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5e jour au PIFFF

Avant-dernier jour au PIFFF avec encore trois films dans la besace avec le rape and vengeance français Revenge de Coralie Fargeat, la comédie fantastique espagnole Matar a dios de Caye Casas et Albert Pintó et le très attendu Leatherface d'Alexandre Bustillo et Julien Maury.

 

REVENGE – Rape and vengeance – France – 2017 – Coralie Fargeat

 

En compétition et en présence de l'équipe du film

 

Pitch : Laissée pour morte, une jeune femme victime de viol décide de se venger de ses agresseurs en appliquant la maxime « Oeil pour œil, dent pour dent ».

 

 

On aurait dû se méfier après le discours enflammé de la réalisatrice sur le féminisme et son hommage à Asia Argento ainsi que sa volonté de décrotter le cinéma de genre en France. En effet, Revenge est un nanar (même si je n'aime pas ce mot) dans les grandes largeurs tant il est perclus d’invraisemblances et d'incohérences pendant 1h30. Difficile de comprendre comment un tel scénario a pu trouver un financement...

Pourtant, les premières minutes sont alléchantes visuellement. Pour son premier film, Coralie Fargeat exploite avec dextérité les décors naturels d'un désert où une jeune starlette Jen (Matilda Anna Ingrid Lutz vue récemment dans Rings) se retrouve avec Richard (Kevin Janssens, Les Ardennes) dans une maison tout confort avec piscine. Avec l'arrivée des associés de ce dernier pour une partie de chasse, les choses dégénèrent quelque peu car la donzelle au corps de rêve va chauffer ces messieurs et le lendemain, l'un deux passe à l'acte. Un script très simple de rape and vengeance comme il en existe tant entre I spit on your grave mâtiné de La traque de Serge Leroy.

Là où le bas blesse, c'est que le film bascule dans le n'importe quoi lorsque la fille est balancée du haut du falaise pour éviter de parler. Elle se retrouve empalée sur un arbre et oh ! Miracle, se réveille, attrape un briquet pour enflammer le bout de bois, se relève et s'enfuie. Mieux que MacGyver et plus forte que John Rambo, la jeune femme a déjà perdu plusieurs litres de sang et marche avec un bout de bois dans le bide. S’apercevant de sa disparition, les trois hommes surarmés la recherchent alors et on se dit que l'issue est proche. Sauf qu'il reste plus d'une heure de film et que les scénaristes vont s'en donner à cœur joie dans un portnawak absolu rarement vu sur un écran. Peut-être ont-ils eux aussi pris la même drogue hallucinogène que l'héroïne justifiant au moins un peu plus ses attitudes dans la deuxième moitié du film. Et encore...

La jeune femme se transforme en une sorte de Lara Croft hyper sexy pour aller défoncer ses agresseurs. Des meurtres très gore et réussis au service d'une histoire qui ne tient pas la route une seule seconde tant les séquences impossibles se succèdent inexorablement. Il serait trop long de toutes les énumérer entre la cicatrisation avec une canette de bière faisant ressortir le tatouage du logo et du coup la disparition de la plaie béante où était située la blessure, les dizaines de litres de sang perdu, sa capacité à courir blessée bien qu'elle fasse quarante kilos, sa facilité à manier les armes malgré tous ses handicaps. Si on connaît déjà l'issue du film, on se délecte avec stupeur et tremblements de ces affrontements où tous les acteurs sont obligés de subir ces séquences gênantes. Mention spéciale au violeur (Guillaume Bouchède, Demain tout commence) pour la séquence où il s'enlève un bout de verre du pied...

