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ICEMAN 3D

 

GENRE : Hibernatus

REALISATEUR : Law Wing-Cheong

ANNEE : 2014

PAYS : Hong-Kong

BUDGET : 250 000 000 $ HK

ACTEURS PRINCIPAUX : Donnie Yen, Eva Huang, Simon Yam..

 

RESUME : Un garde impérial et ses trois amis d'enfance ayant comme mission de le traquer sont accidentellement enterrés et enfermés dans la glace à l'abri du temps. 400 ans passent et alors qu'ils sont enfin décongelés, la bataille peut reprendre.

 

MON HUMBLE AVIS

Comment une des plus grosses productions cinématographiques Hong-kongaise peut engendrer un tel fatras de connerie ? La réponse se trouve dans ce remake d’un film de 1989 (Iceman cometh avec Maggie Cheung et réalisé par Clarence Fok) où le budget a explosé pour aboutir à un ratage sur toute la ligne (sachant qu’il doit y avoir une suite...). Il faut dire que le réalisateur Law Wing-Cheong, passé chez Johnnie To en tant qu’assistant tout de même, n’est pas aidé par un scénario perdu entre non-sens et ridicule.

Parce qu’il a été emprisonné dans les glaces, Iceman 3D commence par le réveil et l’arrivée de He Ying (Donnie Yen) dans notre monde contemporain à grand renfort d’éclairs très années 80 comme dans un vrai faux plagiat de Terminator. Petite différence, mais de taille, notre Hibernatus va uriner comme s’il possédait une lance à incendie. Une séquence au bon goût revendiqué et qui préfigure bien ce que sera la suite du métrage. Soulagé, notre héros saute sur un bus pour se déplacer à travers la ville (il utilisera ce moyen de locomotion dès qu’il pourra). Et c’est parti pour un festival d’action boursouflée, de dialogues insipides et de scènes grotesques. Le tout noyé dans un humour au ras de la bouche d’égout voire plongeant littéralement dedans quand He Ying, poursuivi par la police, lâche ses plus beaux excréments dans les toilettes pour les faire exploser comme une bombe puante se déversant avec bonheur sur les personnages ahuris (400 ans de merde concentrée, faut comprendre aussi...).

Même les reconstitutions historiques sont grotesques à l’image de celle qui voit He Ying se battre avec deux ennemis et s’échapper en faisant du bouclier des neiges comme dans une parodie de James Bond. Et encore, il y a bien pire quand ce pauvre Donnie Yen (loin de ses rôles dans Ip man ou SPL) cabotinant comme un âne enragé, découvre les nouvelles technologies, entre la nana hystérique qui s’est prise d’affection pour lui et son collègue homo maniéré. Jouant sur les anachronismes de la rencontre avec une télévision ou une tablette numérique, le film tombe dans la comédie de boulevard niaise comme un vulgaire ersatz des Visiteurs qui aurait bu l’eau des toilettes de L’île aux enfants... Pour le reste, le scénario se résume à une course-poursuite entre He Ying et ses deux adversaires eux aussi revenus du passé, de gags gênants et de situations improbables (Donnie Yen n’a jamais vu une tablette de sa vie mais est néanmoins capable de surfer sur le net comme un geek).

Si les scènes d’action sont assez efficaces (la baston dans la boîte de nuit), la dernière bobine envoie du lourd en confrontant nos trois soldats de la garde impériale sur le pont Tsing Ma Bridge. Enfin, sur une reproduction qui aurait coûté 50 Millions faute d’autorisations des autorités locales (syndrome Les amants du pont neuf). Affublées de leurs armes respectives (mais comment sont-elles arrivées là ?), les trois assaillants s’en donnent à cœur joie dans un déluge d’effets visuels outranciers (3D oblige), de ralentis, au milieu d’un amas de voitures accidentées sous les yeux médusés des conducteurs et du spectateur qui se demande encore pourquoi Donnie la menace chevauche ce cheval blanc en parant les balles avec une chaîne...

Au final, Iceman 3D est vraiment à prendre au 15edegré pour apprécier ce spectacle oscillant entre La cage aux folles, Austin Powers et Les Visiteurs. Après tout pourquoi pas, mais ce blockbuster botoxé aux dollars Hong-kongais n’est même pas vraiment divertissant mais plutôt consternant. A moins d’adhérer à l’humour scatologique et à l’épandage de matière fécale.


NOTE : 2 / 6


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Commentaires: 10
  • #1

    Rigs Mordo (vendredi, 13 novembre 2015 21:46)

    La toute dernière phrase pourrait me donner envie de le voir... Sinon rien que la dégaine de Donnie Yen sur la pochette laisse déjà présager le pire, il faut d'ailleurs dire que les asiatiques ont souvent du mal niveau blockbusters... Je le trouve plus à l'aise dans la Série B, globalement, ou en tout cas pas dans les gros films à effets spéciaux... Belle chro en tout cas, très fun à lire!

  • #2

    Alice In Oliver (vendredi, 13 novembre 2015 21:51)

    Visiblement un sacré nanar qui n'a pas peur du ridicule. Pourquoi pas, mais seulement pour rigoler

  • #3

    Roggy (vendredi, 13 novembre 2015 22:25)

    A Rigs Mordo,
    Je me doutais que cette dernière phrase te plairait l'ami :) mais, tu peux t'épargner un visionnage. Merci pour ton commentaire.

  • #4

    Roggy (vendredi, 13 novembre 2015 22:26)

    A Alice in Oliver,
    Seulement pour rigoler alors et pour halluciner devant ce blockbuster qui aura coûté bien cher au final pour un résultat...

  • #5

    Mr Vladdy (samedi, 14 novembre 2015 11:03)

    Le film fait un peu peur quand même. Je ne suis pas sûr de lui laisser sa chance un jour et ton avis me conforte sur ce fait ^^

  • #6

    princécranoir (dimanche, 15 novembre 2015 08:35)

    De la grosse prod bien formatée pour le bourrin de base de l'Empire du Milieu, si je ne m'abuse. J'ai bien compris que ça volait mille pieds au-dessous de Tsui Hark. Quant au pont dont tu parles, n'est-il pas plutôt pareil à celui des "amants" de Carax que des "enfants perdus" de Caro (et Jeunet).

  • #7

    Roggy (dimanche, 15 novembre 2015 20:20)

    A Mr Vladdy,
    Si tu aimes les nanars, alors n'hésite pas, sinon...

  • #8

    Roggy (dimanche, 15 novembre 2015 20:34)

    A Princécranoir,
    Tu as tout à fait raison l'ami ! je me suis trompé :) Merci d'être vigilant !

  • #9

    Plume / Dreampunk (mardi, 15 décembre 2015 21:39)

    Argh. L'original était très recommandable. Et Donnie Yen est d'ordinaire lui-même très recommandable (voir plus si affinité). Rien qu'au gag de l'urine, très chinois en effet, je vois globalement à quoi on a affaire. Dommage !

  • #10

    Roggy (mercredi, 16 décembre 2015 19:51)

    Pas vu l'original mais ce remake est vraiment un nanar de première. Et, oui l'urine et le caca...