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PSYCHO RAMAN

 

GENRE :

REALISATEUR : Anurag Kashyap

ANNEE : 2016

PAYS : Inde

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Nawazuddin Siddiqui, Vicky Kaushal, Sobhita Dhuliwata...

 

Pitch : Mumbai. Ramanna, un tueur en série fasciné par un psychopathe des années 60, et Raghavan, un jeune policier, se livrent une lutte sans merci. Mais sait-on vraiment qui chasse l’autre ?

 

Il existe un cinéma indien parallèle à Bollywood où les chorégraphies, les chansons d'amour et les couleurs vives sont relégués dans les bas-fonds d'un pays gangréné par la corruption et la violence. C'est avec ce bois qu'est forgé Psycho Raman, un polar sombre et hardcore dépeignant la vie parsemée de morts d'un serial-killer et d'un flic aux méthodes plus que douteuses. Anurag Kashyap n'en est pas à son coup d'essai puisqu'on lui devait déjà des films coups de poings comme Gangs of Wasseypur ou Ugly.

Le film part d'un fait divers réel, en l'occurrence la vie de Raman Raghav, un serial-killer ayant avoué le meurtre d'une quarantaine de personnes dans les années 60. Si Psycho Raman (Raman Raghav 2.0 titre original) n'est pas un biopic, il se concentre sur l'existence de Ramanna (excellent Nawazuddin Siddiqui) émule du tueur qui cherche à l'imiter. Cette histoire romancée est aussi l'affrontement avec un flic violent et toxicomane Raghavan (Vicky Kaushal) qui le poursuit sans cesse avec la police.

Construit sous forme de chapitres personnalisés sur des personnages ou des situations, Psycho Raman est un polar âpre et sanglant au milieu d'une Inde bannie des cartes postales. A l'instar du magnifique Sunrise, le film montre l'envers du décor, les bidonvilles et les entrailles de l'Inde où la violence quotidienne se fond dans une société malade de ses traditions à bien des égards. Le film montre surtout l'errance d'un homme fou, persuadé de parler à Dieu, tuant à tout va sans but réel. Il expliquera à la fin du film que derrière ses actes, il n'y a pas de Dieu ou de motivations autres que son instinct. Face à lui, on suit aussi un jeune policier junkie qui s'enfile de la poudre dans les narines à longueur de journée, trompe sa copine et n'hésite pas à tuer des dealers pour récupérer sa dose.

On pourra regretter que le découpage en différents segments casse un peu la linéarité du métrage en multipliant les personnages et les points de vue. Néanmoins, le film, en plus d'être un thriller violent et sans concession, est aussi une dénonciation d'un pays aux pratiques d'un autre temps et à une culture excluant une partie de la société. Des charges que l'on retrouve souvent dans ce cinéma parallèle (beaucoup de ces films sont interdits en Inde par la censure).

Dans sa quête tueuse, Ramanna croise des enfants et des travailleurs pauvres, des sans-grades maltraités par une police ultra-violente usant de tortures pour faire avouer les suspects. Il y a également une violence sociale, comme avec le flic, dont on comprend son mal-être, du fait de ses rapports conflictuels avec son père qui le traite comme un chien parce qu'à 30 ans il n'est pas marié.

Dommage aussi que dans cette noirceur sans rédemption, le réalisateur place deux ou trois moments de répits avec des musiques sirupeuses et des ralentis pour accentuer les situations tragiques. Hormis cela, Psycho Raman frappe fort à l'image du tueur qui n'hésite pas à utiliser des bouts de ferraille pour frapper à mort hommes, femmes et enfants. Dans sa dernière partie, le puzzle se rassemble enfin avec la confrontation des deux hommes lors d'une séquence où le flic va tenter de maquiller ses propres méfaits grâce au serial-killer. Une fin originale rebattant les cartes du bien et du mal dans un film sombre où la violence brute n'est pas vraiment contre-balancée par des élans positifs.

 

4/6

 

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