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ETRANGE FESTIVAL 2013

 

PALMARES DE L'ETRANGE FESTIVAL 2013

 

Prix Nouveau Genre (acheté par Canal + Cinéma et diffusé sur la chaîne) : The Major de Yuri Bikov

Prix du Public : Why don't you play in hell ? de Sono Sion

Liste des films chroniqués :

 

WASTELAND Polar – UK – 2012 – Rowan Athale

Tik TIK THE ASWANG CHRONICLES Horreur – Philippines – 2012 – Erik Matti

THE RAMBLER Horreur – USA – 2013 – Calvin Lee Reeder

WRONG COPS Comédie – France – 2013 – Quentin Dupieux

BLUE RUIN Polar – USA – 2013 – Jérémy Saulnier

THE STATION Horreur – Autriche – 2013 – Marvin Kren

WE ARE WHAT WE ARE Horreur – USA – 2013 – Jim Mickle

EUROPA REPORT SF – USA – 2013 – Sebastian Cordero

NORTHWEST Thriller – Danemark – 2013 – Michael Noer

ENGLISH REVOLUTION(a field in England) Délire – UK – 2013- Ben Wheatley

THE LAST SUPPER Historique – Chine – 2012 – Lu Chan

MAN FROM THE FUTURE SF – Brésil – 2011 – Claudio Torres

SNOWPIERCER SF – Corée-du-Sud/USA/France – 2013 – Beong Joon-Ho

DARK TOUCH Horreur - UK/France – 2013 - Marina de Van

FRANKENSTEIN'S ARMY Horreur – Pays-Bas – 2013 – Richard Raaphorst

5 FEMMES A ABATTRE(Caged heat) – USA – 1974 – Jonathan Demme

BELENGGU Fantastique - Indonésie – 2012 – Upi Avianto

CONFESSION OF MURDER Thriller – Corée-du-Sud – 2012 – Byeong-Gil Jeong

THE AGENT Thriller - Corée-du-Sud - Seung-Wang Ryoo

A LITTLE BIT ZOMBIE- Comédie – 2012 – Canada – Casey walker

 

Mon bilan de l'Etrange festival 2013

 

Encore une fois, la sélection a été à la hauteur, éclectique, dérangeante, foisonnante et surtout puant l'amour du cinéma à pleines narines.

Pour ma part, j'ai pu visionné 19 films lors des 10 jours de festivité. Par rapport aux deux années précédentes, je n'ai pas eu de réels coups de cœur pendant le festival.

 

Voici ma sélection :

 

Pour la section "nouveau genre" : We are what we are

 

En avant-première : Dark touch

 

Une mention spéciale aux scènes d'action des deux films coréens The Agent et Confession of a murder.

 

Notre bilan chiffré :

 

(ng) compétition nouveau genre

 

Roggy

Marinou

The Agent

4

 

Blue ruin (ng)

4

 3

Belenggu (ng)

2

 

Caged in

3

 

Confession of murder (ng)

3+

 

Dark Touch

5-

 

English revolution (ng)

4

4 

Europa report (ng)

5

 4+

Frankenstein's army

4-

 

The last supper

2

 

A little bit zombie

3

 

Man from the future (ng)

4

 

Northwest

4

4

The station (ng)

3+

 

Snowpiercer

4

 

The rambler (ng)

4

 

Tik tik the aswang chronicles

2

 

Wasteland

4-

 4-

We are what we are (ng)

5

 

Wrong cops (ng)

4

5

 

8ème Jour

Wasteland – Polar – UK – 2012 – Rowan Athale

 

A sa sortie de prison, Harvey Denton échafaude un plan pour braquer une discothèque et se venger de celui qui l'a envoyé en prison. Sur un ressort simple et classique, le réalisateur élabore un film de braquage un peu à l'ancienne. Le film commence par l'interrogatoire du jeune homme avec un inspecteur, postérieur à l'action. L'intrigue est donc racontée en flashbacks et rappelle en cela le maître-étalon Usual suspect et son histoire contée par un seul personnage. La réussite du film est liée à son casting qui provoque une réelle empathie pour les personnages qui, pour une fois, ne sont pas de petites frappes ou de gros idiots attardés, mais des jeunes gens plutôt respectables. Le scénario bien construit, laisse libre court à des dialogues percutants voire drôles. Le métrage trouve donc un ton et un rythme de croisière comme dans les meilleurs films anglais du genre. La révélation du dernier acte est peut-être un peu moins au niveau avec des rebondissements dont la véracité n'est pas forcément évidente. Une fin ouverte en forme de happy end un peu trop simpliste.

