749 chroniques de films

   31 chroniques de série

Ma pin-up du mois

L'as de pique
L'as de pique
PIFFF 2019
PIFFF 2019
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque

Ma Blogothèque cinéphilique

Suivre le site
Suivre le site

7e Jour

Mercredi 9 septembre 2015


Le 7e jour, au lieu de me reposer comme notre gode préféré, je fis l'homme et me rendis à l'Etrange festival pour une comédie horrifique où on dégomme du mioche zombifié (Cooties), un thriller où on enterre une femme sous la glace (The dark below) et un turkish movie où on fait tourner la tête à une jeune fille (Seytan).



COOTIES – Comédie horrifique – USA – 2014 – Jonathan Milott et Cary Murnion

Pitch : Infectés par un mystérieux virus, des écoliers deviennent des créatures sauvages et meurtrières qui menacent les enseignants...


Elijah Wood n'en finit plus de nous étonner. En fan de film de genre, sa société "Spectrevision" produit des métrages où notre petit hobbit aux yeux bleus se fait plaisir. Dans Cooties, il incarne un pseudo-écrivain, professeur remplaçant dans sa ville natale. Sauf qu'en intégrant ce collège fou, fou, fou, il ne s'attendait pas à une pandémie d'enfants infectés à cause de morceaux de poulets contaminés. Des nuggets que nous suivront de l'origine à la confection à l'image dans la première scène de Lord of war.

Comme un spin-off de Poultrygeist : Night of the Chicken Dead, le film n'hésite pas à transformer les enfants en créatures sanguinaires sous l'oeil de professeurs essayant d'organiser la résistance. Sur cette base très simple et "Tromatique", Cooties ne va pas faire dans le politiquement correct. Les marmots sont de sales cons vulgaires et idiots, auxquels les réalisateurs réserveront un sort violent avec une jubilation communicative. Les scènes gores sont ainsi pléthores et les enfants massacrés en gros plan faisant passer Les révoltés de l'an 2000 pour une version ibérique de L'île aux enfants. Massacrés, explosés, carbonisés, nos chers petites blondes prennent cher dans un établissement scolaire lieu unique de l'action.

Cooties est avant tout une comédie débridée qui fera la part belle aux dialogues décalés et aux répliques absurdes grâce à une brochette d'acteurs issus de séries du monde de la télé comme Ian Brennan (Glee), Rainn Wilson (The office) en prof de sport fan de Jason Patrick (!) ou encore, dans un petit rôle Jorge Garcia (Lost). Mention spéciale à Leigh Whannell (co-scénariste du film et réalisateur de Insidious 3) en professeur de science dérangé. Un humour télévisuel où l'esprit décalé des personnages contrebalance une violence graphique aux effets visuels particulièrement réussis.

Sur sa longueur, Cooties s'avère réjouissant et bien rythmé déclenchant l'hilarité générale quant au sort réservé aux élèves et à la bêtise des adultes. Comble du charme et pour titiller les geeks, le métrage surfe sur la nostalgie. Les références aux actionner des années 80 époque Cannon et à d'autres séries B sont nombreuses, de Commando jusqu'à Predator,en adoptant un arsenal et une iconographie old-school. Même si le film est un peu plus faible sur la fin, Cooties réussit l'alliance, souvent difficile, de la comédie et de l'horreur sans aucune restriction visuelle ou morale. Ah ! que c'est bon !


Note : 5- / 6

 

 

THE DARK BELOW – Thriller – USA – 2015 – Douglas Schulze

Pitch : Un kidnappeur piège Rachel, une jeune femme équipée d’une tenue de plongée qu’il séquestre en la retenant sous la glace d’un lac gelé. Elle devra se battre pour survivre.


En présence du réalisateur qui a révélé avoir été traumatisé suite à une chute dans un lac gelé et vouloir proposer une alternative aux remake hollywoodien. Des intentions louables mais difficilement mises en pratique par un metteur en scène ayant œuvré principalement dans l'horreur (Mimesis, Dark fields).

Film concept, The dark below ne possède quasiment pas de dialogue et ceux-ci sont remplacés par une musique omniprésente. Si l'entame fait penser à un horror-movie classique avec cet homme qui capture et plonge une femme sous la glace, le film prend une toute autre tournure au bout d'un quart d'heure lorsqu'il a fait le tour de la question. Pour combler les absences de tout enjeu narratif, le réalisateur joue sur les flashback explicatifs censés justifier l'attitude du psychopathe. Pourquoi pas, sauf que tous ces retours en arrière se feront au ralenti (pour étirer le film qui n'est pourtant crédité que de 75 mn ?) avec une musique particulière et très agaçante sur la longueur.

Malgré quelques rebondissements (souvent au ralenti !), The dark below ne s'affranchit jamais de son idée originale, noyé dans son imagerie mièvre et de Telenovelista, son jeu d'acteurs assez mauvais où on reconnaît Veronica Cartwright (Alien, Les oiseaux) naufragée d'un film aux allures de vaisseau fantôme. Voguant dangereusement vers les rives de l'ennui, The dark below s'échoue finalement, sans parole mais en musique, sur sa tentative avortée de se démarquer du tout venant cinématographique.


