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8e Jour

Jeudi 10 septembre 2015


Trois films au programme de ce jeudi ensoleillé avec de la sorcellerie américaine (Another), de la comédie danoise (Men and Chicken) et un film de guerre fantastique français (Ni le ciel, ni la terre).


ANOTHER – Fantastique – USA – 2014 – Jason Bognacki

Pitch : Très jeune, Jordyn a été adoptée après le décès de ses parents. À vingt ans, il est temps pour elle de découvrir ses racines et la vérité sur ses origines pour le moins démoniaques…


Tourné en 2 ans pour 30 000 $ environ quand il pouvait, le film de Jason Bognacki était censé représenter un hommage à un tout pan du cinéma de genre dont les têtes de proue seraient en autre, Dario Argento et Jess Franco. Le résultat final s'apparente plus à un épisode d'Hollywood night qu'à une œuvre référentielle comme citée dans le générique de fin.

La 1ère séquence est pourtant assez belle avec cette séance satanique dans une grotte. En revanche, la suite du film n'est pas du même tonneau car le réalisateur abuse de longs ralentis et d'images flous pour illustrer la descente aux enfers de Jordyn (Paulie Redding) traînant ses grands yeux noirs magnifiques comme une âme en peine. A la recherche de ses origines, elle devra subir tous les poncifs inhérents aux films sataniques avec l'apparition du chiffre 666 sur le réveil, du visage déformée dans le miroir de la sorcière ou diablotine Maria Olsen (vue dans Starry Eyes et dans Paranormal activity 3).

Pour illustrer la transformation de Jordyn qui commence à se faire posséder, Jason Bognacki use d'angles de prise de vu originaux (c'est bien connu que le diable se cache dans les angles, le coquin...) mais se perd dans une esthétique de téléfilm américain visuellement très laide. Le ponpon sur les cornes étant qu'entre deux dialogues de révélation avec la grand-mère possédée par l'esprit sain (c'est ce qu'on dit pour se rassurer), cette dernière s'oppose à sa sœur maléfique (mâchoire proéminente en avant) à coups de boules d'énergie « sangokesque » orangé visuellement raté et très cheap (Atari ou Amstrad ?)

Au final, Another n'atteint pas sa cible du fait d'un scénario éculé, de stéréotypes d'imagerie satanique, de références cinématographiques illisibles et d'un choix artistique visuel assez particulier. Difficile d'accès à part peut-être pour la jeune femme devant moi au pentagramme tatoué au bas de la nuque. Tiens, je pourrai en faire un moi aussi, mais où...


Note : 2 / 6


 

MEN AND CHICKEN – Comédie – Danemark – 2015 – Anders Thomas Jensen

Pitch : Après le décès de leur père, Gabriel et Elias découvrent qu’ils ont en réalité été adoptés. Ils décident de repartir retrouver leurs vraies racines qui les mèneront sur une île bien étrange.


Anders Thomas Jensen est bien connu pour être l'auteur des très estimés Les Bouchers vertset Adam's apples. Il nous revient après 10 années sans réalisation avec cette comédie loufoque flirtant avec le fantastique.

Si le film commence comme un drame familial, il prend très vite les contours de la comédie aux allures non-sensiques dès que les deux frères partent sur l'île pour retrouver leur père. Sur place, ils tomberont sur une progéniture composée de trois frères issus du même père possédant tous la même difformité, en l'occurrence un bec de lièvre. Pour son retour au cinéma en tant que réalisateur, Anders Thomas Jensen convoque les plus grandes stars du cinéma danois à commencer par Mads Hannibal Mikkelsen qui s'en donne à cœur joie en dingo à moustache et moumoute frisée. On reconnaît aussi Nikolaj Lie Kaas (Les enquêtes du département V) ou Nicolas Bro (Nymphomaniac).

Toute une clique de dégénérés hurlant et se battant à coups d'animaux empaillés pour n'importe quelle raison dans une demeure en ruine et au milieu d'animaux de la ferme occupant la plupart des pièces. Coincés là depuis toujours, leur comportement est à la fois régressif, enfantin et outrancier. Une folie ambiante qui rappelle le O'brotherdes frères Cohen avec en plus une relation très particulière aux animaux qui ne servent pas que pour la nourriture.