 

Note : 4- / 6

 

 

Tik tik the aswang chronicles – Horreur – Philippines – 2012 – Erik Matti

 

Le problème de ce film n'est pas tant son histoire, une invasion de vampires philippins, mais la conception des effets spéciaux, même pas dignes d'un "Sci-fi movie" (c'est dire !). Des créatures réalisées sur un PC portable au milieu d'un décor recrée en studios avec couleurs saturées, voilà le cocktail improbable de ce Tik tik the aswang chronicles qui perd en crédibilité toute tentative de suspense. Certes, le métrage est une comédie revendiquée (la meilleure scène étant peut-être quand le héros tue un vampire avec une fourchette géante et y entoure les intestins de la créature !). Pourtant, on a du mal à s'intéresser à l'histoire à cause de la faiblesse visuelle et de ralentis hors de propos. La référence du film devenant presque l'anthologique Birdemic, pour les connaisseurs.

 

Note : 2 / 6

 

 

The rambler – Horreur – USA – 2013 – Calvin Lee Reeder

 

En voilà bien un film qui justifie sa sélection à l'Etrange Festival. L'homme qui sort de prison va être confronté à la réalité de la vie au gré de ses rencontres plus ou moins bizarres. Impossible de résumer cet OFNI dont le parangon naturel est David Lynch. Le héros évolue dans un monde entre rêves et hallucinations qui le mènent vers des sentiers tortueux qui confinent à l'irréel. Notamment la scène avec le savant qui fait exploser la tête d'un pauvre quidam ayant mis un appareil très Brainstorm sur sa tête. Des rencontres hétéroclites où la frontière entre paranoïa et schizophrénie est allègrement franchie, avec outrances sanglantes. On pense même à Take Shelter car le métrage est parsemé d'effets visuels notamment une étoile qui clignote et fait un bruit d'interrupteur très régulièrement. Etrange on vous dit.

 

Note : 4 / 6

 

7ème Jour

Wrong cops – Comédie – France – 2013 – Quentin Dupieux

 

Adapté de son court-métrage déjà présenté à l'Etrange festival, Wrong Cops raconte la vie hilarante d'un commissariat de police grâce à des focus sur plusieurs personnages plus déjantés les uns que les autres. Le film est une série de petites saynètes qui mettent en valeur ces flics qui ne sont pas vraiment au service du citoyen... Il y a d'abord le flic qui vend de la drogue, cachée à l'intérieur de rats morts. Pourri jusqu'à la moelle, il se balade avec un corps dans la voiture suite à une bavure. Quentin Dupieux brosse une galerie de policiers loufoques comme Eric Judor, borgne, serti d'un bandeau et persuadé qu'il est un génie de la musique. Ce qui nous vaut une des meilleures scènes du film lorsqu'il se décide à aller voir un producteur. Le réalisateur ne se refuse rien, entre le flic lubrique et la bimbo avide d'argent, avec au milieu le flic qui semble le plus intègre, sauf qu'il a tourné dans un porno-gay... On retrouve ici toute la verve et l'humour potache, voire non-sensique de l'auteur de Wrong ou Rubber. Porté par une musique électro, le film part dans tous les sens tout en gardant une certaine cohérence par l'imbrication des différents histoires, qui se rejoindront dans une dernière scène extrêmement drôle lors de l'enterrement d'un des personnages. Le film aurait néanmoins gagné à plus de liants entre les sketchs pour en faire un délire encore plus jouissif.

Au final, Wrong cops est un bon moment de comédie où apparaissent quelques guests-stars comme le chanteur Marylin Manson, méconnaissable sans maquillage et sous sa casquette.

