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1er jour : Cérémonie d'ouverture à l'Etrange festival

 

C'est sous une bonne chambrée (une salle quasiment pleine) que s'est ouvert cette 23e édition de l'Etrange festival. Avec plus de 130 projections, la manifestation parisienne à l'éclectisme revendiqué se présente encore sous les meilleurs auspices pour une dizaine de jours à bouffer du cinéma et des sandwichs. Le bonheur quoi.

 

Après les traditionnels remerciements et présentations du directeur de l'Etrange festival Frédéric Temps et du représentant du Forum des images, la pré-ouverture a eu l'honneur d'accueillir toute l'équipe du film d'animation La mort père et fils réalisé par Vincent Paronnaud (alias Winshluss) et Denis Walgenwitz. 12 minutes de poésie que n'aurait pas renié Tim Burton avec le fils de la mort cherchant à se transformer en ange gardien pour sauver l'humanité. Grâce à une animation à la fois en 3D et en stop-motion, ce court-métrage est un petit bijou d'écriture et de mise en image.

MAYHEM – Virus batailleur – USA – 2017 – Joe lynch

 

Pitch : Un cabinet d’avocat est mis en quarantaine, ce qui empêche toute sortie des employés… ainsi que des fraîchement licenciés, tel le jeune Derek. Les militaires entourent le bâtiment, tandis que certains collègues semblent pris d’une folie meurtrière…

 

Le film commence par une voix-off très didactique pour planter le décor. L'humanité est prise d'assaut par un virus rendant les gens complètement dingues et les poussant à dépasser toutes leurs inhibitions sans aucune frontière provoquant des scènes de violence et de sexe instinctifs. Le scénario suit le destin d'un grand cabinet d'avocats avec comme ligne directrice Derek interprété par Steven Yeun bien connu des amateurs de la série The walking dead pour son rôle de Glenn. Sur un ton assez décalé et une réalisation très vive (pour ne pas dire sur découpée), Joe Lynch essaie de donner un rythme de comédie acide à ce petit monde d'avocats plus pourris les uns que les autres et adeptes d'un cynisme exacerbé pour arriver à leurs fins.

Le nom de Joe Lynch ne nous est pas inconnu puisqu'on le retrouve notamment à la tête de la suite de la franchise Wrong turn avec Détour mortel 2 ou du plus récent Everly avec une Salma Hayek en guerrière énervée. Un CV plutôt sympathique mais limité à des thématiques et à un cinéma se restreignant de plus en plus aux lieux clos. Ainsi, la tour abritant les employés est mise sous quarantaine par les autorités car le virus s'est insinué progressivement à chaque employé (un œil rouge trahissant la contamination). Bloqués à l'intérieur, les hommes et les femmes sont livrés à eux-même comme dans une fête qui dégénère.

Un postulat de départ relativement simple que Lynch a du mal à sublimer sur la durée règlementaire. Après une exposition des personnages très bavarde comme dans une série comique sur des avocats, Mayhem se transforme en film d'action décérébré en suivant Derek ayant décidé de remonter toute la tour pour accéder au chef suprême qui l'a viré avec pertes et fracas. Une idée de jeu vidéo avec des épreuves avant d'arriver à chaque niveau avec un combat contre un Boss (le même principe qu'Everly). On pense surtout à High rise de Ben Wheatley qui, malgré quelques longueurs, parvenait à avoir une réflexion sur l'enfermement et les rivalités humaines autrement plus intelligente dans sa conception.

Mayhem s'avère largement plus basique et tourné vers la gaudriole avec pour toile de fond la destruction du monde capitaliste dans ce brûlot n'étant finalement qu'un feu de paille. Si le début du film n'est pas trop mal construit, Lynch décide de tout exploser en faisant de Derek un vengeur à l’œil couleur sang en utilisant tous les moyens (marteau, ciseau ou extincteur). Il est aidé dans sa quête par Melanie (Samara Weaving, vue dans la série Ash vs Evil dead) avec l'objectif de récupérer des cartes d'accès et remonter tous les niveaux de la tour. Autour d'eux, le chaos règne comme si on était dans un 4e épisode de The purge tandis que notre couple de circonstance s'invective et affrontent les employés revenus à un état primaire de folie, un peu comme dans The crazies.

