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1981 : Année fantastique

En me penchant récemment sur mon TOP 100, je me suis aperçu que figurait au milieu de ce maelstrom de films différents, 8 longs-métrages sortis en 1981. Coïncidence, manipulation d’une secte de numérologie ou vrai berceau de ma cinéphilie ? Et si cette date apparaissait comme le symbole syncrétique du cinéphage amateur que je suis devenu ? Alors 1981, année millésime du cinéma fantastique ? Tentative personnelle d’explication et retour au pays de la nostalgie.

Si je n’ai pas vu tous les films à leur sortie en 1981, je me rattrapais bien plus tard grâce aux VHS et aux passages télévisuels. Sans le savoir sur le moment, tout un pan de ma cinéphilie (la plus importante) se forgea l’année de mes 9 ans. Petit retour en arrière au travers de mes yeux de môme.

Quand je pénétrais dans la salle de cinéma, alors âgé de 9 ans, je ne me doutais pas du choc apocalyptique qui allait irradier mes jeunes mirettes. Installé dans les premiers rangs, j’assistais à la projection d’Excalibur (aujourd’hui, sûrement interdit aux moins de 12 ans). La version hollywoodienne des Chevaliers de la table ronde volait alors en éclat face à la beauté shakespearienne et picturale de cette version de la Morte d’Arthur de John Boorman. Porté par une musique opératique, le film est entré en moi comme une épée incandescente qui m’aurait brûlé le cœur. C’était décidé, je serai chevalier et je revêtirai la même armure immaculé que le Roi Arthur avec lequel je chevaucherai à la quête du Graal. Emerveillé, et même choqué par la scène des corbeaux gobant les yeux des chevaliers pendus (je me souviens avoir regardé les deux personnes autour de moi comme si mes yeux leur lançaient un appel au secours), je quittai la table des illuminations, changé à jamais par ce film grandiose.

Cette année-là, j’ai dû aller voir d’autres films au cinéma, mais je n’en garde que peu de souvenirs hormis le huis-clos Garde à vue de Claude Miller (étais-je le seul enfant dans la salle ?) et le 1erépisode de la saga Les aventuriers de l’Arche perdu de Steven Spielberg. Je me souviens surtout de la fin du film et de la scène particulièrement gore des soldats allemands fondant suite à l’ouverture de l’Arche d’alliance. Quand grand spectacle rimait avec intelligence et effets visuels encore à l’ancienne.

Quelques années plus tard, je succombais aux charmes lycantropiques par le biais de deux films de loups-garous, sortis eux aussi en 1981 et fleurons du genre. Hurlements, tout d’abord, qui longtemps fut pour moi le maître-étalon du genre (j’ai depuis changé d’avis, après un autre visionnage. Le film m’a semblé bien plus lent) avec ces grandes marionnettes animées (une autre époque) au charme suranné. De la même manière, j’avais beaucoup aimé Le loup-garou de Londres, pas pour son côté comique, mais pour la transformation en direct. Une prouesse technique qui m’avait impressionné à l’époque. Dans une veine similaire, comment ne pas citer le fabuleux Wolfen de Michael Wadleigh, avec ses loups errant dans Central Park comme des fantômes. La bonne idée du réalisateur étant de nous placer en caméra subjective dans les yeux des canidés et leur vision très particulière et déformée, à l’instar du futur Predator.

1981 voit aussi la dernière participation de l’immense Ray Harryhausen aux effets spéciaux du Choc des titans. Aventures fantastico-grecques où se côtoient Persée, Zeus autour de créatures mythiques comme la Gorgone ou le Kraken, sans oublier la petite chouette mécanique. Un film qui marque la fin d’une époque et qui fera que je verrai tous les films où le génie de l’image est intervenu, provoquant un amour invétéré pour tous les monstres crées par Monsieur Harryhausen. Toujours dans la catégorie monstres et merveilles, j’ajouterai le dragon du méconnu Dragon du lac de feu, production Disney réalisée par Matthew Robbins. Petit film d’heroïc-fantasy qui vaut surtout pour les apparitions mémorables de la divine créature, visuellement très réussie.

Autre monument que je porte aux pinacles, John Carpenter. En 1981, il nous envoie en pleine face un brûlot politique et contestataire avec New-York 1997 et l’île de Manhattan transformée en prison ouverte où règne le chaos et la violence. Kurt Russell, charismatique en la personne de Snake Plissken, un des plus célèbres borgnes du cinéma, est chargé de récupérer le Président des Etats-Unis (Donald Pleasance) au milieu de toute une faune de tarés. Au rayon "dérangés du ciboulot", les Antipodes sont aussi bien achalandés en cette même année avec les déglingos de Mad Max 2 de Georges Miller. Post-apo hallucinant dans ses moments de bravoure, avec des courses-poursuites d’anthologie sur de machines qu’on a tous rêvé de piloter. En France, la vision du monde dévasté est plus soft et se déroule à la campagne. Malevil de Christian de Chalonge est néanmoins tout à fait recommandable.