Très bavard, le film est malgré tout agréable à suivre (Mads Mikkelsen est irrésistible en doux-dingue masturbateur) dans ses diverses péripéties, notamment les repas communs, les parties de badminton et les relations conflictuelles entre ses frères de nouveau réunis. Pourtant, il manque un grain de folie au film comme dans les précédentes réalisations de Anders Thomas Jensen. Men and chicken ne va pas assez loin dans le glauque et l'absurdité. Touchant à tous les styles, le métrage ne parvient pas à se fixer une ligne de conduite et tourne progressivement en rond. Même les révélations finales deviennent très prévisibles quant aux expériences réalisés par le chef de famille.


Note : 3+/ 6


 

NI LA TERRE NI LE CIEL – Fantastique – France – 2015 – Clément Cogitore

Pitch : Lors d’une mission de surveillance en Afghanistan, les hommes du capitaine Bonassieu disparaissent mystérieusement tandis que la situation dégénère petit à petit avec la population locale.


Cette première réalisation de Clément Cogitore a été tournée dans les décors naturels grandioses des montagnes marocaines où une caméra immersive suit au plus près les soldats français dans leur quotidien de surveillance. Si les rapports avec les habitants du village voisin et les Talibans sont réussis, l'élément fantastique latent n'est peut-être pas assez développé.

Ni le ciel ni la terre, extrait d'une sourate du Coran, ressemble au départ à un documentaire où la vie de ces militaires consiste à empêcher les incursions ennemis à la frontière. Embuscades sporadiques et villageois interrogés rythment la vie du camp dans un visuel qui n'est pas sans rappeler le très bon Ennemi intime de Florent Emilio Siri qui avait pour cadre la guerre d'Algérie. La disparition mystérieuse de soldats va constituer le déclencheur d'une peur insidieuse et mystérieuse s’immisçant dans les âmes soit religieuses de certains, soit rationnelles chez d'autres. C'est le cas du Capitaine Bonssieu, interprété par l’excellent Jérémie Rénier (Cloclo) qui, ne voulant pas abandonner ses hommes, veut les retrouver par tous les moyens jusqu'aux limites de la folie.

Le problème du film est qu'il ne parvient à verser totalement dans l'élément fantastique, comme s'il avait du mal à s'affranchir de son aspect film d'auteur. En cela, il rejoint le raté Djinns de Hugues et Sandra Martin. Sans compter des scories de son ne permettant pas de comprendre tous les dialogues et certains acteurs au jeu très limite (à noter l'apparition sporadique et risible de l’aumônier). La fin du film devient ainsi plus poussive en tournant autour de la compréhension des disparitions, alors qu'elle aurait pu générer d'autres possibilités en exploitant encore plus le côté mystique de la religion.


Note : 3 / 6

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Commentaires: 5
  • #1

    Avel (vendredi, 11 septembre 2015 15:16)

    Another : je serai curieuse de le voir, le sujet me plait.
    Ni le Ciel, Ni la Terre : un film français fantastique ! En lisant ça j'étais contente. Un peu moins quand tu l'as comparé à Djins. :s Quitte à mettre du fantastique dans un film, autant qu'il soit présent. Je n'aime pas quand ça traine. T_T Du coup j'ai pas trop envie de le voir.

  • #2

    Rigs Mordo (vendredi, 11 septembre 2015 21:24)

    Et ben ça semble pas folichon tout ça... Men and Chicken peut éventuellement se laisser voir et Ni le ciel, ni la Terre a un pitch intéressant mais à te lire on comprend que c'est pas franchement bien employé. En plus tu lâches le mot "auteur", donc là direct je cours en sens inverse!

  • #3

    Roggy (samedi, 12 septembre 2015 00:35)

    A Avel,
    Les deux films du jour sont difficiles d'accès et la proposition fantastique n'est pas réellement aboutie. Même si "Ni le ciel, ni la terre" est mieux construit. En fait, si tu as autre chose en voir en priorité...

  • #4

    Roggy (samedi, 12 septembre 2015 00:38)

    Ah ! Ah ! Rigs, j'ai parlé de cinéma d'auteur mais c'est un grand mot pour qualifier le film. Certes, il est assez lent et il faut lui laisser le temps de mijoter. Bon, le résultat final n'est pas trop emballant.

  • #5

    Nola Carveth (lundi, 14 septembre 2015 19:33)

    Ni fait ni à faire, Another ! Je peux être indulgente avec les effets spéciaux, mais les affreuses flammes qu'il nous envoie, c'est juste pas possible. Et puis ça n'a ni queue ni tête, franchement. Et en fait je suis d'accord avec ce que tu dis sur Ni le ciel ni la terre. Sauf qu'étrangement, chez moi, ça a fonctionné (un peu à l'usure, je l'avoue).