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Ouverture du PIFFF 2018

 

Pour sa 8ème édition, le Paris international fantastic film festival (PIFFF) revient dans son quartier des Grands boulevards dans l'écrin du Max Linder. Dans une salle encore pleine comme un œuf pour l'ouverture, et après les remerciements de circonstance des organisateurs, le festival ouvre ses portes sur une programmation d'une vingtaine de longs-métrages en et hors compétition, sans oublier les courts-métrages. Bref, un menu toujours aussi chargé pour l'amoureux de nouveautés fantastiques et de pellicules issues de plusieurs continents donnant un petit aperçu de la production actuelle

 

Film d'ouverture :

 

ASSASSINATION NATION – Gilets jaunes – USA - 2018 – Sam Levinson

 

Pitch : Dans la petite ville de Salem, un hacker provoque un scandale général en piratant les données personnelles des habitants, dont la vie est désormais exposée en place publique. 4 jeunes filles vont bientôt être la cible d’une véritable chasse aux sorcières…

 

Drôle de film pour une entame de festival avec ce brûlot ouvertement anti puritanisme dans une Amérique qui n'en finit plus de s'interroger sur la société et son avenir. Avec ce film à petit budget, Sam Levinson (accessoirement le fils de Barry mais également acteur et scénariste) déboule à la tête de ce long-métrage avec la délicatesse d'un tir de bazooka dans une foule surexcitée, à l'Américaine quoi. Le film se veut trash et hors limite comme il est annoncé par un bandeau initial pour provoquer le spectateur.

Dans sa première demi-heure, Assassination nation est assez insupportable en suivant la vie de jeunes adolescentes dans leurs vies quotidiennes au lycée. Lily (Odessa Young, Sweet Virginia), et ses trois meilleures amies, Bex (Hari Nef), Sarah (Suki Waterhouse, The bad batch) et Em (Abra) sont au centre du récit entre musique d'ados, splitscreens et utilisations des téléphones portables. Comme dans un Larry Clark ou un Harmony Korine, leurs existences quotidiennes s'avère un calvaire pour le spectateur où les seuls enjeux tournent autour de la léchouille par les mecs et des soirées de défonce pour une jeunesse désormais sans limite.

Et puis, le film change de bord lorsque le maire de Salem se fait hacker et que l'on découvre sa vie privée et sexuelle où il ne suce pas que des glaçons, ce qui déclenche une indignation générale jusqu'à que ce dernier se tire une balle dans la tête en public. En fait, on a l'impression que tout le monde s'en fout et approuve la situation, idem avec le proviseur jugé comme pédophile car il possède des photos nues sur son téléphone de sa fille de 2 ans. La réflexion sur la nudité lors d'un dîner familial est ainsi bienvenue dans un pays qui s'offusque de quelques poitrines dévoilées mais n'a que faire des tueries organisées sur ses propres enfants.

Si Lily est à la tête de cette révolte, elle est également la première à faire des selfies nues et à entretenir une relation ambiguë avec un homme de 40 ans. Une jeunesse schizophrène à l'image du film de Levinson oscillant entre la dénonciation de l'influence néfaste des réseaux sociaux, et son côté foutraque pour revendiquer un Girl power tournant au féminisme exacerbée dans la dernière bobine. On se perd un peu avec le personnage de Bex assumant sa transsexualité et Lily éparpillée dans ses sentiments du fait de son attitude provocante, harcelée par un homme plus vieux et devenant à son corps défendant l'objet de la risée du lycée et de la ville. Elle est soupçonnée d'être la hackeuse à l'origine de tous ces incidents.

La dernière partie part donc en cacahouètes, sans raison vraiment crédible, la population se retrouve dans la rue pour lyncher ces gamines considérées comme le mal absolu. Comme on est aux US, les armes sont pléthores et le peuple met un masque pour un nouveau volet de La purge sans que les autorités n'y trouvent rien à redire. A ce moment-là, le film bascule dans la chasse aux sorcières (Salem forcément) lors d'un home invasion en plan séquence très réussi. A l'image de la photographie et de la mise en scène assez chiadée donnant un côté fantasmagorique à l'ensemble. Surtout que nos héroïnes se prennent maintenant pour des vengeresses asiatiques surarmées et décident de trucider tous les mâles du coin. Il faut dire que les gars ne sont pas très finauds et entretiennent une homophobie récurrente dans les vestiaires du lycée.

Au final, Assassination nation balance son porc mais pas seulement. Il embrasse aussi bien les travers de la société américaine (les valeurs morales, une jeunesse obsédée par le paraître) que la mode d'un féminisme commençant à imprégner le cinéma contemporain. On aurait aimé un peu plus de subtilités dans le propos et un scénario plus mâture permettant une vraie réflexion sur tous les sujets abordés. Las, Sam Levinson tranche dans le lard sans apporter de solutions mais une réaction primaire et violente comme si aucune autre alternative n'était possible. Triste constat pour un film pas si mal shooté et possédant quelques bonnes idées. En tout cas, il ne donne pas envie de faire des gosses...

