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7e jour à l'Etrange festival

Trois films dans l'escarcelle du mardi, corrélés à une empreinte carbone explosée avec l'autrichien The Dark de Justin P. Lange, un voyage dans le passé en provenance du Kazakhstan avec Realtors de Adilkhan Yerzhanov et enfin l'horreur malaisienne Dukun de Dain Iskandar Said.

 

THE DARK Sombre est la nuit - Autriche – 2018 - Justin P. Lange

 

En compétition

 

Pitch : Dans une forêt sombre où elle fut assassinée des années auparavant, Mina, une jeune fille morte-vivante, va rencontrer Alex, un aveugle qu’on a kidnappé et enfermé dans une voiture.

 

The dark commence assez lentement en suivant un homme en cavale parti se cacher dans une forêt réputée hantée, "l'antre du diable", et découvre une maison qu'il croit abandonné, sauf que la demeure est habitée par une jeune fille. Pas de celles à fréquenter les contes de fées, plutôt une créature défigurée et recluse qui, pour garder sa tranquillité, tue cet intrus avant de le dévorer. Une ogresse peut-être, une sorte de morte-vivante adolescente en fait.

Si le film est financé par l'Autriche, Justin P. Lange est en fait basé à Los-Angeles. Pour son premier long-métrage, coréalisé par le directeur de la photographie Klemens Hufnagl, le metteur en scène installe un climat assez angoissant au milieu de cette forêt canadienne en convoquant des éléments propres au film de zombie et notamment l'utilisation du gore très frontal, tranchant avec l'ensemble du film. Pour le reste, le scénario s'éloigne de ses aînés bisseux et se concentre sur l'amitié naissante entre cette zombie, Mina (Nadia Alexander), capable de parler normalement et Alex (Toby Nichols), jeune ado apeuré tapis dans la voiture de son ravisseur. Deux êtres qui n'auraient jamais dû se rencontrer mais apprennent à se connaître jusqu'à ne plus vouloir se quitter.

En effet, Alex est comme Mina, c'est un monstre à sa manière, il est aveugle, les yeux brûlés sous la torture et sa cicatrice le rapproche de sa nouvelle compagne de vie. Deux personnages en marge de la société, obligés de survivre face à la police et à d'autres personnes qui recherchent Joseph (Karl Markovics), le fugitif auteur de l'enlèvement d'Alex. Sans esbroufe ou effet de style, Lange mène sa barque avec dextérité et affuble son récit de flashbacks réguliers afin de comprendre comment Mina est devenue ce monstre bardé de blessures ouvertes proches de Regan dans L'Exorciste. Tout en subtilités et grâce à une chanson fredonnée par Alex, la jeune fille plonge dans ses souvenirs et l'histoire dramatique à l'origine de son destin si particulier. Tout ce background très horror movie crée une réelle empathie pour les personnages avec un casting crédible face à des situations difficiles.

L'utilisation d'images sanglantes vient contrebalancer ce road-movie presque bucolique et les liens se créant entre ces jeunes enfants. On pense alors au très réussi Morse du suédois Tomas Alfredson mais également au plus récent Logan dont le personnage de la petite fille se rapproche de celui de Mina par son allure et sa violence. A l'écran, le duo fonctionne et la mélancolie gagne les héros tandis que certains changements apparaissent chez Mina au contact de son nouvel ami. The Dark s'avère donc une belle surprise du fait de son originalité et de sa façon de traiter de la monstruosité au travers d'enfants subissant des traitements tragiques à la hauteur de leur désir de survivre. Un long chemin de croix émaillé d'excès de violence au sein d'une forêt comme un havre de paix juste temporaire. Peut-être un réalisateur à suivre.

 

4/6

 

 

REALTORS – Voyage temporel - Kazakhstan – 2011 - Adilkhan Yerzhanov

 

En présence du réalisateur

 

Pitch : Accro au jeu, Darik s’est endetté auprès d’un casino qui lui envoie un gros bras pour récupérer son dû. Darik n’a d’autre choix que de vendre la propriété de ses grands-parents. Mais tentant de bouger une stèle, les deux hommes sont propulsés en des temps anciens, et vont ensemble tenter de survivre aux dangers de cette époque lointaine.

En présentant son film, Adilkhan Yerzhanov avait prévenu les spectateurs, ce premier film est un essai, bourré de folie et d'erreurs du débutant visibles à l'écran malgré une générosité de tous les instants. Première étape du focus qui lui est consacré, Realtors est un tout petit long-métrage tourné souvent caméra à l'épaule pour suivre la vie très dissolue de Darik (Dauren Kassenov) propulsé dans le passé des plaines Kazakhs. Il est affublé de son redresseur de tort géant Kurban (Kurvanzhan Mametaliyev), le suivant pour honore ses dettes, lorsqu'il débarque chez ses grands-parents afin de vendre leurs terres et rembourser ce qu'il doit.

