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6ème et dernier jour au PIFFF

 

Ultime journée au PIFFF avec trois films dont celui de la cérémonie de clôture. La journée commence avec une long-métrage fantastique Hong-kongais assez moyen (Keepers of darkness), se poursuit avec une séance culte de Opéra avec la présence de Dario Argento et pour clôturer le festival, un film de noël pas vraiment pour les enfants Safe Neighborhood.

 

KEEPERS OF DARKNESS - Fantastique – Hong-Kong – 2015 – Nick Cheung

Pitch : Un truand devient une star du Net grâce au succès viral d’une vidéo dans laquelle il pratique un spectaculaire exorcisme. Alors qu'il affronte une entité maléfique, une journaliste mène l'enquête.

 

Le réalisateur, qui est aussi l'acteur principal de Keepers of darkness, construit son récit autour de la présence d'entités fantomatique coincées entre deux mondes et que seuls certains médiums seraient en capacité de voir. A l'image du personnage de Wong (Nick Cheung) qui possède ce pouvoir depuis son plus jeune âge. Si ce don ne lui a jamais fait peur dans son enfance, il l'utilise désormais pour chasser les fantômes qui hantent les vivants et pour aider les autres à franchir les portes du paradis pour se réincarner.

C'est sur ce pitch très fantastique et forcément très particulier que Nick Cheung déploie une histoire de vengeance venant de l'au-delà de la part d'un père cherchant à tuer le meurtrier de sa fille. Wong va s'interposer tandis que les forces occultes tentent de le tuer. Après une première séquence d'un pseudo-exorcisme filmé par une caméra et envoyé sur le net, le film commence assez rapidement puisque le monde des morts est vu au travers des yeux de Wong et s'avère propice à des rencontres impromptues avec les vivants et générant des situations de comédie.

Il faut dire que le long-métrage est assez drôle du fait de l’interaction avec les fantômes et des personnages qui entourent à l'instar de la bande de voyous locaux et de Chung (Kai-Chung Cheung) son acolyte représentant ici la figure du sidekick comique. Il vit aussi dans son appartement d'enfance avec une jeune fantôme (Amber Kuo) qui l'initia pour faire fructifier son pouvoir et le maîtriser. Grâce à des flashback réguliers, le réalisateur explique le background de chaque personnage et leur traumatisme intime comme les relations difficiles entre Wong et sa mère.

A l'instar du Re-cycle des frères Pang, Keepers of darkness est bourré d'effets spéciaux plus ou moins réussis lorsqu'on passe d'une dimension à une autre. Néanmoins, le film peut se faire bavard entre les scènes d'action et les affrontements entre Wong et le méchant de service se propulsant dans plusieurs corps pour contraindre le médium à tuer un vivant. On a l'impression que ce qui intéresse surtout Nick Cheung c'est la romance qui se crée entre lui et la jeune journaliste qui le suit partout pour l'interviewer, alors que les enjeux liés à la starisation sur internet sont simplement effleurés.

De fait, le film n'est pas désagréable à suivre et même peut faire sourire pendant les situations cocasses ou séquences d'action fantastiques. En revanche, il est perclus d'un sentimentalisme particulièrement gnangnan lors des retours en arrière pour expliquer à tout prix l'origine des maux des personnages. Il s'avère surtout trop long et à la limite du supportable avec la romance inutile et ridicule entre Wong et la journaliste à 20 minutes de la fin comme dans un téléfilm ringard avec courses sur la plage et baiser face au soleil couchant. Dommage, car Keepers of darkness tenait à peu près la route malgré son sujet entre un succédané de Dylan Dog (mais en beaucoup mieux) et un cousin de Mr Vampire.

 

3/6

 

OPERA – Opéra rock – Italie – 1987 – Dario Argento

Séance culte en présence du réalisateur, qui présenta quelques anecdotes sur son film et notamment ses relations houleuses l'actrice principale Cristina Marsillach.

 

Pitch : Une jeune cantatrice est choisie pour interpréter lady Macbeth dans l’opéra de Verdi, une œuvre qui a la réputation de porter malheur.

 

Considéré par ses fans comme peut-être le dernier grand film de Dario Argento, Opéra est une œuvre qui n'était jamais sortie en salle en France tandis qu'une version charcutée par les producteurs (Orion) avait circulé avec un certain succès aux Etats-Unis. Pourtant, ce film fut une épreuve pour Argento qui partit un mois en Inde pour se ressourcer alors que Opéra fut descendu par la critique et n'eut pas la carrière qu'il méritait.

Dès la première séquence de répétition dans le très bel opéra de Parme, où fut tourné le film, on sent la patte du maître avec cette caméra qui ondule avec bonheur entre la scène et le regard affûté d'un corbeau. Si on retrouve les influences de l'immense filmographie du papa du Chat à neuf queues ou de Inferno, Opéra se caractérise également par la fluidité des mouvements et la superbe photographie de Ronnie Taylor. Le film se vit au travers de cette caméra subjective suivant le tueur dans ses déplacements dans le théâtre ou dans les yeux noirs des corbeaux qui sont présents dans cette version de Macbeth. Grâce à cette mise en scène spectaculaire et à l'aide de plans séquences, comme le faisait à l'époque un Brian de Palma, le spectateur est placé au centre de l'histoire et de la recherche de l'identité du tueur.

