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4e jour à l'Etrange festival

Comme le samedi c'est permis, 4 films sont au programme à l'Etrange festival de cette journée très dense mais finalement assez décevante avec le film à sketches collectif The field guide to evil, le philippin d'action Buybust, le revenge movie féminin américain A vigilante avec Olivia Wilde, et l'étrange Amalia d'Omar Rodriguez-Lopez.

 

THE FIELD GUIDE TO EVIL

En compétition

 

Pitch : Djinn, Trud ou Al Karisi : le Mal possède plusieurs noms et formes selon les folklores de chaque pays. En voilà huit exemples...

 

Sous la houlette de Tim League et Ant Timpson, les producteurs derrière ABC of Death, cette nouvelle anthologie tourne autour de la notion du mal sous toutes ces formes et située sur le vieux continent, hormis pour une histoire nord-américaine et indienne. Sur le papier, l'intérêt est attisé. En revanche, à l'écran ces 8 courts-métrages laissent la plupart du temps circonspect pour ne pas plus méchant tant la qualité du long-métrage ainsi assemblé s'avère très médiocre alors que chaque segment a été confié à la nouvelle vague du cinéma horrifique.

Un panel mondial qui fait froid dans le dos quant à la qualité de la relève dans la mesure ou ces petits films n'apportent pas grand-chose le plus souvent voguant entre l'anecdotique comme l'ouverture des autrichiens Veronika Franz et Severin Fiala (Goodnight mommy), de l'indien Ashim Ahluwalia ou celui de l'allemande Katrin Gebbe. Le gros problème de ces films est qu'ils manquent d'écriture et se terminent souvent sans que l'on ait rien compris les enjeux et le sujet développé. L'exemple parfait est celui de la polonaise Agnieszka Smoczynska (The lure) où un homme déterre des morts et les bouffe tandis que deux succubes tournent autour de lui. Bref, difficile d'adhérer au projet car les sketches s'enchaînent sans aucune cohérence.

Si le segment du grec Yannis Veslemes est visuellement réussi avec son gobelin à grand nez que les habitants martyrisent, et celui du turc Can Evrenol (Baskin) est formellement le plus abouti avec cette histoire de djinn et de chèvre satanique, seul Peter Strickland (Berberian Sound Studio) s'en sort avec les honneurs. Le dernier segment de l'anthologie s'apparente à un conte moyenâgeux dans lequel l'auteur instille son univers sombre très particulier à l'aide de décors magnifiques et une iconographie de films muets avec cartons explicatifs entre les scènes. Pour la bonne bouche, il faut voir le plus mauvais segment pour se marrer devant le spectacle. Le film de Calvin Reeder (The rambler) est raté tant au niveau du jeu d'acteur, de la photographie vidéo et du scénario ridicule pour un résultat qui résume à lui seul la qualité de l'ensemble de ce The field guide to evil.

 

1/6

 

 

BUYBUST – Philippines – 2018 - Erik Matti

En compétition

 

Pitch : La brigade des stupéfiants accueille dans ses rangs la jeune Nina Manigan. Pour sa première mission, elle devra se rendre dans un bidonville pour démanteler un réseau narcotique.

 

Le philippin (Tik Tik: the Aswang chronicles) fait son retour avec ce polar d'action très musclé proche visuellement de The raid (Gareth Evans). Si les acteurs n'ont pas les capacités d'un Iko Uwais, force est de constater qu'ils s'en tirent plutôt bien dans ces combats au corps-à-corps privilégiant le réalisme à l'esthétisme des situations. Après une entame explicative, un commando d'élite investit un quartier populaire pour arrêter les chefs d'un trafic de drogues. Evidemment, tout ne se passe pas comme prévu et nos héros sont vite piégés dans ce dédale de maisons et de ruelles à ciel ouvert. Buybust devient ainsi un huis-clos où le groupe de flics affronte tour à tour les narcotrafiquants et les habitants des lieux bien décidés à chasser les intrus provoquant le courroux des boss locaux.

Si les policiers ne monteront pas dans une tour pour se battre comme dans The raid, le film rappelle fortement Troupe d'élite du brésilien José Padilha avec lequel il partage un scénario très basique privilégiant les scènes de baston avec en filigrane une dénonciation des politiques et de la corruption qui gangrènent les Philippines ou le Brésil. Erik Matti ne nous laisse pas respirer une seconde et enchaîne les gunfights avec frénésie. Quand les munitions s'épuisent, les protagonistes utilisent leurs poings ou des couteaux pour en découdre dans une mêlée violente et recluse à des ruelles exiguës. Si le film n'est pas très finaud (ce n'est pas ce qu'on lui demande), il balance des séquences de baston avec générosité grâce à des acteurs qui ont se sont visiblement bien entraînés, à commencer par la star des comédies romantiques Anne Curtis dans le rôle de la recrue de la brigade Nina Manigan. Une combattante volontaire accompagnée du champion de combat One FC Brandon Vera qui distribue des pains à tout-va avec sa carrure de colosse chauve.

A l'instar des héros, le film tourne rapidement en rond dans ce labyrinthe où se tasse une population pauvre subissant les exactions des gangs. Mais, on ne s'ennuie pas malgré la répétition des situations, des coups portés plus lents qu'à l'ordinaire (ce n'est pas la saga de The raid) et un bodycount d'au moins une centaine de victimes, malgré les 13 morts à la fin recensé par les autorités (!). Dans ce maelstrom de baston, on retient surtout celle avec les transsexuelles, les combats au corps-à-corps sous la pluie et le plan-séquence sur la fin où Nina affronte une tripotée d'adversaires sur les toitures des maisons. Un condensé d'action par moments illisibles et outrancier dans sa réalisation, adossé à des séquences presque drôles comme celle avec la moto. Au final, Buybust reste divertissant malgré quelques longueurs sur les plus de 2 heures de film et s'achève sur une dénonciation des politiciens entretenant le trafic de drogue à leur profit.

