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BLIND SUN

 

GENRE : Soleil d'enfer

REALISATEUR : Joyce A. Nashawati

ANNEE : 2015

PAYS : France/Grèce

BUDGET : 1 400 000 €

ACTEURS PRINCIPAUX : Ziad Bakri, Yannis Stankoglou, Louis-Do de Lencquesaing...

 

RESUME : La canicule frappe la Grèce. L'eau se fait rare. La tension est totale. Un immigré taciturne doit veiller sur la luxueuse villa d'une famille française qui l'a embauché. Mais le gardiennage va tourner au cauchemar.

 

MON HUMBLE AVIS

Pour son 1er long-métrage la réalisatrice, présente sur scène pour répondre à des questions des spectateurs, s'attache à décrire un monde dans un futur proche où l'eau devient une denrée rare et génère des conflits. Citant volontiers Le locataire de Polanski ou les œuvres de Ballard, Joyce A. Nashawati a des intentions louables qu'elle aura néanmoins du mal à mettre en pratique à mon sens.

Visuellement, le film est très beau. Les couleurs ocres se fondent dans un paysage désertique méditerranée où la terre et les hommes sont brûlés en permanence par les rayon du soleil. Aveuglé par l'astre brillant, Ashraf (Ziad Bakri) l'est aussi par la réalité qui l'entoure. Venu pour garder la maison d'un couple de français en Grèce, Ashraf commence à apercevoir des ombres, des phénomènes bizarres autour de lui.

Même si la réalisatrice s'en défend, Blind sun est un film éminemment politique. Ashraf a des origines arabes qui lui confèrent un statut d'immigré en Grèce mais aussi auprès des Français qui le traitent comme tel alors qu'eux-mêmes le sont aussi de fait. Apatride, Ashraf semble perdu dans sa solitude et les événements qui se déroulent au-dehors. Blind sun est avant tout un film sur l'isolement physique et moral et fait écho à des sentiments de n'être chez soi nulle part.

Une fois ce background posé, Blind sun a bien du mal à s'extirper de son script. Le problème est que le film ne recèle aucun enjeu majeur susceptible d'être développé. Le fantastique n'est qu'effleuré pour montrer la descente aux enfers de la folie du personnage, tout comme la mainmise de l'eau par une multinationale ou encore le racisme évident de la population envers Ashraf. Peut-être par manque de moyens ou d'ambition, le film se cantonne à la maison et l'atmosphère brûlante régnant comme si l'apocalypse n'était pas loin.

Du coup et à l'image du personnage, Blind sun tourne en rond en restant coincé dans son postulat de film d'ambiance chaud et éthéré. C'est d'autant plus dommage qu'il y avait certainement tous les éléments à disposition pour développer une histoire plus ancrée dans le fantastique ou le film sociétal. Mais, sans un choix précis, le film se perd dans les propres limbes qu'il a crée.

 

3-/ 6

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Commentaires : 6
  • #1

    Rigs Mordo (mercredi, 13 avril 2016 19:44)

    Ca semble bien joli mais un peu emmerdant en somme, dommage car il y avait visiblement de quoi faire un bon petit thriller...

  • #2

    Roggy (mercredi, 13 avril 2016 19:54)

    J'avais vu le film au dernier PIFFF et il sort la semaine prochaine. Effectivement, le film est très lent et n'exploite pas toutes ses possibilités comme l'ostracisme subi par Ahsraf et le côté fantastique. C'est bien dommage en effet.

  • #3

    Alice In Oliver (jeudi, 14 avril 2016 15:09)

    Dommage, le postulat de départ est vraiment intéressant. A la lecture de la chronique, moi aussi, j'y vois un film politique

  • #4

    Roggy (jeudi, 14 avril 2016 19:00)

    Surtout à l'époque actuelle avec l'arrivée des migrants, le film a une résonance encore plus importante.

  • #5

    princecranoir (jeudi, 21 avril 2016 07:04)

    En voilà un sur lequel il me semble pouvoir faire l'impasse. Le désert étant naturellement photogénique, ce n'est donc une prouesse d'en tirer de belles images. Quant au propos engagé, il me semble bien pataud.

  • #6

    Roggy (jeudi, 21 avril 2016 14:34)

    Il y a un vrai propos dans le film mais, peut-être du fait que ce soit un premier long-métrage, il a du mal à coexister entre l'univers fantastique, l'environnement anxiogène et le contexte politique. Sans doute un peu ambitieux.