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2 Avril 2017

Soirée Kung Fu fou

 

Après déjà une soirée bis à la Cinémathèque en octobre 2015, un double programme sur le kung-fu était à l'affiche avec deux films d'exploitation haut en couleur. A ma droite, l'Invicible Super Chan, petite production délirante taïwanaise de 1971. A ma gauche, Holy flame of the martial world de la Shaw Brothers, lecture kitch et fantastique du wu xia piang. Une soirée qui tatanait dur.

 

Invincible Super Chan – Taïwan – 1971 – Sun Yung

Pitch : Chan doit reprendre le combat, forcé à sortir de la retraite dans laquelle il entré après avoir vaincu une armée entière pour venger le meurtre de son maître.

 

L'avantage avec ce film de kung-fu taïwanais est que le scénario ne nous fera pas des nœuds aux cerveaux. Dès la première scène, les spectateurs auront compris l'histoire puisque Chan (David Wei Tang acteur dans de multiples Kungfuries comme Fists For Revenge en 1974) débarque chez Moyen Chan pour le défier en combat singulier. Ce dernier a tué son vieux maître (la scène où le vieux demande à Chan de ne pas le venger à l'aide de son sang est assez drôle, surtout que le disciple fera juste l'inverse dans la foulée). Le problème est que Moyen Chan est absent parce qu'il se prépare pour affronter un Prince rival afin de récupérer le commandement du clan des Dragons verts. En fait, tout ceci n'est qu'un prétexte pour enfiler les scènes de baston à la chaîne à l'instar de l'entame donnant bien le ton du film.

En effet, cette première séquence montre l'ambiance du métrage entre dialogues insipides, jeu caricatural et action réalisée avec les moyens du bord. On comprend surtout que Chan est quasiment invincible tant il envoie au tapis tous ses adversaires d'un seul coup d'épée avec une facilité déconcertante. Sauf qu'ici, on n'est pas chez Bruce Lee et son agilité féline. Malgré une accentuation des sons, les chorégraphies sont assez lentes et les coups souvent non portés. Ce qui n'empêche pas Chan de terrasser l'ensemble de ses adversaires sans trop forcer. Et ce n'est qu'un début car pendant plus d'une demi-heure, les affrontements vont s'enchaîner jusqu'à plus soif dans des extérieurs ressemblant à des carrières, ce qui aura son importance finalement, comme si le climax avait déjà commencé.

On pourra néanmoins reconnaître l'imagination du réalisateur (auteur d'autres films du même acabit comme La déesse du kung-fu en 1979) pour essayer d'être original. Les combattants rebondissent dans tous les sens tandis que Chan, qui n'a plus son épée (sa femme lui a confisqué pour l'empêcher de se venger), se frotte à une pléiade de méchants. Parce qu'il n'est pas invincible pour rien, SuperChan peut s'envoler jusqu'à en haut des falaises (d'où les carrières) ou disparaître comme par magie pour réapparaître dans un bosquet. Pas grave puisque le scénario a déjà pris la poudre d'escampette. Pratique en revanche quand on se bat contre des adversaires multiples surtout qu'il possède d'autres bottes secrètes telles que sa capacité à faire tournoyer un adversaire et le balancer en bas de la susdite falaise. Certes, ce ne sont que des mannequins en mousse désarticulés mais l'effet visuel est souvent repris, à l'image de cette avalanche de pierres dont le héros ressortira indemne en cassant les rochers en polystyrène.

Finalement, le film est construit comme un jeux vidéo de plateforme qui se terminerait par un combat contre un Boss. En l'occurrence ici, le fameux Moyen Chan qui possède une arme redoutable, une sorte de griffe de tigre reliée à une corde qui fait un bruit d'éolienne quand il l'a fait virevolter dans les airs. Heureusement, la femme de Chan accourt avec l'épée, portée les deux mains levées (personne ne sait pourquoi et en plus elle vautre tous les dix mètres) pour que son bien-aimé la récupère e achève son ennemi.

