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MUSE

 

GENRE : Inspiration noire

REALISATEUR : Jaume Balaguero

ANNEE : 2017

PAYS : Espagne/Irlande/Belgique/France

BUDGET : 5 000 000 €

ACTEURS PRINCIPAUX : Elliot Cowan, Ana Ularu, Manuela Vellés...

 

 

RESUME : Depuis un an, Samuel, professeur de littérature ancienne, fait chaque nuit le même cauchemar traumatisant où une femme est assassinée lors d’un rituel macabre. En apprenant dans la presse locale qu’un meurtre identique a eu lieu, il comprend que son rêve était prémonitoire. Alors qu’il cherche des réponses sur les lieux du crime, Samuel fait la rencontre de Rachel, une jeune femme qui affirme avoir eu les mêmes visions que lui. Ensemble, ils vont mener l’enquête pour percer le mystère… et entrer dans un monde contrôlé par des créatures terrifiantes : les Muses.

 

MON HUMBLE AVIS

Fini le temps où on attendait le dernier Balaguero la bave aux lèvres. L’auteur des magnifiques La secte sans nom ou Darkness na plus trusté les premières places du cinéma fantastique depuis sa bombe REC en 2007. Un titre qui aura engendré une pléiade de succédanés dans la mouvance de l’étalon Blair witch au milieu des années 90. Si le sympathique réalisateur de Fragile est toujours dans la course (le subversif et intéressant Malveillance en 2011), force est de constater que notre ibérique préféré peine à retrouver la stature qui est la sienne (REC 4 : Apocalypse est largement oubliable), celle de locomotive du cinéma ibérique de genre.

Et ce n’est pas avec Muse que Balaguero retrouvera les sommets. Sorti chez nous sous la forme d’un DTV, le film est l’adaptation du roman La Dame n°13 de José Carlos Somoza. Une histoire assez étrange de malédiction liée aux fameuses muses de l’Antiquité. D’habitude, elles inspirent les poètes et les écrivains. Dans ce long-métrage, ces gentilles demoiselles possèdent chacune un pouvoir particulier et carrément maléfique. Le professeur Samuel Solomon (Elliot Cowan, Hammer of the gods) en subit directement les conséquences après sa rencontre avec la mystérieuse Rachel (Ana Ularu, Inferno) et leur découverte d’un œuf ciselé renfermant un secret. Pire, les deux infortunés font le même cauchemar, l’assassinat d’une jeune femme. Bref, tout ne tourne pas rond dans la vie du professeur dont les visions se multiplient et commencent à causer des ennuis autour de lui.

Qu’est-ce qui cloche donc dans le nouveau Balaguero ? Sans doute un scénario trop alambiqué, des sous-intrigues ralentissant le propos et des personnages secondaires nombreux presque inutiles pour l’intrigue (Christopher Lloyd, le Doc de Retour vers le futur) en vieil homme cachant un secret et Franka Potente (Run, Lola run) en universitaire érudite et collègue de Solomon. De fait, le script prend les chemins de traverse après une entame relatant le suicide de l’amante de Solomon ou les déboires d’une prostituée sous le joug de son souteneur. Ces histoires sont certes importantes pour créer un background étoffé jusqu’au climax dévoilant l’origine du mal, mais ressemblent à des passages obligés et assez convenus propres aux films de maisons hantées ambiance occulte à la clé (les meurtres sont accompagnés de citations de célèbres poètes). Muse alterne ainsi une iconographie européenne aux accents Hammeriens tout en flirtant avec les gimmicks du thriller à énigmes où chaque tiroir du scénario contient une preuve supplémentaire.

Porté par une mise en scène élégante au milieu d’une campagne irlandaise mise en valeur par une belle photographie, Muse se perd trop souvent dans les circonvolutions de son scénar faisant intervenir les muses sous la forme de femmes fatales fantomatiques et vengeresses de manière trop artificielle, bannissant tout réalisme. Dommage, car l’environnement gothique et sombre donnent un aspect ésotérique au film mais ce dernier manque d’impact, de surprises et ne fait pas vraiment peur. On se fout finalement du sort des personnages et de l’histoire quelque peu claudicante où les fameuses muses ressemblent à la fois à des vampires physiquement présents et des fantômes hantant les rêves des protagonistes. Au final, Muse peine à convaincre sur la durée, même si l’ensemble est bien shooté (Balaguero quand même), la faute à une histoire certainement trop ambitieuse pour un scénario embrassant une foultitude de thématiques sans un budget plus conséquent. Allez Jaume, on croit toujours en toi et revient à ton cinéma horrifique plus viscéral.

 

3,5/6

 

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Commentaires: 3
  • #1

    titi70 (vendredi, 26 avril 2019 19:31)

    Pas si mauvais que certains ont voulu le dire, notamment si on le compare à Rec 4. Mais, Balaguero nous a clairement habitué à mieux, c'est certain.

  • #2

    alice in oliver (vendredi, 26 avril 2019 20:06)

    pas vu mais j'ai l'impression que les auteurs de Rec ne réitéreront pas de sitôt une telle prouesse dans le cinéma d'épouvante et encore, je ne suis pas non plus un amateur patenté de ce cru "zombique" espagnol...

  • #3

    Roggy (vendredi, 26 avril 2019 21:16)

    Comme vous le dites, le temps des nouveautés côté zombies est passé. Quant à Balaguero, il est encore très jeune et on peut espérer qu'il tombe sur un bon scénario. J'y crois encore même si "Muse" n'est pas de cette trempe-là.