Note : 2 / 6

 

 

SEYTAN – Epouvante – Turquie - 1974 – Yılmaz Tümtür


Pitch : Après avoir joué avec un ouija, Gul, une petite fille d’une douzaine d’années qui vit avec sa mère dans un quartier bourgeois d’Istanbul est possédée par le Diable en personne.


Projeté dans le cadre du Focus : Turkish delire, Seytan fait partie de ces films issus de la mouvance des remake dont parle le documentaire Remake, remix,rip-off vu précédemment à l'Etrange festival. En fait, sous ses airs de ne pas y toucher, Seytan (le diable en turc, qu’on peut rapprocher du mot arabe Sheitan, que Kim Shapiron utilisera comme titre pour son film d’horreur) est un remake non-officiel de L'Exorciste de William Friedkin. Tourné juste un an après l'original, il reprend le scénario, les scènes et la musique du chef-d’œuvre de l'épouvante américain. Sauf qu'ici en plus, le film est saupoudré d'un je-ne-sais-quoi fort sympathique et d'une bonne lampée de sauce blanche.

Même si le film n'est pas une parodie à proprement parlé, il se pare des oripeaux de la comédie involontaire, la faute à un manque flagrant d'argent (les scènes très cheap dans l'hôpital psychiatrique) et des effets visuels réalisés avec les moyens du bord (la purée verte qui sort de la bouche de Gül). Néanmoins, le film ne se tient pas si mal dans son ensemble entre l'écrivain de livre satanique, l'archéologue qui se baladait dans le désert au début et la mère de Gül dépassée par les événements. On passera sur l'emploi inadéquate et récurrent des quelques notes célèbres du film comme pendant une partie de tennis (!?!) et sur des effets spéciaux à l'ancienne lorsque la petite fille attachée rebondit sur son lit grâce aux pieds apparents des spécialistes locaux.

Seytan (appelé aussi Turkish Exorcist) fait ce qu'il peut pour paraître crédible et s'adapter aux rites locaux (oubliez le prêtre catholique) tout en conservant le matériau de base (la tête tourne difficilement, mais elle tourne). Pas si mal au final malgré quelques virées sur les terres nanardesques comme dans la séquence où la mère fait du rodéo avec sa fille sur le lit ou que l'écrivain se prend pour Bud Spencer en giflant la pauvre Gül en plein exorcisme.


Note : 4-/ 6

Écrire commentaire

Commentaires: 9
  • #1

    Rigs Mordo (jeudi, 10 septembre 2015 14:28)

    Cooties semble fait pour moi, à te lire! Quant à l'Exorciste turc, là encore, je pense que c'est à voir! Par contre le machin sous la glace, je suis un peu fatigué des films concepts, donc je laisse ça sur le côté... Beau compte-rendu, again!

  • #2

    Roggy (jeudi, 10 septembre 2015 20:44)

    Tu as très bien résumé la journée l'ami ! Cooties et Seytan sont faits pour toi ! Merci pour ton commentaire !

  • #3

    Dirty Max (vendredi, 11 septembre 2015 08:55)

    Tu me fais gravement envie avec ce Cooties ! J'ai l'impression que le remake de Maniac a marqué un tournant pour Elijah Wood, à tel point qu'il se reconvertit maintenant en producteur de Bis horrifique. Et au vu de ce film, que tu décris comme insolent et jouissif, on ne peut que s'en féliciter ! Sinon, ça doit être bien sympa de découvrir un Exorciste turc, on n'en a pas tous les jours l'occasion.

  • #4

    Roggy (vendredi, 11 septembre 2015 09:30)

    Elijah Wood n'a plus de soucis d'argent et, en grand fan d'horreur, produit les films qu'il veut. "Cooties" devrait te plaire comme à Rigs. Pareil pour "Seytan", dans un autre registre :)

  • #5

    Alice In Oliver (vendredi, 11 septembre 2015 11:39)

    Ah ce Seytan, ou cet Exorciste à la sauce kebab ! Un grand moment de nanardise !

  • #6

    Roggy (vendredi, 11 septembre 2015 12:46)

    Oui, même si le film n'est pas vraiment une pochade au départ.

  • #7

    2flicsamiami (samedi, 12 septembre 2015 09:05)

    Cooties à l'air franchement pas mal du tout, et ta critique m'encourage vivement à le découvrir. Dommage qu'il n'ait pas encore de date de sortie prévue pour la France.

  • #8

    Roggy (samedi, 12 septembre 2015 09:14)

    Le film sortira très certainement en vidéo au vu de sa qualité, même s'il est politiquement incorrect :)

  • #9

    Nola Carveth (lundi, 14 septembre 2015 19:27)

    Ha oui, ça avait l'air sympa, Cooties ! Dommage ! Je ne regrette pas The Dark Below, mais te lire dessus est un plaisir. Quant à Seytan, je pense qu'on ne peut qu'avoir une petite affection pour ce type de film fauché après avoir vu le documentaire sur la remakexploitation turque,