 

Note : 4 / 6

 

Blue ruin – Polar – USA – 2013 – Jérémy Saulnier

 

Un SDF apprend que l'assassin de ses parents sort bientôt de prison. Décidé à se venger, il reprend la route à sa recherche. Ce petit film indépendant nous permet de suivre l'évolution de cet homme, hirsute et barbu, qui au fur et à mesure reprend vie pour tenter d’ôter celle du bourreau qui hante sa vie. Lentement, il se remet sur le sentier de la société, se rase et fomente sa vengeance. Le métrage prend le temps de présenter ce personnage, mutique au départ, qui va trouver une force intérieure pour arriver à ses fins. A la fois road-movie tragique et quelquefois un peu comique de par les situations, le film est aussi une réflexion sur l'Amérique d'aujourd'hui, puisqu’il renvoie au problème des armes. En effet, très vite, l’ancien SDF va se retrouver en possession d'un véritable arsenal. D'ailleurs, on a l'impression que c'est toute la population est dotée de ces armes de combat. Alors que le métrage commençait de manière sensitive, il prend une autre tournure, violente et irréversible et aboutit à une dernière scène sanglante comme un drame grec.

 

Note : 4 / 6

 

The station – Horreur – Autriche – 2013 – Marvin Kren

 

Deuxième film du réalisateur du très bon Rammbock, The Station est une œuvre à l’ancienne. En effet, sur un pitch rappelant furieusement le mythique The Thing, Marvin Kren réalise un film de monstres old school, c’est-à-dire sans effet numérique, mais avec moult latex et liquide rouge sang. L’histoire se concentre dans une station proche d’un glacier où des dérèglements organiques favorisent la mutation des animaux en êtres difformes et belliqueux. C’est donc presque une relecture du joyeux de John Carpenter, notamment marquée par la présence d’un chien au début du film. Néanmoins, le métrage n’arrive à au niveau de The Thing par manque de moyens (c’est un huis-clos qu’on ressent, malgré la beauté des paysages de montagne) et une déficience au niveau des effets visuels qui sont peu montrés et surtout de nuit. Après une mise en route légèrement longuette, le film trouve son rythme avec l’attaque des créatures, comme le monstre volant, le plus réussi et qui fait immédiatement référence au Jeeper creeper. Pas avare en humour (la propre mère de l’auteur est à mourir de rire dans le rôle d’une ministre qui s’avère être une vraie dure à cuire) le film est une petite série B qui fleure bon les années 80 dans son approche et sa conception malgré des monstres pas toujours réussis et une ultime scène qui frôle un peu le ridicule.

 

Note : 4- / 6

 

6ème Jour

We are what we are – Horreur – USA – 2013 – Jim Mickle

 

Jim Mickle qui a à son actif deux bons films (Mulberry Street et Stake land) réalise ici le remake du film mexicain de 2010 Somos lo que hay. Présenté par son auteur lui-même, We are what we are ne se veut pas un copié-collé mais un film qui viendrait compléter l'original (dixit Jim Mickle).

Comme dans ses deux premiers opus, le réalisateur est toujours aussi à l'aise pour raconter une histoire et prend son temps pour caractériser ses personnages, en l'occurrence une famille pour le moins particulière. En effet, suite au décès de la mère, le père, les deux adolescentes et le petit dernier se resserrent autour de la tradition familiale, dévorer un être humain un fois par an. Une tradition héritée des premiers colons nord-américains, qui pour ne pas mourir de faim furent obligés de pratiquer anthropophagie. C'est pour cela que le titre est si bien choisi. Et quelque part on les comprend même si cette coutume est obsolète. D'ailleurs, les jeunes filles ont des états d'âme, notamment la plus jeune fille qui ne veut plus y participer.

L'intrigue se déroule autour des préparatifs à l'approche du "festin" et parallèlement sur une enquête policière suite aux disparitions de jeunes dans la région. Tous les acteurs sont formidables, du père malade aux filles chargées de préparer le "repas" familial. Le réalisateur transcende cette histoire et montre toutes les zones d'ombre de la famille qui commence à se poser des questions sur cette tradition présentée comme religieuse se transmettant de génération en génération par le biais d'un livre de famille.

