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6e et dernier jour au PIFFF

 

Dernière salve de films pour cette ultime journée au PIFFF avec trois longs-métrages dont celui de la cérémonie de clôture. La journée commence avec un long-métrage d'animation fantastique franco-japonais (Mutafukaz), se poursuit avec une séance culte de 36.15 code Père-Noël avec la présence du réalisateur et pour clôturer le festival, une nouvelle version japonaise de Godzilla (Shin Godzilla).

 

MUTAFUKAZ – Animation – Japon/France – 2017 – Shōjirō Nishimi et Guillaume Renard

 

Hors compétition et en présence de l'équipe du film

 

Pitch : À la suite d’un accident de scooter provoqué par la vision d’une mystérieuse inconnue, Angelino, un bon à rien comme il y en a des milliers à Dark Meat City, une sordide mégapole de la côte Ouest, commence à avoir de violentes migraines accompagnées d’étranges hallucinations. Avec son fidèle ami Vinz, il tente de découvrir ce qui lui arrive, alors que de menaçants hommes en noir semblent bien déterminés à lui mettre la main dessus...

Coréalisé avec le Japonais Shōjirō Nishimi, Mutafukaz est l'adaptation de la propre bande-dessinée de Guillaume Renard alias Run. Un univers baroque et déjanté que personnellement je ne connaissais pas mais la BD franchit aisément la transcription à l'écran. Un projet qui aura pris 8 années pour voir le jour notamment parce qu'il est auto-financé et hors des sentiers battus. Le film devrait néanmoins sortir en salles l'an prochain.

De ce long-métrage d'animation, je n'attendais rien et la surprise positive fut à la hauteur de la méconnaissance du travail de son auteur. Un projet atypique mélangeant plusieurs influences, le manga forcément mais aussi la culture hip-hop et des références multiples à d'autres ambiances comme les catcheurs mexicains à la Santo. Le tout revu et corrigé à la sauce frenchie genre Les triplettes de Belleville avec la participation pour les deux personnages principaux Angelino et Vinz du rappeur Orelsan et de son acolyte Gringe de Bloqués. Les héros de la BD sont ainsi très proches dans l'esprit des deux losers de la série ou de leur film Comment c'est loin et les dialogues ainsi que l'humour sont inspirés de leur propre expérience.

L'hybridation de tous ces genres crée une forme d'harmonie tout à fait réussie au final (la voix d'Orelsan passe bien) et donne un côté très fun à l'ensemble. Si Mutafukaz fonctionne remarquablement, c'est parce qu'il est avant tout bien écrit et s'avère un vrai film de cinéma. Peu importe le média quand le scénario est au service de l'histoire. On suit donc le destin de ceux petits personnages de losers dans une ville ravagée par la misère et la délinquance. Des bandes contrôlent les quartiers et n'hésitent pas à jouer du gun très facilement. Au milieu de ce fatras humain, se trame un récit beaucoup complexe autour de l'origine extraordinaire d'Angelino lorgnant du côté d'un cinéma horrifique japonais et tentaculaire.

La force de Mutafukaz est d'être à la fois un vrai divertissement très drôle que les enfants pourraient adopter (le langage fleuri d'aujourd'hui), un film fantastique à la violence extrême où les corps sont déchirés ou criblés de balles et un drame sensible. Cet alliage toujours ténu trouve sa place à l'écran et donne une dynamique totalement inattendue plus tourné vers un cinéma adulte par rapport à sa violence visuelle mais à l'humour bien présent. Sans doute un des meilleurs films d'animation vue ces dernières années (je n'en vois pas tant que ça non plus...) et une vraie proposition de cinéma sous un format différent.

 

4,5/6

 

 

36-15 CODE PERE-NOEL – Nuit magique – France – 1990 – René Manzor

 

Séance culte en présence du réalisateur

 

Pitch : La nuit du 24 décembre, le jeune Thomas attend fiévreusement l’arrivée du père Noël, qu’il est bien décidé à capturer. Mais l’homme qui débarque vêtu de son costume rouge est en réalité un dangereux psychopathe…

 

Avec la ressortie de 36-15 code Père-noël restauré en 2K chez Le chat qui fume, le PIFFF avait programmé une séance culte autour du film ayant eu du mal à trouver un distributeur. Tourné en 1988, il fut sorti des oubliettes par l'organisateur du festival d'Avoriaz pour en faire l'ouverture avant d'avoir une sortie technique très limitée dans l'hexagone. Un film très particulier et précurseur d'un monde où la technologie et notamment Internet pouvaient être à l'origine de dérives.

A la fin des années 80, le minitel, une invention française, peut permettre aux enfants de commander des jouets directement sans passer par la case « Père-noël ». On voit d'ailleurs Thomas (Alain Musy héros de Le passage, le film précédent de René Manzor) l'utiliser pour discuter avec ce qu'il croit être le gros barbu ventripotent alors que c'est un homme malveillant proche du SDF (Patrick Floersheim, vu dans L'Empire des loups et voix de grands acteurs américains comme Michael Douglas) en quête de jeux avec les enfants. Même si ce ne sera jamais évoqué, il règne une atmosphère de pédophilie dans le film et l'attitude de cet homme dont on ne connait pas vraiment les intensions mis à part une certaine folie.

Engagé par la patronne d'un grand magasin (Brigitte Fossey), ce faux Père-noël s'introduit dans la maison de son fils Thomas. Une bâtisse lieu de jeu grandeur nature d'un enfant surdoué adepte des logiciels informatiques (de l'époque hein) et des pièges parsemés dans toute la maison. Elle est ainsi quadrillée de caméras de surveillance et de passages secrets devenant le champs de bataille pour un affrontement entre un petit garçon seul avec son grand-père (Louis Ducreux, Un dimanche à la campagne). Certes, le film a un peu vieilli sur les aspects visuels et la technologie mais il faut noter une mise en scène alerte avec l'utilisation de la Steadycam et des plans tout à faits modernes bien loin des productions familiales de cette époque (et même d'aujourd'hui...).