Dans la 2e moitié du film, le film se calme un peu sur les bastons car Chan a décidé de se ranger des voitures et couler des jours heureux avec sa belle. Mais, comme les palabres c'est pas son fort et que les autres personnages sont venus pour en prendre plein la tronche, il ne faut pas bien longtemps pour que cet émule de Steven Seagal (il a un vrai faux air du héros bouddhiste boudiné et surtout la même technique de bras pas très rapide de notre saumon ricain) reprenne les poings. D'autant plus qu'un nouveau méchant pointe le bout de sa barbe pour le sortir de sa retraite. Affublé d'un étendard, sorte de drapeau utilisé comme une arme (il lance aussi des bombes !?!) ce Captain Igloo asiatique le défie à nouveau. Là aussi, les scénaristes en avaient de la bonne à disposition puisque le brave homme utilise aussi son drapeau pour surfer sur la rivière et poursuivre son ennemi. Yeah !!!

Après cet épisode d'Alerte à Malibu, il reste un ultime adversaire pour Chan. Un vilain qui a kidnappé sa femme et sa fille pour l'attirer dans un village abandonné digne d'un western spaghetti. La particularité de ce personnage est qu'il possède une ceinture qui est en fait une épée à ressort, se détendant à l'image d'une bite télescopique. En fait, on dirait qu'il se bat avec un sex-toy géant. Des séquences à mourir de rire où nos deux combattant s'affrontent épée contre gode élastique (cette dernière fait aussi un drôle de bruit quand il la fait tournoyer...). Même si les événements sont tragiques à l'écran, ils sont en permanence désamorcés par des séquences particulièrement croquignolesques. L'ensemble restant dépourvu de violence réelle hormis un personnage coupé en deux de pied en cap.

Impossible de passer sous silence ces moments pour le moins étrange où certains comédiens font des grimaces tandis que le réalisateur fait des aller-retours sur leurs visages. De la comédie bon enfant au milieu d'une action ininterrompue à l'instar de l'apparition d'un nain et d'un combattant armé d'un boulier (?). Du comique très splastick avec des adversaires finissant assommés contre des rochers ou avec des cailloux au fond de la gorge (gloups !). Sans compter les faux raccords et les fausses perruques et les collages avec le scotch. Le clou du spectacle restant peut-être cette scène intime où les deux tourtereaux se retrouvent sous la lune pour échanger sur leur avenir. Une séquence tournée en studio (on voit bien les ombres sur les murs) dans une pièce carrée qu'on voit le papier peint censé représenter la nature et il y a même un arbre posé dessus...

Invincible Super Chan est donc une expérience plutôt décalée et amusante, un "kung-fu Gonzo" pas très bien shooté où il faut bien regarder les arrières plans entre les mecs qui volent (la scène très drôle des deux combattants essayant de jouer un ralenti), se prennent des tatanes et meurent très très lentement (même avec une épée dans le bide) et de manière pas très réaliste. A croire que Marion Cotillard était sur le plateau pour les coacher...

 

 

Holy flame of the martial world – Hong-Kong – 1983 – Chin-Ku Lu

Pitch : La quête pour trouver l'arme ultime, la Flamme sacrée, continue de créer le chaos, 18 ans après le meurtre d'un jeune couple qui refusait d'en révéler l'emplacement.

 

Tout commence lorsqu'un couple est attaqué pour une bande de margoulins venus leur dérober le secret de la « flamme sacrée ». Malgré l'intervention d'un drôle de chevalier, le Fantôme, les parents n'en réchappent pas et ce dernier récupère le garçon pour l'élever (la fille est sauvée par un des assaillants). 18 ans plus tard, le bébé est devenu un jeune homme fringant et vigoureux et son père d'adoption le prépare afin de l'envoyer rechercher de ce fameux objet magique dans une étrange caverne.

Produit par la Shaw Brothers la même année que Zu les guerriers de la montagne magique de Tsui Hark, Holy flame of the martial world a été tourné comme une réponse au ZU de la Golden Harvest société montée par un ancien chef de production de la Shaw Brothers. On retrouve ici le même côté fantastique délirant avec combattants volants et effets spéciaux des 80's. Sauf que dans le film qui nous intéresse, les moyens alloués semblent moins importants et l'humour plus appuyé. Ce qui frappe surtout c'est son aspect très coloré digne d'une production des 70's mais à la sauce du début des années 80. On est ainsi proche du psychédélique Flash Gordon (1980) Mike Hodges, voire des Maîtres de l'univers de Gary Goddard en 1987. Ce qui donne à l'écran un mélange assez savoureux de mythologie asiatique avec des tons flashy. Entre costumes post hippie et perruques blondes, le film déploie une énergie communicative sans trop se soucier de son scénario.

