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BRIDGEND


GENRE : Ados suicidaires

REALISATEUR : Jeppe Rønde

ANNEE : 2015

PAYS : Danemark

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Hannah Murray, Josh O'Connor, Elinor Crawley...


RESUME : Une jeune fille et son père officier de police emménagent dans le comté de Bridgend, au sud du Pays de Galles. Dans ce coin pluvieux et morose, les jeunes habitants sont frappés par une "malédiction du suicide" qui polarise toute l'attention des parents et des institutions.


MON HUMBLE AVIS

Basé sur l'histoire vraie des suicides réguliers et inexpliqués de 79 enfants depuis 2007 dans la commune de Bridgend au Pays-de-Galles, le film fait froid dans le dos. Surtout quand on sait que le réalisateur, documentariste ayant aussi vécu sur place, a tourné à Bridgend avec certains jeunes ayant réchappé au suicide.

La très belle première scène qui suit un chien dans les bois découvrant un jeune pendu à un arbre donne le ton du film, âpre et sans rédemption aucune. Il règne une atmosphère chargée et sombre dans la ville où ces jeunes adultes à peine sortis de l'enfance basculent dans le néant en se donnant la mort sans aucune raison particulière. C'est que vont découvrir Sara (Hanna Murray, vue dans les séries Skins et Game of thrones) et son père (Steven Warrington, The Sweeney) revenus en ville après avoir fait un séjour à Bristol.

Lorsque Sara intègre un groupe de jeunes fêtards bruyants, elle pénètre surtout dans une sorte de sectes dont les membres se suicident les uns après les autres. Alors que l'omerta s'applique, Sara se rapproche de Jamie (Josh O'Connor, The Riot club) au grand dam de son père policier de son état. Sous la férule de leur leader Thomas, ils se réunissent dans les bois pour se saouler et finir par se jeter nus dans un lac comme pour se laver de leur pêchés. Leur attitude pour le moins étrange est accentuée par le fait qu'ils hurlent le nom des disparus devant les lieux de leurs actes macabres, comme une horde de loups-garous pleurerait leurs amis.

On a le sentiment que le sort de ces jeunes est sans issue, et même les parents semblent avoir accepté la fatalité comme s'ils étaient dépassés par les événements. Jeppe Rønde ne donne pas vraiment d'explications et ne prend pas partie sur les causes de ce mal-être. Seul un réseau social, où sont inscrits des épitaphes, est l'endroit où les membres du groupe s'expriment et appellent presque au suicide. Jusqu'au bout l'atmosphère reste pesante malgré les nuits d'alcool festives et rien ne parvient à changer le cours d'un destin tracé dans le morbide et la tragédie.

Au final, Bridgend est un drame social sur le suicide qui, sans misérabilisme, donne une vision glaçante de la jeunesse, perdue dans sa folie destructrice. On pourra reprocher une forme de voyeurisme et de complaisance de la part du réalisateur, mais son film est sans concession, à l'image de la très belle dernière séquence froide et onirique.


Note : 4 / 6

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