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3e Jour

En ce début de week-end, 3 nouveaux films sont venus remplir mon escarcelle avec de l'étrangeté américaine (Upstream color), de la comédie vampirique japonaise (Yakuza apocalypse) et un petit thriller nécrophile espagnol (The corpse of Anna Fritz).



UPSTREAM COLOR– Bizarre – USA – 2013 – Shane Carruth

Pitch : À l’aide d’un ver qu’il fait ingurgiter à ses victimes, un homme arrive à contrôler des personnes qu’il séquestre. Contaminés, Kris et Jeff vont tenter de se reconstruire.


Heureusement que le pitch est là pour m'aider à expliquer le dernier film de Shane Carruth (également scénariste et acteur du film). Ce dernier s'était fait connaître en 2004 avec son 1er film de SF Primer, réalisé sans moyen mais à la très bonne réputation.

Autant le dire d'emblée, l'histoire du film est difficilement racontable. Si le début est mystérieux, d'une grande beauté visuelle et porté par une musique envoûtante, il n'en est rien de la suite, comme si le réalisateur avait l'ambition de perdre volontairement son spectateur. La première demi-heure est appréciable avec cet homme qui manipule une femme (Kris) à l'aide d'un ver qu'il a introduit suite à une agression Aliénée, elle devient sa marionnette jusqu'à retirer en totalité son compte en banque. A la fin, Kris ne sait plus où elle en est, le ver s'est reproduit et se ballade sous sa peau.

C'est ensuite que le film prend un tournant abscons quand la jeune femme se rend chez un éleveur de cochons pour se faire soigner et recevoir une transfusion sanguine de la bestiole (nos cousins génétiques). Apparemment sauver, Kris reprend sa vie et rencontre Jeff, qui lui aussi semble avoir subi le même sort. Pendant plus d'une heure les scènes se succèdent alors, alternant le personnage de Kris, Jeff et de l'éleveur qui passe son temps à écouter le bruit de la nature à l'aide d'un outillage sophistiqué (!?!).

Peut-être que cela a un sens pour le réalisateur. En revanche, le spectateur reste sur le pas de la porte de son délire parce qu'on ne lui a pas laissé les clés pour entrer et partager son désir de cinéma. Certes, les images sont belles et se rapprochent dans un sens du travail de Terrence Malick dans ses dernières tentatives. Une histoire d'amour, un enchevêtrement de scènes comme un puzzle désorganisé, censé dire quoi au final ?

Film sur la manipulation (celle du spectateur ?), sur les modifications génétiques et le déterminisme ? Upstream color reste donc optu et déclenche l'ennui sur la fin. Seul l'auteur du film sait ce qu'il a voulu dire et s'est bien gardé de nous le faire partager. Tant pis pour lui.


Note : 2 / 6

 

 

YAKUZA APOCALYPSE– Comédie fantastique – Japon – 2015 – Takeshi Miike

Pitch : Kamiura, chef yakuza respecté, est en réalité un vampire. Durant une rixe, il est battu à mort, et a juste le temps de mordre Kageyama, sa plus fidèle recrue. Ce dernier va contaminer à son tour d’autres mafieux et venger son ancien maître.


A l'instar de son compatriote Sono Sion, Takeshi Miike est capable de réaliser des films que l'on qualifiera de "construits" comme 13 assassins mais aussi de longs-métrages où le sens du mot scénario s'est perdu dans les limbes de ses propres délires. Yakuza Apocalypse fait partie de cette deuxième catégorie.

Certes, le début du film est des plus classiques en révélant une réalité prégnante au Japon. Le contrôle de la société par les yakuzas. Progressivement, le film bascule dans le fantastique dans la mesure où le chef est un vampire et où deux personnages débarquent en ville pour le tuer. Une espèce de prêtre avec un mini cercueil dans le dos et un petit personnage qui n'est autre que Yayan Ruhian, le Mad dog de The Raid. A ce moment-là, le scénario se transforme en sushi atomique et les scènes de dialogues posées alternent avec les situations comiques et dingues comme celle réussie du sous-sol où sont enfermés des citoyens pour nourrir le chef des yakuzas.

Sans compter que Miike a plus d'un tour dans son esprit, n'hésitant pas à faire intervenir des personnages du folklore japonais comme un homme-tortue (Kappa). Mais, le clou du spectacle vaut surtout pour l'arrivée de la star du film, l'homme-grenouille. Enfin, un homme engoncé dans un déguisement de grenouille que l'on pourrait imaginer dans une soirée de 31 décembre, mais à la technique martiale irrésistible. Un personnage haut en couleur et extrêmement drôle qui résume bien à lui seul les délires visuels du réalisateur japonais. Maintenant que le scénario a pris la poudre d'escampette, le film se résume à une série d'affrontements entre Kageyma et ses ennemis au milieu d'une population passée du côté vampirique et d'un Casimir asiatique moins vraie que nature.