Le climax situé dans la maison est peut-être encore pire avec ce jeu du chat et de la souris entre une femme devenue experte en combat et un homme avec une bastos dans le ventre rampant plus vite qu'un serpent (une qualité possédée par l'ensemble du casting). Certes, le long-métrage est léché visuellement mais que dire du scénario, des dialogues et d'une morale à deux balles enfermant les hommes dans un statut de violeurs congénitaux hyper caricaturaux à l'instar de l'héroïne filmée de pied en cul en permanence. Une attitude contre productrice pour une cause légitime et surtout un mauvais film de "genre" français qui sous prétexte de faire un film d'horreur nous balance du gore outrancier à gueule (certes réussi) comme un aveu de faiblesse au final. Ce n'est pas avec ce type de production qu'on va se sortir du ravin où il y a longtemps que nous croupissons.

 

2/6

 

 

MATAR A DIOS – Fin du monde – Espagne – 2017 – Caye Casas et Albert Pintó

Pitch : Un sans-abri s’invite chez une famille pour le réveillon de Noël. La nuit prend un drôle de tournant lorsque l’homme, qui prétend être Dieu, explique à ses hôtes que la fin du monde est proche..

 

Avec un petit budget et un lieu unique, une grande maison à la campagne, les deux réalisateurs catalans créent une atmosphère très particulière bercée par un humour noir ravageur et des dialogues aux petits oignons. Ils marchent clairement sur les pas d'un Alex de la Iglesia et notamment de Les Sorcières de Zugarramurdi. Si la réalisation est tout à fait correcte, il faut saluer les dialogues entre des personnages perdus dans leurs relations respectives. Carlos (Eduardo Antuña, 800 balles) pense que sa femme Ana (Itziar Castro, vue dans REC 3) le trompe tandis que son frère Santi a des tendances suicidaires parce que sa femme l'a quittée. Et le père des deux hommes qui a perdu son épouse il y a six mois a également le cœur fragile.

Une humanité un peu brinquebalante comme tant d'autre réunie un soir d'orage voyant débarquer chez eux un drôle de petit bonhomme. Un nain barbu SDF prétendant être Dieu (Boris Ruiz, Les yeux de Julia) et leur annonçant que le lendemain matin tout le monde aura disparu sauf deux personnes. Il demande alors aux quatre membres de la famille de les désigner. Si les personnages ont une doute légitime au départ, ils s'aperçoivent assez vite des pouvoirs de cet énergumène beuglant et aimant bien boire du vin. Ce qui nous vaut des échanges savoureux et des dialogues enlevés. Le côté comédie est particulièrement réussi et fait souvent mouche. On rit avec eux de leur bêtise grâce à cet humour noir où la religion en prend pour son grade dans une ambiance tragi-comique.

Certes, certaines séquences sont peut-être un peu redondante mais sur la longueur, Matar a Dios remplit son office jusqu'à un dénouement plus violent mais toujours avec un esprit potache ne négligeant pas l'écriture (on a trop tendance à l'oublier de l'autre côté des Pyrénnées)... Après quelques courts-métrages, ce premier film de Caye Casas et Albert Pintó s'avère réussi et maîtrisé dans son ensemble, laissant augurer de beaux lendemains même s'ils cherchent toujours des distributeurs et des producteurs comme ils l'ont mentionné en fin de séance avec le sourire.

 

4/6

 

 

LEATHERFACE – Face de cuir – USA – 2017 – Alexandre Bustillo et Julien Maury

 

Hors compétition et en présence des réalisateurs

 

Pitch : Quatre ados à problèmes s’évadent de l’institution psychiatrique dans laquelle ils étaient internés. Un flic assoiffé de vengeance part à leur recherche pour mettre un terme à leur cavale…

 

Le plus intéressant dans cette soirée spéciale était sans doute la présence des deux réalisateurs français qui ont expliqué en large et en travers les déboires de la production et le résultat présenté hier soir. Si la mise en boîte du film s'est bien déroulée et ce, malgré une perte de 30 % du budget initial et des semaines de tournage réduit par la Société Millenium en prise à cette époque-là avec de gros problèmes financiers, c'est lors de la post-production qu'une kyrielle de producteurs sont intervenus pour modifier pas mal de séquences du long-métrage.

