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4e Jour

Dimanche 6 septembre 2015


Un énorme programme pour cette 4e journée dominicale avec de l'animation européenne sur Edgar Allan Poe (Extraodinary tales), de la comédie irrévérancieuse danoise (Klovn forever), de l'humour anglais avec Moonwalkers et un survival indien avec NH10.



EXTRAORDINARY TALES – Animation – USA/Espagne/Belgique/Luxembourg – 2014 – Raul Garcia

Raul Garcia présente l’œuvre d'Edgar Allan Poe sous la forme de cinq petits segments d'animation adaptés de ses écrits avec, comme fil rouge, un dialogue avec l'esprit de l'écrivant réincarné en corbeau. Un hommage au grand maître de l'épouvante rendu possible grâce à des techniques d'animation différentes et des textes dits par de grandes personnalités.

Le film commence par La chute de la maison Usher, avec comme narrateur l'immense Christopher Lee et sa voix sépulcrale dans un sketch à l'imagerie très Tim Burtonienne. Le 2e sketch se pare d'un très beau noir et blanc pour Le cœur révélateur et son histoire de tueur qui se fait piéger lui-même. Il est surtout porté par un enregistrement audio d'un certain Bela Lugosi. La vérité sur la cas de M. Valdemar est raconté par Julian Sands (Warlock) et se passe autour de l'agonie d'un malade faisant penser à une bande-dessinée. Le 4e segment a pour narrateur Guillermo del Toro pour l'adaptation du Puits et le pendule au design très cinématique de jeux vidéos. Enfin, le dernier petit film est quasiment muet mais est sans doute le plus beau en terme visuel avec de la peinture à l'aquarelle pour illustrer Le masque de la mort rouge.

L'ensemble de cette anthologie tient donc la route grâce à des design de qualité et des scénarios bien construits. Un travail original et très respectueux à la mise en image différente pour chaque film, avec le souci de mettre en avant les écrits de Poe. Et, quel plaisir d'entendre encore une fois la voix de Christopher Lee et celle, plus étonnante de Bela Lugosi.


Note : 4 / 6


 

KLOVN FOREVER – Comédie – Danemark – 2015 – Riley Stearns

Pitch : L’amitié de Frank et Casper est mise à rude épreuve lorsque ce dernier décide de quitter le Danemark pour débuter une carrière solo à Los Angeles.


Adapté de la série danoise très populaire Klovn, le film de Riley Stearns (Les Enquêtes du Département V, on n'est vraiment pas dans le même registre) est une version longue des aventures du duo Casper Christensen et Frank Hvam qui possède six saisons. Si la série n'est pas très connue, il est fort à parier que le film lui donnera ses heures de gloire.

En effet, Klovn forever est une comédie au départ très classique où on suit nos deux héros dans leur vie respective. Casper est un invétéré queutard tatoué et fouteur de merde, alors que Frank est rangé des camions avec sa femme et son bébé dont il a du mal à s'occuper. D'autant plus, qu'il vit avec ses beaux parents (la mère possède un bandeau comme Christina Lindberg dans Thriller). Si l'humour s'avère potache, il est surtout tourné vers le sexe même lors des repas familiaux. Le film prend toute sa dimension comique quand Frank rejoint Casper à Los Angeles. Casper fait alors goûter à son ami les joies de L.A entre party autour d'une piscine ou rendez-vous galant dans les quartiers chauds.

Tout le charme de Klovn Forever vient du décalage entre les personnages venus du Danemark et les Américains issus de toutes les origines. Les dialogues magnifiquement écrits sont une perpétuelle source de gags et les situations rocambolesques s'enchaînent à un rythme soutenu faisant passer le film d'American Pie (mais en mieux) à un Woody Allen sous acide. Le film joue aussi sur l'amitié entre les deux personnages qui, tour à tour, alternent engueulades et rabibochages en dégageant une empathie réelle malgré leur comportement pour le moins troublant.

Parce que Klovn Forever est une comédie irrévérencieuse qui n'hésite pas à montrer des sexes en érection et des situations où la morale est mise à mal (la scène hilarante du chien). Le film vogue ainsi de situations absurdes à des moments de comédie plus classiques faisant intervenir des célébrités dans leur propre rôle comme Nikolaj Coster-Waldau (Game of Thrones) ou Adam Levine. Les deux acolytes ont le don pour se mettre dans des situations impossibles à résoudre tournant autour du sexe et en interrogeant sur les interdits d'une société puritaine.

Au final, Klov Forever est certainement une des comédies de l'année, portée par un duo complémentaire et décalée. Un humour rafraîchissant qui parle de sexe, le montre sans tabou ni morale, juste pour nous faire rire. Et ça marche !


Note : 5 / 6


 

MOONWALKERS – Comédie – UK – 2015 – Antoine Bardou-Jacquet

Pitch : En 1969, l’agent de la CIA Kidman arrive à Londres. Sa mission : contacter Stanley Kubrick et le convaincre de mettre en scène un faux alunissage de Apollo 11 en cas d’échec de la mission. N’arrivant pas à ses fins, il est obligé de s’associer à Johnny, un manager musical de seconde zone.


