623 chroniques de films

  25 chroniques de séries

Ma pin-up du mois

Dis donc, tu viens plus dans les soirées ?
Dis donc, tu viens plus dans les soirées ?
PIFFF 2017
PIFFF 2017
Soirée "Enfants méchants" à la Cinémathèque
Soirée "Enfants méchants" à la Cinémathèque

Ma Blogothèque cinéphilique

Suivre le site
Suivre le site

BIG BAD WOLVES


GENRE : Tsahal fait mal

REALISATEUR : Aharon Keshales et Navot Papushado

ANNEE : 2014

PAYS : Israël

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Tzahi Grad, Lior Ashkenazi, Rotem Keinam...


RESUME : Une série de meurtres d’une rare violence bouleverse la vie de trois hommes : le père de la dernière victime qui rêve de vengeance ; un policier en quête de justice qui n’hésitera pas à outrepasser la loi ; et le principal suspect – un professeur de théologie arrêté et remis en liberté suite aux excès de la police. Forcément, ça ne peut pas donner une enquête classique…


MON HUMBLE AVIS

Le cinéma israélien existe et, depuis quelques années, le genre commence à émerger avec notamment un film d’horreur qui s’est fait remarquer dans divers festivals. Le bien méchant Kalevet (ou Rabies pour l’international). Un 1erfilm du duo de réalisateurs également à l’origine de ce Big bad wolves aux relents de soufre.

Ce qui marque énormément avec ce film israélien, ce sont ses accointances avec le cinéma coréen (humour noir, thriller sanglant et contexte politique prégnant). Un mélange détonnant dans un film provocateur qui justifierait presque la torture et un « lu et approuvé » de la part de Jack Bauer. Une ambiguïté qui régnera tout au long du métrage comme une épée de Damoclès au-dessus du spectateur. Sur le même sujet, on peut noter les adaptations au cinéma de deux livres du canadien Patrick Senécal. Le peu connu mais très bon 51-50 rue des ormes en 2009 et Les 7 jours du talion l’année suivante. Sans oublier le Prisonners de Denis Villeneuve (Tabarnak ! mais que se passe-t-il chez nos cousins québécois !?!)

Dès la scène d’ouverture, le ton est donné avec un passage à tabac musclé d’un pauvre quidam par la police. Une scène tragi-comique qui instaure déjà un climat de tension à la limite de la parodie. Comme dans les thrillers asiatiques, l’intonation du film est décalée, presque drôle dans une 1ère partie pourtant sordide avec des meurtres et des décapitations de petites filles, sous le regard d’inspecteurs qui ont l’air de s’en foutre et d’une hiérarchie plus préoccupée par les résultats. Du coup, on ne sait pas vraiment s’il faut rire ou pleurer, d’autant plus que le métrage est bien balancé avec une très belle photographie.

Même dans la 2nde partie, lorsque le professeur est kidnappé et enfermé dans une maison reculée à la campagne, l’ambiance lourde est sans cesse contre-balancée par des séquences comiques, avec par exemple l’intervention téléphonique de la fameuse mère juive, à tel point qu’on se croirait presque dans une comédie italienne tournée par Tarantino. En revanche, le huis-clos qui s’ensuit renvoie directement aux torture-porn qui ont fleuri ces dernières années. Et là, on rigole moins quand la victime subit des séances de torture (coups de marteau, ongles arrachés et même chalumeau). Le discours se fait alors plus politique et on sent bien le poids de la guerre (comme dans certaines productions coréennes avec son voisin du Nord) avec la frontière arabe toute proche et les techniques de torture employées, apprises pendant le service militaire.

Au final, Big bad wolves se laisse néanmoins suivre avec un plaisir (coupable ?) indéniable. A la fois provocant, amusant et méchant, le film est empreint d’une violence visuelle et mentale comme si les personnages étaient conditionnés en appliquant la maxime "œil pour œil, dent pour dent". Sans morale, balançant entre gore et second degrès (on retrouve les codes du cinéma coréen à la Memories of murder ou J’ai rencontré le diable), Big bad wolves ne laissera pas indifférent.


