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NI LE CIEL NI LA TERRE


GENRE : Montagne magique

REALISATEUR : Clément Cogitore

ANNEE : 2015

PAYS : France

BUDGET : 2 500 000 €

ACTEURS PRINCIPAUX : Jérémie Renier, Swann Arlaud, Kévin Azais...


RESUME : Lors d’une mission de surveillance en Afghanistan, les hommes du capitaine Bonassieu disparaissent mystérieusement tandis que la situation dégénère petit à petit avec la population locale.


MON HUMBLE AVIS

Cette première réalisation de Clément Cogitore a été tournée dans les décors naturels grandioses des montagnes marocaines où une caméra immersive suit au plus près les soldats français dans leur quotidien de surveillance. Si les rapports avec les habitants du village voisin et les Talibans sont réussis, l'élément fantastique latent n'est peut-être pas assez développé.

Ni le ciel ni la terre, extrait d'une sourate du Coran, ressemble au départ à un documentaire où la vie de ces militaires consiste à empêcher les incursions ennemis à la frontière. Embuscades sporadiques et villageois interrogés rythment la vie du camp dans un visuel qui n'est pas sans rappeler le très bon Ennemi intime de Florent Emilio Siri qui avait pour cadre la guerre d'Algérie. La disparition mystérieuse de soldats va constituer le déclencheur d'une peur insidieuse et mystérieuse s’immisçant dans les âmes soit religieuses de certains, soit rationnelles chez d'autres. C'est le cas du Capitaine Bonssieu, interprété par l’excellent Jérémie Rénier (Cloclo) qui, ne voulant pas abandonner ses hommes, veut les retrouver par tous les moyens jusqu'aux limites de la folie.

Le problème du film est qu'il ne parvient à verser totalement dans l'élément fantastique, comme s'il avait du mal à s'affranchir de son aspect film d'auteur. En cela, il rejoint le raté Djinns de Hugues et Sandra Martin. Sans compter des scories de son ne permettant pas de comprendre tous les dialogues et certains acteurs au jeu très limite (à noter l'apparition sporadique et risible de l’aumônier). La fin du film devient ainsi plus poussive en tournant autour de la compréhension des disparitions, alors qu'elle aurait pu générer d'autres possibilités en exploitant encore plus le côté mystique de la religion.


Note : 3 / 6


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Commentaires: 4
  • #1

    princécranoir (dimanche, 10 avril 2016 08:13)

    Je reviens lire en différé ton article sur ce premier long métrage très réusii de Clément Cogitore. Si je partage le même avis sur les qualités esthétiques et documentaires du film, je suis beaucoup plus enthousiaste sur la tournure générale du scénario qui évite de se laisser envahir par le spectaculaire (ce qui aurait été une catastrophe au vu du budget limité du film, magnifiquement géré par ailleurs) et le fond qui remet les croyances diverses (celles des soldats de la coalition comme celles des Talibans) sur un même plan, impuissant face à une présence/absence qui leur est supérieure. Son minimalisme maîtrisé m'a rappelé quelque chose de "la patrouille perdue" de John Ford.

  • #2

    Roggy (dimanche, 10 avril 2016 10:09)

    Je comprends ton ressenti sur le film. Néanmoins, il me semble que, malgré les faibles moyens, le réalisateur aurait pu tirer plus de choses de son scénario et de son acteur principal, qui aurait pu tendre encore plus vers la folie.

  • #3

    princécranoir (dimanche, 10 avril 2016 10:40)

    Est-ce que ça n'aurait pas été une voie attendue justement. Je trouve que Rénier, tout de même sérieusement ébranlé par ces phénomènes qui lui échappent (cette obsession du trou, ces nuits d'insomnies), maintient une interprétation solide, qui le ramène aussi à son rôle porteur de mauvaises nouvelles, de rapporteur de morts. D'où la superbe idée du réalisateur de faire disparaître ces dépouilles, l'obligeant à un macabre subterfuge. Je trouve cette dimension particulièrement intéressante, en plus de la remise en question des croyances.
    ps : j'avais oublié de te dire combien j'ai trouvé très beau ce sous-titre que tu as trouvé pour le film. :-)

  • #4

    Roggy (dimanche, 10 avril 2016 12:24)

    Jérémy Renier est excellent dans son rôle mais je trouve qu'il est bien le seul. J'aime bien aussi l'idée de la disparition des cadavres mais j'aurai aimé une plus grande interaction avec la population locale et les rites ancestraux comme la découverte du trou à la fin. Et merci pour le compliment sur le sous-titre :)