Si le film est ponctué de "fuck" à la fin de chaque phrase et d'une violence démonstrative, il s'avère faussement méchant limitant ses effets gores et son outrance, oscillant entre le film de "petit malin" et le pamphlet contre la société de consommation et se servant d'un virus pour révéler la vraie nature de l'humanité. A trop jour sur les terres du second degrés, les personnages manquent d'empathie (malgré un très bon Steven Yeun) et le film déclenche à peine quelques sourires complices pour certaines scènes de combats entre les employés. C'est assez peu au final pour ce film pas vraiment finaud pouvant contenter ceux venus là pour des bastons entre cols blancs.

 

3/6

 

MON MON MON MONSTERS ! – Créature hybride – Taïwan – 2017 – Giddens Ko

Pitch : Lin, un jeune lycéen, est régulièrement humilié par Ren-Ho et sa bande. Quand Lin est accusé à tort d’un vol, il se retrouve en retenue avec ses tortionnaires. Peu à peu intronisé par la bande, il va découvrir une créature mystérieuse...

 

Mon mon mon monsters ! est le deuxième film de Giddens Ko après You are the apple of my eye. Scénariste, il avait aussi écrit la comédie noire The tenant downstairs de Adam Tsuei ici producteur. A tous les deux, le cocktail cinématographique ne sera pas de tout repos pour un film mélangeant les genres avec plus ou moins de bonheur. Alors que le long-métrage débute comme un film de monstres voyant deux créatures boulotter un sans domicile fixe, on pense sans interlude dans un collège où Lin (Yu-Kai Teng), tête de turc d'une bande de lycéens, est victime de quolibets et d'humiliations régulières sous les yeux compatissants et sans réaction d'une professeur bouddhiste invétéré.

Présentant un monde interlope et dévasté par la pauvreté, Giddens Ko construit un film bien étrange aux accents horrifiques contrebalancés par un humour de manga lorgnant du côté du Collège fou, fou, fou et de la série des Crows zero. Difficile de s'y retrouver au milieu de cette histoire complètement folle à partir du moment où le gang de bras cassés mené par Ren-Ho (Kent Tsai) découvre une créature hybride entre le vampire et le zombie bouffeuse d'humains. Une ancienne petite fille que nos rigolos vont enfermer dans une cave pour la torturer (elle ne supporte pas la lumière) sans trop savoir quoi en faire.

Il règne en fait une drôle d'atmosphère dans ce film où la perversion est une norme. De victime, Lin passe à bourreau en se faisant introniser par ses nouveaux amis et participe la nuit aux différentes exactions du groupe. Contre de la nourriture, des vieillards abandonnés sont humiliés et utilisés pour des jeux stupides dans une ambiance entre rire et malaise sans que le spectateur ne puisse savoir sur quel pied danser. Car les attaques et les jeux pervers sont particulièrement agressifs mais ponctués par un humour à la fois salutaire et régressifs à coups de pets intempestifs. Il en est de même pour ces personnages complètement débiles avec lesquels on a bien du mal à compatir au contraire de ces créatures sanguinaires s’avérant bien plus "humaines" que leurs ex-congénères.

Ce mélange des genres trouve son apogée sur la fin quand la sœur de la créature prisonnière tente de la retrouver. Elle parcourt la ville en commettant carnage sur carnage notamment dans une des meilleurs scènes du film dans un bus scolaire. Mon mon mon monsters ! Est ainsi complètement déroutant car il passe de séquences plutôt bien shootées à la comédie réussie par instants, à un humour lourdingue jusqu'à des scènes de torture où le spectateur se retrouve complice de situations humiliantes sans contre point. Comme dans pas mal de productions asiatiques, les séquences de comédie alternent avec une horreur visuelle confinant à la compassion à l'image de la fin du film sans que l'on sache vraiment où le réalisateur veut en venir.

 

3/6

 

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