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1er Jour

Jeudi 3 septembre


Un an d'attente, c'est long. Pourtant, c'est le prix à payer pour satisfaire sa boulimie de cinéma. Que le rideau se ré-ouvre. Alors que l'an dernier j'avais été privé de cérémonie d'introduction, je me retrouve dans la salle 500 pour assister à l'ouverture du festival par un responsable du Forum des images et par le Président du festival, Frédéric Temps. Après une présentation du programme et une intervention en mode "Groland" rigolard de Benoît Delepine, l'Etrange festival commence habituellement par un court-métrage, en l'occurrence Ghost cell d'Antoine Delacharlery. Un petit film sans parole et visuellement magnifique, montrant Paris sous tous les angles en utilisant une technique particulière de Scan 3D (si j'ai bien compris).

Le film d'ouverture, Brand New-U, était présenté par son réalisateur et ses deux comédiens principaux.

 

BRAND NEW-U – SF – Irlande/Angleterre – 2015 – Simon Pummell

Pitch : Dans un Londres futuriste, Slater et Nadia subissent l’assaut d’un groupe d’intervention policière. Nadia est enlevée et Slater se retrouve seul avec le cadavre d’un de ses assaillants qui, une fois démasqué, s’avère être une version à l’identique de sa compagne.


Premier long-métrage de Simon Pummell (également scénariste du film), Brand New-U est baigné par une ambiance science-fictionnelle proche du manga dans l'esthétique et dans les thèmes abordés. Le film commence par un gros plan sur un visage semblant contrôlé par un ordinateur et une voix synthétique répétant les mêmes mots. Une atmosphère futuriste et robotique qui vire au paranoïaque lorsque Nadia est kidnappée par un groupe d'assauts et qu'un de ses agresseurs possède son propre visage.

Très vite, le métrage bascule dans le thriller parano. Slater reçoit des appels téléphoniques mystérieux, car s'il veut revoir Nadia, il doit intégrer le projet de la société Brand New-U censée donner une nouvelle vie à ceux qui franchissent ses portes. Pendant sa première moitié, le film met en place une intrigue mélangeant diverses influences à l'image de Matrix pour le contrôle des esprits et la manipulation. En résumé, les futurs candidats de la société sont opérés pour ressembler à celui ou celle dont ils vont prendre la place (on pense fortement à ce moment-là au magnifique Seconds). En plus d'être un thriller de SF, Brand New-U est aussi une histoire d'amour entre Nadia (Nora-Jane Noone, vue dans The Descent 1 et 2) et Lachlan Nieboer (les séries Torchwood et Downton Abbey) qui porte le film sur ses épaules à la recherche de son amour perdu.

Si le film possède des qualités visuelles et des plans soignés (la scène du sous-sol en plan séquence), force est de constater qu'il se délite dans sa deuxième moitié. On ne comprend jamais quel est le but de la société à créer des sortes de clones prenant la vie des originaux. Le Londres dépeint est totalement froid, clinique et certaines séquences léchées visuellement alourdissent le propos jusqu'à perdre le spectateur dans les objectifs de son intrigue. De même, la fibre politique et sociétale n'est pas assez exploitée alors que le terrain était propice aux faux-semblants. Du coup, le film manque d'épaisseur et d'empathie pour ses personnages. La dernière demi-heure est redondante et tourne en rond en privilégiant la beauté des images au détriment de son propos devenu nébuleux. On se dit alors que Simon Pummell est passé à côté d'un grand film de SF s'il avait développé son univers cohérent du départ pour l'emmener vers les rives schizophréniques du mensonge et de la paranoïa.


Note : 3 / 6


STUNG – Comédie horrifique – Allemangne/USA – 2015 – Benni Diez

Pitch : Un dîner mondain tourne au cauchemar lorsque le jardin est envahi de guêpes mutantes, devenues géantes à cause d'un engrais surpuissant illégalement importé.


Stung est une véritable série B réalisée par Benni Diez (dont c'est ici le 1er film) où l'humour côtoie avec brio le monster movie à l'ancienne. Car, la particularité de ce film est de mélanger des effets spéciaux numériques à de l'animatronique très old-school dans un alliage très réussi.

