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Soirée d'ouverture du PIFFF

Le Paris international fantastic film festival (PIFFF) entame sa 7e édition. L'âge de raison pour certains, le temps des bêtises pour les autres. Fort d'un contingent de plus d'une vingtaine de films, dont une dizaine en compétition, le PIFFF présente un programme alléchant et promesse de belles surprises. Toujours situé dans la magnifique salle du Max Linder, le festival s'ouvre donc devant une salle pleine jusqu'aux cintres d'amoureux du cinéma de genre qu'il est encore temps de défendre comme il a été rappelé plusieurs fois pendant la soirée. Cinq jours de longs-métrages (et de courts) fantastiques dans une ambiance festive et décontractée autour de découvertes venues de différents pays (avec une propension pour le Japon) et de séances cultes nous envoyant forcément une dose de nostalgie. Let's go !

 

Après les traditionnels remerciements, le festival s'est ouvert avec un tout petit court-métrage de 4 minutes, La femme-accordéon d'Anaïs Vachez. Un conte toute en poésie où une femme-accordéon se contorsionne musicalement pour s'échapper de la maison où elle est enfermée.

 

Film d'ouverture :

 

A ghost story – Fantôme blanc – USA - 2017 – David Lowery

 

Pitch : Tué dans un accident de voiture, un homme vient hanter son ancien domicile et observe le douloureux quotidien de son ancienne compagne. Le début d’un voyage initiatique qui lui permet de réévaluer son existence...

 

Il reste comme un goût étrange après la projection du film, mélange entre désarroi et incompréhension devant ce long-métrage de David Lowery connu initialement pour Les amants du Texas en 2013. Il change ensuite radicalement de braquet avec le remake pas si mal de Peter et Elliot le dragon en 2015. Retour cette année à un cinéma beaucoup plus sobre et indépendant avec un budget de 100 000 $. Il retrouve les deux acteurs de son premier film avec lequel il va partager cette histoire vraiment très particulière.

Pas forcément si bizarre me direz-vous lorsque C (Casey Affleck, Gone baby gone) meurt dans un accident de voiture, il se relève à l'hôpital sous le drap médical posé sur lui. Il le conservera jusqu'au bout le faisant ressembler désormais à un fantôme presque enfantin. Mutique, cette entité avec ses deux trous à la place des yeux va se balader ainsi pendant tout le film dans la maison où il vécut avec sa femme M (Rooney Mara, le remake de Millenium). Filmé en 4/3, le film se fait très lent dès le départ et on sent bien que ce parti pris esthétique irriguera A ghost story jusqu'à l'infini, en suivant la vie de ce couple comme tant d'autres. Le problème du film est qu'il est perclus de longueurs inimaginables à l'image de la séquence où M mange une tarte apportée par son amie et dans laquelle elle noie son chagrin. Presque 5 minutes à la voir se goinfrer en plan fixe avant de dégobiller sous le regard immobile de son mari toujours revêtu de ses oripeaux mortuaires. Et des séquences comme celles-ci, il y en a des tonnes sans comprendre véritablement l'objectif du réalisateur alors qu'il a face à lui deux acteurs formidables.

Irritant, A ghost story l'est assurément. Comme l'envie soudaine de partir de la salle alors qu'au détour d'un plan très poseur, certaines séquences sont assez belles notamment, quand M écoute une chanson écrite par son mari (l'ambiance musicale est certainement la plus grande réussite du film) ou que le fantôme se déplace au milieu d'un immeuble en construction. Film sur le temps qui passe et le deuil, A ghost story s'avère déroutant sur la longueur entre rejet absolu et fascination pour cette proposition de cinéma trop arty pour être belle mais aussi ponctuée par un visuel magnifique. La photographie, l'esthétique du fantôme et la mise en images confinent par instants à la beauté mais sont instantanément plombées par la séquence suivante comme si le scénario s'était arrêté en plein vol.

Certes, cela illustre bien le temps s'égrainant inexorablement comme une soirée de beuverie interminable où un gars bizarre (Will Oldham) déblatère l'histoire de l'humanité. Cette scène (également très longue) résume à elle seule l'esprit du film fait de paradoxes permanents entre film d'auteur insupportable et fulgurances visuelles à l'instar d'un Terence Malick dans ses derniers films. C'est beau mais ça ne raconte rien et A ghost story oscille en permanence dans ce sentiment dont il est très difficile de se défaire. Dommage, car le réalisateur est sans doute très doué mais un peu plus de cohérence n'aurait pas été du luxe pour générer une forme de poésie et une réflexion sur le temps.

 

2,5/6

 

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