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PIFFF 2013

 

PALMARES DU PIFFF 2013

 

Oeil d'or pour la compétition longs métrages internationaux attribué par les votes du public : Tcheap Thrills- E.L. Katz (Etats-Unis – 2013)

 

Prix Ciné+ Frisson du meilleur film : L'Etrange couleur des larmes de ton corps - Helene Cattet & Bruno Forzani (France / Belgique - 2013)

 

 

 

Du 19 au 24 Novembre 2013, 3ème édition du Paris International Fantastic Film Festival.

 

La programmation est en ligne http://www.pifff.fr/

 

 

 Liste des films chroniqués :

 

LES SORCIERES DE ZUGARRAMURDI – 2013 - Espagne – Alex de la Iglesia

LOVE ETERNAL – 2013 – Irlande/Luxembourg/P-B/Japon – Brendan Muldowney

THE BATTERY – 2012 – USA – Jeremy Gardner

BIZANTIUM – 2013 – UK/USA/Irlande – Neil Jordan

ANIMALS – 2012 – Espagne – Marçal Forés

OPERATION DIABOLIQUE (SECONDS) – 1966 – USA – John Franckenheimer

ALL CHEERLEADERS DIE – 2013 – USA – Lucky McKeey & Chris Sivertson

ODD THOMAS – 2013 – USA – Stephen Sommers

 

SOIREE D'OUVERTURE

 

Le festival s'ouvre enfin après un an d'attente avec les présentations traditionnelles des organisateurs. En guise d'amuse-bouche, nous avons le plaisir la bande-annonce plutôt déchirante et électrisante de The Raid 2 de Gareth Evans, la suite de la bombe The Raid.

Le court-métrage d'ouverture est un manga intitulé Kick-Heart réalisé par le japonais Masaaki Yuasa. L'histoire délirante d'un catcheur sado-maso et d'une nonne catcheuse. Un concentré de folie et de rigolade.

 

Film d'ouverture : En présence du réalisateur

 

LES SORCIERES DE ZUGARRAMURDI – 2013 - Espagne – Alex de la Iglesia

 

Aimer les films d’Alex de la Iglesia à la filmographie débridée (Action Mutante, Le jour de la bête, 800 balles, Le crime farpait, Ballada triste...) c’est accepté de voguer avec lui dans le foutraque complet.

Après un braquage, des fugitifs s’enfuient à bord d’un taxi en direction de la France. Malheureusement pour eux, ils traversent le village basque de Zugarramurdi, peuplé de sorcières énervées...

La scène d’ouverture du film est certainement la plus réussie de l’ensemble avec ce hold-up réalisé par une troupe de bras cassés déguisés en personnages divers et variés (le Christ, un soldat vert, Bob l’éponge...). Bien rythmé et très drôle (il faut voir Bob l’éponge et Minnie se faire flinguer par la police) elle donne le ton du film, une comédie fantastique avec un humour au second degrés cher au réalisateur.

La construction du film ressemble d’ailleurs beaucoup à une autre production espagnole récente Game of the werewolf de Juan Martinez Moreno. En effet, dans les deux films, les protagonistes se retrouvent aux prises avec des créatures malfaisantes (loups-garous et sorcières) dans un village perdu avec en toile de fond un humour ravageur.

Comme Game of the werewolf, Les sorcières de Zugarramurdi s’essoufle progressivement et contient quelques longueurs du fait de dialogues un peu trop bavard et d’un scénario en roue libre qui multiplie les incohérences.

Il y a aussi du Almodovar dans ce film avec une charge sociale forte, pour ne pas dire très caricaturales, sur les relations entre les hommes et les femmes. Tout le long du film, les hommes se plaignent du comportement des femmes en se victimisant. D’un autre côtés, ces dernières ont l’air de vouloir se venger de l’influence masculine par le biais du sabbath organisé.

La deuxième partie du film se situe dans le village au milieu des sorcières qui capturent les braqueurs pour en faire leur dîner et provoquer la venue de leur déesse-mère. C’est à ce moment-là que le film patine pas mal avec des scènes pas toujours abouties, notamment lors de l’évasion et de la poursuite générale. Jusqu’à un final digne d’un remake de Wicker man avec rites sataniques au milieu de centaines de sorcières hystériques. L’arrivée de la déesse-mère est à mi-chemin entre le bibendum de S.O.S Fantômes et d’une comédie musicale avec chants et tenues traditionnelles basques. Un grand portnawak à l’image de l’ambiance du film.

Tout ce maelstrom participe au cinéma d’Alex de la Iglesia, entre rires (le générique du début avec l'appartion de visages de femmes, dont Angela Merkel !) et gags réccurrents comme le personnage kidnappé qui est l'objet de tous les supplices.

