690 chroniques de films

  28 chroniques de séries

Ma pin-up du mois

Devine qui vient dîner le 31 ?
Devine qui vient dîner le 31 ?
PIFFF 2018
PIFFF 2018
Soirée "Enfants méchants" à la Cinémathèque
Soirée "Enfants méchants" à la Cinémathèque

Ma Blogothèque cinéphilique

Suivre le site
Suivre le site

 

 

THE MONSTER

 

GENRE : Je ne suis pas un monstre

REALISATEUR : Bryan Bertino

ANNEE : 2016

PAYS : USA

BUDGET : 2 700 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Zoe Kazan, Ella Ballentine, Scoot Speedman...

 

 

RESUME : Une mère et sa fille terrifiée sont prisonnières et tourmentées par une créature sans pîtié.

 

MON HUMBLE AVIS

Bryan Bertino n’est pas un jeunot dans le genre, il s’était fait connaître avec le surestimé The strangers qui avait obtenu un joli succès outre-Atlantique. Après un autre home invasion au format found footage Mockingbird, le réalisateur se démarque avec The monster en filmant une histoire de monstre dans les bois à hauteur d’enfant, néanmoins coincé dans un écrin dramatique trop petit pour lui.

The monster débute comme une histoire de famille très classique avec cette jeune mère de famille Kathy (Zoe Kazan, Ruby Sparks) qui élève sa fille Lizzy (Elle Ballentine, Captives) et semble avoir du mal à assumer son rôle, perdue entre addiction à l’alcool et séparation d’avec le géniteur de la fillette. Des relations difficiles mises en exergue au moment où le duo prend la route afin de filer la gamine à son père. Sauf qu’en chemin, elles vont faire une mauvaise rencontre en tamponnant une bestiole qui les oblige à rester sur le bord de la chaussée. Un lieu sombre et pluvieux propice à l’apparition du fameux monstre du titre. Il faudra néanmoins être patient pour le voir (45 minutes) au sein d’un scénario tentant de ménager un suspens de façon excessivement artificielle.

Malgré le background dramatique, on se fout un peu du sort des deux héroïnes tandis que le réalisateur nous balance régulièrement des flashbacks pour montrer le combat de la mère contre l’alcool et une violence prégnante, des insultes jusqu’aux coups. Le problème est que ce dispositif gonflé mécaniquement ne génère pas beaucoup d’empathie pour les personnages et ralentirait même un rythme déjà très poussif. Une fois la voiture arrêtée sur le bord de la route, les personnages et les situations sont sans surprise voire stéréotypées comme si tous les protagonistes ne faisaient que de mauvais choix, à l’image du dépanneur Jesse (Aaron Douglas ) restant des plombes sous la voiture pour la réparer qui plus est sous une pluie battante.

Pourtant, la photographie et le soin dans la mise en scène laissaient augurer un spectacle de qualité plombé sur la durée par un script digne d’une série B du samedi soir. Cela aurait plutôt tendance à nous mettre en joie, mais ici pas de jeunes cons à dessouder, juste une mère et sa fille attendant que la bestiole veuille bien donner de ses nouvelles. Une créature qui s’avère d’une laideur sans nom rappelant celle de Feast pour sa dentition proéminente et d’une vieille chauve-souris qui aurait baisé avec un loup-garou. Un vieux clou rouillé en guise de spectacle ne rattrapant jamais une intrigue anémique entrelardé de retours en arrière censés nous expliquer les traumas des deux personnages principaux. Ce qui ne justifie rien hormis peut-être l’envie de se battre et cet instinct de survie des deux héroïnes prenant sa source dans leurs histoires personnelles. Encore une fois, le scénario les pousse à faire n’importe quoi pour s’échapper (surtout qu'elles arrivent à comprendre la faiblesse de la bête) alors que cette dernière erre autour d’elles et fait voler un bras dans les airs avant d’atterrir sur le capot de la voiture comme s’il avait été jeté par un assistant (ce qui est certes le cas…).

Dépourvu d’enjeux, une gamine insupportable, des comportements décalés, The monster ne plaide pas en sa faveur malgré une technique irréprochable et les oripeaux du monster movie, limite à la Godzilla puisqu’on soupçonne un cascadeur d’avoir enfilé la défroque de cet hybride recouvert d’un drap sombre (il possède des accointances dans le genre avec le médiocre film de loup-garou Howl). Quant au climax, il est du niveau du reste du métrage entre sacrifice de rédemption et combat à l’aide d’un briquet et d’un vaporisateur. Etrange, à l’image de l’ensemble du long-métrage, le cul entre deux chaises et en plus pas à la même hauteur. Difficile de faire coexister le drame intimiste et le film de monstres avec quelques plans sanglants aux limites du Bis, en extrapolant le propos sur le dépassement de soi pour nous faire comprendre que les monstres méchants ne sont pas tous tapis dans les bois. Merci Bryan.

 

2,5/6

 

Écrire commentaire

Commentaires: 4
  • #1

    Rigs Mordo (vendredi, 23 février 2018 15:14)

    Je ne sais plus qui l'a maté et m'a dit que ce n'était pas bien fameux, tu confirmes visiblement. Bon en même temps quand tu me parles de drame intimiste, tu sais que moi je suis déjà parti depuis belle lurette :)

  • #2

    Roggy (vendredi, 23 février 2018 15:20)

    Le drame est surtout là pour illustrer les rapports conflictuels entre la mère et la fille. Ce qui n'apporte pas grand-chose au récit en fait. Et la partie horrifique n'est pas non plus très réussie.

  • #3

    Alice In Oliver (samedi, 24 février 2018 16:45)

    j'ai lu aussi des critiques un peu plus enthousiastes mais cette chronique mitigée a le mérite de calmer les ardeurs. De toute façon, le film ne fait pas partie de mes priorités

  • #4

    Roggy (samedi, 24 février 2018 17:06)

    J'ai également compris qu'il y avait des personnes qui avaient adoré...