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9e Jour

Vendredi 11 septembre 2015


Avant-dernière journée à l'Etrange festival avec quatre films au compteur. Du polar scandinave avec I am here, au fantastique comique de Chasukey's journée, en passant par une bizarrerie franco-allemande Like Cattle towards glow, pour finir avec le dernier Hideo Nakata Ghost theatre.


I AM HERE – Drame – Danemark/All/USA – 2014 – Anders Morgenthaler

Pitch : Après plusieurs fausses couches, Maria tente désespérément d’avoir un enfant. Mais quand son médecin lui annonce qu’elle est trop vieille pour porter un bébé, elle part dans une quête infernale pour affronter la fatalité.


Coupée dans sa carrière hollywoodienne par des problèmes financiers et un procès suite à son désistement dans Boxing Helena, Kim Basinger réapparaît sporadiquement ces dernières années dans de petits rôles. On la retrouve ici dans celui d'une femme blessée par l'impossibilité d'être mère que son désir d'enfant poussera vers les tréfonds de ses propres turpitudes. En revanche, passons sur le fait que Kim Basinger (Maria) ait 61 ans alors que son personnage n'est pas censé en avoir plus de 45.

L'ancienne icône des années 80 se consacre désormais à des projets plus pointus comme cet I am here, réalisé par le danois Anders Morgenthaler, connu surtout pour son film sur la parano Echo. Et ce dernier n'hésitera pas à la mettre en danger et lui faire subir des outrances psychologiques et physiques. Aux portes de la schizophrénie, Maria part vers l'inconnu pour acheter un enfant d'une prostituée à la mafia russe. Mue par son instinct et sa folie naissante, elle s'accoquine de Petit (Jordan Prentice, la vraie révélation du film), junkie nain errant en tenue de panda dans une station-service, pour mener à bien son entreprise.

Un attelage hétéroclite fonctionnant très bien au final entre une Maria dépassée mais pleine d'amour et un Petit prêt à l'aider pour de l'argent au départ et s'humanisant progressivement. Malgré un sujet délicat, la caméra d'Anders Morgenthaler se fait sobre et même pudique, sans pathos ni cadrage frontal. Une pudeur comme s'il ne souhaitait pas la juger mais l'accompagner dans son odyssée inconvenante mais empathique. Grâce à un scénario solide et une interprétation de qualité, I am here est une vraie découverte qui s'achève comme un coup de poing où la situation finale entre glauque et bonheur, nous travaille encore après la projection.


Note : 4+/ 6

 

CHASUKEY'S JOURNEY – Comédie – Japon - 2015 – Hiroyuki Tanaka (Sabu)

Pitch : Chasuke n’a qu’une vie de subalterne au Paradis, où sa fonction se limite à servir le thé aux anges. L’un d’eux lui apprend que Yuki, une jeune fille dont il s’est épris en suivant ses aventures de là-haut, va succomber dans un accident de voiture. Il décide de redescendre sur Terre pour secourir Yuki.


Le réalisateur s'est fait connaître du grand public avec son multi récompensé Miss Zombie. Il adapte ici un de ses propres romans pour un film aux antipodes de son précédent. Sabu dépeint un monde où les humains sont manipulés par des scénaristes au Paradis lorsque Chasuke atterrit sur Terre à l'image d'un Terminator (mais habillé), comme une relecture asiatique Des ailes du désir.

Malgré ses ambitions philosophiques, Chasukey's journey n'est pas un film très subtil. Dans ses meilleurs moments, le métrage réussit à nous faire rire dans les flashback refaisant la biographie non-sensique et débridée des personnages en utilisant des filtres de couleur, et parfois à nous ravir visuellement grâce à des séquences poétiques. En revanche, il nous perd lorsqu'il se transforme en bluette emplie de bons sentiments. Chasukey revêt des fausses ailes d'anges pour guérir les humains à l'image d'un Jésus nippon qui vomirait après chaque intervention. Thaumaturge, il est capable de multiplier les bourre pifs ou d'envoyer ad patres ses adversaires. Sans parler des scènes de combat illisibles et de certaines séquences où la caméra se prend pour un arroseur électrique.

