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UTOPIA

 

Saison 1 : 6 épisodes

Durée : 55 minutes par épisode

Date de création : 2013

Créateur : Dennis Kelly

Pays : UK

Acteurs : Fiona O'Shaunghnessy, Alexandra Roach, Nathan Stewart-Jarrett

 

Note : 4 / 6

 

PITCH : Becky, Ian, Grant et Wilson sont chacun en possession d'un manuscrit Utopia, partie 1. Leur vie bascule alors qu'ils sont sur le point de découvrir la deuxième partie, jamais publiée, qui renferme la vérité sur les catastrophes les plus meurtrières du siècle dernier. Ils sont alors pourchassés par une organisation secrète : "The Network" et doivent fuir pour survivre.

 

Encore une fois, de la Perfide Albion naît la subversion. Et une subversion jouissive grâce à un traitement qui fait fi de toutes les contingences de la morale ou de la bien-pensance. Cette petite série composée de 6 épisodes possède un côté addictif alors qu’elle repose sur un postulat et une réalisation aux antipodes du cahier des charges des séries actuelles. A la fois polar, thriller, film d’anticipation, Utopia marque les esprits dès le 1er épisode et nous scotche littéralement.

 

Utopie réaliste

La réussite de l’ensemble vient du fait que l’on croit à tout ce qui est présenté. La mise en scène permet de s’identifier aux personnages et on a l’impression que cette Grande-Bretagne est sujette aux virus et à cette ambiance de fin du monde. Autres atouts pour Utopia, la mise en scène et les acteurs.

La qualité de la réalisation est ici remarquable. Chaque angle de vue semble être travaillé pour mettre en exergue le ton et l’ambiance particulière de la série. Ceci étant renforcé par le travail sur les couleurs, alternant le flashy ou les teintes plus sombres, au point de se rapprocher de la peinture.

Côté casting, pas de jeunes premiers à la plastique irréprochable, mais au jeu d’endive. Des acteurs solides, dont on retiendra le tueur Arby (Neil Marskell, vu dans plusieurs films anglais) ou encore Stephen Rea dans un rôle trouble.

Paranoïa conspirationniste

La série bénéficie aussi de l’air du temps et du phénomène conspirationniste cher aux Américains (on peut penser à Homeland). Une organisation "The Network" suit les infortunés héros à la trace. Le scénario donne un côté étrange, à la limite du fantastique à cette structure qui rappelle aussi l’ambiance «I want to believe » de la série X-Files. Le cœur de l’intrigue tournant autour d’un livre, espèce de « bible » prophétique qui déchaîne les passions, sans que l’on sache bien pourquoi. La série brasse donc plusieurs thèmes. Ici, la possible fin du monde est liée aux dérives des manipulations du gouvernement sur un virus. Une crise alimentaire et sanitaire qui a une résonance encore plus importante aujourd’hui.

 

 

Petite violence entre amis

Une autre caractéristique de la série est sa violence qui n’est jamais édulcorée, bien au contraire. Elle fait mal et se montre à la face des spectateurs. Tortures, exécutions, rythment les épisodes avec parcimonie mais efficacité. Notamment la séquence où le tueur mandaté par l’organisation tue froidement une flopée de gamins dans une école. Cette séquence a d’ailleurs suscité des remous dans l’opinion puisqu’elle a failli ne pas être diffusée alors que les Etats-Unis vivaient la même chose réellement. Pourtant, cette violence est à contre-balancer grâce à un humour et un second degré british toujours présents et salutaires, que l’on retrouve aussi dans les productions cinématographiques locales. Je ne citerai que Snatch de Guy Ritchie. comme exemple.

 

 

Au final, Utopie est une série originale qui développe une mythologie propre en s’appuyant sur des éléments de contexte locaux (la Grande-Bretagne) sans chercher à copier les Américains. Même si parfois l’action patine un peu, les 6 épisodes de cette 1ère saison restent addictifs et nous incitent à découvrir la suite des événements.

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