Au final, le film remporte l’adhésion grâce à sa générosité et son humour et ce malgré des moments plus faibles, comme la fin du film par exemple.

 

Note : 4- / 6

 

 

LOVE ETERNAL – 2013 – Irlande/Luxembourg/P-B/Japon – Brendan Muldowney

 

Ermite fasciné par la mort depuis son enfance, Ian accompagne les êtres brisés jusqu'à leur suicide. Et, il les conserve jusqu'à pourrissement comme s'ils partageaient sa vie.

C'est donc le premier film en compétition et on peut dire que le festival commence doucement avec ce film tendre en poésie et macabre qui parle autant d'amour que de nécrophilie.

En effet, depuis la mort de ses parents, Ian s'est renfermé sur lui-même pendant 10 ans comme un autiste (les premières 20 minutes sont très réussies). Par la suite, le film devient plus mélancolique quand Ian décide de se suicider. Et, à ce moment-là, il va tomber sur une groupe qui passe l'arme à gauche. Il récupère une jeune fille décédée et la ramène chez lui comme si elle vivait encore. Au bout d'un moment, il ne peut plus la garder et porte ensuite son dévolu sur Tina qui connaîtra le même sort.

La rencontre avec la 3ème future "victime" est différente car Ian tombe amoureux de Naomi, elle aussi suicidaire (Pollyanna McIntosh vue dans The Woman). Le film bascule alors dans les oripeaux de la comédie romantique.

On pourrait penser le film mortifère mais il baigne dans une douceur surrannée, portée par une caméra qui accompagne les personnages dans leur turpitude sans tomber dans le pathos.

Love eternal est un beau film, simple et bien joué qui, malgré un début prometteur, a du mal à tenir la longueur et on se demande où veut en venir le réalisateur avec son personnage. On le comprend à la fin quand Ian arrive à faire son deuil dans un final un peu convenu et bon enfant.

Un film agréable donc qui, à mon sens, n'a pas vraiment vocation à figurer en compétition au PIFFF, mais plutôt à être programmé dans le cadre de l'Etrange Festival, de par les thèmes qu'il traite.

 

Note : 3+ / 6

 

 

THE BATTERY – 2012 – USA – Jeremy Gardner

 

Tourné en 2 semaines pour 6 000 $, The Battery est la très bonne surprise du festival. Le pitch est relativement simple puisqu'il conte la vie de deux anciens joueurs de baseball qui errent dans un monde post-apocalyptique où règne les zombies.

Encore un film de zombies me direz-vous ? Et bien non justement, c'est un film sur la coexistence de deux personnages diamétralement opposés. L'un (Jérémy Gardner qui a écrit le film, joue et le réalise) est un joyeux luron, barbu hirsute, ventripotent, adepte du bon mot. L'autre (Adam Cronheim) est plus réservé, casque sur les oreilles, il se réfugie dans la musique comme s’il voulait éviter de se confronter à la macabre réalité. D'ailleurs, c'est un de leurs points de divergences. Gardner tue les infectés alors que son compagnon d'infortune n'a jamais pu le faire.

Porté par une bande son extraordinaire, le film fonctionne à merveille grâce à la fusion des deux protagonistes. Leur amitié est réelle et transparaît lors de longs plans séquences où la caméra parcourt la campagne dévastée. De plus, le film est très drôle, les dialogues sont dignes des meilleures comédies américaines et certaines scènes sont particulièrement réussies (comme celle de la masturbation dans la voiture).

The Battery est aussi un film touchant, né de l'empathie créée par les personnages, renforcé par la beauté des images, qui possèdent un côté solaire. Malgré le budget, les effets de maquillage sont à la hauteur lors des quelques affrontements. Mais, la réussite de l'ensemble tient en grande partie à la prestation de Jérémy Gardner à l'humour ravageur, qui ressemble physiquement à Joaquim Phoenix dans I'm still here. Une véritable découverte pour ce premier film et un réel coup de cœur.

 

La vidéo de la présentation de Jérémy Gardner est à mourir de rire. Elle est sur le facebook du site du PIFFF.

 

Note : 5 / 6

 

 

BIZANTIUM (hors compétition) – 2013 – UK/USA/Irlande – Neil Jordan

 

Neil Jordan est un vieux routier qui a trempé ses guêtres dans le genre de manière marquante notamment avec le merveilleux La compagnie des loups ou le vampiresque Entretien avec un vampire. Il revient donc aujourd’hui au genre avec un film de vampires au petit budget et sans de réelles têtes d’affiches.

Pour autant, le réalisateur nous livre ici une œuvre solide et empreinte de réminiscence d’un cinéma à l’ancienne, qui prend son temps pour présenter ses personnages et ne passe pas tout son budget en CGI.

