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8e jour à l'Etrange festival

 

Bientôt la fin de l'aventure mais avant la clôture, trois nouveaux longs-métrages visionnés avec le brésilien horrifique The nightshifter de Dennison Ramalho, le film de sabre japonais Killing de Shinya Tsukamoto et la science-fiction atmosphérique américaine Perfect d'Eddie Alcazar.

 

 

THE NIGHTSHIFTER – Toujours vivant - Brésil – 2018 - Dennison Ramalho

En compétition et en présence du réalisateur

 

Pitch : Employé de nuit dans une morgue, Stênio est un homme qui possède la faculté de parler aux morts. Un jour, il apprend que sa femme le trompe et cherche un moyen de se venger. Malheureusement, il déclenche une terrible malédiction.

 

 

Après avoir coscénarisé Embodiment of evil en (2008) avec Jose Mojica Marins et avoir réalisé quelques courts-métrages, dont un segment d'ABC of death 2, Dennison Ramalho passe au long-métrage avec The nightshifter, l'histoire d'un homme qui parle avec les morts après les avoir ouverts puis recousus dans la morgue où il travaille. Un postulat original pouvant le rapprocher de fait du Fantômes contre fantômes de Peter Jackson. Il est d'autant plus dommageable que le réalisateur n'exploite pas cette faculté de communication paranormale pour autre chose qu'un film d'épouvante finalement lambda.

Et pourtant, on aurait aimé accompagné dans son délire le sympathique metteur en scène aux intentions forts louables notamment dans la première partie du film où Stênio (Daniel de Oliveira) apprend la tromperie de sa femme Odete (Fabiula Nascimento) de la bouche cadavérique d'un de ses "patients". Pour une fois, le jeune homme va utiliser cette information pour se venger et provoquer la mort d'Odete ainsi que celle de son amant. Désormais seul avec ses deux enfants, Stênio subit le retour de bâton de sa compagne commençant à tourmenter toute la maisonnée tandis que les cadavres arrivant à la morgue n'arrêtent pas de lui répéter qu'il est maudit.

Bref, la première moitié du film est agréable à suivre et le don de cet employé de nuit à la morgue est bien exploité, les morts lui racontant tout leurs petits secrets. Sauf que dans la deuxième partie, Dennison Ramalho s'éloigne de son concept initial pour plonger dans une horreur actuelle déjà vue à coups de jumpscares et de musique censée effrayer le spectateur. Par ce biais très commercial, le film perd son potentiel du départ. Certes, The nightshifter n'est pas mal réalisé et certaines scènes sont donnent le change, mais on aurait pu s'attendre à une histoire et un traitement différents, notamment toutes les séquences de frayeur dans la maison où les meubles bougent tout seul comme dans un horror movie américain très classique.

Sur la durée, le long-métrage peine à s'extirper des clichés étalés, avec possession des enfants ou de la nounou qui vit maintenant avec eux, jusqu'à un climax maintes fois ressassé. Certes, Dennison Ramalho sait tenir une caméra et remplit son film de plusieurs séquences que n'auraient pas renié un Jason Blum ou les concepteurs de la franchise Saw. Tout ça pour ça pourrait-on dire et la dénonciation de la violence quotidienne et latent au Brésil tombent finalement à plat dans ce long-métrage d'horreur ayant du mal à se démarquer du reste de la production.

 

3,5/6

 

 

KILLING – Chambara – Japon – 2018 - Shinya Tsukamoto

Pitch : Au milieu du dix-neuvième siècle, le Japon quitte l’époque féodale pour entrer dans une nouvelle ère. Un ronin vivant auprès de paysans assure la tranquillité du village, jusqu’à ce qu’on lui propose de rejoindre un groupe de mercenaires.

 

Les adeptes de Shinya Tsukamoto ont apparemment trouvé le film excellent, alors que pour les autres, l'auteur de Tetsuo ou Tokyo fist n'a pas vraiment transformé cet essai de film de sabres pour lequel il s'essayait pour la première fois. Tourné en vidéo lui donnant un aspect contemporain malvenu, Killing prend son temps pour évoquer cette histoire d'un samouraï venu recruter des hommes et notamment un jeune guerrier qui protège un village de paysans. Au même moment, un groupe de brigands menace la tranquillité des lieux.

