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26 Juin 2015

Soirée Curiosités

Nouvelle soirée Bis à la cinémathèque avec du karatéka sans jambes et des plantes qui communiquent avec les humains. Soirée curieuse autour de L'infernale poursuite (aka Mr no legs) de Ricou Browning et Le pouvoir des plantes de Jonathan Sarno. Retour sous acide dans les seventies...


L'infernale poursuite (Mr no legs) – USA – 1977 – Ricou Browning


Pitch : Mister No Legs est un cul de jatte méchant, raciste et karatéka qui se déplace avec des fusils de chasse dans les accoudoirs de son fauteuil roulant. Deux flics minables tentent de l'arrêter

 

Ricou Browning est essentiellement connu parce qu'il fut le comédien engoncé dans le costume de L'étrange créature du lac noir et de ses deux suites. Réalisateur de scènes sous-marines de James Bond comme Opération tonnerre, on lui doit aussi des des épisodes de la série Flipper le dauphin (!). Fort de cette expérience très aquatique, il est encore plus étonnant de le retrouver comme metteur en scène de cette série Z qui tient plus de la pantalonnade que du polar.

Surtout que le pitch du film est un peu racoleur dans la mesure où il n'est pas vraiment centré sur le personnage de Mr no legs (et qu'à ma connaissance, il n'est pas raciste comme le précise la tagline du film). On suit plutôt l'enquête de deux flics plutôt minables tentant de découvrir l'assassin de Tina, la sœur d'un des deux. Et, ce ne sera pas le scénario qui remontera le niveau du film. Il est juste prétexte à des scènes de baston ou la poursuite finale. Pour le reste, les dialogues sont insipides (surtout avec une VF qui a certainement pris des libertés) et le jeu d'acteurs carrément à la ramasse. Mention spéciale à Chuck, le flic à la tête de l'enquête (Richard Jaeckel petit acteur blond déjà aperçu dans le très fendard La bataille au-delà des étoiles de 1968).

Si Mr no legs (titre original et plus juste) vaut son pesant d'exploitation c'est surtout pour son personnage éponyme. Ancien vétéran de la guerre de Corée où il a perdu ses deux jambes, Ted Vollrath est réellement devenu ceinture noire de karaté (!). Il mettra ses compétences à profit dans une scène de combat où il terrassera ses adversaires près d'une piscine à coups de tatanes et de culs de jatte retourné. N'hésitant pas à se jeter au sol, sa maîtrise des arts martiaux est hallucinante et crédible. Il possède aussi une arme secrète dans son fauteuil roulant où des fusils de chasse sont planqués dans les accoudoirs. Et comme il est très méchant et a la gâchette facile, Mr no legs sort l'artillerie lourde (et même des nunchakus) dans des séquences dignes de Sam Peckinpah filmées au ralenti. Dommage que son personnage apparaisse si peu à l'écran, car il est l'attraction du film.

Pour en revenir au film, la majeure partie du métrage est remplie de scènes mal jouées et ineptes. Pourtant, le rire n'est jamais loin quand on s'attarde aux détails comme par exemple les circonstances abracadabrantesques de la mort de Tina, la maison de la compagne d'un des flics dont le sol est recouvert d'un tapis de peau de bête ou lors d'une baston entre deux femmes dans un bar (une des meilleures scènes du film). Des séquences très Z déclenchant l'hilarité générale au milieu d'un film foutraque où la direction d'acteurs est à l'avenant et les dialogues à côté de la planque. La course poursuite de la fin dure 20 bonnes minutes entre la taupe enfin démasquée et une myriade de voitures de police. A l'instar du reste du film, cette dernière bobine est assez longue à suivre malgré les carambolages et autres tonneaux shootés en prenant bien soin d'y ajouter des gags à la Buster Keaton à l'image de cette voiture qui éventre une maison roulante.

Même si le film ne tient pas toutes les promesses entrevues sur l'affiche et si le personnage de Mr no legs aurait mérité un film en entier, L'infernale poursuite mérite qu'on s'y attarde quelque peu, ne serait-ce que pour voir le sieur Ted Vollrath, le regard bad ass, distribuer les coups de pieds qu'il n'a plus ou le voir faire des pompes sur son fauteuil.

 

Le pouvoir des plantes (The Kirlian Witness) - USA – 1977 – Jonathan Sarno

Pitch : Une femme qui dit communiquer avec les plantes par télépathie est retrouvée morte. Sa sœur Rilla va mener l'enquête pour trouver l'assassin et essayer d'entrer en communication avec une plante qui est le seul témoin du meurtre.