Une œuvre forte, émouvante dont le final laisse sans voix. La dernière scène rentrant immédiatement dans les annales du film d'horreur. Brillant.

 

Note : 5 / 6

 

Europa report – SF – USA – 2013 – Sebastian Cordero

 

Ce petit film réalisé par un équatorien est une autre bonne surprise du festival. Comment faire un film de science-fiction avec peu de moyens ? Sebastien Cordero en apporte la preuve grâce à sa mise en scène et le soin apporté à son script. Une mission internationale composée de 6 astronautes a pour objectif la 4ème lune de Jupiter pour y chercher une possible vie extraterrestre. L'histoire est racontée a posteriori sur la base d'images tournées par des caméras dissimulées dans la station orbitale. C'est donc un film de "found footage" mais pas de caméra portée à l'épaule. Ce qui est fort appréciable... En revanche, ce dispositif ne nuit en rien au déroulement de cette aventure spatiale rendue crédible par la qualité de l'interprétation des comédiens. Ici pas de stars mais de solides comédiens parfaits en scientifiques. L'autre force du film est sa capacité à générer du suspense avec peu de choses. Au fur et à mesure de la mission, on suit les 1er mois de l'équipe en parallèle de son amerrissage sur la planète. Cette construction en flashbacks sort des canons habituels et donnent plus de force au dénouement car on s'est habitué aux personnages. Une réelle surprise pour ce film efficace, alerte et qui rappelle par certains aspects le travail de Duncan Jones sur Moon.

 

Note : 5 / 6

 

5ème Jour

Northwest – Thriller – Danemark – 2013 – Michael Noer

 

A l'instar d'un Nicolas Winding Refn, les pays scandinaves fournissent des polars  de qualité, à la fois secs, âpres et au près des existences tourmentés de leurs  protagonistes. Ici, un petit délinquant, Casper, tombe dans la spirale de la violence en se rapprochant d'un chef de gang (Bjorn) qui l'entraîne vers l'irrémédiable. Par hasard, Casper se retrouve à conduire et surveiller des prostitués de Bjorn. En s'affranchissant de son fournisseur officiel, Casper déclenche une guerre où il sera obligé de mêler son jeune frère et devient ainsi la marionnette d'un jeu dont l'issue sera forcément dramatique.

Comme souvent dans ces films venus du froid, les acteurs sonnent justes et on participe avec eux à leur errance, mue par le désir d'argent généré par la société de consommation. Le réalisateur prend le soin de caractériser ses personnages et on se prend d'affection pour Casper et sa famille, ce qui rend encore plus difficile sa descente aux enfers.

Ce polar rappelle donc les fleurons du genre comme la trilogie Pusher de Nicolas Winding Refn et monte en puissance jusqu'à un dénouement assez ouvert mais néanmoins très sombre.

 

Note : 4 / 6

 

English Revolution (a field in England) – Délire – UK – 2013- Ben Wheatley

 

Habitué du festival où il avait présenté ses précédentes œuvres (Down terranceKill List et Touristes), Ben Wheatley nous revient avec cet étrange opus qui relate un moment de la vie de déserteurs au milieu d'un champ pendant la guerre civile anglaise.

Film très bizarre qui commence pourtant "normalement" mais qui part en pudding au moment où la troupe commence à ingérer des champignons hallucinogènes. L'arrivée d'un alchimiste change la donne puisqu’il les obligent à creuser pour trouver un trésor. La cohabitation devient problématique et l’absorption des champignons révèle les caractères des déserteurs.

Filmé en noir et blanc, English Revolution peut sembler difficile à suivre dans sa construction (séquences au ralenti très longues, plans psychédéliques avec distorsions de l'image). Il n'en reste pas moins que le métrage est très drôle notamment dans ses dialogues et dans l'attitude des personnages à qui les champignons ne réussissent pas forcément. Une œuvre particulière qui possède des qualités visuelles et burlesques mais qui par instant se déstructure et perd son rythme. Un partie pris qui peut en laisser certains sur le bord de la route.