Dans un genre plus horrifique, je me souviens avoir loué au vidéo-club avec des amis Inseminoïd de Norman J. Warren. Série B de SF de ce début des années 80 où, au cours d’une expédition sur une planète inconnue, l’équipage était attaqué par une entité extra-terrestre (un peu comme dans le merveilleux Lifeforce de Tobe Hooper). Je me rappelle surtout de la scène gore où un astronaute se coupait volontairement le pied pour ne pas être boulotté par l’alien. Autres films datant de 1981 que j’ai appréciés, Réincarnations (alias Dead and buried) de Gary Sherman, avec James Farentino aux prises avec les morts qui reviennent à la vie dans une petite ville côtière. 

J’ajouterai les séquences traumatisantes et magnifiques de Scanners de David Cronenberg avec ses têtes explosées sous l’effet du mental d’un Michael Ironside en transe. Côté slasher, il faut noter la 1èresuite d’Halloween de Rick Rosenthal, Carnage (The burning) de Tony Maylan et son tueur défiguré par le feu, le sympathoche Massacre dans le train fantôme de Tobe Hooper, et une autre séquelle avec Piranha 2 du débutant James Cameron. Evidemment, je n’omets pas de mentionner la toute petite production d’un jeune réalisateur qui deviendra grand, Evid dead de Sam Raimi, mais j’avoue que je ne suis pas un fan du film.

Cette liste n’est volontairement pas exhaustive et reflète uniquement mes préférences d’une certaine forme de cinéma. J’aurai pu continuer comme ça bien longtemps et citer des titres qui parleront plus à d’autres qu’à moi. Je pense au thriller de SF Outland de Peter Hyams, Condorman tentative de film de super-héros de Charles Jarrott, La malédiction finale de Graham Baker (3efilm de la franchise qui m’avait bien fait flipper en son temps), L’équipée du Cannonball avec Burt Reynold et sa course à la Death race ou encore le foutraque et long Knightriders de George A. Romero avec Tom Savini en cuir sur une moto. Sans oublier en France, La guerre du feu de Jean-Jacques Annaud (vu au collège devant une assistance médusée lors des scènes de sexe...) et le mythique La soupe aux choux, fleuron de notre SF nationale.

 


Quand je vous disais que 1981 était une année fantastique pour un enfant qui avait la chance de se déplacer au cinéma. Aujourd’hui encore, en faisant ce petit panel d’une année riche en un cinéma de genre comme je l’aime (du Carpenter, du Ray Harryhausen, des chevaliers, des loups-garous, des monstres...), je pense que cette année-là marquera une date importante dans l’histoire du 7ème art, et dans la mienne (oui, Claude François, tu aurais pu faire une chanson à la gloire de 81, cette année-là...). Alors que j’affirmais d’une manière péremptoire que 1981 était presque l’année christique, je me rends compte que 1982 me fait de l’œil... mais ceci est une autre histoire...


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Commentaires: 14
  • #1

    Rigs Mordo (lundi, 04 mai 2015 20:47)

    Année importante pour le fantastique, en effet, ça ne te surprendra pas que je le dise vu que tu sais que je suis très porté sur les eighties. D'ailleurs, le très bon magazine en anglais Horrorhound a fait un dossier spécial sur cette année, revenant sur ses meilleurs films, un peu comme tu viens de le faire! Je pense que cette année est assez spéciale car elle fait le pont entre deux époques. Les années 70 d'un côté, avec ce que ça entraine de films noirs ou sombres (Scanners, Mad Max 2, Inseminoid, Le Loup-Garou de Londres) et les années 80 et leurs effets plus réussis. En prime, tu n'avais pas les défauts de ces deux décennies, si l'on peut dire. Tu avais des sfx plus réussis que dans la plupart des films des 70's mais tu n'avais pas encore l'aspect purement commercial des films, car la VHS n'avait pas encore totalement le pouvoir, donc on n'était pas encore noyé dans les séries B et Z faites très simplement et dans un but purement fun. Je n'ai bien évidemment rien contre ça, au contraire!, mais ça a sans doute enlevé un peu de fond au genre, alors qu'en 81 on avait encore l'héritage des seventies, plus portées sur les messages et le fond.

  • #2

    Roggy (lundi, 04 mai 2015 21:12)

    Je suis totalement d'accord avec le côté "passage de témoins" de l'année 1981. Ton analyse pertinente sur la sociologie de ce début des 80's montre aussi l'influence de la décennie précédente et du tournant que prendra le cinéma de genre. Je ne connais pas ce magazine qui semble très intéressant et je pense qu'il doit y en avoir pas mal d'autres qui ont identifié cette date particulière. Il se trouve que c'est aussi une année importante pour moi car elle est à l'origine de ma passion.

  • #3

    Ingloriuscritik/Peter Hooper (lundi, 04 mai 2015 21:56)

    Ah, comment ne pourrais je pas me délecter de cette chronique , moi qui claironne a qui veux bien l'entendre combien ces débuts des années 80 eurent l'effet d'un électrochoc pour l'amour que j'allais porté au genre (pour le cinéma en général , j'avais 16 ans en 81, j'étais donc déjà piqué !). 1 an plus tard je découvrais d'ailleurs "Mad Movies" qui allait pour de trés longues années etre mon couteau de Rahan .Mais bon sang, quelle année quand meme ! Sans oublier cette fabuleuse fable freak de "elephant man" !Merci pour ce moment de douce mélancolie sur NOTRE age d'or ! Et bien souligné Rigs !