Film très étrange sur la capacité des plantes à communiquer avec le monde extérieur, The Kirlian Witness, aussi appelé The plants are watching, est une sorte d'enquête policière pour connaître l'assassin de Laurie avec pour seul témoin une plante. Ce qui frappe dans le film est sa capacité a suscité de l'intérêt pour le sujet, alors que le postulat de départ est assez étonnant. De plus, le traitement du film particulièrement sérieux donne une ambiance tout à fait crédible au concept. En effet, le film s'appuie sur les théories pseudo-scientifiques de l'effet de Kirlian qui permettraient de photographier l'aura des êtres, en l'occurrence ici des plantes. De beaux clichés bleutés censés expliquer et démontrer que les plantes ressentent les émotions et ont une vie propre.

Grâce à ces expériences de photographies à la limite du paranormal, Rilla se penche sur la question et commence à adhérer à ses thèses. Même si le film, à ma connaissance, n'a pas d'équivalent sur le sujet, il nous renvoie néanmoins à l'excellent L' esprit de la mort de Peter Newbrook en 1972, sur la capture des âmes grâce à un appareil photo (ici Laurie croit d'ailleurs apercevoir le visage de sa sœur sur un cliché). Porté par la voix-off de Laurie très didactique et omniprésente, Le pouvoir des plantes pâtit de son rythme lent et de longues scènes d'explications entre elle, son mari et Dusty, homme à tout faire et proche de sa sœur. Deux suspects en puissance qui seront poussés dans leurs retranchements par une Laurie de plus en plus convaincue par ces théories.

On est ici dans un film d'ambiance où les effets visuels sont quasiment absents (Laurie a bien des bourdonnements d'oreilles qui pourrait s'apparenter à un langage ?) et remplacés par des zooms de la plante, unique témoin du meurtre, et semblant presque communiquer sous l'effet du vent ou des rayons de la lune. Un fantastique atmosphérique proche du cinéma australien des 70's et des 80's comme Long weekend (1978). Jusqu'au bout le réalisateur croit en son sujet (Laurie installe même un détecteur de mensonge relié à la plante pour voir les oscillations lorsque un suspect en présence se présente) et termine son film par un scène giallesque dans un ascenseur.

Au final, Le pouvoir des plantes ressemble à un drame familial tournant au film policier et mâtiné d'un fantastique reposant sur une théorie fumeuse, mais réaliste à l'écran. Tourné dans un lieu quasi unique et dans un style télévisuel, le film manque d'allant et peu ennuyer le spectateur qui ne communiquerait pas avec les géraniums ou les cactus.

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Commentaires: 6
  • #1

    Rigs Mordo (samedi, 27 juin 2015 20:26)

    Super compte-rendu, je dois dire que même si Le Pouvoir des Plantes semble sympa, il se fait voler la vedette par ta chro de Mr No Legs, qui semble énorme. Déjà, le nom du perso associé à son handicap, c'est déjà génial, mais si en plus le gars se bat comme ça... Ca semble culte ! Super boulot Rog !

  • #2

    Roggy (samedi, 27 juin 2015 20:32)

    Merci l'ami. On peut dire que le film est culte, même si finalement il est un peu raté. Je pense sincèrement qu'il aurait pu être encore plus fou et délirant. Le film complet sur "Mr no legs" aurait été encore plus kiffant :)

  • #3

    Oreo33 (lundi, 29 juin 2015 10:46)

    Idem, j'avoue avoir été un chouilla déçu par Mr No Legs (titre hilarant) mais avec le résultat du film tu te dis que le titre français est plus judicieux. C'est dommage parce que la VF est hilarante et quand tu vois les deux flics tu penses à un nanar surtout pour le moustachu quand il est avec la stripteaseuse dans la maison. C'est claire la salle était hilare en découvrant la maison.
    Pourtant le perso de Mr No Leg vaudrait un bien meilleur film. On dirait un perso échappé de Grindhouse. Dommage que le film soit bancal. :-( Pinaise la salle était blindée. lol

  • #4

    Roggy (lundi, 29 juin 2015 19:16)

    Tu as raison, ça ressemble à un "Grindhouse", et même avec les flingues dans le fauteuil, on pense aussi à Tarantino :) Le film aurait pu en effet être bien meilleur.

  • #5

    princecranoir (mardi, 30 juin 2015 06:54)

    L homme de fer version bad guy et grindhouse, le phenomene de shyamalan qui se decouvre un ancetre meconnu, je prends le tout pour une soiree cine en tete a tete avec mon begonia ! Tu nous as encore bien vendu tout ça l'ami !

  • #6

    Roggy (mardi, 30 juin 2015 13:52)

    C'est tout à fait ça ! Une sorte d'"l'homme de fer" version tarantinesque :). Pour le second film, je n'avais pas pensé à la référence lointaine avec "Phénomènes" ou en vf "Le bégonia fou" :)
    Merci pour ton commentaire.
    Roggy.