 

Note : 4 / 6

 

4ème Jour

The last supper – Historique – Chine – 2012 – Lu Chan

 

Pour commencer, j'avoue que j'ai raté le 1er quart d'heure du film du fait de mon attente (1 heure) pour récupérer une place pour Snowpiercer. Pas facile donc de rentrer dans ce film en costume chinois, sous-titré en anglais. En fait, je n'ai pas vraiment compris l'histoire entre trahisons, meurtres pour l'obtention du pouvoir. En revanche, c'est très beau. La photographie et les décors sont magnifiques. Tout ça pour grand chose, car il ne se passe rien. Pas une bataille, mais des palabres à n'en plus finir et des flashbacks redondants.

 

Note : 2 /6

 

Man from the future – SF – Brésil – 2011 – Claudio Torres

 

Joao, professeur de physique quantique, est renvoyé dans son passé en 1991 grâce à un accélérateur de particules, au moment où sa vie prend un tournant particulier et lui fait perdre l'amour de sa vie. Ce film de voyages dans le temps est une vraie réussite du genre dans la lignée d'un Retour vers le futur à la sauce Samba, portée par la star locale, Wagner Moura, également héros de Troupes d'élite. Le scénario est cohérent et s'attache à l'humanité des personnages et à leur sens de l'avidité. La plus grande référence du film me semble pourtant le formidable Timecrimes de Nacho Vigalondo et ses décalages temporels et l'apparition de plusieurs Joao provenant de différentes époques. Le film est porté par une énergie communicative et un humour omniprésent qui font de cette production brésilienne un bon moment de cinéma.

 

Note : 4 / 6

 

Snowpiercer – SF – Corée-du-Sud/USA/France – 2013 – Beong Joon-Ho

 

Adaptation d'une bande-dessinée française, Le Transperceneige raconte comment, suite à une expérience qui tourne mal, la Terre est plongée dans une ère glaciaire, invivable pour l'humanité. Les survivants sont bloqués dans un train lancé à grande vitesse qui fait le tour de la Terre sur un réseau de plus de 400 000 km. Sur un pitch un peu improbable, le réalisateur de The Host et Memories of murder se retrouve à la tête de cette production mondiale qui a cartonné au box-office.

La salle 500 du Forum des images était pleine à craquer pour accueillir Beong Joon-Ho dans une ambiance survoltée (à noter aussi la présence des auteur de la BD). Ce film, très attendu et annoncé comme une bombe ne tient pas tout à fait ses promesses. Il me semble qu'on a du mal à s'attacher aux personnages et à leurs sorts. Au-delà d'une histoire, certes originale, mais tout de même difficile à croire, le réalisateur fait de son mieux pour faire vivre un casting international (John Hurt et Song Kang-ho héros de Thirst et Morsures). Chris Captain America Evans, méconnaissable est le leader de la rébellion et donne de sa personne dans cette bande-dessinée live.

 A l'instar de Elyseum, le train est séparé en deux. A l'avant les riches qui possèdent tout, à l'inverse des pauvres, spoliés à leur entrée dans le train 17 ans plus tôt. La scénario est néanmoins plus subtil que celui de Neil Blomkamp car on comprend vraiment les désirs de ces déshérités d'accéder à un niveau de richesse minimum. Ils mangent une sorte de pâte de fruits mauves à chaque repas façon Soleil vert. A partir du moment où la révolte dégénère, les rebelles prennent le train d'assaut et remontent les wagons les uns après les autres au prix de nombreuses pertes humaines, notamment lorsqu'ils rencontrent une bande de tueurs masqués adeptes de l'arme de poing affûtée. Certains compartiments sont mémorables comme la salle de classe et ses chants qui permettent de mieux expliquer l'histoire.

Snowpiercer n'est pas qu'un film d'action mais aussi une réflexion sur l'avidité de richesse et de pouvoir. La fin est plutôt réussie avec l'apparition de Wilford (très bon Ed Harris) concepteur de la machine perpétuelle qui propulse le train. Au final, le film est une œuvre foisonnante, ambitieuse mais qui manque, à mon sens, d'un élément primordial, l'émotion pour en faire un grand film. Malgré une approche visuelle et une mise en scène maîtrisées on ne sent pas suffisamment le souffle de l'épopée.