36-15 code Père-noël passe ainsi le cap des années et anticipe déjà certains autres longs-métrages. Un conte horrifique ressemblant à l'affrontement d'un soldat (le petit garçon se maquille et possède tout l'attirail) face à un étranger venu perturber son quotidien. Si le sous-texte s'avère particulier aujourd'hui avec cette iconographie très film d'action des années 80 avec des meurtres à la clé (même le chien y passe sous les yeux de Thomas), il fut très mal reçu à l'époque par la presse généraliste (alors que la mise en scène est assez spectaculaire) et on n'imagine même pas de nos jours un tel projet avec Dany Boon ou Kad Merad...

Si le pitch du film vous rappelle quelque chose, René Manzor (qui est en fait le frère de Francis et Jean-Félix Lalanne auteurs de la bande-originale) affirme que Chris Colombus et John ont plagié son histoire avec Maman, j'ai raté l'avion sorti en 1990. Un mal pour un bien puisque selon lui, il lui généré 15 ans de travail aux Etats-Unis notamment sur des séries comme Le voyageur.

 

4/6

 

 

SHIN GODZILLA – Monstre atomique – Japon – 2016 – Hideaki Anno et Shinji Higuchi

 

Film de clôture

 

Pitch : Un raz de marée inonde une partie de la côte de Tokyo. Après avoir pensé qu’il s’agissait d’une catastrophe naturelle, les scientifiques se rendent compte que le responsable de ce désastre n’est autre que Godzilla, une créature géante prête à tout détruire sur son passage.

 

Sous la houlette de la célèbre Toho, le mythique monstre revient sur les écrans en 2016 avec un désir certain de revenir aux sources comme si Godzilla n'était pas encore connu avec des références forcément au film d'Ishiro Honda de 1954. Plus qu'un Kaiju eiga, Shin Godzilla est avant tout un film sur la bureaucratie et la gestion d'une crise. Suite à l'arrivée de phénomènes étranges dans la baie de Tokyo, le Gouvernement a bien du mal à déclencher des actions pour endiguer les événements notamment lorsqu'il s'aperçoit que c'est un monstre géant qui en est à l'origine. Ce dernier aura ainsi suffisamment de temps pour démolir la ville sur son passage avant que les autorités s'entendent pour agir.

Cette nouvelle version de Godzilla s'avère donc aux antipodes des précédentes. Hormis une grosse scène d'action très spectaculaire, le film est constitué de longues séquences de dialogues entre les différents responsables pour savoir comment se sortir de cette situation de crise. Il en devient même un film politique quand, dépassés par les événements, les Japonais sont obligés de demander l'aide des Etats-Unis car leur technologie est inefficace. Pire, après une résolution de l'ONU, les Américains sont prêts à balancer une nouvelle bombe atomique sur le Japon. On comprend mieux alors les atermoiements du Gouvernement pendant que le monstre réduit en cendres le pays sur son passage et que la population tente d'être évacuée. Autre changement, fini le gars dans le costume, le monstre prend désormais vie grâce au numérique. Force est de constater que les SFX sont réussis notamment pour les destructions même si Godzilla a toujours l'air un peu coincé du fion.

Autant prévenir le spectateur, il vaut mieux être en forme pour suivre le film car c'est une série de dialogues interminables entre les autorités très difficile à suivre (les sous-titres en français et anglais n'aidant pas) prenant le pas sur l'action en elle-même. Hideaki Anno (Evangelion) et Shinji Higuchi (la trilogie Gamera) filment ainsi ces affrontements verbaux comme des moments de bravoure découpés à l'instar de séquences d'action. Si la créature (plutôt belle visuellement) est finalement pour présente à l'écran, elle est surtout le prétexte à développer des thématiques politiques, écologiques et une réflexion sur le Japon.

En effet, comment ne pas voir dans ce film, les suites de la catastrophe de Fukushima qui irradie Shin Godzilla tout du long et la gestion très compliquée de cette crise sanitaire. Par sa présence, le monstre met ainsi en évidence les failles du système et dénonce les manœuvres géo-politiques mondiales. Les Etats-Unis en prennent d'ailleurs pour leur grade. Le parallèle est fait avec Hiroshima et Nagasaki et l'ombre d'une catastrophe nucléaire comme celle de Fukushima en 2011 plane constamment dans l'air dans un film dont on ressort assez perplexe tant sa traduction à l'écran est bien différente de ce dont on a l'habitude dans ce genre de productions.

 

3,5/6

 

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Commentaires: 4
  • #1

    Oreo33 (lundi, 11 décembre 2017 18:48)

    Un grand merci pour ton compte-rendu du festival.
    C'était chouette de voir René Manzor. :-)
    La qualité de le version était bluffante

  • #2

    Roggy (lundi, 11 décembre 2017 18:51)

    Merci et de rien :) Tout le festival a permis de rencontrer beaucoup de réalisateurs comme hier avec René Manzor.

  • #3

    Alice In Oliver (jeudi, 14 décembre 2017 10:51)

    Plutôt une bonne surprise que ce 3615 code père noël, même si je regrette ce titre ubuesque. Je l'ai toujours préféré à Home Alone

  • #4

    Roggy (jeudi, 14 décembre 2017 19:21)

    Le film est moins drôle que son remake américain et contient de vrais moments de terreur.