 

4/6

 

 

A VIGILANTE – USA – 2018 - Sarah Daggar-Nickson

Pitch : Alors qu’elle a elle-même été violentée étant plus jeune, Sadie est devenue une vengeresse, une femme qui vient au secours des personnes victimes de violences domestiques.

 

En ces temps de mise en lumière des violences faites aux femmes, il paraissait évident que le cinéma, a fortiori américain, fasse écho à ce phénomène mondial. Pour son premier long-métrage, Sarah Daggar-Nickson rend la monnaie de leur pièce aux hommes par le biais du personnage de Sadie, jeune femme battue et martyrisée par son mari jusqu'à lui casser les os et la scarifier. Cette dernière décide de se mettre au krav-maga et de se venger des mâles qui violentent leurs conjointes. Dès la première séquence, Sadie débarque chez un couple, l'oblige à déménager et donner une partie de son argent à sa femme après avoir été tabassé.

Après le nullissime Revenge de Coralie Fargeat, ce revenge movie réalisé par une femme est une nouvelle proposition de traitement d'un sujet difficile débutant comme une série B pour basculer vers le drame assez larmoyant. La réalisatrice utilise régulièrement les histoires tragiques d'un groupe de paroles auquel Sadie participe et raconte notamment son calvaire subie où son fils a perdu la vie sous les coups de son mari. On comprend alors sa volonté de se battre et ses sautes d'humeur, ses crises de larmes et les cris incessants d'une douleur ineffable.

Et dans ce rôle, Olivia Wilde (Cowboys et envahisseurs, Tron : L'héritage) est assez extraordinaire. Elle porte le film sur ses frêles épaules marquées par la folie mais endurcies à l'entraînement aux arts martiaux et à son passé de survivaliste. Sans maquillage, la comédienne semble totalement investie dans ce projet qui, s'il est totalement légitime sur le fond, passe parfois les frontières de la caricature quant à l'utilisation des témoignages des femmes battues très réalistes et des situations de violence où Sadie se venge des hommes. Sans compter la séquence du bar en plein milieu du film comme une justification nécessaire aux exactions de la jeune femme. Dommage car le sujet mérite sans doute un peu plus de subtilités et d'empathie pour un personnage traumatisé qui cherche une rédemption impossible.

Si la dernière partie reste plus convenue, on retient surtout au final la performance d'Olivia Wilde dans un rôle difficile. Elle donne littéralement de sa personne dans A vigilante avec une énergie incroyable malgré un scénario en forme de poupées russes sortant quelque peu le spectateur de l'intrigue.

 

3,5/6

 

 

AMALIA – USA – 2018 - Omar Rodriguez-Lopez

En compétition et en présence de l'équipe du film

 

Pitch : Après la mort de sa mère, Amalia apprend que son mari a eu une liaison. Mais quand celui-ci meurt mystérieusement quelques jours plus tard, la jeune veuve, obsédée par la maîtresse de son époux défunt, commence à sombrer dans une folie sanglante...

 

Annoncé par le présentateur comme une grosse claque, Amalia a déçu pas mal de festivaliers tant sur la forme du récit que par l'utilisation de gimmicks très arty pour un long-métrage inégal et confus. Omar Rodriguez-Lopez (Los chidos), ancien guitariste dans un groupe, revient à la réalisation avec ce projet qui suit le destin tragique d'Amalia (Denise Dorado) à la frontière du Mexique et des Etats-Unis après la disparition de sa mère. Progressivement, la jeune femme plonge dans la démence entre drogue, alcool et ses relations conflictuelles avec son frère, son père et la femme de son ex-conjoint décédé.

Accompagné d'un noir et blanc très sombre (notamment sur la fin), Amalia se complet en séquences d'exposition nocturnes sur la ville et la campagne alentour tandis que résonnent les incantations religieuses d'une communauté imprégnée par les phrases bibliques jusque dans les voitures écoutées en boucle à la radio. Dans ce contexte du quotidien, la vie d'Amalia semble régler en ennui et excès en tout genre, contrecarré par la découverte d'une substance visqueuse semblant contaminer les habitants du quartier. Le problème est que Rodriguez-Lopez ne fait rien de cet aspect de l'histoire, il le confine à l'apparition d'une créature monstrueuse déclamant de grands préchis-préchas sur l'existence pendant qu'Amélia et ses amis retournent à leur beuverie ou que cette dernière s’accoquine avec Tania (Jacquelin Arroyo), l'amante de son ex.

Lentement, Amélia bascule dans la folie entre schizophrénie, hallucinations visuelles et sonores. Une descente en enfer tournant au drame dans la dernière partie pour un climax assez incompréhensible bien à l'image de l'ensemble du long-métrage, au final très hermétique. Le film s'avère excessivement long (1h50) et ressasse les mêmes séquences comme s'il n'avait pas grand-chose à énoncer dans une atmosphère de science-fiction étrange à la maîtrise aléatoire. Difficile d'adhérer à ce concept malgré un début prometteur, mais plombé pour une mise en scène trop sage et un sujet jamais réellement développé.

 

2,5/6

 

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