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12e jour à l'Etrange festival

 

Dernière journée à l'Etrange festival avec deux films au programme. Le premier film du réalisateur finlandais Teemu Nikki Euthanizer et le choc Une prière avant l'aube de Jean-Stéphane Sauvaire sur le milieu carcéral en Thaïlande.

 

 

EUTHANIZER – Assassin d'animaux – Finlande - 2017 – Teemu Nikki

 

En compétition

 

Pitch : Mécanicien, Veijo Haukka arrondit ses fins de mois en euthanasiant des animaux malades. Un jour, il décide d’épargner un chien.qu’il va recueillir.

 

Après quelques courts-métrages et des publicités, le réalisateur Teemu Nikki s'est surtout fait connaître avec la comédie romantique Lovemilla. Dans Euthanizer, on suit la vie d'un certain Veijo (Matti Onnismaa, Les lumières du faubourg) qui euthanasie des animaux soit avec un pistolet à bout portant (avant d'enterrer la bête), soit en les asphyxiant par un système de tuyaux d'échappement directement renvoyés dans l'habitacle. Une solution toute aussi radicale comme la subit un chat emmenée par sa maîtresse pour être éliminé. On est surpris par les méthodes employées et le sort des animaux et difficile de s'identifier ou de trouver une quelque conque indulgence.

Pourtant, Veijo est plutôt un brave homme malgré ses tueries. On s'aperçoit qu'il soulage les animaux, au son d'une musique ancienne, lorsqu'ils sont malades ou blessés et, dans le même temps, est capable de frapper un homme traitant mal son animal de compagnie. Un paradoxe entretenu par la situation de son père mourant sur un lit d'hôpital qu'il semble vouloir faire payer de ses actions passées. La situation évoluée néanmoins quand il décide d'épargner et de garder un chien ainsi que la relation qu'il entame avec l'infirmière de son père Lotta (Hannamaija Nikander).

La jeune femme paraît complètement fascinée par ces actes d'euthanasie au point de tomber amoureuse de Veijo et de lui sauter dessus. Parallèlement à ces séquences, on suit les atermoiements d'une bande de néo-nazis finlandais pas très finauds et vivant en communauté dans un garage. A ces moments-là, Euthanizer renvoie aux thriller scandinaves fleurissant sur les écrans ces dernières années. Avec une sorte de naturalité, Teemu Nikki construit un film âpre et assez froid où l'humanité n'est pas présentée sous son plus beau jour, notamment leur rapport aux animaux.

Si le film n'est pas toujours facile d'accès et part un peu dans tous les sens, la dernière bobine passe la vitesse supérieure avec la réunion de tous les personnes pour un dernier acte plus violents où notre ami des animaux, malgré ses actes, se venge avec une certaine froideur (à l'image des exécutions d'animaux) des exactions commises à son encontre ou aux animaux. En l'occurrence, les défenseurs des petites bestioles auront peut-être du mal à résister au départ mais comprendront vite les intentions du bonhomme.

 

3,5/6

 

 

UNE PRIERE AVANT L'AUBE – Midnight thaïlande – France/UK - 2017 – Jean-Stéphane Sauvaire

 

Pitch : L’histoire vraie de Billy Moore, jeune boxeur anglais incarcéré dans une prison en Thaïlande pour détention de drogue. Dans cet enfer, il est rapidement confronté à la violence des gangs et n’a plus que deux choix : mourir ou survivre. Lorsque l’administration pénitentiaire l'autorise à participer à des tournois de Muay-Thai, Billy donne tout ce qui lui reste.

 

 

Jean-Stéphane Sauvaire s'était fait connaître en 2008 avec Johnny Mad Dog sur les enfants soldats en Afrique. Avec Une prière avant l'aube, il adapte un roman biographique de William Moore sur sa vie dans une prison thaïlandaise. On sait depuis très longtemps que le film de prison est un style à part entière comptant déjà des fleurons du genre comme Midnight express d'Alan Parker en 2008. Pourtant, avec ce long-métrage, le réalisateur ajoute une pierre à l'édifice en nous conviant à une véritable descente aux enfers lorsque Billy entre dans une prison thaïlandaise pour trafic de drogue.

Porté par une caméra à l'épaule au plus près des hommes, Une prière avant l'aube s'avère âpre, tendu et tragique lorsqu'il décrit les violences exercées à la fois par les gardiens et les détenus entre eux. Joe Cole (Green room, la série Peaky Blinders) porte le film sur ses épaules volumineuses dans le rôle de ce jeune boxeur anglais mû surtout par ses instincts primaires et par l'héroïne qu'il fume pour se donner encore plus de courage et de rage. Il ne se doute pas de qu'il attend en pénétrant cette antichambre de l'horreur, véritable enfer sur terre où les hommes sont entassés par dizaines dans une seule pièce. Parce qu'il a une humeur volcanique, il finit enchaîné avec les détenus les plus durs, le corps tatoué comme des membres de gang d'un barrio latino.

Des hommes faisant régner la loi du plus fort, en pratiquant le trafic de cigarettes en guise de monnaie d'échange, en violant les plus faibles (sous les yeux hagards de Billy qu'on oblige à suivre la scène) et en continuant à se droguer avec la complicité des gardiens. Même si le jeune homme est un combattant dur au mal, ces épreuves successives s'apparentent à un calvaire où chaque jour peut être la fin du voyage. Totalement immersif, la caméra suit les personnages, pour la plupart des comédiens amateurs, les collant à tel point que le spectateur a le sentiment de se retrouver à la place des prisonniers dans la moiteur de la Thaïlande pour un voyage qui semble sans retour.

Or, la rédemption vient pour Billy par la pratique de la boxe en s'entraînant avec l'équipe officielle de la prison qui organise des tournois de cet art martial thaïlandais avec les autres maisons d'incarcération. Là encore, la caméra est au plus près des boxeurs avec des coups vraiment portés, quelquefois au détriment de la vision trop floue montrant aussi la dureté et la folie de la situation. A ce moment-là, Une prière avant l'aube prend des allures de film de boxe dans un milieu carcéral. Progressivement, Billy se fait accepter en gagnant le respect des autres détenus et en canalisant son énergie de chien fou. Mieux, il s'accoquine avec une "Ladyboy", une des transsexuelles qui officie dans la prison pour distribuer le ravitaillement et divertir les détenus, les seuls moments de répit et de tendresse dans ce monde clos.

Au final, le film est un véritable coup de poing dans la face du spectateur avec cette descente en eaux troubles dans un milieu carcéral thaïlandais connu pour son extrême dureté. Une prière avant l'aube est un grand film à la fois beau et tragique qui, sans fioriture ni esthétisation des scènes, traduit une réalité sordide encore plus déroutante quand on connaît sa véracité. Le film dégage ainsi une puissance émotionnelle immense. L'apparition du vrai William Moore à la fin du film est magnifique de simplicité et de beauté. A découvrir de toute urgence.

 

5/6

 

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