuse se fait retentir pour lui confirmer son kidnapping.

Avec ce pitch, on pense forcément à l'excellent Buried de Rodrigo Cortés voyant Ryan Reynolds enfermé pendant 1h30 dans un cercueil. Sur cette même idée de la promiscuité, le réalisateur utilise au maximum tous les éléments à sa disposition pour entretenir le suspens grâce à un scénario permettant l'intervention d'un élément extérieur (une voix) et même d'un homme masqué pour signifier à Amanda ses obligations d'obéissance en la frappant durement. Bloquée, l'actrice est alors obligée de suivre les instructions de cette personne par l'intermédiaire d'une caméra placée face à elle. Et ses intentions sont surtout de voir la belle actrice se mettre à nu littéralement pour satisfaire ses besoins sexuels, ce qu'elle tente de faire malgré les coups reçus.

Si on est un peu gêné par la situation et ce qui s'apparente à un simple jeu sexuel, le scénario a la bonne idée de changer de braquer et de proposer d'autres rebondissements en utilisant des objets disposés dans la voiture. Le film tient à peu près la route, Paola Bontempi s'en tire correctement, même si certaines séquences ne sont pas toujours réalistes. En revanche, les discussions avec la voix hachent le rythme du film sur sa longueur avec l'objectif de gagner du temps. Elles permettent également de trouver une justification cohérente à cet enfermement ne satisfaisant pas outre mesure le spectateur.

Et la dernière bobine confirme cette impression avec l'apparition du bourreau face à sa victime confinant alors le film dans une horreur organique aux limites du fantastique ayant des difficultés à trouver un sens réel à cette manigance. Cet ultime rebondissement s'avère même assez long et ne raccroche pas de manière satisfaisante les wagons du scénario. Au final, même si on salue l'intention du réalisateur avec son scénario ludique et sa mise en scène réussie au départ, on reste sur notre faim quant aux motivations du kidnappeur et son allure très étrange voire injustifiable, ainsi que sur la conclusion de El ataud de cristal.

 

3/6

 

 

LES GARCONS SAUVAGES – Fantaisie – France – 2017 – Bertrand Mandico

 

En compétition et en présence du réalisateur et des actrices

 

Pitch : Au début du siècle dernier, cinq adolescents arrivent sur une île sauvage et mystérieuse après avoir commis un meurtre. Alors que les tensions naissent au sein du petit groupe, d’étranges phénomènes surviennent au contact de ce lieu paradisiaque...

 

Quand on ne connaît pas le travail de Bertrand Mandico au travers de courts-métrages comme Notre Dame des Hormones ou Living Still Life, le spectateur lambda (ce qui est mon cas) est forcément surpris par cet univers surréaliste et organique du réalisateur. Difficile d'accès, Les garçons sauvages confirme visiblement les obsessions de son auteur quant à son approche très particulière de l'être humain et de sa condition. Un cinéma à la fois d'auteur et expérimental interrogeant le genre humain ainsi que la place des hommes et des femmes dans la société, au travers d'un premier film convoquant le surréalisme et les séquences fantasmagoriques.

Difficile de résumer son essai de façon cohérente, mais Les garçons sauvages se veut une transposition du roman éponyme de William Burroughs dans un univers à la Jules Verne (dixit le réalisateur). Des notes d'intention que l'on entrevoit avec ces cinq jeunes hommes turbulents envoyés sur une île pour être redressés. Malheureusement pour eux, cette île bizarre les transforment progressivement en femmes. Des seins poussent et leurs pénis tombent comme un fruit trop mûr. La particularité du film est que les adolescents sont tous joués par des actrices. Pourquoi pas me direz-vous, mais l'ensemble est plombée par une interprétation catastrophique, dans laquelle surnage l'excellente Vimala Pons (La loi de la jungle), une esthétique et un propos qui à la longue deviennent lassantes.

Si on peut rapprocher Bertrand Mandico d'un Guy Maddin (La chambre interdite) dans un sentiment avant-gardiste et l'utilisation du noir et blanc, la comparaison a bien du mal à perdurer car il manque à ces Garçons sauvages, une véritable poésie et une finesse complètement absentes du film, contrairement à son homologue canadien. Cela en devient même ridicule et risible avec l'apparition de cet arbre à bites d'où émerge un liquide blanc et crémeux et de l'engin genre "poutre apparente" du Capitaine avec une carte au trésor tatoué dessus (?!?). Des séquences sortant le spectateur du film s'avérant répétitives (la traversée en bateau) pour finalement nous expliquer avec de gros sabots boueux que les hommes sont des salauds et s'il n'y avait que des femmes, le monde s'en porterait mieux.

On peut être globalement d'accord sur le fond mais on aurait aimé un peu plus de subtilités dans cet univers baroque et décalé parsemé de séquences sans doute réussies mais contrebalancées l'instant d'après par un esthétisme extravagant et sexuel (mal joué) auquel je reste complètement hermétique.

 

2,5/6

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Princecranoir (mardi, 26 septembre 2017 06:45)

    Cette adaptation de Burroughs a attiré ma curiosité de lecteur de passage. Las, il semblerait qu'elle soit très décevante. Dommage pour cette étrange proposition.

  • #2

    Roggy (mardi, 26 septembre 2017 07:56)

    C'est très particulier comme proposition de cinéma. Il est possible que tu aimes son travail et son univers. Ce qui n'est pas mon cas.