La 1ère scène et le fondu enchaîné sont superbes, surtout qu'ils nous permettent de voir apparaître le visage si particulier et familier de Ron Hellboy Perlman en vétéran traumatisé par la guerre du Vietnam (il a des hallucinations et revoit ses victimes). La suite est du même acabit. Le scénario se déploie avec énergie et rigueur autour de cette histoire qui a fait fantasmer les conspirationnistes de tous bords. Il permet aussi de mettre en valeur notre pote Ron Perlman (Kidman) qui fait montre ici de son charisme animal et de son humour vachard, à l'image de son personnage de brute épaisse ultra-violente. Face à lui, Rupert Grint (Johnny) se dépucèle enfin de son passage chez Harry Potter dans son rôle d’impresario véreux et gouailleur. Son duo avec Kidman fonctionnant plutôt bien.

Pour le reste, même si le film est très drôle, il laisse un goût d'inachevé en bouche comme si on avait face à nous un petit malin qui avait déjà bien compris les ficelles du métier. Certes, le travail d'Antoine Bardou-Jacquet est remarquable. Pour son premier film, la réalisation est soignée, l'écriture des personnages et des scènes sont parfaites. Peut-être un peu trop à mon goût car le film s'avère assez prévisible et trouve son humour essentiellement dans les drogues qu'ingurgitent ses protagonistes. En permanence défoncés, les personnages génèrent eux-même des situations de comédie en symbiose avec les mœurs des années 70 (une reconstitution exagérée ?).

Moonwalkers bénéficie aussi d'un humour décalé propre au cinéma anglais et en particulier celui de Guy Ritchie, dont on retrouve ici les mêmes gimmick et la violence graphique. Le sang coule à flot et les têtes explosent en gros plan. De la même manière, le scénario joue sur les poncifs des différences culturelles entre les anglais et les américains (un peu de Snatch là-dedans) grâce à des répliques qui font mouche. Loin de moi l'idée de dénigrer ce film qui est somme toute très drôle (J'ai bien ri en plus encouragé par une salle en transe) et au scénario en béton armé. Néanmoins, il me semble que le métrage est très malin parce qu'il est joue sur de l'humour au 1er degré et donne au spectateur les scènes qu'il attend pour rire à gorge déployée, sans jamais développer son sujet de fond, la manipulation historique. Du beau boulot nimbé d'un sentiment d'opportunisme. Tant mieux si le film marche car il est très bien fait, mais au niveau comédie je préfère définitivement Klov Forever.

A l'applaudimètre, il est presque certain que le film gagnera le prix du public (à moins que Turbo Kid...).

 

Note : 4 / 6


 

NH10 – Thriller – inde – 2015 – Navdeep Singh

Pitch : Alors qu'elle rentre tard d'une soirée, Meera est attaquée par un groupe d'hommes. Si elle en réchappe indemne, la jeune femme est traumatisée. Arjun, son ami, se sentant coupable de ne pas avoir été là, tente de se faire pardonner en lui offrant des vacances luxueuses. Alors qu'ils s'arrêtent pour manger, ils sont témoins de l'attaque d'une jeune fille. Sans se soucier du danger, Arjun décide de s'interposer...


NH10 est à la fois un film social, un polar et un survival. Un film social parce que les protagonistes que l'on suit au début font partie de la bourgeoisie riche indienne. Ils vivent dans des zones sécurisées en dehors d'une réalité moins aseptisée que celle d'une majorité d'indiens. Une vie où la violence se mélange aux traditions dans un pays et où la lutte des classes veut dire quelque chose. Meera et Arjun vivent dans leur bulle sociale, symbolisée par leur grosse berline qui les sépare encore de la misère extérieure. Un choc des cultures entre les riches à la peau claire et les pauvres dont la couleur se décline aussi en castes, comme des strates de pauvreté. Quand l'Inde des villes rencontre celle des campagnes.

Ce contexte social est le point de départ du film lorsque Arjun décide de dévier son chemin pour aider un couple battu et enlevé par sa famille devant une assistance sans réaction. Parce qu'ils n'auraient pas dû prendre ce chemin, Meera et Arjun vont se mettre dans de sales drap pour retrouver le couple disparu. NH10 devient alors une course-poursuite de bonne facture entre ces deux mondes qui ne se côtoient jamais. Comble de la situation, Maree doit alors composer et demander de l'aide à la population locale qu'elle ne regardait pas auparavant.

On pourra reprocher au film quelques facilités scénaristiques (le couple fait vraiment tout ce qu'il ne faut pas pour se mettre en mauvaise posture), mais il est intéressant dans sa forme (le survival) et dans son fond social, montrant le hiatus entre plusieurs communautés à l'intérieur d'un même pays. A la violence sociale, le film répond par une brutalité extrême où les femmes sont traitées comme des animaux parce qu'elles ont enfreint les règles ancestrales.

Jusqu'à la fin, NH10 fait mal et s'achève dans le sang rédempteur comme s'il devenait la seule réponse aux différences.