Au final, Yakusa Apocalypse est un film de gangsters qui embrasse la thématique vampirique et tourne au film de monstre géant dans une ambiance décalée et non-sensique. Soit on déteste, soit on passe un bon moment. Malgré quelques longueurs (plus de 2 heures de film), le métrage est assez drôle et vaut d'être vu pour le personnage de l'homme-grenouille qui mériterait qu'on lui consacre un biopic.


Note : 3+ / 6

THE CORPSE OF ANNA FRITZ– Thriller nécrophile – Espagne – 2015 – Hector Hernandez Vicens

 

Pitch : Anna Fritz, une actrice célèbre à la beauté troublante, vient de décéder. Trois jeunes garçons se faufilent jusque dans la morgue où Anna repose, afin de la voir nue. Fascinés par la beauté de la jeune morte, ils décident de lui faire l'amour avant ses funérailles.


Si le thème de la nécrophilie a inspiré quelques réalisateurs un peu déviants comme Nekromantik ou, dans une catégorie plus soft Deadgirl en 2008, The corpse of Anna Fritz ne vogue pas réellement dans cette trame-là. Ce n'est ici que le point de départ d'un petit thriller malin où les événements et les contres-temps s'enchaînent sans ennui, même si le viol du cadavre en question ne sera pas éludé par le réalisateur.

The corpse of Anna Fritz est en fait un huis-clos où trois amis vont pénétrer dans la morgue qui renferme le corps sans vie de la célèbre actrice, et ce grâce à la complicité de Pau qui y travaille. A partir de cet instant, la situation dégénère à la suite des rapports sexuels non consentis qui seront la cause de bien des ennuis pour les trois protagonistes. Sans déflorer les événements, force est de constater que Hector Hernandez Vicens parvient à utiliser au mieux la morgue et l'extérieur du bâtiment en maîtrisant l'unité de lieu et de temps. La durée courte du film (75 minutes) et son dynamisme font que le spectateur ne se retrouve jamais seul face à lui-même.

On pourrait éventuellement reprocher au film de ne pas enclencher de réflexion poussée sur les affres de la célébrité ou d'aller plus dans la transgression (quoique c'est déjà pas mal). Ce n'est pas, à mon sens, l'ambition du réalisateur qui s'attache à construire un thriller avec peu de moyens et d'acteurs coincés dans une situation qui dégénère. Mention spéciale à Alba Ribas (vue dans Animals) dans le rôle d'Anna Fritz qui joue quasiment nue en permanence. Même si le film est comparé à l'excellent Buried, il n'atteint jamais son intensité dramatique, mais se laisse regarder avec plaisir. Pour un 1er film, c'est plutôt original et cela montre le dynamisme du jeune cinéma de genre espagnol dont les réalisateurs hexagonaux pourraient s'inspirer (A bon entendeur).


Note : 4 / 6

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Commentaires: 7
  • #1

    Nola Carveth (dimanche, 06 septembre 2015 13:59)

    On partage le même sentiment sur Upstream Color : on aimerait comprendre, et l'esthétique et la mise en scène sont intéressantes, mais au final c'est hermétique. Pas un naufrage, mais une énigme un peu trop obscure. Je pense que je ne verrai pas le Miike. Et The Corpse of Anna Fritz, en effet, malin, bien réalisé, pas de réflexion très poussée, mais il remplit le contrat du thriller sans baisse de rythme. To be continued :)

  • #2

    Rigs Mordo (dimanche, 06 septembre 2015 14:47)

    Avec Roggy, on fait le tri! Bon ben je garde le Miike et j'oublie les deux autres! Le trailer de Yakuza Apocalypse me faisait déjà de l'oeil, même si tu as des réserves je pense que ça peut me plaire pour l'homme-grenouille. Beau compte-rendu, as always, Roggy-Rolla.

  • #3

    Roggy (dimanche, 06 septembre 2015 23:38)

    A Nola Carveth,
    Il y a tellement de Miike à voir que tu pourras te rattraper :) Une petite journée au final, si on la compare à celle d'aujourd'hui :) A suivre donc !

  • #4

    Roggy (dimanche, 06 septembre 2015 23:40)

    A Rigs Mordo,
    Je crois que tu fais le bon choix l'ami ! Merci pour ta fidélité en tout cas, et je vais essayer d'être encore à la hauteur. A bientôt.

  • #5

    Dirty Max (lundi, 07 septembre 2015 09:25)

    Bon là, je ne peux résister à The corpse of Anna Fritz, les histoires de nécrophilie font en règle générale de bien beaux films (si, si). Et puis, l'affiche est très poétique, avec ce gros plan sur cette caresse post-mortem...

  • #6

    Roggy (lundi, 07 septembre 2015 10:07)

    Je reconnais bien là ton côté déviant Max :) même si le film est plus un thriller malin qu'un film sur la nécrophilie, malgré la situation de départ.

  • #7

    Nola Carveth (mercredi, 09 septembre 2015 11:58)

    Oui, c'est dommage, d'ailleurs (oups). Mais le film est réussi, dans le genre thriller.