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7e jour à l'Etrange festival

 

La semaine se poursuit assez mollement en ce mardi venteux avec l'Hongro-allemand aux élans fantastiques La lune de Jupiter de Kornél Mundruczó et le délirant film d'horreur de l'anglais Dominic Brunt avec Attack of the adult babies.

 

LA LUNE DE JUPITER – Homme volant – Hongrie/Allemagne – 2017 – Kornél Mundruczó

 

En compétition

 

Pitch : Alors qu’il traverse la frontière avec d’autres clandestins, Aryan, un jeune Syrien, se fait tirer dessus. Il entre alors en lévitation et survit, ce qui attire la curiosité d’un médecin désabusé, bien décidé à tirer profit de ce phénomène…

 

On se souvient que Kornél Mundruczó nous avait ébloui avec White god et ses chiens vengeurs. Changement de registre avec La lune de jupiter même si le film possède une résonance politique encore plus forte avec l'actualité européenne. En effet, la première séquence montre l'arrivée de dizaines de migrants sur les rives hongroises en provenance de la Serbie. Un accueil plutôt froid par des policiers ne se gênant pas pour tirer dans le tas tandis que ces naufragés migratoires fuient à toutes jambes vers un avenir incertain.

Au plus près de ces hommes et femmes terrorisés, cette première scène est impressionnante visuellement et permet surtout de découvrir Aryan (Zsombor Jéger) qui reçoit trois balles et dont le corps commence à flotter dans les airs. Pourtant, le jeune homme séparé de son père survit et ne se ressent pas de la fusillade. Secouru par le Docteur Stern (Merab Ninidze), il découvre ses capacités de lévitation et décide de l'utiliser pour faire de l'argent. Il faut dire que ce brave homme est coutumier de corruption pour faire passer les contrôles en douce à certains clandestins. Aryan est alors utilisé comme un animal de foire et comparé à un ange faisant des miracles. Apparemment, certaines personnes sont prêtes à payer beaucoup d'argent pour ça.

Kornél Mundruczó décrit une Hongrie empreint de corruption avec des policiers aux méthodes brutales dans laquelle Aryan constituerait la rédemption christique d'un pays face à l'afflux de réfugiés. On ne saura jamais pourquoi il possède cette particularité, ce dont le scénario ne sait pas non plus comment l'utiliser. En effet, au-delà de la dénonciation d'une situation politique et sanitaire, La lune de jupiter s'apparente à un fourre-tout entre politique, terrorisme lié aux étrangers et charge contre les croyances en un être suprême. A l'image de ses personnages perdus et sans perspective, le réalisateur ne fait rien de son sujet et peine à trouver des enjeux forts qui auraient pu transcender le concept initial.

Certes, Kornél Mundruczó sait filmer et certaines séquences sont spectaculaires à l'instar de l'envoi d'Aryan dans un appartement se mettant à tourner sur lui-même ou de la course poursuite en voiture dans les rues de Budapest. Tout ça pour ça... car on se demande bien qu'il est l'enjeu de ce film dépourvu de toute ligne directrice, à la fois film policier pour retrouver Aryan, devenu suspect d'un attentat dans le métro, et long-métrage politique pour dénoncer la situation des étrangers en Europe. D'une durée de deux heures, La lune de jupiter s'étire en longueur et hésite entre fable fantastique et brûlot politique préférant privilégier l'esthétique à l'écriture de fond de son sujet.

 

3/6

 

 

ATTACK OF THE ADULT BABIES – Vieux bébés – UK – 2017 – Dominic Brunt

 

En compétition et en présence de l'actrice Joanne Mitchell

 

Pitch : Dans un manoir isolé, des sexagénaires se réunissent le temps d’un séjour pour assouvir leur curieux fantasme régressif : être dorlotés et traités comme des nourrissons par une armada de nurses spécialement entraînées pour l’occasion. Mais voilà que débarquent des cambrioleurs...

 

Connu de l'autre côté de la Manche pour son travail sur le petit écran, Dominic Brunt réalise un film au pitch totalement déjanté proche d'un humour britannique qui aurait trop traîné avec John Waters. Attack of the adult babies (rien que le titre donne le ton) est une grosse comédie potache (et qui tâche dans tous les sens du terme) sur des grands dirigeants d'entreprises et des députés qui, revêtu de couches culottes, retombent en enfance à l'état de bébé sous la surveillance de jeunes nurses accortes et sexy engagées pour l'occasion. Résumé comme ça, c'est très con et le film l'est aussi au final.

Après une première scène plutôt amusante d'un jeu en famille, deux cambrioleurs débarquent et obligent la mère et ses enfants à aller récupérer des documents dans le manoir où résident les “adult babies” sinon le père sera tué. Une situation de thriller désamorcée par un humour et des scènes de comédie avec ces deux bras cassés en guise de truands. C'est après que les choses se compliquent car l'ensemble est loin d'être maîtrisé à l'image d'une photographie dégueulasse et d'un humour se délitant petit à petit. Les sourires du début font alors place à la consternation du fait d'un scénario faussement déviant et surtout très paresseux. On s'ennuie ferme entre les changements de couche remplis de merde et le cabotinage notamment de la nurse en chef et de son adjointe devenant insupportables sur la longueur.

Le scénario avance très lentement et se perd entre les discussions et des séquences d'humour pas très réussies. Pour compenser le tout, Attack of the adult babies fait dans le gore outrancier avec des corps violentés, tranchés à la tronçonneuse et des bides explosés faisant apparaître les tuyaux intérieurs comme dans une série Z d'horreur sans moyens. Ce qu'est finalement ce film, un gros délire gore dont le concept se résume à des vieux s'habillant en nourrissons. Pire, leurs nez se transforme en groins parce qu'il y a une sombre histoire de cochons et de filière ancestrale, apportant un semblant de fantastique frelaté.

 

Les dernières minutes partent dans tous les sens entre dessin-animé et film d'animation en pâte en modelé pour aboutir à une conclusion avec le “Dieu du caca” et une invasion extraterrestre (j'ai pas forcément tout compris). Du gros délire scato qui aurait pu être mieux exploité alors qu'on se retrouve avec des vieux qui chient partout dans un film ennuyeux sur une durée limitée (80 minutes). Le comble quoi.

 

1/6

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Alice In Oliver (jeudi, 14 septembre 2017 11:35)

    Mince, avec un tel intitulé, ATTACK OF THE ADULT BABIES, ça laissait inaugurer un bon vieux nanar décérébré ! En résulte un gros navet dans les règles ! Toujours bon à savoir...

  • #2

    Roggy (jeudi, 14 septembre 2017 21:44)

    Tu sais, il y en a qui ont beaucoup aimé. Les coups et les couleurs...