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IRON SKY

 

GENRE : Les nazis dans l'espaaaaaaaaaaace !!!

REALISATEUR : Timo Vuorensola

ANNEE : 2012

PAYS : Allemagne/Australie/Finlande

BUDGET : 7 500 000 €

ACTEURS PRINCIPAUX : Julia Dietze, Christopher Kirby, Udo Kier...

 

 

RESUME : 1945 : Des nazis s’enfuient dans des soucoupes volantes pour créer leur base sur la face cachée de la Lune. Ainsi, ils pourront bâtir une armée plus forte, plus grande et plus puissante pour envahir de nouveau la Terre. 2018 : Ils sont de retour...

 

MON HUMBLE AVIS

A cause de la crise du logement qui sévissait en Argentine après la seconde guerre mondiale, les nazis décidèrent de migrer sur la face cachée de la Lune pour enfin trouver un havre de paix et jouir d'une tranquillité bien méritée auprès de leur Fräulein. Logique. Sauf que, pendant que la Terre se la coulait douce, nos chères têtes blondes fomentaient leur retour pour à nouveau conquérir le monde. Une invasion prévue pour 2018. Pendant la Coupe du monde de foot chez Poutine donc…

Pour son premier film, le finlandais Timo Vuorensola tape dans la nazisploitation, bien connue des cinéphiles pour ses outrances visuelles, pour réaliser un long-métrage très soft au regard du sujet partant plutôt sur les terrains bourbeux de la gaudriole. Le ton est donné lors de la première scène qui voit une mission américaine alunir avec un objectif publicitaire affiché, faire réélire la Présidente des Etats-Unis (sosie de Sarah Palin) et, en sous-main, trouver des gisements d'Helium 3 (Un gaz très utile pour gonfler l'ego de nos politiciens). Nos astronautes tombent alors sur une exploitation dudit produit mais également sur des soldats du 3e Reich qui s'empressent de capturer la célèbre gravure de mode James Washington (Christopher Kirby vu dans Predestination), envoyée sur la Lune pour faire le buzz (c’est comme si Obama allait faire le con au G7).

Un pitch délirant et servi par des effets spéciaux bluffants pour une telle production. Nanti d'un budget conséquent de 7,5 millions d'euros et rallongé sur la fin grâce à un Crowfunding ayant permis de rassembler presque un million de biftons (sûrement des nostalgiques de la petite moustache au milieu), Iron sky délivre des plans dans l'espace et des décors d'une très grande tenue visuelle (bon, on voit bien quelques fils qui dépassent dans les coins mais rien de grave). On peut d'ailleurs se demander si l'ensemble des Marks dépensés n'est pas parti dans les SFX car tout le reste semble flotter entre la série B cheap et le Z assumé. Si le film commence sur les chapeaux de roues d'un Panzer (avec un plagiat décalé de la musique de Carmina Burana) force est de constater que la suite peine à convaincre du fait d'un scénario s'étant trop vite fait la malle pour tenir sur la durée règlementaire.

Le réalisateur tente bien de jouer sur les décalages comiques et les anachronismes entre des nazis n'ayant pas trop évolué dans leur façon de vivre et un astronaute black symbole que la Terre a continué de tourner sans eux. On suit ainsi Klaus Adler (Gotz Otto, La chute) sorte d'Iznogoud nazi et sa future compagne Renate Richter (Julia Dietze, 205 Room of Fear) éduquant une jeunesse blonde biberonnée aux extraits choisis du Dictateur de Chaplin pour valoriser leur art de vivre (un comble). Il est ainsi difficile de recréer un monde crédible et ce, malgré une station lunaire en forme de croix gammée (!) et l'apport du regard de braise d'Udo Chair pour Frankenstein Kier en commandant suprême et successeur d'Hitler. Sans oublier ce satané “Nazi elbow” les obligeant à lever le bras droit en vociférant à chaque fois qu'ils se croisent...

Parce qu'on n'est pas dans un film de Mel Brooks, la parodie a du mal à décoller malgré la bonne volonté du projet et quelques idées intéressantes (une espèce de Docteur Mengele ressemblant à Einstein transforme Washington en albinos blanc) et le départ d'Adler pour la planète bleue dans le but de préparer la future invasion dans une soucoupe volante très 50’s. Ce qui aurait pu relancer l'intérêt du film s'avère au final une mauvaise idée. Les séquences s'enchaînent trop rapidement sur Terre tandis que les nazis de l'espace ont réussi à rencontrer la Présidente des USA et hop, trois mois plus tard, pris d’une Macronite aïgue, on retrouve tout ce beau monde affublé d'une imagerie proche de celle des croix gammées sans que personne n’y trouve à redire. Cette partie s’avère poussive, voire bâclée et ralentit le rythme au détriment d’un humour balourd et de situations grotesques.