En effet, suite à l'accident de l'actrice principale de Lady Macbeth, c'est la très jeune Betty (Cristina Marsillach, pas vraiment excellente soyons franc) qui est choisie pour le rôle alors que les meurtres s'enchaînent au sein de la troupe. A ses côtés, on retrouve forcément quelques têtes connues comme Mira (Daria Nicolodi, ex-femme d'Argento) ou Urbano Barberini (vu dans Demons 2) en policier. Le film n'est pas réellement un giallo, malgré les meurtres iconiques, c'est aussi une première version du Fantôme de l'opéra qu'Argento mettra en image pour le coup en 1998. De même, la musique de Claudio Simonetti, les airs d'opéra et des morceaux très rock accompagnent le film en permanence au gré des situations.

En effet, la musique se fait plus violente et endiablée lorsque le tueur passe à l'acte dans un rituel où il attache Betty et l'oblige à regarder la scène grâce à des clous placés sous les yeux l'empêchant ainsi de fermer les paupières. Des meurtres très stylisés et gores sous le regard terrorisé de la jeune femme. On retrouve aussi l'utilisation de la musique quand le tueur masqué pénètre dans l'appartement de la jeune femme. La caméra se glisse avec délectation dans chaque pièce au son d'un opéra classique et d'une cantatrice dans des mouvements opératiques somptueux où les couleurs rouges et vertes apparaissent comme une réminiscence de l'histoire de son cinéma.

Un film qui semble dire beaucoup de son auteur avec notamment le personnage du metteur en scène Marco (Ian Charleson) qui n'est autre qu'une extension d'Argento. Dans le film, on n'arrête pas de lui dire que sa mise en scène est mauvaise et qu'il n'est qu'un réalisateur de film d'horreur. Une mise en abîme qu'Argento balaie d'un revers de caméra grâce à la beauté visuelle de ses plans, de la mise en image très iconique des meurtres et de certaines séquences magnifiques comme vers la fin les corbeaux qui tournoient au-dessus des spectateurs du théâtre à la recherche du coupable.

Trente ans plus tard, Opéra résonne encore fortement dans cette version restaurée et ce, malgré la version anglaise proposée ne rendant pas hommage au film. En effet, le jeu des acteurs, pas toujours à la hauteur et assez caricatural, n'est pas mis en valeur par le doublage. Si le film en lui-même n'est pas parfait du fait notamment des atermoiements de l'actrice principale et de situations un peu rocambolesques, Opéra est un spectacle qui mérite d'être vu sur grand écran, malgré une fin assez bucolique et étrange à décrypter.

 

4/6

 

A noter que cette version restaurée et uncunt sortira en Blu-ray en 2017 chez Le chat qui fume.

 

 

SAFE NEIGHBORHOOD – Huis-clos pas pour enfant – Australie/USA – 2016 – Chris Peckover

Film de clôture

 

Pitch : À l’approche de Noël, une adolescente et son frère voient leur maison assiégée par des malfrats. Loin de se démonter, les deux jeunes vont donner du fil à retordre à leurs invités…

 

Safe Neighborhood débute comme un film de noël assez classique mais dont l'humour acerbe et irrévérencieux renvoie plus vers l'excellent Krampus que tout autre Christmas movie lambda. Luke (Levy Miller héros de Pan) se retrouve seul avec sa babysitter Ashley (Olivia DeJonge vue dans The Visit) alors que ses parents, dont notamment Virginia Madsen (Candyman) sortent pour la soirée. On se doute bien que la nuit qui vient ne sera pas de tout repos.

Chris Peckover dépeint un quartier tranquille et huppée d'une banlieue semblant sans problème et s’apprêtant à fêter noël avec tous les artifices traditionnels sous une neige de circonstance. Avec un humour décalé et pas vraiment pour les enfants, le réalisateur instaure un climat comique car Luke, qui a 12 ans, est attiré par Ashley beaucoup plus âgée et cherche à se rapprocher d'elle par tous les moyens. Bien écrit et parfaitement interprété, le film prend alors d'autres atours lorsqu'une menace extérieure se fait prégnante.

On bascule alors dans le home invasion assez classique avec des individus cherchant à pénétrer par tous les moyens dans la maison. Présenté comme un mix entre Maman, j'ai raté l'avion pour la réaction de défense des enfants et Scream car les assaillants passent des coups de fils intempestifs tandis que des ombres encerclent la maison, Safe Neighborhood va bien au-delà de ces références, même une fois que les événements s'accélèrent et que quelqu'un semble être rentré dans le domicile. Ainsi, à la moitié du film, un retournement très spectaculaire apparaît de façon inattendue. Impossible de déflorer le suspens pour ne pas gâcher la surprise, mais cette dernière vaut son pesant de caouettes.

Difficile d'en dire plus mais le scénario bascule dans une forme d'horreur sociale très violente mais toujours avec un comique frais et décalé. On est clairement dans un humour noir avec des rebondissements bien amenés et des situations relançant le suspens de cette petite production sortie de nulle part mais très réussie au final. Si Safe Neighborhood s'apparente à un long-métrage pour enfants à noël, il franchit bien vite le Rubicon des films d'horreur pour adultes jusqu'à posséder une aura plutôt malsaine entre le premier et le second degré. Sans distributeur pour l'instant, il est peu probable que le film soit diffusé en salle ou même à la télévision au vu de la transgression dont il fait preuve.

 

4/6

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