Dans une petite ville côtière, deux sœurs vampires s’installent dans un hôtel désaffecté en essayant de passer inaperçues. C’est un peu compliqué lorsque la plus jeune (Saoirse Ronan déjà vue dans Lovely Bones et le pas bon Les âmes vagabondes) s’éprend d’un souffreteux, Caleb Landry Jones, vu précédemment dans un rôle similaire dans Antiviral du fils Cronenberg.

L’histoire est construite en deux segments, à la fois dans le moment présent et en flashbacks réguliers qui expliquent comment elles sont devenues vampires 200 ans plus tôt, et quel est leur véritable lien. Cette partie est d’ailleurs la plus réussie, la plus épique. Les meilleures scènes sont sans doute la façon dont est présentée la métamorphose en créature de la nuit immortelle. Les candidats au vampirisme s’introduisent à l’intérieur d’une grotte dans une île perdue au bas d’un mur rocheux recouvert de plusieurs torrents se déversant dans la mer. Une vision à la fois onirique et merveilleuse du passage de l’humanité à celui de non-morts, avec la transformation de l’eau en sang. Une vision poétique et gracieuse qui renouvelle le genre.

Bizantium est donc réussi notamment grâce à l’interprétation des deux personnages féminins dont la volcanique Gemma Arterton (Tamara Drewe) et ne part pas dans un délire goresque mais reste attaché à une certaine forme de réalisme bienvenu.

 

Note : 5 / 6

 

 

ANIMALS – 2012 – Espagne – Marçal Forés

 

Un jeune garçon lunaire partage ses états d'âme avec un ours en peluche doué de parole. Son quotidien va basculer avec l'arrivée dans son école d'un élève mystérieux.

Attention, ce film n'est pas la réponse espagnole au déjanté Ted. Ce Animals est complètement hors normes dans sa construction comme dans les thèmes qu'il développe. Néanmoins, le film a du mal à convaincre car il ne va jamais au bout de ses intentions.

Après un début plutôt accrocheur, le cinéaste se complaît volontairement dans l'étrangeté et ne fait qu'esquisser ce qui aurait pu être un grand film. Beaucoup de thèmes sont abordés (l'adolescence, l'homosexualité, le passage à l'âge adulte) avec comme point d'ancrage cet ourson que seul le héros peut voir. Véritable doudou, il l'utilise comme confident et le relie à son enfance disparu, entre un frère policier qui fait tout pour se débarasser de la peluche et son amie qui aimerait aller plus loin.

Il y a des bonnes idées dans le film comme le fait que l'ours parle anglais comme certains personnages. Un parti pris réussi comme l'a expliqué le réalisateur présent pour introduire son film et pour répondre à des questions en fin de projection.

Bien réalisé, accompagné d'images lêchées, Animals est difficile à mettre dans une cage, entre teen-movie sur un campus américain (on pense à Elephant à la fin du film) et film fantastique (un petit côté la série Les Revenants). Au final, on se demande où veut en venir Marçal Forés dont le film manque de liens et c'est un peu dommage à mon sens.

 

Note : 3- / 6

  

 

OPERATION DIABOLIQUE (SECONDS) (hors compétition) – 1966 – USA – John Franckenheimer

 

Comme dans la plupart des festivals, le PIFFF permet de revoir des classiques ou, comme ici, des films peu connus ou oubliés. Opération diabolique m’était étranger et je l’aurai encore moins associé à la carrière de John Frankenheimer (Sept jours en mai, Grand Prix, l’île du Docteur Moreau...). Et pourtant, c’est un grand film, complètement anachronique dans son propos et dans sa mise en scène.

Le film conte l’histoire d’un banquier quinquagénaire à qui on propose de disparaître et de changer de vie du jour au lendemain. Cette proposition est d’autant plus étrange qu’elle émane d’un ami qu’il croyait mort. Véritable film sur la paranoïa, Seconds (dont le titre peut s’entendre comme une deuxième chance) fait partie de ces productions de cette époque qui traitent de cette atmosphère de complot cher aux conspirationnistes de tous bords et notamment américains. Je pense par exemple au superbe Parallax View d’Allan J. Pakula.

Tourné dans un magnifique noir et blanc, le réalisateur convoque plusieurs genres à l’instar du film noir, d’espionnage ou de science-fiction (Les yeux sans visage de Franju). Dès le très beau générique, on sent que le film est en avance sur son temps. La 1ère scène suit un homme à hauteur d’épaule, ce qui renforce d’autant plus la paranoïa. Chaque plan, chaque situation, semble ciselé au milieu de ce climat étrange qui se développe au fur et à mesure. Et on se dit que beaucoup de réalisateurs ont puisé leur inspiration dans cette œuvre (lors de la présentation en ouverture, il a été mentionné le rapport avec The Game de David Fincher. On pourrait aussi évoquer Brazil de Terry Gilliam).