NOTE : 4- /6

Écrire commentaire

Commentaires : 7
  • #1

    Rigs Mordo (vendredi, 16 janvier 2015 21:22)

    Lorsqu'on cite Memories of Murders quelque-part dans le monde, une alarme sonne chez moi. C'est mon film favori! En tout cas, tout cela semble intéressant, je connaissais de nom et il faudra que je me penche là-dessus, même si la dernière partie que tu décris m'intéresse moins. Peut-être parce que je viens de me couper les ongles ?

  • #2

    laseancearoggy (vendredi, 16 janvier 2015 22:30)

    Pris comme un simple torture-porn, "Big bad wolves" ressemble aux autres productions du genre. Pourtant, on reste surpris par le mélange d'humour noir et de violence qui parcourt le film. A ne pas mettre entre toutes les mains, surtout si on doit se couper les ongles...

  • #3

    Tinalakiller (samedi, 17 janvier 2015 12:02)

    J'ai énormément aimé ce film, je l'ai même mis dans mon top 10 de l'année. Ca a l'air classique et revu et pourtant la manière de revisiter les genres est vraiment intelligente et surtout surprenante, jusqu'à la dernière seconde.

  • #4

    laseancearoggy (samedi, 17 janvier 2015 17:31)

    J'avais vu que tu l'avais mis dans ton top 10 de l'année. Je suis d'accord avec toi sur le côté novateur sur l'approche du genre, même si on la voit dans les productions asiatiques.

  • #5

    Tinalakiller (samedi, 17 janvier 2015 19:31)

    Oui, ce film rappelle le meilleur du cinéma asiatique, peut-être pour ça que j'ai autant kiffé !

  • #6

    ingloriuscritik (vendredi, 23 janvier 2015 11:25)

    Cher roggy . Comme tu a pu le lire je ne partage pas du tout ton avis , d'ailleurs que je connaissais pas ,car j'ai d'attendu de voir le film et de le chroniquer avant de te lire .
    J'espère que tu ne tiendra pas rigueur de cette divergence d'esprit (je vais partagé ces 3 crho sur ma page du coup ...) .
    Donc j'ai eu la main plutôt très lourde avec ce B.B.W. que j'attendais vraiment vivement . Je maintiens que le duo c'est complétement vautré dans la gestion de la tonalité humour/horreur ,au point que l'on ne sache pas vraiment ce qu'ils ont voulu nous pondre ...je ne me suis pas aventuré sur le rapprochement avec le ciné coréen , car on est a mon sens loin de la gestion entre dramaturgie et la violence d'un "mémories..." et surtout du perturbant "j'ai rencontré le diable" . sinon J'ai "lu" les mêmes références que toi , mais je confirme que sans tomber dans le pornawak (quand même !) c'est une grande déception , et un gros ratage ...Mais c'est aussi très cool de croiser nos avis lorsqu'ils divergent , ca m'ouvre l'esprit , n'étant pas très partisan (plutôt un opposant d'ailleurs ) des " critiques bien pensantes et dans le courant " .C'est pour ca d'aillerus que je viens réguliérement chez toi , comme chez rigs , dirty ciné , ze curious good, bruno matéi ...pour lire des choses sensées, différentes, parfois décalées, mais toujours très sincères .voila , voila .

  • #7

    laseancearoggy (vendredi, 23 janvier 2015 18:36)

    Je viens de lire ta critique sur Facebook et j'ai répondu. Bien évidemment, tu as le droit (et le devoir !) de ne pas être d'accord avec moi. Le rapprochement avec le cinéma coréen me paraît adéquat du fait de l'humour et du décalage du film. Merci de venir chez moi poster tes commentaires, et sache que la porte sera toujours ouverte...