 

Note : 4 / 6

 

3ème Jour

Dark Touch – Horreur - UK/France – 2013 - Marina de Van

 

Marina de Van (Ne te retourne pas, Dans ma peau) est venue présenter son dernier film Dark Touch. Premier coup de cœur du festival. Comment aborder deux sujets difficiles, la violence physique et sexuelle envers les enfants ? La réalisatrice donne ici une réponse en insérant à son récit, tout en douceur, des éléments fantastiques voire même terrifiants.

Niamh (excellente Missy Keating dans un rôle difficile) voit mourir ses parents,  assassinés par la maison elle-même et les objets qui la composent. Une scène choc qui alterne avec des moments plus intimes. Alors qu'on ne sait pas ce qui déclenche et anime les objets du quotidien, on comprend très vite que la jeune fille, survivante du drame, possède un don pour déplacer les choses, lorsqu'elle est dans une situation de stress extrême jusqu'aux pleurs.

Traumatisée par des parents pédophiles, elle se défend grâce à cette forme de télékinésie, rappelant beaucoup Carrie de Brian de Palma. Le film n'est jamais voyeuriste ou malsain. Il expose les faits dans un jeu de faux-semblants entre parents pervers et enfants battus.  

Marina de Van filme au plus près ces corps qui souffrent, mais aussi les adultes qui subissent la colère de Niamh. Il semble qu'il n'y ait pas de rédemption possible pour elle, hormis une scène avec l'instituteur et sa femme enceinte, où elle comprend qu'ils ne sont pas mauvais, juste en les touchant. Car il faut bien dire que tous les adultes sont présentés comme des tortionnaires et d'un autre côté certains enfants comme des bourreaux.

Merveilleusement bien filmé, sans fioritures, avec des effets visuels sobres mais efficaces, Dark Touch empile les scènes chocs jusqu'à une dernière bobine nihiliste en diable qui atteint son paroxysme de violence noire et inexorable.  Peut-être la seule réserve du film car on ne comprend pas très bien son désir de faire disparaître tous les enfants. Cette dernière partie qui fait aussi penser aux films d'enfants tueurs comme The children. 

Une très grande réussite donc pour un film abordant un sujet délicat et on félicite la production et le distributeur pour leur courage. Excellent.

 

Note : 5-/6

 

Frankenstein's army – Horreur – Pays-Bas – 2013 – Richard Raaphorst

 

Pendant la 2nde guerre mondiale, une escouade russe à la poursuite de soldats allemands tombe sur des créatures issues des manipulations du Dr Frankenstein. Pitch de série B, ce film est la rencontre de la naziexploitation et du found footage, puisque l'action est vue par un militaire russe chargé de filmer.

La 1ère partie du métrage montre ainsi les vagabondages de ces soldats dans la campagne au gré de leurs escarmouches ou de leurs exactions envers les populations locales. Dans un deuxième temps, ils vont pénétrer dans l'antre du Docteur, une usine désaffectée, lieu improbable rempli de créatures monstrueuses manipulées comme des marionnettes.

C'est sûrement là la grande réussite du film, ses monstres. Fruit de l'imagination de Frankenstein à la solde des Nazis et de l'esprit d'un Docteur Mengele, le ballet de monstres mi-homme, mi-robot qui rappellent en cela la série des Tetsuo avec des créatures à la fois organiques et métalliques, reliés par des tuyaux emplis de liquide et alimentés par électricité. De la même manière, il y a un côté "cénobites" que ne renierait pas (?) Clive Barker. Une vraie foire aux monstres que l'on découvre encore mieux sur la fin lors de la visite du laboratoire du Docteur.

Certes, tout n'est pas parfait. Le film n'exploite pas assez son potentiel et le rythme se délite au milieu du métrage quand les soldats investissent les couloirs de l'usine. De même, la caméra portée à l'épaule peut donner la nausée et, comme souvent, on se demande bien pourquoi le cameraman continue à filmer alors qu 'il est attaqué...