A partir du moment où le banquier (Rock Hudson dans une performance d’acteur extraordinaire à la limite de la folie) change de vie et de visage, il bascule dans un monde nouveau, une vie aux antipodes de la sienne (il devient peintre et côtoie la jet-set). Pourtant, il a du mal à s’habituer aux coutumes locales et à certaines libations (notamment la fête païenne qui ressemble à une incantation satanique où les corps nus s’enlacent dans un tonneau géant rempli de raisins. Une très grande scène). Ce moment-là de sa vie m’a aussi fait penser à la série The prisonner. Dans la dernière partie du film, Rock Hudson veut tout arrêter et retourner à sa vie d’antan. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes.

Baigné dans un climat particulier, entre film noir et d’anticipation, Opération diabolique est un grand moment de cinéma porté par un scénario original et palpitant, et transcendé par une mise en scène novatrice. Métrage singulier pour son époque de par son propos (il pose la question de l’identité) le film s’inscrit définitivement au rang des plus grands classique du genre. A voir.

 

Note : 5 / 6

 

 

ALL CHEERLEADERS DIE – 2013 – USA – Lucky McKeey & Chris Sivertson

 

Dire que le film de Lucky McKee (May, The Woman) et Chris Sivertson (I know who killed me) était attendu est un euphémisme au vu de l’ambiance qui régnait dans une salle bourrée jusqu’à la gueule (des places ont été refusées à l’entrée). Pourtant, c’est la déception qui prime au final.

Après un court-métrage de qualité, le film débute comme un teen-movie classique sur un campus américain avec cheerleaders sexy et footballeurs avinés attirés par ces dernières. Pour se venger de la mort d’une de ses amis, une jeune fille intègre le groupe de cheerleaders. Malheureusement, elles vont mourir dans un accident de la route provoqué par les membres de l’équipe de foot. Heureusement (!), elles seront ressuscitées par la gothique du groupe grâce à des pierres magiques.

Autant prévenir tout de suite, on est plus dans la série Charmed que dans un épisode des contes de la cryptes. Ici, rien n’est subversif, ni sexy, ni gore. Voulant soi-disant voler au-dessus des poncifs, les réalisateurs s’y complaisent largement et offrent un spectacle digne d’une production amateur avec des effets spéciaux style années 80 et une histoire aussi plate que la poitrine des actrices (Ah non finalement !).

Pourtant, le film n’est pas désagréable à suivre, réalisé correctement mais sans génie, avec quelques situations qui font esquisser un sourire. Mais ça n’a rien d’un brûlot contestataire ou violent. Les scènes s’enchaînent sans grand intérêt (les cheerleaders qui s’apparentent plus à des vampires qu’à des morts-vivants, déciment les méchants footballers) et on attend toujours qu’il se passe quelque chose d’un peu outrancier jusqu’à l’ennui que ne vient pas relever une fin très Z annonçant une suite...

 

Note : 3- / 6

 

 

ODD THOMAS – 2013 – USA – Stephen Sommers

 

Réalisé par le vieux routier Stephen Sommers (La Momie, Van Helsing...), Odd Thomas est une adaptation de Dean Koontz. On peut penser que la version écrite est sûrement plus sombre que ce film très tourné vers le fantastique mainstream et adolescent.

Le jeune homme du film a la capacité de voir les morts qui peuvent le conduire auprès de leur meurtrier, tout comme des entités translucides qu’il est le seul à apercevoir.

Le film est porté par la voix-off du héros qui se ballade dans sa ville entre sa petite-amie et la police qu’il aide dans la traque des tueurs (Willem Dafoe en guest star).

Le film se laisse suivre avec sympathie même s’il reste convenu dans sa narration et s’appuie un peu trop sur une pléthore d’effets spéciaux, certes réussis (les créatures font penser aux apparitions dans Fantômes contre Fantômes).

A la limite de la parodie (le personnage de Willem Dafoe est toujours dérangé en pleine action conjugale), Odd Thomas emprunte les couloirs balisés d’une histoire fantastique un peu tiré par les cheveux qui peine à nous convaincre malgré l’énergie des acteurs et un scénario qui tend des ficelles trop grosses pour être vraisemblables. La fin du film se tend et parvient à avoir une résonance avec l’actualité lorsque des personnages armés pénètrent un centre commercial pour tirer sur les passants (sont pas très doués au tir d’ailleurs).

Stephen Sommers emballe donc son métrage sans transcender son matériau, faute d’un budget suffisamment important (27 M de $) et d’un script pas assez adulte, notamment dans les dernières scènes sirupeuses qui n’en finissent pour faire pleurer le spectateur façon Ghost.

 

Note : 3 / 6

 

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