  • #4

    Roggy (lundi, 04 mai 2015 22:07)

    Mais de rien l'ami ! Je pense qu'on est tous d'accord sur les années 80 (surtout parce qu'on était jeunes à ce moment-là) et ce florilège de bons films. Ma liste n'est pas complète volontairement car ce n'est pas un dossier mais un billet d'humeur. Content que l'article t'ait fait plaisir en tout cas. Ca fait du bien de temps en temps, un coup dans le rétroviseur...

  • #5

    Ingloriuscritik/Peter Hooper (lundi, 04 mai 2015 22:23)

    ...bien vu, pour le rétro ! Je n'oublie pas non plus les 70's dans "ces années qui ont compté" avec cette frénésie créatrice du New-Hollywood. Mais le parfum des 80's...conjugué, ce qui pas contre n'est ni "une Coïncidence, ni une manipulation d’une secte de numérologie", avec l'arrivée des V2000 Betamax et Vhs. Ah, si mes parents avaient conservé mes cartes et abonnements aux vidéo clubs de la région, cela ferait une belle collection.Mais j'ai sauvé mes Mad... pas les vidéo 7 !!!

  • #6

    tinalakiller (mardi, 05 mai 2015 17:11)

    Pour ma part, même si je trouve qu'il a pas mal vieilli et qu'il a quelques défauts, j'ai bien aimé Hurlements, ce film reste très efficace et les sujets y sont bien traités. Je ne suis pas une grande-fan des films avec des loups-garous mais dans son genre, c'est un des meilleurs.
    Par contre, je suis une fan absolue de New York 1997 !

  • #7

    Roggy (mardi, 05 mai 2015 18:29)

    J'étais d'accord avec toi sur "Hurlements" mais sur la forme, le film est assez lent. En revanche, les transformations et les loups-garous sont efficaces. Pour "New-York 1997", je comprends et je partage ton enthousiasme, même si ce n'est pas mon Carpenter préféré.

  • #8

    princécranoir (mercredi, 06 mai 2015 17:31)

    J'ai vu la plupart des films que tu cites mais pas à leur sortie ! 8 ans pourtant, mais pas l'âge légal pour "evil dead" dont je me souviens avoir lorgné l'affiche à l'entrée du cinoche. Mais qu'allais-je donc voir alors en 1981 ? Eh bien "la soupe aux choux" ça c'est sûr. Mais aussi "la chèvre", "le maître d'école" et surtout "Rox et Rouky". Je sais, il y a de meilleurs départs dans la vie (Tim Burton dessinait des renards dans "Rox et Rouky" quand même !) Pourtant, truc de dingue, je suis presque sûr d'avoir vu "la guerre du feu" en salle ! Depuis je ne quitte plus ma peau de bête.

  • #9

    Roggy (mercredi, 06 mai 2015 18:41)

    J'ai vu aussi "Rox et Rouky" au cinéma ! et, comme je l'ai écrit "La guerre du feu" devant tout le collège. Malheureusement, je n'ai pas vu tous les films qui me sont chers au cinéma. Je ne te parle même pas d'Evil dead... Je ne suis pas certain d'ailleurs qu'ils soient tous sortis en salles ?

  • #10

    tinalakiller (mercredi, 06 mai 2015 19:00)

    Quel est ton Carpenter préféré ?

  • #11

    Roggy (mercredi, 06 mai 2015 19:02)

    Comme ça, je dirai "The thing", "Prince des ténèbres" et "Jack Burton dans les griffes du Mandarin". Et toi ?

  • #12

    tinalakiller (jeudi, 07 mai 2015 11:48)

    Tiens, pas encore vu Prince des ténèbres ! Je dirais aussi The Thing (et aussi Halloween et L'Antre de la folie pour compléter mon top 3) et j'avoue que je trouve Jack Burton... très kiffant !

  • #13

    Plume / Dreampunk (jeudi, 14 mai 2015 10:51)

    Marrant de voir que, bien que n'ayant pas vu les films en salle à l'époque et les ayant vu en "différé" via la télévision et vidéo-club, mais à peu près au même âge, j'avais été marqué par les mêmes scènes / séquences que toi. Comme quoi quand on film est bon, il n'a pas besoin du grand écran et du contexte de l'époque pour fonctionner à merveille.

    (ravi de voir que Lifeforce reçoit un peu d'affection également, ce n'est que trop rare)

  • #14

    Roggy (jeudi, 14 mai 2015 16:43)

    Complètement d'accord avec toi, peu importe le média. Néanmoins, j'avoue qu'un film en salle tel qu'"Excalibur" marque un enfant comme jamais. Et, je persiste et signe, "Lifeforce" est un chef-d’œuvre !