Malgré quelques séquences comiques, le film est empreint d'un humour typiquement japonais de plateaux télés à la Kitano (ici producteur), noyé dans un océan de mièvrerie sirupeuse et d'un panthéisme ambiant très dépassé. Certes, tout n'est pas à jeter dans ce film qui pourrait se voir comme une critique de l'influence des médias et des réseaux sociaux. Mais, à trop vouloir jouer sur tous les tableaux entre la comédie, l'histoire d'amour et le fantastique, le film a du mal à se positionner, clairement perclus de défauts agaçant. Comme la dernière demie-heure qui n'en finit pas de finir. Un bon résumé de ce Chasukey's journey, aux contours intéressants mais bourré de clichés et d'un déterminisme par moment enfantin.


Note : 3 / 6

 

LIKE CATTLE TOWARD GLOW – Bizarre – France/Canada/All - 2014 – Dennis Cooper et Zac Farley

Pitch : À travers cinq récits en apparence déconnectés, les pensées, désirs et fantasmes de 13 jeunes.


Présenté par ses producteurs et réalisateurs comme une œuvre sur la jeunesse mélangeant plusieurs genres, Like Cattle towards glow est une expérience douloureuse dans tous les sens du terme. Sur les cinq segments, seul le 1er est encore accessible avec cet adolescent prostitué en quête de mort. Pour le reste, le film est un happening permanent, entre un chanteur violé sur scène volontairement dans la cave d'un bar glauque ou des jeunes hommes s'adonnant au sexe dans la nature. Tout est montré froidement, crûment sans amour parce que le sexe est ici mortifère, juste là pour jouir sans entrave et sans plaisir.

Or, le film est totalement hermétique et ne dit rien d'une soit-disant jeunesse à la perversion artificielle et frelatée dans un enrobage pseudo intellectuel où les personnages déclament de grandes phrases sur le suicide, la mort et même la société de consommation. L'avant-dernier segment est à ce titre le plus particulier, jouer dans un franglais décalé, avec ses ados isolés du moment pour s'émanciper des banques pensant que violer un gars serait comme retourner à leur propre déchéance. Pour finir, le dernier essai montre un drone filmant un jeune qui s'allonge sur un sac de couchage dans une grotte en répétant qu'il est une merde.

On a l'impression que Like Cattle towards glow est juste fait pour choquer le chaland qui se serait aventurer par mégarde. Entre doigt mal placé et branlette allongé sur une neige artificielle, le sexe devient la seule obsession des réalisateurs pour un film qui est réservé à un public averti, à la perversité érigé en monument esthétique et gratuit, cœur de cible dont je ne fais pas partie.


Note : 2 / 6

 

GHOST THEATRE – Epouvante – Japon – 2015 – Hideo Nakata


Le film a été précédé d'un standing ovation pour Hideo Nakata et son actrice principale Haruka Shimazaki, restés à la fin du film pour un Q/A.


Pitch : Après quelques déconvenues dans des productions de seconde zone, l’actrice débutante Sarah accepte un rôle dans une pièce de théâtre, mais sur scène, sa partenaire affiche de l’antipathie à son égard. Plus inquiétant, des évènements surnaturels se multiplient en coulisse...


Qui n'a pas tremblé d'effroi à la vision de Ring ou Dark Water ? Au début des années 2000, Hideo Nakata redonnait vie au film de fantômes par l'entremise de métrages d'épouvante, remaker depuis sans génie par Hollywood. Après quelques films à oublier comme Chatroom ou TV Show, il nous revient avec cette histoire de théâtre hanté par une poupée à dimension humaine.

Soyons clair d'entrée, Ghost theatre se laisse regarder sans déplaisir mais il n'atteint pas les sommets de trouille de ses illustres aïeuls. Pourtant, le film déploie des thématiques intéressantes autour de plusieurs figures de l'horreur asiatique et surtout occidentale. En effet, la pièce répétée est une version de la Comtesse Elisabeth Bathory à laquelle s'est greffée une poupée maléfique (en plus méchante qu'Annabelle). Un mélange qui contient aussi l'iconographie du masque de cire et celle du fantôme de l'opéra. Déjà, Takeshi Miike en 2014 utilisait le sujet de l'horreur pendant les répétions théâtrales dans Over your dead body.

