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Soirée "Enfants méchants" à la Cinémathèque
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Vendredi 14 Avril 2017

 

Soirée Enfants méchants à la Cinémathèque

 

On savait que les filles étaient méchantes parce qu'elles tiraient les cheveux des garçons à la récré. Mais en plus elles sont démoniaques. La preuve avec ces deux films de la soirée du vendredi. Emilie, l'enfant des ténèbres de Massimo Dallamano (1975) et Les yeux du mal de Gabrielle Beaumont (1980).

 

Emilie, l'enfant des ténèbres – UK/Italie – 1975 – Massimo Dallamano

 

Pitch : Une médaille est offerte à la jeune Emilie. Mais quand elle attache la médaille autour de son cou, Emilie est immédiatement possédée par l'esprit de son ancien propriétaire : un enfant tueur.

 

Michael Williams (Richard Johnson vu dans Le continent des hommes-poissons, L'enfer des zombies) se rend en Italie afin de réaliser un documentaire sur le diable pour le compte de la BBC. Dans la petite ville de Spaletto, il retrouve son assistante de production Joanna Morgan (Joanna Cassidy, Ghosts of Mars) qui a déniché un vieux tableau traitant du diable et situé dans une villa abandonnée. Il est accompagné de sa fille Emilie pour lui changer les idées depuis la mort de sa mère dans un incendie particulièrement atroce.

A quelques encablures de la sortie de L'Exorciste, le cinéma italien s'est emparé du thème de la possession avec plus ou moins de réussite. Massimo Dallamano, à la carrière très courte, avait déjà œuvré dans le fantastique avec Le dépravé Dorian Gray (1970) et dans les plus connus Mais qu'avez-vous fait à Solange en 1972 et La lame infernale en 1974. Des giallis faisant plus dans la sobriété que ses homologues transalpins. Ce qui se ressent dans Emilie, l'enfant des ténèbres jouant sur un fantastique atmosphérique où les cornes du diable ne s'afficheront jamais à l'écran. Le réalisateur prend ainsi le temps (certes un peu trop) de présenter ses personnages et de construire autour d'eux toute une panoplie de figures connues de l'épouvante. Même les personnages secondaires ont une importante à l'instar de la nurse Jill Perkins (Ida Galli, La queue du scorpion, L'emmurée vivante) chargée de s'occuper d'Emilie et amoureuse de Michael en secret.

L'opposition entre le réel, représenté par Michael et Joanna, est contrebalancé par la Comtesse Cappelli (Lila Kedrova) sorte de medium chargée ici de faire le lien avec le surnaturel et notamment ce tableau, à l'origine maudite, nous renvoyant notamment à L'au-delà de Fulci. Une toile montrant une jeune fille poursuivie par des villageois aux yeux exorbités sous le regard d'un personnage diabolique tandis qu'une femme semble tomber du ciel. Une situation faisant écho à celle vécue par la petite Emilie puisque sa mère est tombée de son appartement suite à l’incendie. Emilie est interprétée par Nicoletta Elmi, enfant star des années 70 pour ses participations à plusieurs films de genre comme La baie sanglante, Baron vampire, Chair pour Frankenstein, Les frissons de l'angoisse ou encore Démons en 1985. Une filmographie hallucinante s'arrêtant à l'âge adulte mais dont le visage expressif de Nicoletta (pas la chanteuse hein...) reste mémorable pour les cinéphiles avertis.

Si le film s'avère agréable dans les thématiques abordés à l’image des scènes dans la villa pour le tournage du documentaire, la fascination de Michael pour ce tableau possédant une aura maléfique, les paysages italiens et notamment ce village ancien aux ruelles gothiques et pluvieuses, force est de constater que le tout est enrobé dans un scénario ressemblant un peu trop à un roman-photo. En effet, alors que le comportement d'Emilie change progressivement quand elle porte le médaillon de sa mère, le scénario s'attache à développer l'histoire d'amour entre Michael et Joanna générant des scènes de sexe (enfin si on veut malgré le bout d’un téton) d'un autre temps (avec musique sirupeuse à la clé) ralentissant de fait l'intrigue. Certes, cela permet d'intensifier le sentiment de jalousie d'Emilie et d'accélérer sa possession (ou du moins son caractère possessif), mais nuit au rythme du métrage qui aurait gagné à se cristalliser sur le traumatisme subi par la petite fille suite la disparition tragique de sa mère et sur le côté fantastique du sujet.