Si le script reste assez classique sur le fond, Tsukamoto utilise une forme qui lui sied bien, une caméra épileptique rendant les combats illisibles comme dans un found footage. Pire, certaines séquences plus calmes sont, à mon sens, très mal shootées et donnent la nausée tant la caméra part dans tous les sens. C'est visiblement sa manière de filmer et je n'ai donc rien compris à l'affaire. Soit. De fait, Killing est avare scènes d'action, vite emballées et incompréhensibles malgré les giclées de sang et les plans, ou alors elles ne sont pas montrées et sont racontées a posteriori. Un comble pour un long-métrage au scénario très ténu que le réalisateur ne parvient jamais à sublimer.

Quant au reste du film, il n'intéresse pas plus entre les atermoiements de la jeune fille ne voulant pas que son frère et le guerrier partent à la guerre et des villageois tapis dans leurs maisons. On s'ennuierait presque malgré une durée faible (80 minutes) que la photographie vidéo ne vient pas relevée jusqu'à une dernière séquence certes plus pêchue, mais le mal est déjà fait pour ma pomme complètement passé à côté du film certainement parce que je n'ai rien compris...

 

2/6

 

 

PERFECT - Nobody's - USA - 2018 - Eddie Alcazar

Pitch : Un jeune homme appelle sa mère au téléphone. À côté de lui se trouve le cadavre de sa petite amie… Pour le guérir de ses pulsions meurtrières, sa mère le fait interner dans une clinique censée soigner ses “problèmes”.

 

Changement de décor et d'atmosphère avec ce très étrange Perfect. Pour son premier long-métrage, Eddie Alcazar rend une copie qui pourra déstabiliser la plupart des spectateurs par son esthétique très appuyée digne d'une publicité pour vanter les voyages dans un pays de rêve. Si on se laisse embarquer par ce trip à l'instar du personnage principal Vessel (Garrett Wareing, Le virtuose), un jeune homme violent envoyé dans cet espèce de centre de réhabilitation par sa mère (Abbie Cornish, Sucker punch), la destination ressemble aux sensations des personnages embringués dans cette clinique bien loin de celle de la forêt noire.

Adoubé par un Soderbergh charmé par la beauté des images, Eddie Alcazar construit son film autour d'images symboliques des origines de la vie qui tendrait vers la perfection. Et celle-ci passerait forcément par les machines, ultime rempart de l'évolution. Cette réflexion sur l'humanité, accompagnée d'une voix-off, s'insère dans un écrin d'images et de sons (la musique de Flying Lotus est au diapason) particulièrement travaillé sans jamais perdre le fil du récit. Vessel plonge dans sa thérapie entre fantasme et réalité virtuelle dans un monde science-fictionnel où la technologie a pris le pas sur l'homme pour le soigner de toutes ses addictions, notamment meurtrières du jeune homme.

Si le réalisateur choisit la beauté des lieux et des corps (l'ensemble du casting est composé de mannequins et d'acteurs très beaux), c'est aussi pour dénoncer la dictature de la perfection, obligeant Vessel à intégrer une autre forme de drogue pour se libérer de son ancien corps jusqu'à s'éloigner de sa propre réalité et de la jeune fille qu'il croise régulièrement (Courtney Eaton, Mad Max : Fury road). A ce petit jeu des comparaisons, les références sont nombreuses, D'Ex machina d'Alex Garland pour l'esthétique froide des bâtiments et la réflexion sur notre humanité, jusqu'au cinéma immersif et poétique de Terrence Malick dans ses derniers essais (certes pas vraiment les plus réussis en terme de narration), surtout pour une des dernières scènes magnifiques tournée en plan-séquence et résonnant encore après la projection. A la sortie, personne ne sait s'il a aimé ou détesté. Pour ma part, le voyage a été assez intense et finalement court (85 minutes) pour ce long-métrage à la beauté visuelle incomparable et troublante.

 

4/6

 

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