Note : 4- / 6

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Commentaires: 18
  • #1

    Rigs Mordo (lundi, 07 septembre 2015 17:41)

    Bon ben va falloir prendre des notes car ils semblent tous très intéressants... J'ai une attirance particulière pour le Poe, car j'adore et l'auteur et l'animation, alors forcément. Et pour réentendre Lugosi, ça doit valoir le coup. NH10 semble très intéressant aussi, j'espère une sortie DVD car c'est bien mon genre et les survival plutôt urbains sont beaucoup trop rares! Enfin, les comédies semblent bien cool aussi, à voir! Très beau report Rog, comme toujours!

  • #2

    Roggy (lundi, 07 septembre 2015 22:18)

    Ca me fait plaisir de te donner envie de voir ces films qui sont tous intéressants. Et, le film sur Poe ne pourra que te satisfaire.

  • #3

    2flicsamiami (mardi, 08 septembre 2015 14:32)

    Moonwalker devait être projeté dans le festival Des Notes & Des Toiles auquel j'assistais, mais la programmation ayant changé en cours de route, il ne fut finalement pas présenté. Dommage, car le résumé donnait vraiment envie de le découvrir.

  • #4

    Alice In Oliver (mardi, 08 septembre 2015 16:43)

    C'est quoi la note minimale pour le moment ? 3/6 je crois ? Donc un excellent fetival pour le moment

  • #5

    Roggy (mardi, 08 septembre 2015 21:09)

    A 2flicsamiami,
    "Moonwalker" est un film très sympa, amusant même s'il est aussi très facile dans les gags à mon sens. Dans une salle, avec l'ambiance festive, le film marche bien.

  • #6

    Roggy (mardi, 08 septembre 2015 21:10)

    A Alice in Oliver,
    Non, j'ai aussi mis un 2/6 pour "Upstream Color". Je ne suis pas très méchant en général et le festival me semble assez consistant dans la qualité.

  • #7

    princécranoir (mardi, 08 septembre 2015 22:54)

    Dans le lot, je suis Rigs et prends le Poe, même si les Danoiseries m'ont l'air fort sympathiques également (ça nous changera des errances dépressives du libidineux Trier)

  • #8

    Nola Carveth (mercredi, 09 septembre 2015 01:33)

    Journée consistante ! Poe demain, on verra bien. Je me demande si Klovn est rattrapable, pas forcément inspirée, mais pourquoi pas si l'occasion se présente. J'ai été plus lapidaire avec Moonwalkers, qui est justement trop soigné, trop propre (et en plus je n'ai pas ri). Une telle production pour un premier film : c'est du bon boulot, mais ça manque cruellement de personnalité. Et NH10 je pense que c'est mort, mais on ne peut pas tout voir !

  • #9

    Roggy (mercredi, 09 septembre 2015 09:47)

    A Princécranoir,
    Tu as du Poe avec ce film à sketchs et le film danois a été un vrai révélation dans un style débridé et jouissif. Si tu as la chance de croiser sa route...

  • #10

    Roggy (mercredi, 09 septembre 2015 09:55)

    A Nola Carveth,
    Une bonne grosse journée comme on les aime ! Si tu n'as pas ri à "Moonwalkers", tu devrais trouver ton pesant de rigolade avec "Klovn forever". C'est un ressenti qui n'engage que moi. Pour "NH 10", le film est largement dispensable au vu de la programmation.

  • #11

    Nola Carveth (mercredi, 09 septembre 2015 11:55)

    Klovn Forever prévu cet aprem (j'espère rigoler !) ! NH10 écarté sans remords.

  • #12

    Roggy (mercredi, 09 septembre 2015 17:20)

    J'espère que tu ne me maudiras pas après la projection du film :)

  • #13

    Nola Carveth (mercredi, 09 septembre 2015 22:51)

    Bon, ce n'était pas la révélation du siècle, j'ai souri quand même, mais je ne sais absolument pas quoi en dire ! J'ai bien aimé le ton du début, mais moins ensuite à LA. Et puis bon, c'est un film d'amitié masculine qui parle peut-être plus aux gars, je ne sais pas.

  • #14

    Roggy (mercredi, 09 septembre 2015 23:06)

    Je te rassure, les amitiés masculines ne finissent pas forcément en partageant leurs femmes et en se tapant dessus :) En plus, je ne peux même pas rembourser ta place...

  • #15

    Nola Carveth (mercredi, 09 septembre 2015 23:13)

    Non, mais bon, je me comprends (c'est l'essentiel, j'ai envie de dire^^). Hola, si on n'allait voir que des choses dont on connaît le résultat... en plus c'est gratis ;)

  • #16

    Roggy (mercredi, 09 septembre 2015 23:19)

    Je suis sûr que la nuit passant dessus, demain matin, tu auras un meilleur avis sur le film :)

  • #17

    Nola Carveth (mercredi, 09 septembre 2015 23:28)

    On verra bien... J'ai un peu réévalué The Invitation depuis hier, donc bon.

  • #18

    Roggy (mercredi, 09 septembre 2015 23:33)

    Ca, c'est une bonne nouvelle :)