D'autant plus qu'on sent bien qu'Emilie (Nicoletta Elmi en fait des tonnes) multiplie les actes de violence jusqu'aux extrêmes, du fait de la présence de son médaillon autour du cou, sans que cela n'interpelle grand monde dans la première moitié du film, comme quand les rushs des caméras font apparaître une sorte de fantôme ou que les statues tombent toutes seules. Un détachement entretenu par la musique de Stelvio Cipriani dont la ritournelle incessante est usée jusqu'à l'os et sous toutes les formes et ce, malgré une mise en image très correcte (dans sa partie située en Angleterre, on pense à La malédiction de Richard Donner). Emilie, l'enfant des ténèbres (dont on préfèrera le titre original Il Medaglione Insanguinato) est un film privilégiant un fantastique sans effet spectaculaire au milieu d'un décor de vieux château nimbé d'une ambiance fantomatique et d'une Italie prétexte au surnaturel. L'ultime séquence est certainement la plus réussie, à la fois tragique et poétique, elle conclut un film au charme visuel mais au scénario trop linéaire pour être efficace et plonger avec délectation dans le surnaturel et la possession ancestrale.

 

 

Les yeux du mal (The godsend) – UK – 1980 – Gabrielle Beaumont

Pitch : Un couple anglais adopte un nouveau-né abandonné par sa mère. Les enfants de ce couple meurent dans d'étranges circonstances. La petite fille adoptée possède-t-elle des pouvoirs maléfiques ?

 

Le film débute de manière assez simple et bucolique. Alan Marlowe (Malcolm Stoddard) et sa femme Kate (Cyd Hayman) passent la journée en famille à la campagne avec leurs quatre enfants quand cette dernière fait la connaissance d’une femme enceinte (Angela Pleasence, la fille de Donald Pleasence). Sans trop qu’on comprenne pourquoi, Kate invite la jeune femme chez elle pour boire un verre. Mutique (elle a un regard très particulier ressemblant comme deux gouttes d’eau à celui de son père !), la mystérieuse invitée semble sortie d’une secte et, pendant que la famille s’affaire, coupe le fil du téléphone. Peu de temps après, elle commence à avoir des contractions et accouche dans la chambre de ses hôtes. Le lendemain matin, elle disparaît laissant le bébé à la charge de Kate et Alan.

Dans leur grande générosité, et parce qu’ils ont l’habitude, le couple adopte la petite fille qu’ils nomment Bonnie. C’est là que les ennuis commencent car les enfants vont mourir les uns après les autres, la famille pensant que cela est dû à des accidents ou à la malchance comme le nourrisson retrouvé sans vie à côté de la toute petite Bonnie. Si personne ne se doute de l’origine de ce fléau, le spectateur comprend que la fillette blonde est une espèce de rejeton du diable qui grandirait avec des idées plus que mauvaises derrière la tête à l’instar de Damien dans La Malédiction. Gabrielle Beaumont, qui s’est surtout illustrée dans la réalisation de séries, ne propose pas au spectateur les pseudos accidents en direct mais il anticipe très bien les situations tant Bonnie possède le regard troublant et fixe de sa mère.

La thématique des enfants méchants (même tueurs ici) est assez récurrente avec forcément le film étalon Quien puede matar a un niño (aka Les révoltés de l’an 2000) de Narciso Ibáñez Serrador en 1976, du bien sanglant The Children (2008) de Tom Shankland ou plus récemment de Alone (2015) de Thierry Poiraud. A la différence que les enfants tuaient des adultes. Dans Les yeux du mal (en VO The godsend soit « cadeau du ciel », si on peut dire...), un enfant tue ses congénères avec comme objectif principal, semble-t-il, de se retrouver seul avec ses parents d’adoption. On ne sait pas trop pourquoi cette malédiction ou envoûtement l’amène à commettre ces actes, mais ce sujet très polémique aurait certainement du mal à exister aujourd’hui.

En fait, il n’y a que les parents qui ne voient rien d’autant plus que les premières disparitions ne semblent pas les affecter outre-mesure, du style on en a encore trois en stock... Pas plus que les autorités ne soupçonnant jamais les deux adultes de maltraitance ou d’infanticide (pourquoi n’y-a-t ’il pas d’enquête ?). En grandissant, la petite famille déménage mais les ennuis continuent et, quand même, à partir du troisième enfant mort, Kate commence à péter un plomb. Normal, tandis qu’Alan se doute que Bonnie n’est pas un enfant angélique car il est témoin d’un incident où la petite perverse essaie de renverser sa sœur d’une balançoire en pleine action. Désormais, Alan veut convaincre sa femme que Bonnie est l’incarnation du mal jusqu’à vouloir éloigner son dernier enfant et carrément tuer ce petit être apparemment maléfique.