Après une introduction rapide pour mettre en place les protagonistes, Stung ne tarde pas à exposer ses monstres. Issu de mutations génétiques, les guêpes s'attaquent avec violence aux convives de la soirée. Sous l'effet des piqûres des insectes, les invités se transforment alors en monstres poilus et ailés. Les monstres déchirent littéralement les humains pour s'extraire de leur chrysalide et commencer à boulotter tout ce qui passe à portée. A noter que le métrage possède beaucoup de liens avec Infestation (2010) de Kyle Rankin où ses insectes tueurs géants faisaient déjà des dégâts au sein de la population.

Comme dans ce dernier, la comédie est de mise dans le film. Situations gaguesques et répliques cinglantes font plus ou moins mouches alors que la situation empire autour des personnages. Côté casting, on reconnaît l'inusable Lance Alien Herricksen en Maire obsédé par sa réélection et porté sur la bibine, Clinton Collins Jr (Transcendance) en fils benêt et bossu ou encore Matt O'leary (Time lapse, Mother's day) dans le rôle de Paul, véritable héros du film cherchant à épater sa collègue Julia.

La principale réussite du film provient de ses effets spéciaux et de ses créatures insectoïdes particulièrement jouissives. Les bestioles ailées en CGI sont magnifiques et les gros plans en animatroniques nous ramènent au temps béni du latex, comme dans cette scène dans la cave rendant hommage à la Reine du film Alien. Sans compter les débordements gores et les parties de corps restant accrochés aux insectes très The Thing. Au final, dommage que le film manque de rythme, malgré une caméra gerbante par instants rendant illisible certaines scènes. De même, les personnages ne sont pas trop fouillés et le lieu clos ne permet pas de grandes envolées scénaristiques. Si on met de côtés ses quelques défauts, Stung est une bonne petite série B sympathique avec des insectes géants et méchants au design des plus réussis. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup.


Note : 4-/ 6

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Commentaires: 10
  • #1

    Alice In Oliver (vendredi, 04 septembre 2015 12:13)

    Stung ? Même le titre fait penser à une série B... Visiblement très recommandable et sympathique

  • #2

    Nola Carveth (vendredi, 04 septembre 2015 13:22)

    Congrats pour tous ces développements, Roggy, on voit que tu es rodé ;) !

  • #3

    Rigs Mordo (vendredi, 04 septembre 2015 13:53)

    Le film de SF me branche pas du tout mais tu te doutes que Stung c'est pas la même danse... Très envie de le voir après t'avoir lu, merci pour cet avis du coup, Rog' ! Et heureux de te retrouver en train de faire les aventuriers du bis pour nous ramener le meilleur!

  • #4

    r (samedi, 05 septembre 2015 00:04)

    A Alice in Oliver,
    Je te confirme que "Stung" est une agréable série B. A voir surtout pour les effets spéciaux.

  • #5

    Roggy (samedi, 05 septembre 2015 00:05)

    A Nola Carveth,
    Merci Nola pour tes encouragements :)

  • #6

    Roggy (samedi, 05 septembre 2015 00:12)

    A Rigs Mordo,
    Il est évident que "Stung" te plaira forcément. En bon amoureux du bis, tu ne pourras pas passer à côté. Le film de SF, tu peux passer à côté. Merci pour ta fidélité en tout cas !

  • #7

    Dirty Max (lundi, 07 septembre 2015 09:10)

    Il doit être bien cool ce Stung, ce genre de monster movie (qui sent bon l'amour du fantastique) ne se refuse pas ! Bravo Roggy pour ce compte-rendu de festoche. Entre deux séances fantasticophagiques, tu prends le temps de livrer des chroniques toujours aussi inspirées. Quel rythme !

  • #8

    Roggy (lundi, 07 septembre 2015 09:15)

    Je pense que "Stung" possède un esprit bis qui est fait pour toi Max ! Merci beaucoup pour tes encouragements. Et, en plus sans dopage :)

  • #9

    Moskau (dimanche, 13 septembre 2015 17:52)

    Dommage, Brand New-U me plaisait bien. Mais ta critique me refroidit un peu...

  • #10

    Roggy (dimanche, 13 septembre 2015 17:55)

    Le film a clairement déçu les festivaliers malgré son sujet et son visuel alléchants.