Comme Miike, Nakata ne néglige pas les scènes de théâtre (il a fait appel à une metteur en scène de théâtre pour la chorégraphie) entrecoupées d'attaques en caméra subjective de la poupée maléfique qui se trimballe d'un lieu à un autre au fil des années. Jalonné du début à la fin par un script solide mais très sage, Ghost theatre fait monter la sauce du mystère (que nous connaissons déjà avec la scène d'ouverture) tandis que les jeunes filles se déchirent pour le rôle de la Comtesse Bathory. Même s'il ne transcende pas son sujet, le métrage de Nakata se construit sur la durée jusqu'à un climax tourné délibérément vers le fantastique lorsque la poupée sème la mort dans le théâtre. Au final, Ghost theatre reste agréable dans son ensemble malgré une impression de déjà vu.


Note : 4- / 6

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Commentaires: 8
  • #1

    Rigs Mordo (samedi, 12 septembre 2015 14:32)

    Une sélection qui souffle le chaud et le froid, donc! I am Here ne m'intéresse guère, le sujet ne m'attirant pas, même si revoir Basinger doit être intéressant. Chasuke's Journey a un pitch intéressant et ça pourrait faire une bonne comédie, dommage que ça soit trop mièvre alors, puisque c'est ce que tu décris... Like cattle toward Glow, j'avoue que j'ai beaucoup ri en lisant ta chronique, car j'imagine bien le genre de trucs que c'est. Le genre que je fuis, en fait! Le dernier Nakata semble intéressant (j'avais bien aimé Chatroom, moi!), faudra que je me souvienne de ta chro quand il sortira en DVD (si ça sort) car ça semble mériter une vision... Beau compte-rendu Rog, comme d'hab je dirais!

  • #2

    Alice In Oliver (samedi, 12 septembre 2015 19:48)

    Kim Basinger a fait le choix de quitter le système hollywoodiens pour des métrages plus confidentiels. Un choix judicieux. Très envie de voir ce I am here

  • #3

    Roggy (dimanche, 13 septembre 2015 00:51)

    A Rigs Mordo,
    Merci Rigs pour ton commentaire et je pense que tu as fait le bon choix même si "Ghost theatre" est loin d'être le meilleur Nakata.

  • #4

    Roggy (dimanche, 13 septembre 2015 00:53)

    A Alice in Oliver,
    "I am here" vaut une vision de part ses acteurs et son histoire loin des clichés.

  • #5

    princécranoir (dimanche, 13 septembre 2015 09:30)

    J'avoue m'être quelque peu éloigné de Nakata depuis "Dark Water" et la perspective de découvrir un nouveau film d'épouvante signé du nippon hanté ne m'emballe que moyennement. Mais pourtant, à la lecture de ton papier, le perspective de voir une troupe de théâtre se faire dégommer par une poupée qui tire les ficelles de l'horreur éveille soudain mon enthousiasme.

  • #6

    Roggy (dimanche, 13 septembre 2015)

    "Ghost theatre" est vraiment de l'épouvante à l'ancienne, privilégiant les rapports humains et non pas les jumps scares faciles. Certes, le rythme en pâtit un peu et se retrouve bien loin de "Dark water".

  • #7

    Nola Carveth (mardi, 15 septembre 2015 21:26)

    I am Here infuse longtemps, comme tu l'expliques bien. Beaucoup plus marquée que toi (en bien) par Like Cattle Towards Glow. Les deux premiers segments m'ont vraiment marquée, d'une manière plutôt rare. Et Ghost Theatre, je n'en retire pas grand chose au final. Essaye de voir Monsterz si tu en as l'occasion !

  • #8

    Rogg (mercredi, 16 septembre 2015 18:06)

    Merci pour le conseil de "Monsterz" dont j'avais déjà entendu parler. IL faudrait que je le trouve et le cale au milieu de tous les incontournables qu'il me reste à voir !