Malgré un visuel et une patine très télévisuelles, la réalisatrice tente par tous les moyens d’instaurer un climat d’angoisse. Il n’y a pas d’effusion de sang mais le propos s’avère malsain (les enfants du couple se plaignent de l’attitude Bonnie qui arrache une mèche de cheveu par exemple). Ce qui ne réussit pas toujours du fait de dialogue quelquefois à côté de la plaque et d’ellipses dans le scénario faisant que la véracité des situations peut être remis en question. Néanmoins, le film tient la route (l’interprétation est plutôt bonne) et on suit l’évolution de la petite fille sur plusieurs années qui, même si elle semble proche de ses frères et sœurs, est capable de les envoyer dans l’autre monde sur une impulsion. Les différentes enfants utilisées pour jouer Bonnie sont à ce titre parfaitement inquiétantes de par leur attitude et leur regard. Au final, Les yeux du mal se laisse regarder sans déplaisir mais pas non plus avec un enthousiasme démesuré.

 

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Commentaires : 10
  • #1

    Rigs Mordo (samedi, 15 avril 2017 18:29)

    Ben voilà qui donne pas envie d'avoir des gosses! J'ai Emilie en DVD mais pas encore vu, ce que tu en dis rejoint ce que Pascal m'avait dit: ok mais pas mémorable. Je connaissais pas le deuxième, qui irait bien dans le catalogue Artus à te lire, il semble sympa aussi, je prends note! Belles chros mec en tout cas!

  • #2

    Roggy (samedi, 15 avril 2017 18:35)

    Merci Rigs ! Tu as raison, ces mômes sont dingues ! Emilie se laisse regarder et je pense que son ambiance italo-anglaise pourra te plaire même si ça reste très soft. Quant au 2e film, rien d'exceptionnel mais le propos et l'atmosphère maléfique restent agréables.

  • #3

    Alice In Oliver (dimanche, 16 avril 2017 18:24)

    Je connais Emilie l'enfant des ténèbres mais pas les yeux du mal. Très peu de souvenirs du premier film mais visiblement, il est loin d'être indispensable

  • #4

    Roggy (dimanche, 16 avril 2017 19:49)

    Je n'avais jamais vu "Emilie l'enfant des ténèbres" et le film reste sympathique malgré, sans doute, quelques longueurs. Quant au 2e métrage, il est a priori assez rare.

  • #5

    princécranoir (mardi, 18 avril 2017 19:21)

    Bien beau portrait de famille, enfin si j'ose dire.
    Je n'ai personnellement croisé aucun de ces sales gosses, pas même la demoiselle Pleasance qui est, en effet, le portrait craché du docteur Loomis. Je crois que je vais plutôt me refaire "la malédiction" et me garde ces bisseries pour d'autres soirées au coin du feu.

  • #6

    Roggy (mardi, 18 avril 2017 19:37)

    C'est certain et ça ne donne pas envie d'avoir des gosses ! surtout ces enfants du malin :)

  • #7

    princécranoir (mercredi, 19 avril 2017 17:07)

    Les miens sont assez grands pour faire les malins, ça compte ? Devrais-je contacter un exorciste ? ;-)

  • #8

    Roggy (mercredi, 19 avril 2017 18:42)

    Je n'osais te le proposer...

  • #9

    titi70 (samedi, 22 avril 2017 16:43)

    Des Yeux Du mal, je n'ai vu que des extraits, mais, ça me donne envie de le voir en entier, d'autant que c'est le genre de films que j'apprécie. Par contre, j'ai eus l'occasion de voir Emilie, L'Enfant Des Ténèbres et j'avais plutôt apprécié. Pour ma part, dans le genre "dérivé de l'exorciste", je le préfère à L'Antéchrist.

  • #10

    Roggy (samedi, 22 avril 2017 21:52)

    "Les yeux du mal" semble décidément difficile à voir et c'est bien dommage car, à bien des égards, le film mérite d'être visionné. Pour "Emilie, L'enfant des ténèbres", on n'est pas vraiment dans une copie de "L'exorciste" mais plus sur un cousin de "La malédiction".