 

3/6

 

NE COUPEZ PAS – Coupez ! - Japon – 2017 - Shin'ichirô Ueda

Hors compétition

 

Pitch : Le tournage d'un DTV horrifique bat son plein dans une usine désaffectée. Techniciens blasés, acteurs pas vraiment concernés, seul le réalisateur semble investi de l'énergie nécessaire pour donner vie à un énième film de zombies à petit budget. Pendant la préparation d'un plan particulièrement ingrat, le tournage est perturbé par l'irruption d'authentiques morts-vivants...

 

L'histoire de ce petit film tourné en 8 jours pour 27 000 $ est à l'image du résultat final. Improbable et jouissif. En effet, Ne coupez pas ! (One cut of the dead pour l'international) se voulait au départ un petit métrage fauché tourné par des étudiants de cinéma. Projeté dans un seul cinéma à Tokyo, le bouche à oreilles est tel que le film récupère 300 salles au Japon et convoque plus de 2 millions de spectateurs au chevet de cet ovni qui ne s'attendait certainement pas à déclencher ces louanges. Désormais distribué dans pas mal de pays, il fait le tour des festivals où il obtient régulièrement des prix, dont celui du public.

Et on comprend pourquoi à la vision de ce minuscule zombie movie qui n'en est pas vraiment un. Construit comme une poupée russe, il commence par le tournage d'un tout petit film de morts-vivants comme il s'en fait des tonnes partout dans le monde. La différence est que l'on suit son évolution au travers de la colère du metteur en scène, des égos des acteurs et de l'équipe technique réduite. Avouons que ce ne sera pas le film de l'année, la caméra bouge comme un found footage, les acteurs sont mauvais et certaines séquences font vraiment amateurs pour ne pas dire très Z. Un début de film assez énigmatique tirant à peine le sourire même lorsque de véritables zombies semblent débarquer sur le plateau, en l’occurrence une vieille usine désaffectée. Ne coupez pas ! vire alors de bord après une demi-heure pour notre plus grand bonheur.

Retour un mois en arrière pour découvrir les coulisses et l'origine de la confection de ce film de zombies tourné en direct pour une chaîne de télévision et en un seul plan séquence. Un pari risqué et assez irréaliste dont va s'acquitter Takayuki (Takayuki Hamatsu) avec l'aide d'une équipe de bras cassés, dont sa fille hystérique et sa femme ancienne actrice. Si la mise en place et les répétitions sont un peu longuettes, la dernière partie du long-métrage est hilarante puisqu'on comprend à présent les raisons des scènes mal torchées du début. A ce moment-là, le film bascule dans la comédie réjouissante, les personnalités se dévoilent et les ennuis inhérents au direct. Mais Ne coupez pas ! est surtout un hommage enamouré à tout un pan de cinéma bis réalisé avec passion et un amour immodéré pour un genre trop souvent décrié. Bref, une ambiance délirante et empreinte d'une générosité communicative à l'écran comme une bouffée d’oxygène et de bonheur à la fin de ce long-métrage qui fait du bien tout simplement. A découvrir absolument.

 

4,5/6

 

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Commentaires: 4
  • #1

    Adrien (samedi, 08 décembre 2018 15:37)

    Damn. J'avais très envie de voir ce Assassination Nation parce que je pensais que ça serait un sous-The Purge tendance gros B peu subtile. Et visiblement c'est juste de la propagande SJW pour Millenials. Merci de tout retour, du coup j'esquive !

    Par contre ce Ne Coupez Pas m'a l'air totalement dans mes cordes :D Vu son titre français, tu penses qu'il sortira en salle ? Je le note sur ma liste en tout cas !

  • #2

    Roggy (samedi, 08 décembre 2018 16:47)

    Il y a un vrai côté "The purge" dans "Assassination nation" en moins subtil, t'imagines... le film n'est pas mauvais et par moments intéressant. Quant à "Ne coupez pas", je ne sais pas s'il sortira, mais j'espère que tu auras la chance de le voir.

  • #3

    alice in oliver (samedi, 08 décembre 2018 21:39)

    Je prends bonne note de ce Ne coupez pas ! qui s'apparente à un hommage, à peine déguisé, au cinéma bis horrifique. Je suis toujours preneur...

  • #4

    Roggy (dimanche, 09 décembre 2018 08:45)

    Tu verras que c'est vraiment excellent, à la fois drôle et un hommage à tout un pan du cinéma d'horreur.