Realtors est certes perclus de gros défauts, il n'en demeure pas moins sympathique mû par une énergie comique entretenue par les dialogues et ce couple de circonstance atypique, accroché l'un à l'autre par des menottes. Un buddy movie à la sauce kazakh ressemblant à une tentative de comédie fantastique quand nos deux pieds nickelés sont envoyés dans le passé. Un voyage dans le temps sans effets spéciaux, juste un changement de couleur de la pellicule après avoir déplacé une stèle sacrée. Sur une durée assez courte (83 minutes), Yerzhanov exploite au mieux les vastes plaines de son pays et joue sur les anachronismes entre les personnages et notamment le chef d'un clan de guerrier Bakhadur (Zhan Alim) qui parcourt ce paysage plat dans une espèce de tank se déplaçant on ne sait trop comment.

Sans doute grâce à des acteurs cachés sous la toile dans ce petit film utilisant tous les artifices du slapstick pour dépeindre cette société grégaire cherchant juste un abri. Désormais accompagné d'une petite tribu, Darik, sorte de Buster Keaton local, tente de jouer les héros face à ses adversaires mais a bien du mal à donner le change du fait de sa couardise et de ses mensonges permanents. Si le réalisateur abuse de gros plans sur les visages, son film est généreux et fonctionne à l'écran malgré une forme d'amateurisme bien compréhensible, compensé par cette envie de cinéma et des échanges entre personnages très drôles. Il faut donc prendre Realtors pour ce qu'il est, un petit film malicieux proche dans l'esprit du travail de Ben Wheatley dans A field in England, les champignons hallucinogènes en moins.

 

3,5/6

 

 

DUKUN – Magie noire - Malaisie – 2018 - Dain Iskandar Said

Pitch : Accusée de meurtre, Diana Dahlan est condamnée à mort. Mais avant son exécution, elle lance une malédiction. S’agit-il d’une supercherie ou d’un vrai sortilège ?

 

Si vous vous interrogiez pour savoir si on pratiquait toujours la magie noire et le contorsions dues à des possessions en Malaisie, la réponse est oui. Déjà présent à l'Etrange festival avec son film précédent Interchange, Dain Iskandar Said explore à nouveau les recoins magiques de son pays. Tourné en 2006, Dukun fut interdit de sortie jusqu'à présent avec apparemment un gros succès au box-office local dès son exploitation. On imagine que cette censure était due au propos du long-métrage, à moins que le visionnage ait bloqué sa diffusion. Car soyons clair, Dukun est très difficile à suivre et accuse déjà le poids de ses jeunes années, comme si le réalisateur accumulait tous les poncifs possibles sur le sujet.

Bref, entre le surjeu de la comédienne principale et une intrigue perdue au milieu d'une enquête et d'un procès interminable, le réalisateur peine à intéresser à cette histoire de magie pratiquée par Diana Dahlan (Umie Aida) tandis que la police déterre des corps et son avocat Karim (Faizal Hussein) tente de faire la lumière sur cette affaire. Très bavard, le long-métrage se perd encore entre les retours en arrière lors des auditions des témoins et le cabotinage de l'actrice principale roulant des yeux lors des pratiques rituelles magiques, dignes d'une ensorcellement vaudou. Idem pour la jeune femme enfermée en prison qui se contorsionne comme une araignée dévalant les escaliers de la version redux de l'Exorciste.

Malgré quelques envolées sanglantes et des séquences de magie noire, Dukun s'avère très long et ne décolle jamais du fait d'une mise en scène anecdotique et d'une photographie télévisuelle donnant au film un aspect assez cheap. Rajoutons-y un jeu d'acteurs qu'on qualifiera d'autre, et le spectateur de sentir la fatigue plus les minutes avancent. La vie de festivalier quoi.

 

2/6

 

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Commentaires: 2
  • #1

    alice in oliver (jeudi, 13 septembre 2018 11:31)

    Plutôt tenté par the dark : je trouve que le thème de la monstruosité marche souvent très bien au cinéma. Par ailleurs, Freaks la monstrueuse parade fait partie de mes films favoris

  • #2

    Roggy (jeudi, 13 septembre 2018 12:04)

    Le film est assez éloigné de "Freaks" mais il reste original dans son traitement. Je pense qu'il est à découvrir.