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6 Octobre 2014

 

CONFERENCE FORUM DES IMAGES

 

Dans le cadre du cycle « Quelle connerie la guerre ! » organisé au Forum des Images à Paris, j’ai assisté à une conférence ayant pour thème "Guerre froide et course aux armements : la science-fiction s’insurge". Une conférence intéressante et animée par Lori Maguire, professeur à l’Université Paris 8 et spécialiste de la guerre froide. Petit résumé.

 

1h30 pendant lesquelles, Lori Maguire a évoqué à l’aide de photos et d’extraits de films américains et russes, l’évolution des relations Est-Ouest au travers du cinéma et plus précisément de la science-fiction qui devenait ainsi un champ de bataille de communication et de dénonciation. Le point de vue choisi étant la SF vu comme une critique négative de la course aux armements pendant cette période.

Au début des années 50, les peurs grandissent aux USA avec la guerre de Corée, la victoire du communisme en Chine. La science-fiction va ainsi s’emparer du sujet en développant des films d’invasions extra-terrestres qui sont une métaphore de l’invasion soviétique. Des films favorables à se doter d’armements comme dans La chose d’un autre monde de Christian Nyby en 1951, où parce que les scientifiques sont faibles, le monstre attaque les hommes. Les militaires prennent alors le relais pour combattre la chose.

De la même manière, le personnage de Klatu dans Le jour où la terre s’arrêta de robert Wise en 1951, cristallise la course à l’armement. Klatu est envoyé sur Terre pour prévenir les hommes que s’ils continuent à s’armer, ils risquent d’être détruits par les extra-terrestres. Ce film est une critique de la course à l’armement et de la censure de l’époque, notamment vis-à-vis du Marccarthysme.

Dans les années 50, grandit aussi la peur de la bombe atomique, qui se traduit au cinéma par l’apparition de monstres géants, contaminés par les radiations comme Le monstre des temps perdus d’Eugène Lourié (1953), Les monstres attaquent la ville de Gordon Douglais (1954), sans oublier Godzilla au Japon.

Ces frayeurs nucléaires apparaissent également dans des films post-apocalyptiques tels que Le monde, la chair et le diable en 1957 où le héros, Harry Belafonte, se retrouve seul à New-York après une catastrophe nucléaire. Ce film est un signe du rejet de la guerre froide.

En URSS, après la mort de Staline en 1953, les arts à l’instar du cinéma se libèrent et se développent. C’est la période dite du "dégel". C’est le cas du film russe 9 jours d’une année de Mikhail Romm en 1961, où deux scientifiques sont irradiés et discutent sur les progrès de la science, engendrant également des armes de destructions. A la même période aux USA, le Docteur Folamour de Stanley Kubrick (1964) stigmatise les peurs au travers des progrès de la science et de la bombe atomique. Dans les années 60, la guerre du Vietnam a accentué la guerre froide. En 1968, la Planète des singes fait ressortir les craintes de ce conflit. La série des films qui s’ensuivra mettra en avant la capacité de l’homme à s’autodétruire.

Plus surprenant à mon sens, L’étoile de la mort dans Star Wars en 1977 peut être considérée comme une manifestation de la peur de l’atome, avec cette arme de destruction massive. Dans les années 70, en URSS, Andreï Tarkosvki critique le Gouvernement soviétique avec ses deux œuvres d’anticipation Solaris (1972) et Stalker (1979).

En 1986, Lettre d’un homme mort de Konstantin Lopouchanski sort un mois avant la catastrophe de Tchernobyl. Une œuvre prémonitoire qui met en exergue les dangers et les peurs de la bombe atomique. Parallèlement à cette époque, les Américains produisent le téléfilm Le jour d’après (1983) et les Anglais Threads (1984) qui traitent des conséquences d’explosions nucléaires.

 

On évalue la fin de la guerre froide au début des années 90 avec l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir en 1985. En 1991, Star Trek, Terre inconnue sort sur les écrans. Là encore, le film est un des prémisses du rapprochement Est-Ouest. La Fédération qui représente l’OTAN et les Klingon les Soviétiques, tentent de faire la paix après des années de guerre. Ce film symbolise enfin un espoir de paix entre les deux blocs ennemis.

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Commentaires: 4
  • #1

    Rigs Mordo (lundi, 06 octobre 2014 20:49)

    Ca devait être intéressant vu que ton article l'est lui aussi! En effet, c'est étonnant de lire ça sur Star Wars mais bon, après tout why not ? C'est peut-être un peu tiré par les cheveux mais au fond... Sympa ce compte rendu Roggy, tu es mes yeux parisiens!

  • #2

    laseancearoggy (lundi, 06 octobre 2014 21:07)

    Je suis d'accord avec toi sur Star Wars, on peut certainement y voir tout ce qu'on veut :) Néanmoins, il faut remettre le film dans le contexte de la guerre froide et apparemment, cet aspect de l'étoile noire est accrédité par Georges Lucas (d'après la conférencière).

  • #3

    Princécranoir (mercredi, 08 octobre 2014 14:46)

    Encore une conférence passionnante ! Heureusement que tu es là pour nous faire un rattrapage de tout ce qu'on rate, nous autres provinciaux. Je ne suis pas spécialement trekkie dans l'âme mais je crois que les "grosses têtes" extra-terrestres sont plutôt des Klingons que des "Klingtons" (à moins qu'il ne s'agisse du président Bill "Klington", auquel cas...) :)

  • #4

    laseancearoggy (mercredi, 08 octobre 2014 18:43)

    Merci pour ta surveillance Princécranoir ! Tu as raison, les Klingons ne fréquentent pas la famille Klinton. Et le chef Klingon n'a pas de Monica dans son bureau ovale (en même temps, j'ai pas vu tous les épisodes) :)