La fin du film tourne au gore avec séance de chirurgie sur des patients encore vivants. Le Docteur utilisant la caméra comme dans une télé-réalité (petit anachronisme ou alros il est en avance sur son temps). Mention spéciale à tous ce bestiaire des plus original. Finalement pas si Z que ça.

 

Note : 4-/6

 

 

5 femmes à abattre (Caged heat) – USA – 1974 – Jonathan Demme

 

Film déjà vu en-dehors de l'Etrange festival

 

Caged heat est réalisé par Jonathan Demme (Philadelphia avec Tom Hanks) dont c'est là le 1er film. Il appartient à la catégorie des films de prisons de femmes. Il recèle tous les ingrédients inhérents au genre avec son lot de violence et de nudité frontale gratuite notamment lors des douches collectives. Le métrage relate la vie puis l'évasion de prisonnières détenues dans une prison de haute-sécurité, cornaquées par la gardienne en chef Barbara Steele, ici sous-exploitée. Un film classique dans son déroulement et qui prend une tournure violente à la Sam Peckinpah lors de l'évasion finale.

 

Note : 3 / 6

 

2ème Jour

Belenggu – Fantastique - Indonésie – 2012 – Upi Avianto

 

Elang a des visions de meurtres et entend des choses bizarres, à tel point qu'il vit entre rêve et réalité. La réalisatrice Upi Avianto livre ici une œuvre ambiguë, entre horreur et thriller, mais surtout entre longueurs et poncifs. La 1ère partie du film a du mal à trouver son rythme, malgré la filiation plus qu'évidente avec Donnie Darko grâce au personnage de l'homme dans le costume de lapin. On pense aussi aux films de fantômes asiatiques.

Très vite, d'ailleurs, on comprend qu' Elang a des hallucinations, un peu comme si Sixième sens n'était jamais passé par là... La 2ème partie du métrage tente d'expliquer de manière didactique et un peu maladroite les tenants et aboutissants des actions du personnage principal, accusé de meurtres, par le biais d'une enquête policière. D'ailleurs la fin est un peu tiré par les cheveux. Au final, le film n'apporte rien de nouveau dans la profusion de films de fantômes notamment asiatiques (sauf ici, il n'y a pas les longs cheveux noirs... c'est déjà ça).

 

Note : 2 / 6

 

Confession of murder – Thriller – Corée-du-Sud – 2012 – Byeong-Gil Jeong

 

L'histoire raconte la traque d'un tueur en série, qui 15 ans après le délai de prescription de son dernier crime, réapparaît au grand jour en publiant un livre sur son "oeuvre".  

La 1ère scène est à couper le souffle avec la course-poursuite entre l'inspecteur et le tueur en série qui permet au réalisateur, dont c'est le 1er film, de montrer sa capacité à filmer l'action et à générer de très beaux plans de caméras. Et on se dit qu'on est face au successeur du tétanisant Memories of murder de Bong Joon-ho.

Que nenni, car le film prend une tournure comique et burlesque qui, à mon sens, nuit à la noirceur de l'histoire. Entre scènes irréalistes (notamment une course-poursuite entre voitures dignes d'un Jacky Chan) et personnages agaçants (les parents des victimes du tueur cherchant à le kidnapper et élaborant des stratagèmes qui tournent au fiasco).

Malgré tout, ce film peut aussi se voir comme une critique de la société de consommation et des médias en particulier, prompts à mettre en lumière le premier quidam venu, même si c'est un tueur en série. Cette partie du film n'est pas toujours maîtrisée, avec ces fans du tueur ou les journalistes face à une rock-star (!). Reproches que l'on pourrait d'ailleurs adresser à The Host de Bong Joon-ho. A tel point qu'une émission de télévision va réunir tous les protagonistes de l'affaire où les twists s'enchaînent de manière un peu grossière.

Le métrage est encore trop long (2 h), maladie du cinéma asiatique (un peu comme The Agent vu à l'Etrange). La fin du film et la dernière course-poursuite ne relèvent pas le niveau alors qu'on sent pourtant la qualité de son réalisateur. Dommage.

