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Soirée d'ouverture

 

Le Paris international fantastic film festival, communément appelé PIFFF, a ré-ouvert ses portes pour sa 6e édition dans un lieu jusque là inédit, le cinéma Max Linder. A quelques encablures du Grand Rex, de l'autre côté de la rue, cette salle à double étage assez atypique, a pu entendre les présentations traditionnelles à chaque entame d'un festival fort d'une vingtaine de projections.

Comme toujours, un court-métrage a fait l'ouverture, en l'occurrence Behind de l'espagnol Angel Gómez. L'histoire d'Ariane (interprétée par Macarena Gómez vue dans Musarañas) qui se fait harceler par une être maléfique cherchant à lui voler son bébé. Le résultat est assez flippant dans la lignée des productions ibériques d'horreur de ces dernières années avec une pincée de l'excellent It follows.

Film d'ouverture

 

The Autopsy of Jane Doe – Horreur – USA - 2016 – André Ovredal

 

Pitch : Un père et son fils travaillent ensemble à la morgue locale. Lorsqu’ils "reçoivent" le corps d’une mystérieuse inconnue, les deux hommes décident de mener l’enquête sur son identité.

On n'avait pas revu le norvégien André Ovredal depuis 2010 et son found footage remarqué dans tous les festivals Troll hunter. Sollicité par Hollywood pour refaire la même chose mais avec plus d'argent, le réalisateur a pris son temps pour revenir avec un projet bien plus intéressant à la veine horrifique assumée pour le plus grand plaisir du spectateur.

Appelés sur une scène de crimes particulièrement violentes, les enquêteurs découvrent le corps sans vie nu et intact d'une jeune femme. Cette dernière est amenée à la morgue pour déterminer la nature de sa mort. Sur ce pitch très classique, André Ovredal construit un huis-clos extrêmement efficace, faisant monter le suspens grâce notamment à son duo d'acteurs. La force du film est de proposer, dans sa première partie, une autopsie live détaillant toutes les étapes protocolaires minutieusement et de manière très clinique. On ne nous épargne rien, les corps sont cisaillés, tranchés, ouverts sans retenus (on peut saluer d'ailleurs les magnifiques effets visuels plus vrais que nature) au son d'une radio diffusant une musique entraînante pour contrebalancer ces séquences mortuaires et chirurgicales.

L'autre bon point du film est l'alchimie qui se dégage entre les deux acteurs. Le père Tommy Tilden (Brian Cox, Le sixième sens de Michael Mann) et son fils Austin (Emile Hirsch, Into the wild, The darkest hour) sont parfaitement complémentaires et crédibles dans leur rôle de médecins légistes. En peu de scènes et avec humour, le réalisateur crée une empathie pour ses personnages tout en leur donnant une épaisseur suffisante pour justifier leurs gestes précis et leur analyse médico-légale. Cette 1ère partie du film est ainsi somptueuse et prenante parce qu'on suit les deux héros dans leur enquête pour déterminer l'origine de la mort de Jane Doe (nom commun pour désigner un corps non identifié). A chaque détail, tissu de peau ou organe extrait, le puzzle se déploie dans une ambiance tendue et passionnante à la Sherlock Holmes.

Les deux chercheurs vont alors de surprise en surprise tandis que la tempête se déchaîne à l'extérieur et que l'atmosphère de la morgue commence à se recouvrir progressivement d'un manteau de mystère et de bruits suspects. Dans sa 2e partie, le film prend des tournants fantastiques et vogue allégrement vers une épouvante plus classique, même si le réalisateur n'abuse pas des jumps-scares. On pourra trouver ce parti pris peut-être surprenant mais il s'intègre bien à l'histoire en profitant de tous les recoins de la morgue, devenu un tombeau fermé à double tour du fait de la tempête qui fait rage. Sans jamais ennuyer, The Autopsy of Jane Doe distille son lot de rebondissements et de suspens notamment grâce à un scénario efficace et une caméra mettant en valeur l'action et les personnages, même si on a le sentiment par instants d'anticiper quelques séquences.

Dans cette 2e partie, le film possède quelques défauts comme le fait que les deux protagonistes semblent vivre la situation assez sereinement jusqu'à conserver la capacité de réfléchir malgré les événements plus qu'étranges qui se déroulent sur leur lieu de travail (qui est aussi leur maison. Ça, c'est déjà flippant...). Comme la séquence du retour de la fiancée d'Austin, dont on se demande encore comment elle a bien pu pénétrer dans la morgue. Néanmoins, il faut reconnaître l'efficacité du film malgré son statut de huis-clos, la maîtrise des espaces et l'interprétation de qualité. Soulignons aussi le rôle statique et dévêtu de Jane Doe (Ophelia Lovibond qui dans la réalité mérite mieux qu'une autopsie) à l'instar du personnage jouée par Alba Ribas dans le très bon The Corpse of Ana Fritz de Hèctor Hernández Vicens.

Au final, The Autopsy of Jane Doe est une bonne surprise avec une première partie comme une véritable enquête policière autour d'un corps recelant des secrets enfouis au plus profond de ses entrailles et une seconde marchant plutôt dans les traces d'un fantastique classique mais réussi. Avec certainement un budget limité, André Ovredal instaure un climat à la fois anxiogène tout en montrant les mécanismes réalistes d'une autopsie (on est presque dans le documentaire) avec une précision qui pourra faire fuir les allergiques aux os qui craquent mais qui ravira les amoureux d'une horreur à l'ancienne, ne serait-ce qu'avec ce corps mutilé et étalé en permanence sous nos yeux.

 

4/6

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Commentaires: 2
  • #1

    Alice In Oliver (mercredi, 07 décembre 2016 11:29)

    Le scénario est intéressant et la chronique donne très envie de découvrir ce film horrifique. J'en prends bonne note !

  • #2

    Roggy (mercredi, 07 décembre 2016 11:59)

    J'espère qu'il te plaira mais je pense que tu ne seras pas déçu !