Après le film, Bustillo et Maury (A l'intérieur) nous ont montré une séquence alternative d'ouverture retirée au montage expliquant mieux l'origine de Leatherface et la dernière scène du film beaucoup plus brutale et dérangeante. En gros, tout ce qu'ils ne voulaient pas montrer à l'écran (la scène de repas du début, et Leatherface courant dans les bois avec sa tronçonneuse à la fin) a été réintroduit à leur grand regret. Tout cela explique aussi le résultat final semblant un peu bancal. Tourné en Bulgarie avec un budget d'environ 2,5 millions de Dollars, Leatherface n'est pas la purge annoncée. Malheureusement pour lui, il se présente comme le 8e avatar de la franchise Massacre à la tronçonneuse devenue mythique.

Revenir à l'origine de ce personnage culte, à l'instar de Rob Zombie avec Michael Myers dans son Halloween en 2007, était sans doute une bonne option pour s'affranchir des séquences déjà ressassées jusqu'à l'extrême. Hors, de cette jeunesse, on ne verra pas grand chose notamment à cause des aléas évoqués plus haut mais aussi du fait d'un scénario proposant de suivre une bande de jeunes malades du bulbe échappés d'un hôpital psychiatrique dix ans plus tard, avec en leur sein le futur tueur au masque de cuir. Sauf que jusqu'au bout, on ne sait pas qui il est avant de vraiment se déclarer sur la fin. Un parti pris casse-gueule nous obligeant à suivre le périple de ces ados dégénérés accompagnés d'une infirmière dans leur odyssée vengeresse. Pire, on se fout de leur sort car la plupart manque de charisme (là aussi, les jeunes ont été imposés par la production notamment en raison de leur appartenance ethnique pour toucher le public le plus large possible) et cette déambulation sanglante dans la campagne bulgaro-texane fait plus remplissage que chronique de jeunesse.

Leatherface a pourtant avec lui un casting pas si dégueu avec dans le rôle du Shériff Stephen Dorff (Blade) et Lili Taylor (Conjuring) dans celui de la mère d'enfants dingos du ciboulot. De fait, on se retrouve avec un film d'horreur lambda se laissant suivre sans déplaisir mais qui n'a pas beaucoup de rapports au final avec l’œuvre originale. Aidé par son équipe d'effets prostatiques habituelles, le duo de réalisateurs se fait plaisir sur les séquences sanglantes et gore réalisées à même le set en essayant de sauver les meubles d'une entreprise faussée dès le départ. Le résultat n'est pas infamant visuellement et au niveau de la mise en scène mais manque de tenue et d'une direction claire quant au projet.

 

A noter, qu'en janvier 2018, le film devrait sortir en DVD avec 30 minutes supplémentaires coupées au montage ! Ce qui montre bien que la version entrevue n'est pas réellement celle de leurs auteurs.

 

3/6

 

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Commentaires: 4
  • #1

    Rigs Mordo (dimanche, 10 décembre 2017 14:51)

    Très intéressant ton retour sur le Leatherface, je n'imaginais pas le film ainsi (tu es le premier que je lis à ce sujet), je me laisserai tenter par la version DVD avec les 30 minutes alors! J'aime bien ce qu'ils font en plus, les loustics...

  • #2

    Roggy (lundi, 11 décembre 2017 08:39)

    Cela m'a aussi surpris même si on connaît bien les studios américains. Je ne sais pas ce que vaudra le film avec 30 minutes de plus mais il sera forcément différent.

  • #3

    Alice In Oliver (mardi, 12 décembre 2017 13:16)

    J'ai eu l'occasion de voir Leatherface via le streaming (je l'avoue...) et très déçu par ce nouvel épisode qui n'apporte rien à la franchise.

  • #4

    Roggy (mardi, 12 décembre 2017 20:38)

    Je suis d'accord quand on le rapporte à la franchise. En revanche, pris seul comme long-métrage d'horreur, il reste divertissant même s'il reste un peu bancal, surtout amputé de 30 minutes au montage.