 

Note : 3+ / 6

 

1er Jour

C’est sous un soleil et une chaleur de plomb que c’est ouvert l’Etrange festival 2013, 19ème du nom, au sous-sol (climatisé !) du Forum des Images.

L’assistance, moins nombreuses que l’an dernier, a pu assister à la présentation du festival (en retard) et l’ouverture par les deux invitées de cette année : Caroline Munro (Maniac, Starcrash, Sinbad...) et Martine Beswick (El Chuncho, Dr Jeckill et sister Hyde...).

Autre présentation rapide, l’acteur du film d’ouverture, The AgentSeung-beom Ryu. Cette année encore la programmation est chargée et constitue l’apéritif pour l’année prochaine, les 20 ans de la manifestation.

Au menu, une compétition "Nouveau genre", dont le vainqueur se verra diffuser sur Canal + Cinéma. Des cartes blanches à Albert Dupontel, Jello Biafra et Stephen Sayadian.

Et toujours les sections "retours de flammes" avec ses films oubliés et "Les pépites de l’Etrange" et ses incunables.

 

Comme toujours, le Festival commence par un court-métrage avant le film d’ouverture. Il s’agissait de A pretty funny story du canadien Evan Morgan.

Petit film très drôle où le voisin d’un couple s’introduit chez eux, implante des micros dans leurs oreilles et surtout, insère une bombe dans la tête de leur fils.

Tout ça, parce qu’ils ont surpris le voisin, derrière sa fenêtre, en train de faire une danse ridicule. Bien dialogué, le court-métrage vogue entre rires et horreur mais, c’est l’humour qui l’emporte dans un final très "Scannerien"...

 

 

Le film d'ouverture du festival fut le film coréen de Seung-Wang Ryoo The Agent (aka The Berlin files). Sombre histoire d’agents doubles en mission à Berlin. Après une scène d’action qui plante le décor, le métrage évolue vers le film d’espionnage entre faux-semblants et services secrets israéliens, agents russes, turcs ou coréens. La pierre angulaire de l’ensemble étant la relation entre les deux Corée. Le film prend le contre-point historique de la mort de Kim Jong il, de sa succession et de la recherche d’un compte secret de 4 milliards de dollars. Ces investigations génèrent des suspicions et on se demande lequel des personnages est un traître infiltré. Parallèlement à ce type de film assez balisé (pose de micros, splitscreen...), le film est ponctué de grosses scènes d’action à couper le souffler comme le cinéma asiatique à l’habitude de tourner. Les courses poursuites s’enchaînent dans un Berlin qui sert de terrains de jeux à tous les espions de la planète ! Les coups font mal, la violence n’est pas feinte. En revanche, les effets spéciaux ne sont pas de très bonne qualité... puisqu’ils se voient... Le climax est un véritable affrontement dantesque dans une maison au milieu de nulle part, entourée de champs de blés. Le scénario permet ainsi de rassembler tous les acteurs et de finir comme un western que n’aurait pas renié Sam Peckinpah. Même si certains moments sont un peu bigger than life, notamment sur la fin, le film, un peu long au début, déploie ses qualités avec fureur.

 

Note : 4 / 6

 

A Little bit zombie - Comédie – 2012 – Canada – Casey walker

 

Ce petit fil de zombies n'a pas dû coûter très cher et cela se voit à l'écran. Pochade zombiesque comme on peut en voir tant. A little bit zombie n'apporte pas grand chose au genre. Sur le mode de l'humour (plutôt gras), on suit donc un futur marié qui, piqué par un moustique, se transforme progressivement en zombie. Forcément, cette transformation va susciter des gags. Il ne veut plus de la nourriture classique et rêve de cerveaux. Ce projet ressemble sur la forme au Dead heads, déjà diffusé à l'Etrange festival. Hormis une scène très drôle avec un lapin, le reste du métrage ne décolle jamais du fait d'une interprétation et d'une mise en scène parfois à la limite de l'amateurisme.

 

Note : 3-/6

 

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