Tout le casting semble s'amuser à l'image du Fantôme (Philip Kwok vu notamment dans A toute épreuve de John Woo) grimé en blond barbu qui possède comme attaque principale un rire gargantuesque (et un peu idiot) générant un tourbillon dévastateur. Il en est de même pour Wan Tien Sau (Max Mok, héros de plusieurs épisodes des Il était une fois en Chine), jeune homme fougueux qui part en quête de cette espèce de Graal dans une caverne gardée par des esprits maléfiques. Il faudra tout le talent et les enseignements de son maître pour que Wan parvienne à pénétrer la cachette au trésor, éviter des eaux remplies d'acide en volant littéralement comme Superman. Une fois sur place, le jeune guerrier devra passer des épreuves en se mesurant à des sinogrammes géants (!) pour s'emparer de la fameuse arme dans un décor somme toute très kitch. En fait, c'est une sorte de raquette bleue qui serait bien utile pour pratiquer la pelote basque avec en son centre une mini boule à facettes. Pourquoi pas me direz-vous car on reste dans la mouvance hallucinée du film.

Une arme délirante à l'image de l'ensemble du métrage où les combattants ont des capacités hors norme pour balancer avec leurs mimines des rayons laser ou autres boules de feu. Et tout ce petit monde de sautiller dans tous les sens à l'aide de trampolines et surtout de câbles (le plus souvent apparents) qui leur permettent de tournoyer et de se projeter dans les airs pour balancer leurs effets spéciaux rudimentaires (très old school), bien dans la veine des SFX de ce début des années 80. Si les batailles s'enchaînent sans temps morts, l'humour est omniprésent volontaire ou pas. Il faut voir Wan s'entraîner à lancer son épée grâce à la force de son esprit et la récupérer comme un boomerang tandis qu'il tournoie sur lui-même dans la position du Lotus de façon incompréhensible. L’histoire est aussi pleine de rebondissements notamment avec l'apport de personnages secondaires comme la jeune fille en détresse (Mary Jean Reimer) sauvée par notre héros et qui, suite à la morsure d'un serpent obtiendra la capacité extraordinaire de lancer un rayon laser avec son index devenu tout rouge. Sans parler du reste des protagonistes affublés de postiches, de costumes décalés et adeptes d'un kung-fu faits de pouvoirs magiques.

Annonçant quelque part la fin du wu xia piang traditionnel pour un fantastique débridée, Holy flame of the martial world multiple les personnages hauts en couleur, les chorégraphies aériennes et les adversaires parfois surprenants. A l'image de ces combattants (dont un en costume gris brillant à pois noir...) s'extirpant de peinture sur toile nous renvoyant au magnifique Secret de la pyramide de Barry Levinson, ou de ce petit zombie en collant vert revenu à la vie grâce au sang d'une vierge dont la particularité principale est de parler anglais (!?!). On se perd un peu avec tous ces personnages qui apparaissent à l'écran poursuivis le plus souvent par les deux grands méchants sont joués par Jason Pai Piao et Lau Suet Wah qui apportent un côté tragi-comique suintant de couleur criarde à chaque image. Du gros délire assumé n'empêchant pas le spectateur de passer un bon moment au milieu de ce joyeux bordel bondissant et qui rappellera pour les plus jeunes les séries asiatiques de SF pour la jeunesse de notre enfance.

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Commentaires : 4
  • #1

    Rigs Mordo (dimanche, 02 avril 2017 20:01)

    Très bon report once again, Holy Flame m'a toujours beaucoup tenté et ton descriptif (et tes références) ne font qu'accentuer ça !! Faudra que j'aille sur le tatami voir ça :)

  • #2

    Roggy (dimanche, 02 avril 2017 20:18)

    Merci l'ami. Je suis certain que tu vas tout casser sur le tatami avec ton physique de catcheur belge :)

  • #3

    Alice In Oliver (lundi, 03 avril 2017 11:20)

    je prends bonne note de Holy flame of the martial world qui m'a l'air sérieusement déjanté du bulbe !

  • #4

    Roggy (lundi, 03 avril 2017 14:02)

    C'est exactement ça, tout en gardant une certaine tenue formelle.