En revanche, notre intérêt est relevé dans la dernière bobine quand ces bons Aryens lancent leur flotte galactique pour conquérir la Terre. Des images magnifiques de gros porteurs balançant une armée de petites soucoupes se déversant sur un New-York aux abois dans un remake d'Independance day que n’aurait pas renié ce bon vieux Roland. Pas si mal pour cette petite production dont les scènes de bataille et les explosions donnent le change au milieu d'habitants (sont pas des milliers non plus) apeurés. Certainement les meilleurs moments du film avec cette iconographie Steampunk des vaisseaux faisant penser au désormais oublié Capitaine Sky et le monde de demain de 2003. A cela, il faut ajouter les sympaboches combattants au sol, sortes de Stormtroopers nazis ou les pilotes de vaisseaux en cousins germains de Dark Vador. Comme une cerise sur le casque à pointe, la coalition terrienne possède elle aussi une flotte intergalactique (Co-production oblige, même les Australiens sont là) afin de contrer ces envahisseurs de la planète d’à côté. On pense même au dessin-animé de notre enfance Goldorak quand, depuis la face sombre de la lune, l'empire de Véga et son Grand Stratéguerre nous balançait des Golgoks plus véners les uns que les autres. Iron Sky pourrait en être une version live, sans les monstres, faut pas charrier non plus.

Au final, Iron sky reste un long métrage assez sympathique, une uchronie au concept fou et à la direction artistique réussie. Il est dommage que le reste du film ennuie dans un scenario devenant prétexte à un comique répétitif, des dialogues et des acteurs en roue libre. Des défauts rédhibitoires sur la durée compensés par des effets spéciaux et un visuel science-fictionnel très beaux, alors qu'un Iron sky 2 est annoncé pour 2018. Choisis ton camp Her lector… et merde, ça y est, j’ai le bras droit qui pointe...

 

3/6

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Commentaires : 9
  • #1

    Rigs Mordo (mercredi, 07 juin 2017 19:36)

    Super chro, très drôle, pour un film que je pensais avoir... alors qu'en fait j'ai en dvd SS Troopers! Bon, je me presserai pas pour voir celui-ci tout de même, on va pas se mentir, surtout si c'est balourd...

  • #2

    Roggy (mercredi, 07 juin 2017 19:40)

    C'est pas toujours finaud c'est vrai malgré des effets visuels très réussis. Quant à SS Troopers, c'est la version Asylum du pauvre :)

  • #3

    Adrien / Plume (jeudi, 08 juin 2017 01:03)

    Ouais comme tu dis, le film alterne entre le concept de base ultra B/Z (tout le marketing tournait autour de ça), une histoire qui hésite entre la parodie pure, la critique sociale (très mauvaise) et une intrigue sérieuse, et une allure générale qui se tient plutôt bien visuellement.
    C'est assez schizophrène en fait parce que personne sera servi. Le type qui veut se marrer va devoir se taper des séquences politico-critique bizarres (surtout dans le concept où la Terre de 2018 est limite pire que les Nazis, WTF ?), le gars qui veut une vraie intrigue aura plein de séquences bêbête, et le film est presque trop "beau" pour ce qu'il est.
    L'invasion de la Terre aurait dû être la menace a erradiquer, et toute la dernière partie avec les batailles spatiales, l'invasion, etc, est franchement pas terrible et fout en l'air l'idée marrante de "des Nazis sur la lune !"

    En fait en-dehors d'Udo Kier, le film m'a pas franchement emballé, la conclusion m'a fait rouler des yeux et j'ai l'impression qu'on a totalement effleuré le concept de la base lunaire et de la société Nazi spatiale.

    S'avez quoi ? SS Troopers (Nazis on the Center of the Earth ça claquait mieux) est limite plus réussi. Parce que c'est aussi cheap à quoi on s'entend, ça joue a fond son idée "nanar" (un Mecha Hitler) et sa seule rupture de ton c'est lorsque ça bifurque dans l'horreur pure dès le début du film.
    Testez-le. En plus y a Jake Busey.

  • #4

    Alice In Oliver (jeudi, 08 juin 2017 13:36)

    Je dois avouer que je ne connais pas mais l'idée est originale et sympa en tout cas

  • #5

    Roggy (jeudi, 08 juin 2017 19:09)

    A Adrien/Plume,
    Merci pour le conseil Adrien ! Je pensais que ce succédané serait pire.

  • #6

    Roggy (jeudi, 08 juin 2017 19:11)

    A Alice in Oliver,
    Si tu lis le post juste au-dessus d'Adrien, il faut apparemment tester "Nazis on the Center of the Earth" ;)

  • #7

    Alice In Oliver (vendredi, 09 juin 2017 12:12)

    Parcontre, je le connais celui là. Une production Asylum si je ne me trompe pas

  • #8

    princécranoir (dimanche, 11 juin 2017 12:28)

    Remets tes mains dans les poches Roggy, ne te laisse pas emballer par le côté obscur de la moustache. :-)
    Bien belle chronique pour un film qui personnellement m'avait particulièrement réjoui. C'est pas Mel Brooks (encore je ne sois pas un grand connaisseur de la Mel touch), mais quand même, ça a le mérite d'être drôle.

  • #9

    Roggy (dimanche, 11 juin 2017 17:44)

    Merci Princécranoir et je te rassure, mon bras droit va bien :)